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Présidence Hollande ou le syndrome du Gouda

Posté par gramier le 14 juillet 2011

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Une seule chose doit désormais préoccuper les Français : leur avenir ainsi que celui de leurs rares enfants. Et qui dit avenir, dit 2012.

2012 nous prépare soit un changement de cap politique, soit une continuité. Dans les deux cas, il faudra prendre les mesures qui s’imposent et qui ont été évitées depuis trop longtemps. La fin des cadeaux fiscaux sera une chose, l’augmentation des impôts en sera une autre, mais aussi la réduction des services publiques financés par la dette, qui sont un luxe qu’aujourd’hui, la France ne peut plus se payer face à la Chine et les agences de notation.

Naturellement, on sent bien dans mon discours, un fond de libéralisme lancinant qui doit en révulser plus d’un. J’en profiterai donc pour rajouter que, selon mon humble avis, si l’on se trouve dans cette situation, c’est certes en partie dû à la faiblesse de nos hommes politiques, mais cette partie est congrue… Les principaux fautifs dans ce cas, restent tous ces gens qui se font un malin plaisir à imposer leur point de vue par la paralysie du pays, par les violences de rue, par les manifestations monstres de défense des avantages sociaux acquis qui sont désormais un poids insoutenable pour notre société vieillie et sans enfants ni croissance. Les mêmes qui n’ont comme unique et éternelle solution que de faire payer les riches au nom d’une soi-disant « justice sociale ». Et ce, en dépit du simple bon sens qui veut que les riches soient infiniment moins nombreux que les moyens et que, de ce fait, les réformes ne servent à presque rien si elles s’appliquent qu’à ces salauds.

Bref, même en désaccord avec le fond, personne ne pourra nier que les Français forment un peuple à toujours affronter. C’est traditionnel. Cela vaut pour la droite comme pour la gauche. Elu, populaire le matin, vous serez haï et voué aux Gémonies le soir par vos compatriotes versatiles et mal dans leur peau, qui vous faisaient confiance sans pour autant vous faire un chèque en blanc, ce qui se conçoit d’ailleurs aisément.

Dis moi de quel régime politique démocratique s’est doté ton pays, je te dirai quel peuple il abrite ! La question se pose alors sérieusement : un candidat en position éligible à la fonction suprême de notre pays, peut-il être un faible, un ventre mou, un peureux, un gentillet, un consensuel, une gélatine saveur fraise des bois, un simple démagogue éternellement offusqué par ce qui est « un peu fort de café, tout de même » ?

Pour parler clairement, il me semble qu’une candidature comme celle de François Hollande est en elle-même une insulte, un outrage à la fonction que cet imposteur aspire à habiter. Une telle avanie dans le processus pourrait coûter fort cher à notre pays. Un président faible et sans leadership est un danger absolu dans un régime comme le nôtre.

Les Belges n’ont pas de gouvernement mais, au-delà de la navrante crise institutionnelle que cela représente, ils se sentiront bénis dans le cas où, par le plus grand des hasards, Hollande devenait Président. Son costume d’homme responsable, raisonnable, n’arrivera heureusement pas à masquer très longtemps son incapacité à incarner quoique ce soit d’autre qu’un témoin de la défense dans un procès contre le nutritionniste Dukan. C’est pour cela que, même en tant qu’homme plutôt marqué à droite, je peux dire que j’irai voter pour Martine Aubry aux primaires socialistes pour éviter que la France monte dans la machine à remonter le temps et se retrouve à nouveau sous une sorte de IIIème République mourante d’immobilisme, bouffée par les chèvres, dévorée par les choux que le tenant du pouvoir aura voulu préserver. En fait, je crains moins une Martine Aubry, mère fouettarde des 35 heures et appuyée par une aile gauche passablement fantaisiste et économiquement sous extasie, qu’un sous leader mou et dénué de tout charisme, un mec marrant et sympa considéré comme près des gens et accessible, un président qui roule en scooter, qui a un sourire béat respirant une joie stupide parce qu’il se rappelle une bonne blague d’un copain, hier soir au zinc, pour la petite mousse à la sortie du bureau de l’Elysée.

Hollande élu Président s’apparenterait à avoir recruté un expert comptable avec tous ses diplômes en bonne et due forme, aimable et serviable mais qui vient de se faire licencié pour raison économique – et comme on ne gardait que les meilleurs… L’homme serait le Président salarié des Français. On aurait l’impression d’avoir pour chef des armées, un type qui fait consciencieusement son travail de Président de la République de 8 heures 30 à midi et de 13 heures à 19 heures.

Et cette mascarade d’une réincarnation de René Coty, la France ne peut pas se la permettre. Défenseur des cumulards – le tsunami de ralliement des sénateurs à sa cause est un signe qui ne trompe pas –, du consensus ramolli, homme de la petite phrase, de la bonne blague, leader des maires de villes de Province, de ceux qui ne veulent pas prendre de risques, de ceux qui ne jurent que par la normalité médiocre, ultra provincial au sens balzacien du terme, bien qu’adoubé par le roi fainéant Jacques Chirac, et se croyant supérieur intellectuellement à beaucoup, à commencer par l’actuel locataire de l’Elysée, Hollande incarne un poison qui serait mortifère pour la place et l’image de la France dans le monde.

Hollande, son programme, tout comme ceux qui le soutiennent, ont la saveur d’un jeune Gouda, d’un Babybel. Sous l’offuscation toute rouge bien que très lisse et industrielle, on trouve une pâte molle et sans saveur, sans goût ni grâce…un comble au pays du Munster et de Camembert.

Hollande, par son impudence, sa mollesse et son mépris de la fonction présidentielle, est une menace pour la France. Tous aux primaires ! Aubry Présidente ! Ce sera le message d’aujourd’hui, qui n’engage que moi.

PS: il existe, il est vrai, de délicieux Goudas, vieillis et savoureux, mais ce n’est pas du domaine de la « normalité »

Publié dans Elements de reflexion, Gros temps, Hollande, Parti Socialiste | 3 Commentaires »

Jospin reviens, Jo-o-spin reviens, Jospin reviens parmi les tiens…

Posté par gramier le 7 juin 2011

Lionel Jospin était la semaine dernière dans les tribunes de Roland Garros. Cet amateur de tennis est-il expert en retour gagnant ? (AFP)

 

Il a de jolies dents Jospin. On aurait envie d’habiter dans ses dents tellement elles brillent de mille feux!

Il doit en prendre soin avec Carte Noir, le café des stars. Même un momie Inca aurait des dents moins jaunes. Franchement, une favella de Carracas, en comparaison pourrait passer pour Brodway en habit de lumière. A ce niveau là, y’a plus qu’une solution: un bain de bouche d’Antikal, puis un paille de fer pour un bon brossage à la poudre Saint-Marc Ménage puis, régulièrement durant un à deux mois, sucer des pastilles Calgon. Pour ma part, je préfèrerais encore la fausse commune plutôt que ses dents pour cimetière. A côté de celle de l’ancien Premier Ministre, la dentition de Christopher Walken dans « Sleepy Hollow » pourrait aisément passer pour une pub Colgate. C’est de l’irrespect que de sourire quand on a des dents pareilles. On comprend mieux pourquoi il avait aucune chance en 2002. Puis, sans doute, l’odeur doit être livrée avec la couleur, je présume. Ce jaune-catacombes, sent la proximité du puisard, c’est pas rassurant. On me dirait qu’il à fait un pari avec Marielle de Sarnez – quand elle sourit, on a l’impression d’être au musée devant un tableau de Basquiat – que ça m’étonnerait pas une seconde. Ca ne peut qu’être fait exprès. C’est pas humainement concevable qu’un mec comme lui ait de tels chicots.

En tout cas, il a pas l’air mal à Rolland Garros, ça n’a pas l’air de le déranger d’offrir, en guise de sourire, une photo de Dresde en 1945! Il a ses Persol sur le nez, entouré de son club du troisième âge, avec son Panama cheap assorti à la cravate de son copain: ça rupine sévère tranquilou. Il a pas l’air emmerdé Lionel. Pourtant, d’autres le verraient bien ailleurs… 

Le Nouvel Obs nous apprend que Lionel vendrait encore du rêve et que, de ce fait, certains lui ont lancé un appel pour tenter de la convaincre de revenir et, éventuellement, de se présenter à la primaire. Faut vraiment n’avoir plus que ça comme ultime solution avant le suicide parce que franchement, même les Haïtiens préfèreraient encore Papa Doc à Jospin. Nous pensons donc sincèrement qu’il y a des vies en danger en ce moment, parce que des tels actes de folie, sont des signes très nets d’une mélancolie profonde et d’un désespoir mortifère.

Alors, Alerte Rouge sur toute la France. Retrouvons ceux qui, au PS, voient en Jospin leur Messie, et mettons les illico en observation, c’est une question de Santé Publique! Ne rien faire, c’est être complice, c’est de la non-assistance à personnes en danger, c’est criminel!

Demandons à Henri Emmanuelli ce qu’il en pense:

« Monsieur Emmanuelli? Seriez vous prêt à soutenir Lionel Jospin et ses dents dans la course à l’Elysée? »

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Publié dans Jospin, Mauvaise langue, Parti Socialiste | 1 Commentaire »

Brice Hortefeux de Paille de Tout Bois… un sacré comte!

Posté par gramier le 5 mai 2011

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Alors voilà, une seconde d’inattention et hop, en deux temps, trois mouvements, c’est la curée : DSK, Porsche, Photo = Buzz obligé.

Assurément, le directeur du FMI vit sur une autre planète : cela ne vient, néamoins, en rien remettre en cause sa compétence, que d’aucuns disent remarquable – je ne saurais l’affirmer, je ne l’ai pas eu comme professeur, ni comme patron et encore moins comme amant. En revanche, en temps de crise et connaissant le précédent sarkozyste, désormais institutionnalisé : Fouquet’s et Cie, l’erreur relève de la maternelle de la communication.

Les Français, frustrés, geignards et revanchards, n’apprécient pas en temps normal – si tant est qu’il y ait une fois eu un « temps normal » – ces « signes extérieurs de richesse ». Alors, en ce temps de pouvoir d’achat en berne – si tant est qu’il y ait jamais eu une époque, dans l’histoire, de pouvoir d’achat satisfaisant –, ce manque flagrant de maîtrise de son image, surtout quand on se veut socialiste, peut être rapidement dommageable à une campagne, même balbutiante.

Regardons cette enquête sur lePost.fr qui demande aux lecteurs – d’une neutralité équivalente à la virginité de Madame Claude – ce qu’ils retiendront de ces quatre années de présidence Sarkozy : rien ne dispute sa prmière place au côté bling-bling, Rolex, Aviator, Fouquet’s, Paloma. On peut donc dire que si ce qui n’était pas en soit si reprochable, mais qui relevait tout de même du symbole fort, peut assombrir l’entièreté d’un bilan de quatre années de présidence, il faut se le tenir pour dit : l’ostentation de la richesse est une tumeur mortelle pour les présidents, maligne, presque « sarko-mateuse ». C’est ce qui, déjà, coûtait liberté et carrière au surintendent… Fouquet. 

Mais pour ma part, je m’en fous. J’aime la franchise et me contre-fous de l’argent, je n’en ai pas. Si Dominique Sinclair-Kahn roule en Panamera S, je n’y vois rien d’insoutenable. Cette bagnole est plutôt stylée. L’idée d’une Porsche cinq portes était osée et le résultat fut relativement fin et bien vu, bien plus qu’un Cayenne ou même qu’un coupé lambda de la célèbre marque. N’oublions pas non plus que
la Porsche c’est
la Ferrari du pauvre, alors relativisons! 

Sans ironie, aucun souci avec cela. Il est pervers que d’attaquer DSK sur ce point. Cela reviendrait à reprocher à un chamoniard d’aller au ski tous les hivers.

 De cette histoire, nous retiendrons deux choses : l’une étonne, l’autre, désole.  La première, c’est la réaction pacifique de Nadine Morano. On avait l’habitude de la trouver snippeuse gouailleuse au stand poissonnerie et fruits de mer, on la retrouve pour une fois, au point pâtisserie fine, on reste en grande surface malgré tout. Certes, elle applique en bon toutou – pour ne pas dire… – qu’elle est, les directives de la rue de la Boétie, personne n’est dupe, on ne fait pas d’un âne un cheval de course. La ton est malgré tout trop rare chez la nancéienne pour ne pas être souligné : « Dominique Strauss-Kahn a le droit d’avoir des amis qui ont une Porsche ». Et la ministre de l’Apprentissage d’insister : « Ca ne me dérange pas figurez-vous ». Comme le bon vin, avec le temps…, de la verdeur du jus de la treille au Listel Gris. 

Pour la seconde, il s’agit de relever la sortie d’Hortefeux sur le même sujet : « En 1981, c’était le poing et la rose, aujourd’hui, c’est
la Porsche au volant
 ».

La médiocrité de l’ensemble est entendu et on n’en espérait pas bien plus de la part de Brice le fringuant incapable, l’ami de 30 ans du Président, le ministre blond au visage poupin et impassible, le fidèle serviteur qui jamais ne fit défaut faute de pouvoir faire mieux : en politique, la fidélité c’est pour les imbéciles, pour les sauceurs passifs, ceux qui refusent de saucer en faisant l’histoire, qui préfère attendre patiemment que l’on serve la soupe et la rouille pour y tremper le croûton. Mais le plus affligeant, dans le commentaire sans talent de ce non-événement automobile, est le non sens dans lequel il se noie : comment comprendre le « aujourd’hui, c’est
la Porsche au volant
 » ? Cela signifie-t-il que, à un moment, 
la Porsche se personnifie, avec deux bras et deux mains au bout de ceux-ci, et prend elle-même le volant de… on ne sait, d’un Fiat Multiplat ? d’une Aston-Martin Vantage ? D’un camion Playschool ? Ou bien doit on comprendre, dans la perspective du début de la phrase faisant référence à Mai 1981 et l’élection de F. Mitterrand, le « aujourd’hui, c’est
la Porsche au volant
 » comme : « la révélation majeure que nous fait cette photo volée de Dominique et Anne en train de rupiner, c’est que les Porsches, en tant que véhicule à plusieurs roues, ont désormais un volant qui permettrait de les diriger dans la direction voulue, choisie et non plus subie, par celui qui y entre. Oui, parce qu’alors avant, en règle général, on entrait dans une Porsche soit pour y passer un moment dans l’habitacle spacieux, entre amis ou en famille, pour profiter de la sono, de la clim en été, de la finition des sièges baquets en cuir, soit pour se suicider, c’est-à-dire, mettre le moteur en marche, puis, foncer tout droit dans le premier obstacle venu » ? Mystère… car français niveau côte de la R5 à l’Argus..

Morano sauve un peu l’honneur du débat politique, une fois n’est pas coutume et l’ironie rentrée de sa réflexion frappe fort. J’apprécie.

Brice Hortefeux, unique tireur l’ayant joué offensif à l’abord de ce sujet passionnant, aurait au moins pu faire preuve d’un peu d’humour. Là il nous sert une stupidité, insensée qui plus est… le manque d’à-propos, d’esprit… encore un ministre haut dignitaire de l’état qui nous donne la preuve magistrale de l’imparable déliquescence et du lamentable effondrement culturels des élites. 

« Le problème avec les élites sans talent ni verve, Monsieur le Conseiller Spécial, ce n’est pas quand il y en a un, c’est quand il y en a des files entières ».

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Il est temps de savoir raison… retrouver

Posté par gramier le 21 avril 2011

La dette, la dette et encore et toujours la dette. Oui ! Quand FOG fait ses éditos sur la dette, quand Apathie ressasse à longueur d’interviews que le problème crucial de la France, c’est son endettement, on finit par se retrouver avec cette petite musique profondément imprimée dans la tête. Petite musique comparable à ces crescendos de bande originale des films à suspens de Carpenter à Hitchcock en passant par De Palma.

Au travers des années, la dette était devenue une question d’habitude. Le système social français fort avantageux est maintenu sous perfusion de dette, les cotisations ne servant plus qu’à rembourser les intérêts de ce que nous devons déjà, mais ne couvrant en rien les dépenses réelles. Notre système scolaire est, en rapport qualité/prix, un des meilleurs qui soit sur terre. Ce système coûte une fortune chaque année et ce ne sont pas les rentrées d’impôts sensibles à tous les revirements économiques qui permettent de le financer. Et la liste est longue.

La dette ce n’est pas très complexe : l’Etat n’a pas assez de rentrées financières pour maintenir le train de vie des Français. Alors l’Etat demande à la Chine, au Brésil, au Mexique, au Japon, et à quelques institutions qui ont les moyens d’acheter des obligations et qui désirent des placements sans risque de lui prêter de quoi vivre. Et ces prêteurs ne rechignent pas à acheter ces promesses de gains faibles mais assurés. En tout cas, ils ne rechignaient pas jusqu’à ce qu’ils commencent à prendre la mesure de la taille de l’endettement rapporté aux capacités réelles de rembourser ces mêmes prêts généreux et inconsidérés. Les gains ont commencé à sembler un peu faible, le risque de défaut de payement augmentant avec le gonflement de cette même dette. Ce fut la Grèce, puis l’Islande, l’Irlande ne passant pas loin de la faillite en essayant de sauver son système bancaire – solution la plus simple et, de fait, unique, alors que tout menaçait de s’écrouler.

Vivre à crédit, c’est ce que font beaucoup de ménages pauvres avec les crédits à la consommation, qui sont la proie facile des prêteurs usuriers tels que Cofidis, Sofinco,… Ces ménages sont souvent regardés comme inconscients par beaucoup d’entre ceux qui ont les rentrées d’argent nécessaires pour pouvoir faire face à leurs dépenses quotidiennes basiques en terme de nourriture, logement, électricité, … mais aussi de vacances, de sorties, le superficiel en somme, considéré aujourd’hui comme essentiel malgré tout. Ces ménages surendettés devraient donc mettre un peu plus de rigueur dans la gestion de leurs revenus quels qu’ils soient, savoir se serrer la ceinture, accepter que l’on ne peut indéfiniment vivre au dessus de ses moyens… Mais ce n’est pas facile quand cet endettement sert, justement à financer, avant même le Mac Do du dimanche, luxe tout relatif, l’école du petit, la carte de bus, le loyer, les impôts, etc, etc. En somme, ces inconséquents ne sont autres que les Français dans leur entièreté. Nous sommes tous ces inconséquents qui vivons au dessus de nos moyens, qui, à chaque fois qu’une réforme rigoureuse veut être discutée par un gouvernement faible, refusons de coopérer et manifestons à corps et à cris pour défendre notre droit à vivre selon un modèle en passe de disparaître.

Nos hommes politiques sont pris à la gorge par leur incapacité intrinsèque à ne pas penser à leur réélection. Conséquence directe : ils naissent faibles, méprisés et s’empêchent d’être visionnaires. Mais est-ce à nous, citoyens, de leur reprocher cette couardise ? C’est très mal venu.

Certes, ils profitent, ils se goinfrent, s’empiffrent, saucent à qui mieux mieux et vendraient leur mère, leur femme et leurs enfants pour garder un accès aux quignons. N’oublions pas pourtant que n’est pas homme politique qui veut. Un homme politique a besoin de temps pour se former, pour devenir un législateur. C’est un véritable travail que de faire de la politique. On est certes appuyé par ses multiples conseillers et autres spécialistes, mais il faut savoir prendre de la hauteur, comprendre le système… On ne défend pas un amendement comme on commente un match de foot.

Donc, si l’on résume : Endettement énorme, donc exigence de réalisme – le système ne peut pas continuer, il faut trancher dans le vif et assainir la situation financière du pays qui est industriellement assez mal en point et dont les perspectives de croissance comme on la considérait jusqu’alors, restent faibles. Réalisme, donc réforme radicale – notamment de notre manière de concevoir le rôle de l’Etat. Réforme radicale donc fermeté. Fermeté donc mécontentement. Mécontentement donc réélection impossible. Réélection impossible donc peur de la part des élus de perdre leur gagne pain. Peur donc recherche de protection. Recherche de protection donc démagogie  on joue à « je te tiens, tu me tiens par le gagne pain… ». Démagogie donc augmentation des dépenses. Augmentation des dépenses et baisse d’impôts – car impôt égal impopularité – donc recours à l’endettement. La boucle est bouclée au contraire de la fin de mois.

Les hommes politiques sont coupables de leur incompétence et de leur attachement aux privilèges auxquels donne droit le fait de servir la République. Mais on a les hommes politiques que l’on mérite et les premiers responsables ne sont autres que nos petites personnes françaises infatuées que les ont élus.

La vie au Mexique, au Brésil, en Chine est un combat beaucoup plus dur qu’ici. La vie en Angleterre aujourd’hui, en Grèce, au Portugal est devenue une lutte. Protection sociale réduite à minima, études hors de prix, etc. Continuons à fermer les yeux et à se réfugier derrière : « les riches doivent être taxés, payer pour les pauvres et les système pourra continuer » et alors, la vie deviendra réellement dure et ce ne sera pas le résultat d’une prise de conscience propre et responsable mais bien un diktat nécessaire et grave imposé par l’Europe ou, pire, le FMI. Ce jour là, le rayonnement de la France que beaucoup trouvent, à tort, réduit à néant, ce jour là, on se rendra compte qu’ils auront été des Cassandres aux prophéties… auto-réalisées.

Auto-réalisées car auto-réalisatrices. Un pays morne est un pays qui s’enfonce. Notre siège au Conseil de Sécurité à l’ONU est déjà très contesté car le pouvoir qu’il donne est disproportionné par rapport à notre poids réel au sein du concert des nations, alors, au moins, sachons en rester au moins digne en montrant notre maturité et notre conscience. Les Français ont le moral en berne car ils se complaisent dans leur complainte et dans leur peur de devoir à nouveau se battre pour l’essentiel. Mais il est urgent de retrouver un peu de force joyeuse et volontaire. La mondialisation, inexorable, ne fait pas dans la dentelle et elle s’impose à nous, nous dépendons d’elle. Or, comme tout mouvement de l’Histoire, elle ne peut rendre chaque individu heureux et celui qui promet cela, est un simplificateur… et un menteur visant sa réélection. Ceux qui y croient sont ses complices.

On peut lutter pour l’humaniser, il le faut, mais c’est très long processus – près de 200 nations à accorder… Pendant ce temps, elle s’ancre et les nations travaillent sans relâche à son développement, car elles, les nations, y sont gagnantes macro-économiquement. C’est à la rédaction et la promotion d’une sorte de « contrat social mondial » plus juste et plus équilibré qu’il nous faut instamment prendre part si l’on ne veut rater le train de l’Histoire, bien plus qu’au « recroquevillement », naturel et systématique en période de transition complexe, sur notre petit modèle douillet, certes, mais déphasé. Ecoutons la sage Europe supra nationale au lieu de lui cracher constamment à la figure. Aujourd’hui c’est en coopérant, non en la dénonçant et la prenant de haut, que l’on sauvera ce qui est à sauver d’un modèle suranné bien que partant d’idées généreuses, cela va sans dire. L’enfer est pavé de généreuses intentions électoralistes.

Je n’appelle pas à céder au libéralisme, mais à céder à la raison et aimerais fort que les Français choisissent pour prochain Président, un homme d’Etat… pourquoi pas un spécialiste du désendettement d’ailleurs exilé aux Etats-Unis par exemple ?

Publié dans DSK, Elements de reflexion, FOG | Pas de Commentaires »

 

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