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Les (Berna)dettes de Chirac: le (Berna)doute est permis

Posté par gramier le 23 juin 2011

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Une fois n’est pas coutume, le nom Chirac est associé au soupçon. Si aujourd’hui le Sage profite d’une popularité jamais égalée – plus due à l’illusion rétrospective du vrai qui meut les mémoires, à la nostalgie quasi pavlovienne des peuples pris par l’incertitude, qu’à un jugement fondé sur une comparaison raisonnable entre le passé et le présent – celle-ci ne semble pas devoir décourager la Justice de notre pays et ceux qui la rendent, d’entendre ses arguments face aux accusations de gestion frauduleuse alors qu’il était aux affaires. La suite en septembre.

Or, aujourd’hui, on apprend avec stupéfaction que c’est au tour de son épouse, pourtant au dessus de tout soupçon, comme des tourmentes judiciaires de son ineffable époux, de se voir soupçonnée, indirectement certes : c’est son élection en tant que conseillère générale de Corrèze et non pas elle-même, qu’a invalidée le tribunal administratif de Limoges. La Justice n’a eu cure du voile d’ex-Première Dame de France insoupçonnable et digne qui drapait cette femme. La balance a penché du côté de la rigueur démocratique : majorité requise à 1113 voix ; si on en a eu 1114 et que 2 ont été déposées par des anges, des morts, des ours en peluche, des bergers belges ou des corréziens atteints de troubles dissociatifs de l’identité et amateurs de moustaches postiches et soirées déguisées, au regard de la loi, ça fait… 1112, donc par la majorité absolue donc… pas d’élection au premier tour.

Naturellement, on criera à la présomption d’innocence, ce qui est tout à fait normal. Et nous nous refusons à donner dans la facilité en plaidant sans preuve à charge contre Bernadette Chirac, toujours innocente de quelque malversation que ce soit, nous rappelant que la réalité dépasse toujours la fiction. Le mieux, dans cette histoire, serait que l’élection ait de nouveau lieu, avec rigueur, ce qui permettrait de confirmer ou non cette courte avance. Cela s’est fait dans de nombreux cas, il semble, que c’est ce vers quoi l’on s’achemine… ou, en tout cas, ce vers quoi, les électeurs de Madame Chirac s’acheminent : les urnes, pour ceux qui voudront à nouveau faire le déplacement.

Il est cependant indubitable que la Dame de Corrèze se soit amplement passée de cet épisode fâcheux qui intervient alors que son mari est lui-même sur une cuisante sellette. Car comment ne pas voir alors, en ce couple de grands parents sympathiques et respectables, une paire de Bonnie and Clyde de la République, de Xavière et Jean (Tibéri) de la Région Centre? La société ne commence-t-elle pas à trouver que la solvabilité des Chirac est douteuse ?

Si l’on file métaphore, on peut aussi dire que les agences de notations – S&P ou Moody’s d’un côté, IPSOS et TNS de l’autre – donnent des appréciations  et notes forts différentes suivant que l’endetté est le puissant ou le misérable. On ne prête qu’au riches : les Etats-Unis sont bien plus endettés quela Grèce, pourtant le coût de leur dette est bien moindre, leur note ne se dégrade pas et l’on continue à leur prêter allègrement sans, pour l’instant, trop se faire de souci – juillet doit, tout de même, ouvrir sur un budget voté par la Chambre des Représentants, sans quoi, l’état de faits risque de se voir quelque peu réexaminé. De même, Chirac est riche de son image d’homme du consensus mou qui n’a embêté personne par son inaction, ainsi que des illusions sarkozystes perdues des Français. Ces derniers affirment toujours une opinion très haute de l’homme, digne d’une fidélité filiale indestructible, empreinte d’une reconnaissance éternellement miséricordieuse.

Alors, fort de cela, de cette impunité médiatique, Chirac se permet de fanfaronner, de se désinhiber, de s’afficher en traître à son propre parti politique en soutenant officiellement son adversaire politique et ami Hollande – malgré un démenti aussi crédible que Kojak avec un catogan ou Perry Mason faisant son footing, qui a « fait pshittt ». Chirac fait le fier, il drague ouvertement une élue sous les projecteurs et abuse de sa liberté de parole que lui donnent cette popularité et son ancien statut, fait son intéressant, et ce, avec une légèreté déconcertante voire préadolescente, au mépris même du respect basique qu’il doit à son épouse. Alors, la France rigole. On continue à lui faire crédit tant il incarne un passé fantasmé, après revue et correction, d’une France soit disant unifiée et fraternelle, écoutée dans le monde, respectée, prospère, défendant les pauvres contre les riches… Voilà ce qu’était la France de Chirac !

Il faudra bien que l’on se rende à l’évidence un jour. Chirac le joli coeur sénescent, débonnaire, joyeux luron et turlupin facétieux façon Papy la Goutte, doit désormais faire face à une sérieuse ardoise et se résoudre à faire silence du fait de sa situation. Mais sait-il encore se tenir ? A-t-il toute sa tête ? N’est-il pas légèrement gâteux, sur la pente douce de la sénilité ?  

Heureusement, la Justice veille sur les intérêts de la société, parfois malgré elle. Erreurs judiciaires, toujours trop nombreuses, mises à part, elle fait avec volontarisme son travail. On peut la trouver quelque peu pesante parfois, rigoriste et jolyste, mais dans le cas présent, il serait temps que la fête se termine : Chirac n’a que trop profité, aujourd’hui le vieux loup de mer dégaze et pollue, il est temps de siffler la fin de la pêche miraculeuse. L’annulation de l’élection de Dame Chirac sera-t-elle, malgré elle, le déclencheur d’une prise de conscience que cet homme doit solder son compte ? Une piqûre de rappel de ce qu’il fut, lui qu’on aime tant aujourd’hui? Rien n’est moins sûr : la sublimation du passé en idéal est un puissant neuroleptique social que, ce serait trop bête, Hollande ne se privera pas de nous administrer à dose de cheval, depuis qu’il a été fait héritier et successeur désigné, dans la lignée directe des présidents normaux – entendez fainéants, sauceurs et impuissants – une fois l’erreur Sarkozy réparée.

Dommage qu’il n’en soit de même pour la Grèce, qui marqua l’histoire autrement que Chirac, la comparaison en est même grotesque. Chirac devra-t-il payer un jour ses dettes ou le fait d’avoir pensé à notre équilibre alimentaire en nous incitant à manger des pommes et son capital sympathie le dédouaneront de ses obligations ? Rappelons que nos célèbres ancêtres, Adam et Eve, firent eux aussi confiance à un drôle d’animal qui, s’étant improvisé épicier-nutricionniste, les incitait à manger des pommes… La France est loin d’avoir été le jardin d’Eden avec lui, mais il l’a certes géré comme une épicerie de quartier d’un roman de Zola : Chirac a floué ses clients dans une comptabilité opaque, qu’il assume et tente, en se taisant, de préserver le peu de dignité qu’objectivement, il lui reste.

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Politico-médiatico-gastronomique…

Posté par gramier le 28 mai 2011

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C’est vrai qu’on n’en parle pas assez. Mais dire « on n’en parle pas assez » revient à sous-entendre que les porte-voix ne font pas leur travail. Et comment le feraient ils alors que ce sont eux qui sont les premiers intéressés dans l’histoire qui suit! 

Préambule auspicieux : en avril de cette année, Rachida Dati venait commenter l’actualité politique sur le plateau du Grand-Journal et ce, en tant que grande copine de Michel Denisot, qui avait convié cette dernière à sa table comme on invite une bonne copine à déjeuner. Son intervention portait plus particulièrement sur les saillies drolatiques de Claude Guéant concernant l’immigration. Bref, le plus intéressant n’était pas tant cette première partie que la seconde, lorsque débarqua un autre grand convive de l’émission : FOG, venu présenté son dernier « brûlot » politique : Mes conversations téléphoniques avec Sarkozy ou plutôt « M. le Président » – dont Albénitz faisait la lecture commentée sur ce blog en son temps. Très rapidement, le sujet des relations incestueuses entre journalistes et responsables politiques avait été soulevé. Chacun autour de la table semblait concerné. Le malaise était palpable. FOG ayant Sarkozy au téléphone, Fillon envoyant un texto à Apatie, Eli Badou casé un temps avec Mazarine Pingeot. Les phrases jaillissaient, empruntées, de la bouche de chacun donnant l’impression d’un marché à la criée du lieu commun, cacophonie informe et incompréhensible, close par l’annonce penaude, ironique et « denisote » du Zapping. 

Pourquoi rappeler ceci ? Eh bien tout simplement parce que la tragédie strauss-kahnienne nous a, une fois de plus, démontré qu’il y a bien quelque chose de pourri au Royaume de France. En effet, Denis Jeambar, journaliste à l’hebdomadaire Marianne (voir article indigné), profitait de l’arrestation de DSK, pour sortir de sa réserve. N’étant du coup plus lié par son pacte de silence, il passait aux aveux. Oui, car les journalistes de Marianne, du Nouvel Observateur et de Libération étaient contraints au silence par un pacte, le « Pacte de la Sauce » scellé dans divers grands restaurants ! Et ce, par les clauses non-écrites d’un contrat moral passé avec DSK « pour la bonne cause ». 

La bonne cause : mettre fin aux agissement de l’horrible Nicolas Sarkozy qui n’a jamais fait que museler les média et réprimer la liberté d’expression dans ce pays. Dans les batailles, tous les moyens sont bons, même ceux employés par l’ennemi ! Le contrat moral : organiser le feu contre celui qui opprime les Français par son incompétence et pour cela, organiser le baroud d’honneur au Messie Américain. Les clauses non-écrites : DSK dîne avec vous, vous dit tout mais vous ne dites rien pour respecter le calendrier du FMI et des primaires qu’il va gagner. 

En somme, les journalistes avaient l’information sur les intentions de DSK depuis belle lurette et n’ont rien dit, faisant durer le plaisir telle la coupure de pub avant la proclamation de la décision du jury d’un mauvais jeu concours cherchant la prochaine étoile filante de vanité, destinée à briller, l’espace du quart d’heure de gloire wharolien, dans un firmament à hauteur de pâquerettes. 

Pourquoi nous « indigner » de cela ? DSK n’est-il pas l’époux d’Anne Sinclair ? D’ailleurs, nous ne nous indignons pas dans cet article, car nous méprisons cette indignation qui, par la plume parkinsonienne et sénescente de Stéphane Hessel, s’est répandue telle le choléra en tant de disette sur les esprits affamés de prêt-à-penser, affaiblis par trop de bouillon de culture, bouillon que le filtre de l’opinion télévisuelle a épuré du moindre oligo-élément de raisonnement réflexif, de contradiction et de vérité. 

Et si nous ne nous indignons pas, c’est au contraire une joie malsaine, presque lubrique qui nous prend et nous force à sourire. Se rappeler que ce qui importe, toujours et encore, c’est la sauce, la sauce et ce, éternellement. Se dire que le quatrième pouvoir appartient de plein droit à la cinquième colonne du Quignon, c’est sans conteste ce qui nous fait aimer la politique dans son sens large. Le Figaro, sur vendu, Libération, sur vendu, Le Nouvel Obs, sur vendu, Médiapart, vendu, Atlantico, sur vendu, Le Monde, vendu (et d’ailleurs quand il sort de la piste, les représailles sont directes, voir l’article de Renaud Revel) et la liste est longue ; restent La Croix, la presse people, les journaux locaux… et encore. Les journalistes ont besoin des hommes politiques et vice-vesa, Dassault, B,N & P, Rotschild ont investi et veulent contenter les clients de leur information… bref, nihil novi sub sole, cela reviendrait alors à faire un procès au journal La Croix pour son parti pris dans le débat sur la bioéthique : ce serait insensé.

Permettez nous donc d’être cyniques et de dire à tous ceux qui hurlent avec les loups à chaque fois qu’explose au grand jour une histoire de collusion entre la presse et le pouvoir : « vous hurlez avec ceux qui ne se gênent pas pour faire de même et peut-être pire ». La presse est, comme la politique, premièrement et avant tout là pour faire des ventes et nous divertir. Elle est le cervelet de la société du spectacle, tout comme le jeu démocratique d’ailleurs. 

Que ces journalistes aient tout su des intentions de DSK mais n’aient rien dit, c’est lamentable mais c’est très drôle, très excitant. On voit bien l’illusion totale dans laquelle vivait ce microcosme de bobos millionnaires – vous apprécierez ces expressions-slogans cheap et mélenchono-populistes. Ils croyaient pouvoir mener leur bataille tels des grands stratèges olympiens préparant la mission « Propagande ». Ramzy Khiroun se voyait déjà en nouveau Séguéla… Mais comme à Watterloo, il y a eu trahison, sauf que ce ne fut pas le fait d’un capitaine des carabiniers mais de l’Empereur lui-même. A broyeur médiatique, broyeur médiatique et demi ! 

Tous pourris ? Oui et non… Oui, si l’on fait précéder « tous » de « nous ». Non, parce que tout « sauceur » vit aux dépends de ceux qui l’écoutent. Dans la société de l’argent hypocrite et lycanthropique, il faut survivre. Il faut bien acheter de l’essence en oubliant de se rappeler combien de vies ont été détruites dans le Golfe de Guinée, sacrifiées sur l’autel de notre plein. Il faut bien acheter des jouets aux enfants à Noël et faire s’évanouir dans l’odeur de sapin, l’idée abjecte de ces enfants qui ont eux-mêmes fabriqué ces jouets. Alors qui sommes nous pour leur reprocher de nous servir avec égards l’information qu’on leur demande ? 

Le citoyen peut légitimement se sentir dérouter par ces impressions de mensonge constant, de cachotteries, de mépris des engagements et des promesses de ceux qui gouvernent notre pays et nos esprits. Qui se leurre encore en attendant du résultat des urnes des changements radicaux – même du bulletin Borloo, c’est un comble – ?! Alors, plutôt que de les attendre des autres, pourquoi ne commencerions nous pas à les exiger de nous-mêmes, ces changements ? Refuser la compromission au quotidien, refuser de fermer les yeux, de nier les valeurs qu’on affiche aux premiers effluves de réduction de veau… 

Dénoncer, s’indigner, rien de plus simple. S’appliquer ces règles à soi-même, comme il est de coutume de le dire au Mexique « Todo un rollo » soit une autre paire de manches. 

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MAM au FMI ou le procès de la honte

Posté par gramier le 21 mai 2011

« Un coup de tonnerre » ! Les Français chavirés par l’ignoble traitement réservé à leur favori ! Lui, qui a si bien su servir la France et qui devait encore la servir par son aura, sa prestance, sa compétence reconnue de tous, lui faire ceci ! Atterrante, inique, excrémentielle, immorale et crasseuse : c’est ainsi que l’on pourrait qualifier l’image que donne la justice d’elle-même, dans cette histoire.  

Certes, il y a eu péché, mais alors, n’a-t-on pas le droit de céder, le temps d’une valse à peine, aux pulsations vitales qui vous assaillent quand on a le destin d’une partie de l’humanité entre ses mains ? Le poids de la charge, le sacerdoce que cela représente, le dévouement absolu à la cause d’une Humanité heureuse, à l’accomplissement de lendemains meilleurs que tout cela suppose ? Balayé ! Oublié !

Jaillit cette sentence : « Qui n’a jamais perdu une seconde la maîtrise de son être et des passions qui l’habitent, lance donc la première pierre ! Qui ne s’est jamais passé une envie friponne vienne à la barre vilipender la victime expiatoire de nos ressentiments populaires ou se taise à jamais !

Entendre pis que pendre d’une seconde d’égarement, ou plusieurs, ne génère-t-il pas, en nous, la plus grande affliction qu’il soit ? Inconvenant au plus haut point, quasiment malhonnête, au moins intellectuellement, voilà ce que toute cette mascarade, cette curée, cache d’effroyable et d’ignominieux.

Si  nous avions eu le talent de Rimbaud, l’inspiration démonique nous aurait-elle peut-être susurré ce vers sarcastique à la plume, vers dont nous désirons éclabousser ce nouveau 21 Janvier cathartique et infectieux : «  Des Peaux-Rouges criards t’avaient donc pris pour cible et t’avaient cloué nu, au poteau de couleurs ! » Eh oui, nous sommes comme ça ! Eh oui, nous assumons le risque de l’opprobre ; mais  avec cet homme abattu, tel un innocent perdreau s’étant pris pour Icare, ô comble, nous voulons nous aussi nous avilir, par compassion, par conviction : celle qu’une âme telle que l’était le patron du FMI ne mérite pas tout ça. A ceux qui veulent faire triompher le droit en immolant cette grandeur traquée et déchue, nous voulons dire : Messieurs les procureurs, c’est ici Montesquieu que vous insultez et Antigone que vous souillez !

Ah, on me dit que Dominique Strauss-Kahn n’est plus le patron du FMI ? Mais qui a parlé de Dominique Strauss-Kahn ? Personne ! Naturellement, il y aura eu méprise : c’est FMI qui portait à confusion ! Quelle erreur ballotte ! Alors, non, remettons les choses en place, il ne s’agit pas du patron du Fond Monétaire International, mais bien du patron de l’association des sauceurs en retraite, sorte de « vie montante » pour le 4ème âge de la politique: FMI pour « Fromage, Musette & Indigestion» : Fromage : parce qu’on s’l’est bien partagé ! Musette: parce qu’on a fait un putain de bringue et durant des années ! Indigestion : parce qu’on s’est pas rendu compte mais la mie du quignon était spongieuse et c’est traître la mie spongieuse, en somme, on a saucé à s’en faire péter la vésicule biliaire ! Et naturellement, le grand patron c’est Jacques Chirac, ou Jackie la Canette dans l’asso.

Oui, alors, voilà : on était en train de dire que c’était vraiment dégueulasse de le traîné Jackie en justice pour abus des bonnes choses ! Quelques emplois fictifs ? Faut quand même pas pousser ! C’est pas la mort du p’tit ch’val ! Alors, un non-lieu Pépé Brin d’Amour, aka Le Scipion des Hauts-de-Seine, aka Charles Pasqua et on enverrait Jackie à la Santé alors que l’UMP a déjà payé l’addition ?! C’est scandaleux, faut vraiment être un sacré sans–cœur pour oser traîner dans la boue l’honneur d’un homme pour un petit excès de sauce !

Michèle Alliot-Marie aka Madame Tajine aka Gribiche Airlines, en tant que grande sauceuse devant l’Eternel et pressentie comme future patronne, pour ses hauts exploits, nous explique : « Un emploi fictif dans la vie d’un homme politique, c’est comme un éclair au café pour un diabétique à Pentecôte, c’est la petite mousse de derrière la cravate et sa cacahouète à la sortie du boulot, la pastille Vichy d’après le repas, c’est le pas de danse de la vieille fille seule devant sa glace sur « Parlez-moi d’amour », en somme, c’est le p’tit plaisir de la vie qui permet d’affronter le quotidien avec un peu de glucose, les temps sont si durs… L’emploi fictif, c’est péché mignon, c’est gentillet, ça mange pas de pain, c’est cocasse ! Alors, un ancien président de la République, qui plus est nous a tellement peu contrariés… en ne faisant rien, ben si ça a pas le droit à quelques petits emplois par-ci, par-là, c’est qu’y vraiment un truc qui tourne plus rond ! Hein ? Soyons honnêtes, reprenons-nous, voyons, un peu de tenue ! Vous avez vu ce Papy gâteau, il a l’air tellement inoffensif qu’on lui en donnerait le bain ! »

Persécuter ainsi cet homme, c’est bien la preuve que les balais ont pris possessions de l’orifice interdit de cette société rigoriste, inquisitrice et sentencieuse, réunion inhumaine de calvinistes qui ont perdu la saveur de la vraie fête, de la gouaille, de la guinche, du sens de la vie qui est de faire honneur à la corne d’abondance, quitte à, parfois, devoir prendre un jus de citron… Mais bon, est-ce vraiment condamnable ?

A la société du bouillon cube et de la réduction, héritée de Chirac, nous avons préféré société de la moutarde premier prix, c’est un choix moral que nous payerons… pas lui !

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Profession : amateur… de sauce, bien sûr !

Posté par gramier le 7 mai 2011

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Pauvre DSK. Le buzz n’en finit pas. Que ce doit être long ! C’est une sorte de Fukushima de la communication. J’imagine déjà les innombrables coups de IPhone qu’ont dû s’échanger Khiroun, l’homme par qui le scandale…, Cambadélis le stratège façon Game Boy, le Brigadier chef Moscovisci, etc, et leur teneur. 

Situation de crise oblige. Bien que la jubilation de la droite et des adversaires de DSK ait vite été réprimée, que les commentaires fussent rapidement redevenus laconiques et sobres, et même si tous les sondages continuent à être plus que d’excellents augures pour le futur candidat à la candidature socialiste, on peut déjà penser que la campagne aura un fumet de fausse sceptique. Comme nous le soulignions dans un article précédant, la classe politique a essayé de garder au maximum son sang froid, une fois n’est pas coutume. Chapeau ! 

En revanche, l’affolement n’en est pas moins à son comble au sein de la mosaïque des sauceurs qui entourent DSK. Chacun faisant monstre de plus de valeur et bravoure que les autres face aux accusations portées contre le futur hôte de l’Elysée, dans le cas présent, plus par les faits eux-mêmes que par les adversaires de leur champion – celui qui placera à sa table, fera pleuvoir abondamment la soupe et la sauce dans le fond des assiettes des plus méritants, dans quelques mois. Les arguments pour la défense de leur chevalier blanc attaqué injustement – lui, l’espoir, la promesse incarnée qu’un jour, le beurre et la gousse d’ail imprégneront de nouveau le jus du gigot ruisselant devant lequel il bavent et frissonnent, pauvres sauceurs au quignon désespérément sec – sont aussi dérisoires et risibles que l’argumentaire d’Anne Sinclair venu défendre le fait que son mari soit « de gauche » sur Canal+ en début d’année. 

(Je suis persuadé que, pour certains l’évocation des trois lettres « DSK », doit déclencher, dans leur imagination, la vision éloquente image non plus d’un homme mais d’une énorme pintade rôtie avec ses marrons et ses cèpes et, à côté, une baguette encore chaude et croustillante… avant qu’un camarade, les voyant bien bien loin, les commissures salivant à grandes eaux, les rappelle brutalement à la réalité.) 

On a envie de dire : pourquoi se débattre comme un diable dans l’eau bénite, se défendre d’un chien qui ne veut pas vous mordre ? Tout simplement parce qu’ils l’ont compris : cette erreur le marquera du sceau indélébile de la « richesse » que les Français exècrent. Et il lui sera fort compliqué de sortir de l’ornière. Estampillé un jour, estampillé toujours.

Certes, en guise de capital « bling-bling » dans le cœur des Français, Sarkozy le dépasse haut la main mais simplement parce que Sarkozy rolexe, là où DSK patekphilippe.

Et c’est sur cela que joue la cour de « maQuignons » qui viennent tous au secours de FMan. « Les amis de Sarkozy ce sont les riches, les amis de DSK ce sont les socialistes ! » lançait Moscovisci. L’ancien ministre des Relations Européennes de Jospin et collègue de DSK à Sciences-Po a d’aillleurs, comme leur ennemi Hollande, une réelle offuscation constante qui s’affiche sur son front plissé d’indignation. Il semble estimer tellement dément, impudent de la part des autres que de ne pas reconnaître que DSK mérite infiniment mieux que ces reproches bons pour le Président français mais indignes en revanche du Banquier du monde en crise : on n’a pas le droit de faire cela à celui qui prend tout de même le temps de venir s’occuper de la France alors qu’il lui serait si simple de rester saucer à Washington. Vous rendez vous comptes ? Soit… Mais alors, nous pondre un argumentaire pareil, c’est du niveau de pertinence de MAM à l’heure où elle devait rendre comptes à l’opinion de son incompétence et de son scandaleux voyage d’affaires en Tunisie. Pire, vous pouviez écouter le sauceur Urvoas nous dire qu’il était « convaincu » que le sauveur de Washington allait revenir – moi j’en suis convaincu aussi, ça nous fait une belle jambe de bois. Et d’ajouter au sujet de la Panamera qui passionne la France: « Je trouve ça incroyable. En gros il se promène dans une rue où il y a une Porsche, Strauss-Kahn a une Porsche (…) le fait est, c’est pas sa Porsche, je ne sais pas d’ailleurs ce qu’il a comme voiture, je ne suis pas certain qu’il en ait une. » Merci ! 

Puis en lisant d’autres articles sur la question, on apprend notamment que Patriat, Président de la Région Bourgogne, trouve les prophètes et grands prêtes du culte de FMan, dont il fait partie « balkanisés. (…) Il faudrait que ceux qui ont un contact avec lui n’aient pas que des messages négatifs vis-à-vis de nous. » Les sauceurs parlent au sauveur.

Cet appel a des accents semblables à ceux du Baron de Guéret qui, joué par l’abbé de Villecourt que Louis XVI daigne recevoir, dans « Ridicule », lançait : « Louis de France, souviens toi que c’est la noblesse qui t’a fait Roi, la vielle noblesse que tu humilies et qui s’entasse au poulailler. » Les nobliaux de province attendent les charges avec une avidité de famine – dix années à se contenter de ketchup et de mayonnaise dans les mairies, les conseils généraux et régionaux – on récuse le cordon sanitaire de la grande noblesse autour Prince qui l’éloigne du petit peuple, des relais populaires, des territoires, de ceux qui le feront roi ! A la seule différence c’est que leur verve est beaucoup moins brillante aujourd’hui qu’elle ne l’était à l’époque.

Je ne sais comment tout cela terminera. J’espère, pour eux, le sort plus clément qu’il ne le fut pour la cour de Louis XVI… Une guerre larvée entre porte-étendards et porte-voix  du chef, des groupes qui naissent dans toutes les villes de France pour apporter leurs idées fulgurantes à FMan qui, en tant que super héros, sait déjà tout, un mépris des conseillers du premier cercle parisiens, de la rancœur en Région, une insoutenable attente depuis presque un an et demi… ajoutez à cela une faute de carre aussi lamentable que coûteuse et vous avez tout les ingrédients pour faire de la mosaïque des courtisans assoiffés de gribiche, une belle pétaudière.

Pauvre Dominique… Mais que diable, allait-il faire dans cette galère ? L’aventure, se sentir vivant, le sel de la conquête, ça vaut toutes les nominations au poste de Directeur du FMI au monde… pour ceux qui l’ont été.

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Le vivrensemble… pour mieux saucer

Posté par gramier le 2 mai 2011

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Non mais que ne faut-il pas lire, encore, encore et toujours ! Que l’on se perde sur ce repaire de profs de géo frustrés qui se croient encore capables de faire de la politique internationale du fond de leur collège alors qu’ils n’arrivent même pas à maîtriser leur classe de 6ème – d’aucuns plus futés que les autres, auront reconnus tout de suite le site Agoravox – ou que l’on épluche les pages de l’Express, du Point, de Marianne ou qu’enfin on regarde religieusement le Grand Journal des faux-culs sur Canal, on n’aura l’impression réelle que ce qu’il faut aujourd’hui à la France, c’est du « vivrensemble » et du « lien social » et autre bombon au miel.   

Quel stupidité, quel slogan de sauceurs relayé par des aigris, des rancuniers, Cassandres cheap à deux liards le pot ! Alors voilà, priorité de la France, selon eux, pour pouvoir rester en tête dans la compétition mondiale: la fête des voisins, l’immigration, des postures droit-de-l-hommistes, une « vraie réponse au profond mal-être » des classes populaires et au « pessimisme » ? Laissez moi rire de toutes mes dents jaunes à force de sauce-curry. Les Français ont jusqu’alors été abusés par ce genre de discours de faibles qui les ont rendus encore plus faibles qu’ils n’étaient déjà. Et c’est ainsi que l’on retrouve une Marine hurlant, harangant la cantonade perdue, à la façon d’une Pasionaria de marché gare qui voudrait vous refiler sa morue qui sent fort, ce 1er Mai.

Ce qu’à compris Marine Le Pen c’est que les Français, et notamment les ouvriers, attendent un discours de guerre et pas un discours de « pacification » débile qui ne fera que ramollir un peu plus encore la volonté déjà éteinte d’un peuple français à la dérive… c’est en tout ce que l’on s’emploie à lui faire croire. Ce discours est tout aussi dangereux que celui de Marine et ses amis!

Oui, c’est extrêmement dangereux de vouloir convaincre à des fins électoralistes et saucières que les principes fondamentaux de la France ont été sapés par Sarkozy. C’est une réaction de parisien delanoïste qui pense Vélib’ et Agnès b et Ligne 7 bis. Le monde entier se bat pour affirmer des nouvelles idées, pour conquérir des marchés, pour des nouvelles technologies, pour faire plus d’efforts en faveur d’un développement durable, et à nous, ce que la plupart de nos hommes politiques nous servent c’est la soupe au misérabilisme – et sans sauce rouille - de l’horreur vécue par les « Pauvres petits français touchés bien durement, victimes du grand capital et de leur vilain Président ». Toute épithète accolée à la situation de la France n’est qu’expression souffreteuse d’un pays de geignards.  Les Français sont d’abord victimes de leur manque de courage.

Mais que les bien-penseurs républicains se le tiennent pour dit, ce n’est sûrement pas le discours du cocon et du « t’as bobo, vient maman va faire bisou magique à son sucre d’orge » qui fonctionnera. Les Français chougnent mais ils ne sont, normalement, pas dupes. La chose est arrêtée: ils attendent un combattant, un nouvel Alexandre. Et celui-ci pourra être aussi bien DSK que Sarkozy mais sûrement pas les faibles: Hollande, Borloo ni Bayrou avec leur monde de Minimoys et deMaximonstres.

Ensuite, le problème de l’actuel directeur du FMI vient de ce qu’en Grèce, il n’était pas en campagne, ce n’était pas sa mission que de dorloter les Hellènes. En France, en campagne, avec les sur diplômés en médecine sociale dont il sera flanqué, ce sera complexe… il terminera comme toute bonne baudruche qu’il est.

Les Français veulent des emplois, les Français veulent un pays qui compte et fasse entendre sa voix dans le concert de hard des nations. Alors qu’il y ait un discours vrai, un discours fort, et qu’on nous lâche la grappe avec le « vivrensemble » : tout le monde s’en cogne si c’est pour toucher le RSA ! Le lien social viendra mais avec la bataille, pas en éructant comme en temps de gastro, les principes fondateurs de « liberté, égalité, fraternité » comme s’ils étaient « en panne» dans notre pays. On n’oblige pas les gens à être solidaires et à s’aimer les uns les autres avec des discours dans lesquels on célèbre sans discontinuer  le côté « pluriel » de tout, même de la soupe de navets, mais avec des actes et des résultats! 

Pas un président gentillet, pas un président calme, pas un président consensuel, pas un président pur de tout péché, non : un chef, un général, un leader, un meneur, un vrai, pas un épouvantaille. 

J’ajouterai, pour terminer, que ce n’est pas en pleine sortie de crise qu’il serait le plus judicieux de changer d’administration, de gouvernement, d’institutions, etc… Cela apporterait le chaos. Non, faut serrer les dents, on est sur la bonne voie, et quand les choses se seront un peu calmées, oui, on pourra penser de nouveau aux fioritures. Pour l’instant, la priorité n’est pas là ! 

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