Un homme, une rose à la main… et le quignon dans l’autre!

Posté par gramier le 11 mai 2011

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Hier, Paris n’était que fête, lumière, débordement de joie, d’allégresse, de fantaisie, vent de liberté, de fraternité, d’égalité. On aurait pu se penser atterri dans un immense Stade Charlety tant l’amour empreignait l’air de ce Printemps populaire et chaleureux. A certains moments, près de Bastille, on pensait voir débarquer des soldats juchés sur des chars et embrassant, des roses entre les dents, des jeunes filles vaporeuses, le tout porté par la liesse populaire : une nouvelle Libération de Paris ? Pour le fun, le Général de Gaulle était-il sorti de sa tombe pour recommencer l’exercice ? Dans quel but ? L’idée semblait absurde. Il devait y avoir une explication beaucoup plus rationnelle à tout cela… 

On se prenait alors le menton dans la main et se prêtait à plonger dans sa mémoire, à rechercher une résonance de l’évocation de cette date dans les tréfonds de notre « ça » de citoyen français… Et d’un coup : Eurêka ! 10 mai 1981 ! Ces neuf syllabes prenaient un tour magique et merveilleux : trente années s’étaient exactement écoulées depuis l’élection, pour la première fois depuis la création de la Vème République, d’un socialiste à la tête de l’Etat Français, comme Président de la République et de tous les Français. Hier était, vous le comprendrez bien, un jour d’exercice du « devoir de mémoire sélective ».  Oui, car la vie avait changé en 1981.

Tout comme il y eut il Rinascimento qui fit passer l’Europe de la nuit du Moyen Age à la lumière des fresques de Raphaël, comme il y a eut l’invention de l’imprimerie, comme il y eut la prise de la Bastille et la fin de la soumission du peuple de France à l’arbitraire divino-régalien, il y eut, un avant et un après l’élection de François Mitterrand. On est sorti de l’obscurantisme giscardien qui verrouillait la société et opprimait les pauvres, pour aller à la lumière des lendemains qui chantent. Une rose à la main… et les épines de cette même rose enfoncés bien profondément dans la pulpe. Mitterrand n’a strictement rien changé à la face de la France. Les quatorze années de règne qui suivirent ne furent en rien différentes pour les Français de ce qu’elles auraient été avec Giscard : la même crise, les mêmes affaires, sauf, peut-être une jolie photo main dans la main avec Helmut Kohl. Non, ce qui restera de Mitterrand c’est d’abord et avant tout Jack ! le reste… tombera vite dans l’oubli. 

Alors, revenons à notre question principale maintenant que nous avons trouvé une partie de la réponse : pourquoi tant d’exultation et de délire extatique à commémorer cette élection ? Nous aurons tous compris qu’hier n’était qu’un tour de chauffe. Dans le camp socialiste, on est tellement assuré que 2012 sera l’année du grand retour aux affaires, qu’il fallait trouver une manière de faire baisser la pression. Ce mode de réaction est semblable à celui de ces jeunes adolescentes soudainement prises d’hystérie alors qu’on vient de leur annoncer qu’elles allaient pouvoir rencontrer Justin Bieber en backstage après son concert à Paris. Ce délire apparent ferait presque parfois nous questionner sur la nécessité ou non d’appeler un exorciste. Eh bien c’est un peu pareil chez les socialistes. Tout comme dans l’autre camp d’ailleurs, changer la vie est bien le cadet de leur souci. Et même s’ils essayent de contenir leur joie, en sortant des bouquins d’appel au vote utile – cf Moscovici et « Défaite Interdite » – en se passant la tête sous l’eau froide… mais ils le savent, en 2012, ils gagneront. Et qui dit gagner la présidentielle, dit gagner les législatives et alors là : SAUCE qui peut ! Le Sénat sera à eux en octobre et donc le Parlement dans son ensemble. Quelle perspective ! Car il faut se rendre comptes : dix années qu’ils l’attendent l’accès à la marmite. Guigou en a des crampes au croûton.

C’est comme dans un gracieux épisode de Chapeau Melon et Bottes de Cuir dans lesquels un méchant terrorise l’Angleterre avec un aimant géant : il l’active et alors tout ce qui est en métal se met à frémir et vous avez un gros plan sur une petite cuiller à côté de la main de John Steed qui s’aperçoit qu’elle tremble avant que, l’aimant ayant atteint toute sa puissance d’attraction, la petite cuiller n’aille heurter violemment et se coller contre le mur manquant de blesser le héros au passage. Pour les quignons, croûtons et mouillettes au PS, c’est pareil. Marylise Lebranchu pense déjà à quelle commission elle présidera à l’Assemblée, Jack se verrait bien au Conseil Constitutionnel, Valls à l’Intérieur, Montebourg à la Justice, Gérard Filoche, Secrétaire d’Etat aux anciens communistes, Ayraud en haut du perchoir, Catherine Trautman au piano et Patrick Menucci à la guimbarde etc. 

Ils rêvent tous de ces milliers de litres de sauce qui vont se répandre sur eux. Ce sera l’orgie absolue. Marie-Noël Lienenmann mènera une farandole en chantant « I’m singing in the sauce ». Cette farandole ira jusqu’au grand chaudron au milieu du haut duquel Anne Sinclair fera pleuvoir un mousson de gribiche. Aubry épongera le sol tant elle n’en peut plus que de se voir exilée à Lille depuis 2002. Martine Billard skippera un bateau mouche qui tirera un gigantesque pain Poilâne en plastique sur lequel seront assis comme des guirlande de saucisses Cahuzac, Cambadélis, Moscovici, Montebourg, Belckacem et Assouline, hurlant leur bonheur, pendant que Neri, Désir, Hamon, Queyranne et Glavani se rueront comme un seul homme, comme une foule de furies aux Galerie Lafayette le jour de l’ouverture des soldes, sur les seaux débordant du liquide tant convoité. Delanoë fera faire une arche pour faire voguer tout ce petit monde sur les torrents de Grand Veneur qui déferleront depuis la rue de Solférino, ramant à l’aide de grandes louches.  

Enfin, quand il n’y aura plus de quignons, plus de mouillettes, plus de croûtons, ils prendront alors les roses laissées de côté comme autant d’espoirs déçus, espoirs de ces Français qui les auront élus comme ils « élysaient » Sarkozy en 2007, et comme lui, n’en ayant cure, dans l’aveuglement de l’hystérie collective, croiront que les tiges sont des manches de fourchette et les fleurs, des bouts de pain : ce sera alors une grande savoyarde de pétales au beaufort fondu. Et des milliers et des milliers de sauceurs socialistes débarqueront de toute la France, l’œil humide et le visage émacié par tant de privations et d’humiliation. Les anciens sortiront même de leur tombe, Edouard Herriot, Jean Jaurès, Paul Faure, Pierre Mendes-France, Pierre Mauroy, Jacques Attali, Edith Cresson, ce sera une déferlante de zombies qui se dirigera vers l’Assemblée, l’Elysée, le Sénat, pour un petit poste, rien qu’une petite présidence de groupe d’amitié, une infime place dans une commission, ce sera la curée car tout sera bon à prendre. Même les transfuges de l’ouverture reviendrons dans une grande amnistie de la sainte Sauce. Quel moment !!! 

Et puis, comme il y eut un 10 mai, il y eu aussi un 11 mai puis de nouveau le 10 mai, 1982 cette fois ci, puis 1983 avec en cadeau la rigueur… lendemains qui déchantent… Pour notre part, de droite, de gauche, de toute manière, ce sera la même démagogie et la même course au saucier, croûton au vent. Mais si seulement, contrairement à Mitterrand, sa Majesté des Mousselines Chaudes, le plus grand sauceur que la France ait connu après Giscard et avant Chirac, quelqu’un pouvait, tout en sauçant, prendre les décisions qui s’imposent et faire preuve d’audace ! 

Hier on humait dans les rues de ce Paris participatif, des odeurs de « Ah ça ira » et son coulis d’oignons et groseilles et le fumet de quelques « Sous les pavez la plage » et ses pécans aux truffes gingembrées. Dix longues, très longues années d’attente et d’opposition… on peut les comprendre. Mais était-il bien raisonnable et cohérent que mettre de cette façon en vente le pain avant même d’avoir acheté le pétrin ? 

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Et demain…

Posté par gramier le 10 mai 2011

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Dès demain soir – comme le Monde, on édite le soir sur ce blog -, la chronique du 10 mai 1981 vu sous l’angle de la sauce… Car on a bien chanté le 10 mai, pour se rendre compte le 11 que rien n’avait changé et que le plus grand sauceur de la terre avait été élu avec tous ses copains-coquins Attali en tête. Demain on déchante et les pétales de rose terminent en gelée accompagnant un délicieux déssert! 

J’ai grand hâte! Pas vous? Aux petits oignons mon 11 Mai, j’en salive déjà!

 A demain…

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La morale du fond de casserole…

Posté par gramier le 10 mai 2011

Quelle joie que d’entendre les hommes politiques s’exprimer, que dis-je s’exprimer, s’empêtrer dans des explications calamiteuses au sujet des excursions panamérennes de DSK. 

Dimanche, l’ami Bayrou, face aux tirs de mortier du Calife Elkabach nous donnait un bel exemple de ce mal-être du sauceur. Monsieur Mamounia demandait, en effet, de manière sibylline, ce que l’élu palois, le moraliste, l’ami de Mitterrand, élu par les dieux pour veiller au destin de la France – pas par les Français, malheureusement pour lui… on devrait pourtant être plus attentif aux messages des dieux parlant au travers de la Pythie Marielle de Sarnez en transe, baignée de lumière orange, qui nous répète depuis des années déjà que l’Elu c’est Bayrou et pas un autre… ce que l’on peut être aveugles parfois, nous, électeurs !!! – ce que l’homme qui roule en Massey Fergusson pensait de l’affaire « Porsche Tranquille » et, au-delà, de ce sentiment que peuvent avoir les Français d’une classe de privilégiés bien éloignés de leur quotidien. Pensez-vous ! Elkabach, presque fourbe, allait même jusqu’à faire allusion aux chevaux de course qui font la passion du disc dur du Modem. 

Embarrassé, l’homme ne se démontait pourtant pas et nous parlait de moralisation, de besoin de rapprocher les fonctions électives de la réalité de ceux dont elles appellent l’administration, de briser la paroi de verre… 

La moralisation de la politique, héhéhé ! Thème que l’on pourrait décliné en des modes infinis tant il est délicieux, sans qu’on s’en lasse. Même la sortie de l’Euro pour relancer l’économie – stupidité absolue, s’il en est – semble moins démago que la moralisation de la vie politique et le projet de faire de la classe des élus, une catégorie de citoyens « normale ». Car l’élu n’est pas normal, sinon il ne serait pas élu. L’élu est, de fait, un sauceur mais il a raison sinon il ne serait pas non plus l’élu. La combativité que donne la sauce est parfois bien plus grande que le souffle des convictions. 

On peut tout à fait croire à la passion du changement social de certains d’entre eux, et notamment ceux dont les fonctions apportent plus de tracas de que sauce au safran – un conseiller municipal en charge de la voirie à Louhans en Saône et Loire est peut-être moins bien loti qu’un Président du Groupe d’amitié France-Dubaï à l’Assemblée –, mais plus on monte dans les étages de responsabilités, plus il est difficile d’être uniquement mu par la volonté bonne de faire changer les choses. 

Pour notre part cela ne nous choque pas. Ce qui nous choque a contrario c’est : 1.      la naïveté délirante des Français quant à la possibilité d’un monde politique en dehors du monde du spectacle – les Français raffolent de ces gaudrioles politiciennes et aiment les batailles de ses hommes et ces femmes pour garder leur poste : on ne peut pas demander à quelqu’un de nous faire rêver, de ne pas dormir, d’apprendre ses textes par cœur, de se lever extrêmement tôt, se coucher tout aussi tard, d’aller nous serrer la main sur les marchés, de répondre à nos angoisses semblables à celles d’hier et égales à celles de demain, en gros, on ne peut demander à quelqu’un d’exercer sa profession, de concourir, car la politique est un métier à part entière, et ensuite venir nous plaindre de devoir payer la note une fois qu’il nous a convaincu, alors qu’il a fait ce qu’on lui avait demandé!!! 2.      la complaisance des journalistes qui osent dénoncer tout cela alors qu’ils en vivent – Edwy a de la sauce plein la moustache, Joffrin, la barbe toute souillée de béarnaise – et qu’eux non plus n’hésitent jamais à se faire inviter par leur indic du milieu – content donc de profiter indirectement des généreuses notes de sauce de
la République. 

Nous comprenons que les fins de mois difficiles n’aident pas à porter un regard serein sur ces privilèges. Mais à l’aube de ces campagnes qui arrivent, le plus grave serait de laisser s’engluer le débat dans ce poncif, de rechercher le candidat le plus irréprochable. Le maître étalon « pureté des intentions » appelle le vote extrême, et quelques années plus tard, la honte d’avoir été si con. Le sauceur bon enfant est loin la folie des passions. Il faut s’habituer à la sauce. Saucer s’apprend, c’est un métier. Mieux vaut parfois un homme politique pensant à sa réélection qu’un homme politique emballé et exalté. Mais l’envie de rester prêt du plat n’empêche pas l’audace, l’immobilisme n’est pas une assurance « majorité au scrutin suivant », loin de là. 

Cette campagne sera sûrement du « je te tiens, tu me tiens, par l’bout d’la miquette, le premier de nous deux qui lâchera fera pas trem-pette », on aime et on attend cela, ensuite, ne tombons pas dans la recherche de lendemains qui chantent, ne tombons pas dans le panneau de ceux qui nous promettent des rêves, regardons le programme économique, fiscal, social… la République irréprochable, on en a déjà goûter… et si ce n’est pas le cas, soyez assurés que ceux qui la professaient ne se sont pas priver de la goûter pour nous ! 

Puis surtout, s’ils devenaient frugaux, ce serait beaucoup moins drôle que des chopper le doigt dans le pot et les babines débordantes de confiture. Non ? 

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La Confédérations des Ventres

Posté par gramier le 9 mai 2011

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Confédération des Centres ! Rien qu’en lisant ces trois termes mis bouts à bouts, c’est l’ennui qui nous prend. 

Quelle est la différence entre un Suisse et un Centriste ? Les deux vivent dans une Confédération dans laquelle personne ne parle la même langue que son voisin, le sentiment national n’est fondé que sur l’amour de lucre. La seule différence vient donc du fait que la Suisse maintient le consensus depuis 1291, la Confédération des Centres, elle, l’a perdu avant même sa création. 

On peut lire ce matin que déjà, les principaux responsables commencent à se tirer dans les pattes à se méfier les uns des autres. Il faut dire qu’on a plus affaire à un carquois qu’à une nouvelle formation politique avec la réunion de flèches telles que Morin, Borloo, Charrette et Bockel ! Que du beau monde ! L’élite même d’une classe politique qui survit grâce à la transfusion de sauce depuis bien des années. Et ils mettent la dose ! Après avoir trahi ou suivi le sens du vent, comme tout bon centriste (tout le monde connaît cette blague très IIIème Rép : les Radicaux c’est comme les radis : rouges à l’extérieur, blancs à l’intérieur, mais d’abord, toujours près de l’assiette au beurre): ils se sont tous rompus l’échine à force de se courber devant le Prince, puis, dès lors que celui-ci apparaît affaibli et que sa popularité permet de douter fortement de son maintient à la tête des cuisines républicaines, on le fustige, on le bombarde de ses critiques les plus centristes, on pilonne la majorité qui vous a permis de survivre et on s’empresse de créer à grands renforts d’effets de manches, une Confédération des Ventres gargouillant. 

Tout cela est plus que logique. Le centrisme a toujours eu l’habitude de venir tremper son pain dans le fond de l’assiette de la droite plus dure. On ne peut pas d’ailleurs être un centriste de gauche ni un centriste du centre, en politique, se revendiquer centriste c’est être de droite : un conservateur qui a peur pour son matelas de Pascal avarement amoncelés, frissonnant pour sa chaussette et tremblant pour son livret A. Un centriste peut voter à Gauche si c’est DSK qui se présente ou encore un peu Hollande, parce qu’ils ne font pas peur et de toute manière préserverons ses intérêts, ses napoléons, ses cuillers en argent et ses emprunts russes hérités du grand-père. Car le centriste économise, le centriste agit en « bon père de famille », il ne joue pas l’avenir de son petit univers à la roulette des passions. Il est attentif, organisé, tout est bien ordonné dans sa tête, il s’offusque souvent de l’indécence des idées fortes qui menacent son équilibre. Le centriste, bien qu’en confédération et essayant de retrouver un semblant de vigueur, n’en sera jamais plus qu’un assureur tout risques, qui va à la cueillette aux idées, tout en faisant leçon à la cantonade. Leçon de quoi d’ailleurs ? De traîtrise ? De mauvaise éducation ? De crachage en soupe ? De veulerie ? D’appétit politique démesuré ?

En attendant, ce ne sera pas une leçon d’unité. Car si la Confédération des centres résulte de la négativité, de la rancœur de ceux qui ne peuvent plus saucer et comptent bien se refaire un accès à la corne d’abondance républicaine, c’est d’abord et avant tout un rassemblement de fieffés copains-coquins, des confrères la tambouille qui, on le sait, ont aussi pour point commun la détestation de leurs frères en Centre. A peine lancée, son instigateur, Arthuis, le sénateur moraliste calviniste, refuse de s’associer à l’image de famille car il craint, dit-il, que les intentions de X ne soient en fait que fourberie au service de Y qui est en moins bonne position que Z mais qui est tout de même plus… 

Le centre, qu’il soit à la sauce Commandant François « Massoud Guevara Raël » Bayrou ou à la sauce confédérale des confédérés du quignons, de toute manière, ne sera jamais que l’antithèse de l’engouement politique même, et un rassemblement de responsables ménageurs de chèvre et de choux, ayant table ouverte à de multiples rateliers… croient-ils… 

Il faut éliminer le Centrisme du paysage, c’est une gangrène qui ne sert qu’à engraisser ceux qui en confessent et prophétisent la foi erratique, au grand dam de leur propre foie sûrement plus en crise que la France de Sarkozy. Nous n’avons pas besoin de ces gens. Soit on est de gauche, soit on est de droite, si on sait pas, ben on trouve vite ou on la ferme ! 

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Profession : amateur… de sauce, bien sûr !

Posté par gramier le 7 mai 2011

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Pauvre DSK. Le buzz n’en finit pas. Que ce doit être long ! C’est une sorte de Fukushima de la communication. J’imagine déjà les innombrables coups de IPhone qu’ont dû s’échanger Khiroun, l’homme par qui le scandale…, Cambadélis le stratège façon Game Boy, le Brigadier chef Moscovisci, etc, et leur teneur. 

Situation de crise oblige. Bien que la jubilation de la droite et des adversaires de DSK ait vite été réprimée, que les commentaires fussent rapidement redevenus laconiques et sobres, et même si tous les sondages continuent à être plus que d’excellents augures pour le futur candidat à la candidature socialiste, on peut déjà penser que la campagne aura un fumet de fausse sceptique. Comme nous le soulignions dans un article précédant, la classe politique a essayé de garder au maximum son sang froid, une fois n’est pas coutume. Chapeau ! 

En revanche, l’affolement n’en est pas moins à son comble au sein de la mosaïque des sauceurs qui entourent DSK. Chacun faisant monstre de plus de valeur et bravoure que les autres face aux accusations portées contre le futur hôte de l’Elysée, dans le cas présent, plus par les faits eux-mêmes que par les adversaires de leur champion – celui qui placera à sa table, fera pleuvoir abondamment la soupe et la sauce dans le fond des assiettes des plus méritants, dans quelques mois. Les arguments pour la défense de leur chevalier blanc attaqué injustement – lui, l’espoir, la promesse incarnée qu’un jour, le beurre et la gousse d’ail imprégneront de nouveau le jus du gigot ruisselant devant lequel il bavent et frissonnent, pauvres sauceurs au quignon désespérément sec – sont aussi dérisoires et risibles que l’argumentaire d’Anne Sinclair venu défendre le fait que son mari soit « de gauche » sur Canal+ en début d’année. 

(Je suis persuadé que, pour certains l’évocation des trois lettres « DSK », doit déclencher, dans leur imagination, la vision éloquente image non plus d’un homme mais d’une énorme pintade rôtie avec ses marrons et ses cèpes et, à côté, une baguette encore chaude et croustillante… avant qu’un camarade, les voyant bien bien loin, les commissures salivant à grandes eaux, les rappelle brutalement à la réalité.) 

On a envie de dire : pourquoi se débattre comme un diable dans l’eau bénite, se défendre d’un chien qui ne veut pas vous mordre ? Tout simplement parce qu’ils l’ont compris : cette erreur le marquera du sceau indélébile de la « richesse » que les Français exècrent. Et il lui sera fort compliqué de sortir de l’ornière. Estampillé un jour, estampillé toujours.

Certes, en guise de capital « bling-bling » dans le cœur des Français, Sarkozy le dépasse haut la main mais simplement parce que Sarkozy rolexe, là où DSK patekphilippe.

Et c’est sur cela que joue la cour de « maQuignons » qui viennent tous au secours de FMan. « Les amis de Sarkozy ce sont les riches, les amis de DSK ce sont les socialistes ! » lançait Moscovisci. L’ancien ministre des Relations Européennes de Jospin et collègue de DSK à Sciences-Po a d’aillleurs, comme leur ennemi Hollande, une réelle offuscation constante qui s’affiche sur son front plissé d’indignation. Il semble estimer tellement dément, impudent de la part des autres que de ne pas reconnaître que DSK mérite infiniment mieux que ces reproches bons pour le Président français mais indignes en revanche du Banquier du monde en crise : on n’a pas le droit de faire cela à celui qui prend tout de même le temps de venir s’occuper de la France alors qu’il lui serait si simple de rester saucer à Washington. Vous rendez vous comptes ? Soit… Mais alors, nous pondre un argumentaire pareil, c’est du niveau de pertinence de MAM à l’heure où elle devait rendre comptes à l’opinion de son incompétence et de son scandaleux voyage d’affaires en Tunisie. Pire, vous pouviez écouter le sauceur Urvoas nous dire qu’il était « convaincu » que le sauveur de Washington allait revenir – moi j’en suis convaincu aussi, ça nous fait une belle jambe de bois. Et d’ajouter au sujet de la Panamera qui passionne la France: « Je trouve ça incroyable. En gros il se promène dans une rue où il y a une Porsche, Strauss-Kahn a une Porsche (…) le fait est, c’est pas sa Porsche, je ne sais pas d’ailleurs ce qu’il a comme voiture, je ne suis pas certain qu’il en ait une. » Merci ! 

Puis en lisant d’autres articles sur la question, on apprend notamment que Patriat, Président de la Région Bourgogne, trouve les prophètes et grands prêtes du culte de FMan, dont il fait partie « balkanisés. (…) Il faudrait que ceux qui ont un contact avec lui n’aient pas que des messages négatifs vis-à-vis de nous. » Les sauceurs parlent au sauveur.

Cet appel a des accents semblables à ceux du Baron de Guéret qui, joué par l’abbé de Villecourt que Louis XVI daigne recevoir, dans « Ridicule », lançait : « Louis de France, souviens toi que c’est la noblesse qui t’a fait Roi, la vielle noblesse que tu humilies et qui s’entasse au poulailler. » Les nobliaux de province attendent les charges avec une avidité de famine – dix années à se contenter de ketchup et de mayonnaise dans les mairies, les conseils généraux et régionaux – on récuse le cordon sanitaire de la grande noblesse autour Prince qui l’éloigne du petit peuple, des relais populaires, des territoires, de ceux qui le feront roi ! A la seule différence c’est que leur verve est beaucoup moins brillante aujourd’hui qu’elle ne l’était à l’époque.

Je ne sais comment tout cela terminera. J’espère, pour eux, le sort plus clément qu’il ne le fut pour la cour de Louis XVI… Une guerre larvée entre porte-étendards et porte-voix  du chef, des groupes qui naissent dans toutes les villes de France pour apporter leurs idées fulgurantes à FMan qui, en tant que super héros, sait déjà tout, un mépris des conseillers du premier cercle parisiens, de la rancœur en Région, une insoutenable attente depuis presque un an et demi… ajoutez à cela une faute de carre aussi lamentable que coûteuse et vous avez tout les ingrédients pour faire de la mosaïque des courtisans assoiffés de gribiche, une belle pétaudière.

Pauvre Dominique… Mais que diable, allait-il faire dans cette galère ? L’aventure, se sentir vivant, le sel de la conquête, ça vaut toutes les nominations au poste de Directeur du FMI au monde… pour ceux qui l’ont été.

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Morin, pour quoi Thuram? (1)

Posté par gramier le 6 mai 2011

Désolé mais je suis pris d’une sévère et irrépressible envie d’aligner gratuitement… c’est tout de même mérité.

Avant toute chose, je dois vous faire partager une idée qui se précise et prend forme en mon esprit torturé : la sauce est injustifiable mais elle peut se défendre parfois. En gros, la sauce, ok mais si elle est méritée. Il sera toujours nécessaire de la dénoncer mais dans la société du spectacle, de l’image et des slogans, la dénoncer, fait partie du jeu. Dénoncer pour mieux saucer. Mais cela implique des règles.

Dénoncer est une fonction par elle-même essentielle en ce qu’elle permet – avant de servir la vérité ou la jubilation d’un sénile tel que Papy l’Indignation – de notamment renouveler les stratégies de trempette du quignon. Le procureur médiatique dénonçant les sauceurs, qui peut être, et est d’ailleurs souvent, un sauceur lui-même, selon les règles établies de trahison et de veulerie, dénonce les pratiques que nous fustigeons à longueur de blog et, par-là, crée l’événement, se refait une santé médiatique sous couvert de son attachement, soudain ou profond, à la morale provoque le rire ou bien, dans les cas d’abus répréhensibles par la loi, permet que l’excès de sauce ne perde pas le peu de dignité qu’il lui reste – Mediapart est là pour ça.

Dénoncer la sauce est un exercice au demeurant accessible à tous, si tant est que « tous » aient au préalable, pour fondement éthique à leurs propos, le respect absolu du public à qui il dévoile ses atermoiements . Cette « éthique » de la dénonciation se définirait simplement par « la capacité à parler la langue du pays convenablement, à avoir un poil de décence, d’esprit et un minimum de talent justifiant la publicité de vos propos » sachant que tout cela, je le redis, participe de la grande société du spectacle – je sauce, tu me vois, tu me dénonces dans les média, je dis que j’ai rien fait, entre temps on t’a dénoncé, puis comme tout le monde a oublié de quoi tu m’accusais, ben tu me repasses le quignon que je t’avais filé en sous-main et que tu as trempé pour moi dans le fond du plat vide du gigot ; bilan, on s’en fout, c’était pas facile – c’est un métier – mais l’important c’est qu’on ait fait de l’audience, officiellement on se déteste toujours, mais rappelle-toi que, demain, on se voit au brunch de Véro.

 Je ne sais si vous aurez saisi le sens de cette tortueuse explication, mais permettez moi de ne pas en douter, sinon relisez ou retournez sur Facebook.

Cela étant dit, j’aimerais non pas m’indigner, mais bien m’insurger contre le spectacle lamentable que nous donnait à contempler Canal+ en ce jeudi 5 mai sur le plateau du célèbre Grand Journal.

Je ne parlerai pas de Clovis Cornillac qui me laisse sans mot tant il est Clovis Cornillac, vous m’aurez compris. Tout du moins reconnaissons lui, et ce n’est pas une justification, la qualité de ne pas se prendre au sérieux. On ne peut lui enlever son côté bon enfant. Si les réalisateurs continuent à l’embaucher, c’est sûrement que le public doit l’apprécier, c’est une raison. Je suis un faible, je sais.

En revanche, avant lui, apparaissaient successivement sur le plateau Thuram l’homme politique et Hervé Morin l’ancien ministre de la Défense qui est aussi homme politique et pas auditeur chez KPMG – les apparences sont parfois trompeuses – mais pas n’importe quel homme politique, sinon, le moins brillant et le plus insignifiant de tous les hommes politiques de sa génération.

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Morin, pour quoi Thuram? (2)

Posté par gramier le 6 mai 2011

Thuram d’abord. Monsieur 1998 traite conjointement de deux sujets, je vous le donne dans le mimile, le foot et le racisme. Treize ans après I will survive et la France Black-Blanc-Beur… ça sent l’échec. Que Lilian parle de foot, cela s’entend. De racisme, c’est beaucoup moins clair.

Cela n’a échappé à personne: notre champion s’est illustré, depuis sa retraite des terrains, par son activisme contre l’odieux sentiment par trop répandu encore. Il a créé une association du nom éloquent d’Education contre le Racisme. C’est très bien-pensant mais limpide et c’est assurément un combat essentiel pour notre société et quotidien. Il est bon, pensera-t-on d’abord qu’il puisse mettre sa notoriété de prodige du ballon rond au service de cette noble cause. Elle lui a ouvert grand l’accès aux journaux et télévisions… pour notre plus grand malheur!

Thuram semble parfait dans son rôle de porte parole de la lutte contre le racisme. Le problème c’est que quand il l’ouvre, on se dit qu’il y mal-donne et il paraîtrait peut-être moins invraisemblable d’entendre Brigitte Fontaine s’exprimer sur la Réforme des collectivités territoriales que de l’écouter batailler de la sorte avec les idées, les mots et leur sens. Thuram ne sait pas s’exprimer, Thuram ne comprend pas les questions qu’on lui pose, Thuram répond à côté de tout, Thuram vient s’indigner comme j’achète mon pain (Génération Hessel), de manière tellement faible, fade et sans envergure qu’on en oublierait presque le sujet de son indignation. On est en proie à une sorte d’abattement quand on l’écoute,  maelstrom informe que sont ces phrases, aux conjugaisons ratées, aux termes mal employés, à la syntaxe ignorante et tâtonnante, tout en son discours donne envie de se taper la tête contre le mur le plus proche et de mater un DVD des meilleurs moments de télé de Christine Bravo pour essayer de se rappeler quelle était notre conception, avant son intervention, du ridicule à la télévision. Sa prestation de porte-parole des victimes du racisme est tellement mauvaise que l’histoire abjecte et effrayante des quotas en devient secondaire et ne reste à la fin qu’une certitude : un footballer peut jouer magnifiquement ou signer des autographes, mais surtout, ne jamais penser l’interviewer, même s’il s’agit de football et encore moins de sujets dépassant le seul football, sinon c’est… catastrophique.

Thuram a bien saucé en son temps, qu’il milite, c’est louable, mais qu’il le fasse en silence  surtout si c’est pour fourrer son nez dans les pratiques nauséabondes de la lie de l’humanité : les responsables de la FFF, dont il faisait un temps partie… fonction fort bien rémunérée ! N’est pas Thuram qui veut, loin de là, mais dans le même sens, n’est pas Zola qui veut. Un mauvais joueur n’a pas sa place sur un terrain, un mauvais tribun n’a sa place en politique. La notoriété donne beaucoup de droit, et en premier, celui de se taire… qui est plutôt un devoir pour beaucoup.

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Morin, pour quoi Thuram? (3)

Posté par gramier le 6 mai 2011

Ensuite, voilà t’y pas qu’ils nous ramènent Morin la chique molle, Morin le sauceur, le plus invisible ministre des Armées qu’un gouvernement ait jamais eu et qui connaîtra une postérité dans l’Histoire de ce ministère, après trois années et demi en fonctions, égale voire moindre que Camille Krantz, je vous laisse vous renseigner.

 

Aujourd’hui, le centriste, rêve d’offrir une glorieuse revanche à ses ambitions déçues. Il fait donc un groupe de loosers incapables et déçus avec Borloo, Amara et Yade, dont le but est, après avoir bien fait tous les recoins du saucier, celui-ci s’était tari, de faire perdre le Président Sarkozy aux présidentielles de 2012. L’impudent président a eu l’audace de se rendre compte que les Français n’avaient cure des ventres mous et des bienpensants socio-sauceurs, qu’ils ne lui servaient à rien et n’apportaient au débat que bêtises et idées éculées. Quoi de plus normal que de lâcher du lest quand on perd de l’altitude, et commencer par sacrifier les poids les plus encombrants et les moins efficaces ? Ce qui appellerait l’humilité, chez Morin appelle un livre, insulte à la littérature, au titre affligeant : « Arrêtez de mépriser les Français » suivi d’un obscure sous-titre pseudo explicatif qui ne fait que souligner la pauvreté navrante du titre. Le contenu de ce bouquin que je n’ai pas lu ? Un diatribe anti-sarkozyste avec des idées absolument révolutionnaires, adjectif utilisé ici dans sa définition centriste, telles que : le retour à l’équilibre budgétaire, la « reconnaissance » du mérite des Français et un retour à une véritable méritocratie – non à la suprématie des grandes écoles dans les conseils d’administration, etc. Bref ! En plus il s’exprime avec la verve et la clarté de Véronique Sanson, le sens de l’à-propos de Loana et la tête d’une présentateur de « C’est pas sorcier ». Venir sur un plateau pour dénoncer avec autant de bassesse, la manière de gouverner de celui qui l’a nourri grassement pendant près de quatre ans, – contraint et forcé – parce qu’il avait été un bon traitre à Bayrou – l’autocrate délirant, le Thomas Münzer du Centre – comme bon sauceur qu’il est, lui l’homme du hasard, lui l’homme sorti du néant, né politiquement par défaut, nous présenter ses idées stupides et vides, essayer de continuer à exister par le traîtrise, quand on a aucun autre talent… c’est désespérant, proprement désespérant.
Morin, l’homme au charisme d’un rideau de douche, qui est à la politique ce que Thuram est à la grammaire…

 

Le plateau du Grand Journal, dicté par l’actualité était, ce soir, bien petit, une démonstration de plus, comme si besoin était, de la pauvreté intellectuelle de nos élites, de la banalisation de leur impudence, et du cynisme de rase campagne dont beaucoup de nos médiocres sous-élites font preuve ! Leur stupéfiant amateurisme fait le lit des tribuns qui, nous prenant tout autant pour des imbéciles, savent au moins s’exprimer, de ceux qui ont fait de la  force du verbe, de la maîtrise du signifiant et du signifié, de la harangue…et de la haine, leur fond de commerce: les extrêmes.

 

C’est en ce sens que tout cela est grave.

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« Cent ans après, coquin de sort, il manquait encore… »

Posté par gramier le 5 mai 2011

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Les enterrements sont la chambre noire de la Sauce. Ils permettent, de manière triste, mais non sans réel pouvoir, de révéler combien la Sauce réunit une belle bande de copains. Et comme tout le monde le sait: « Les Copains d’abord ».

Le jour: ils se font des coups bas, ils se tapent dessus dans les média, tournent des reportages sur leur vie, commentent la voiture dans laquelle untel monte alors qu’il est socialiste, accusent l’autre d’avoir appelé à la pédophilie en mai 68, se font des procès pour des banques au Luxembourg, se dénoncent auprès des instances du parti pour intimidations et pratiques mafieuses, s’insultent, se tirent la bourre, participent à des débats télévisés auxquels ils s’entre-invitent, se chamaillent, se mettent des couteaux dans le dos, invoque la morale et les principes républicains, ils s’entretuent symboliquement, nous amusent en somme… le jour. 

La nuit: ils baisouillent, trinquent, guinchent, s’aiment, couchent ensemble, se prêtent leurs femmes et leurs maris, fêtent l’anniversaire de l’un, dînent chez l’autre, prennent l’apéro chez un troisième, partent en vacance, ricannent, michetonnent, se la collent, en somme SAUCENT et SAUCENT encore.

Un enterrement n’a rien de drôle – nos sincères condoléances à la famille de Marie-France Pisier – mais malheureusement, fait partie de la société du spéctacle – Pisier = Funck Brentano son époux travaillant chez Lagardère, pour qui travaille Ramzi Khiroun qui a prêté sa Porsche à DSK, mais Lagardère = Europe 1 = Elkabach, Kiejman, ex mari de l’actrice = mitterandie = Lang, Aubry, Jospin, Mitterrand, etc. On peut dérouler le fil: tout le monde a des liens de parenté de sauce avec tout monde, liens semblables aux fils de fromage qui relient entre eux les petits morceaux de pains plongés en même temps dans la chaleureuse marmitte de fondue savoyarde, l’hiver, entre amis, à Courchevel…

C’est populiste, extrêmement populiste comme propos, mais c’est cela qui est TELLEMENT DRÔLE!!! A notre décharge, pour du respect et de l’intimité, il y a d’autres lieux plus appropriés que Saint-Roch, en plein quartier des artistes fauchés et underground…

La grande famille de la Sauce et l’Ordre du Quignon. C’est formidable. Admirez par vous même :

http://www.lexpress.fr/diaporama/diapo-photo/culture/cinema/dernier-hommage-a-marie-france-pisier_989667.html?p=2 

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Brice Hortefeux de Paille de Tout Bois… un sacré comte!

Posté par gramier le 5 mai 2011

hortefeux.jpg

Alors voilà, une seconde d’inattention et hop, en deux temps, trois mouvements, c’est la curée : DSK, Porsche, Photo = Buzz obligé.

Assurément, le directeur du FMI vit sur une autre planète : cela ne vient, néamoins, en rien remettre en cause sa compétence, que d’aucuns disent remarquable – je ne saurais l’affirmer, je ne l’ai pas eu comme professeur, ni comme patron et encore moins comme amant. En revanche, en temps de crise et connaissant le précédent sarkozyste, désormais institutionnalisé : Fouquet’s et Cie, l’erreur relève de la maternelle de la communication.

Les Français, frustrés, geignards et revanchards, n’apprécient pas en temps normal – si tant est qu’il y ait une fois eu un « temps normal » – ces « signes extérieurs de richesse ». Alors, en ce temps de pouvoir d’achat en berne – si tant est qu’il y ait jamais eu une époque, dans l’histoire, de pouvoir d’achat satisfaisant –, ce manque flagrant de maîtrise de son image, surtout quand on se veut socialiste, peut être rapidement dommageable à une campagne, même balbutiante.

Regardons cette enquête sur lePost.fr qui demande aux lecteurs – d’une neutralité équivalente à la virginité de Madame Claude – ce qu’ils retiendront de ces quatre années de présidence Sarkozy : rien ne dispute sa prmière place au côté bling-bling, Rolex, Aviator, Fouquet’s, Paloma. On peut donc dire que si ce qui n’était pas en soit si reprochable, mais qui relevait tout de même du symbole fort, peut assombrir l’entièreté d’un bilan de quatre années de présidence, il faut se le tenir pour dit : l’ostentation de la richesse est une tumeur mortelle pour les présidents, maligne, presque « sarko-mateuse ». C’est ce qui, déjà, coûtait liberté et carrière au surintendent… Fouquet. 

Mais pour ma part, je m’en fous. J’aime la franchise et me contre-fous de l’argent, je n’en ai pas. Si Dominique Sinclair-Kahn roule en Panamera S, je n’y vois rien d’insoutenable. Cette bagnole est plutôt stylée. L’idée d’une Porsche cinq portes était osée et le résultat fut relativement fin et bien vu, bien plus qu’un Cayenne ou même qu’un coupé lambda de la célèbre marque. N’oublions pas non plus que
la Porsche c’est
la Ferrari du pauvre, alors relativisons! 

Sans ironie, aucun souci avec cela. Il est pervers que d’attaquer DSK sur ce point. Cela reviendrait à reprocher à un chamoniard d’aller au ski tous les hivers.

 De cette histoire, nous retiendrons deux choses : l’une étonne, l’autre, désole.  La première, c’est la réaction pacifique de Nadine Morano. On avait l’habitude de la trouver snippeuse gouailleuse au stand poissonnerie et fruits de mer, on la retrouve pour une fois, au point pâtisserie fine, on reste en grande surface malgré tout. Certes, elle applique en bon toutou – pour ne pas dire… – qu’elle est, les directives de la rue de la Boétie, personne n’est dupe, on ne fait pas d’un âne un cheval de course. La ton est malgré tout trop rare chez la nancéienne pour ne pas être souligné : « Dominique Strauss-Kahn a le droit d’avoir des amis qui ont une Porsche ». Et la ministre de l’Apprentissage d’insister : « Ca ne me dérange pas figurez-vous ». Comme le bon vin, avec le temps…, de la verdeur du jus de la treille au Listel Gris. 

Pour la seconde, il s’agit de relever la sortie d’Hortefeux sur le même sujet : « En 1981, c’était le poing et la rose, aujourd’hui, c’est
la Porsche au volant
 ».

La médiocrité de l’ensemble est entendu et on n’en espérait pas bien plus de la part de Brice le fringuant incapable, l’ami de 30 ans du Président, le ministre blond au visage poupin et impassible, le fidèle serviteur qui jamais ne fit défaut faute de pouvoir faire mieux : en politique, la fidélité c’est pour les imbéciles, pour les sauceurs passifs, ceux qui refusent de saucer en faisant l’histoire, qui préfère attendre patiemment que l’on serve la soupe et la rouille pour y tremper le croûton. Mais le plus affligeant, dans le commentaire sans talent de ce non-événement automobile, est le non sens dans lequel il se noie : comment comprendre le « aujourd’hui, c’est
la Porsche au volant
 » ? Cela signifie-t-il que, à un moment, 
la Porsche se personnifie, avec deux bras et deux mains au bout de ceux-ci, et prend elle-même le volant de… on ne sait, d’un Fiat Multiplat ? d’une Aston-Martin Vantage ? D’un camion Playschool ? Ou bien doit on comprendre, dans la perspective du début de la phrase faisant référence à Mai 1981 et l’élection de F. Mitterrand, le « aujourd’hui, c’est
la Porsche au volant
 » comme : « la révélation majeure que nous fait cette photo volée de Dominique et Anne en train de rupiner, c’est que les Porsches, en tant que véhicule à plusieurs roues, ont désormais un volant qui permettrait de les diriger dans la direction voulue, choisie et non plus subie, par celui qui y entre. Oui, parce qu’alors avant, en règle général, on entrait dans une Porsche soit pour y passer un moment dans l’habitacle spacieux, entre amis ou en famille, pour profiter de la sono, de la clim en été, de la finition des sièges baquets en cuir, soit pour se suicider, c’est-à-dire, mettre le moteur en marche, puis, foncer tout droit dans le premier obstacle venu » ? Mystère… car français niveau côte de la R5 à l’Argus..

Morano sauve un peu l’honneur du débat politique, une fois n’est pas coutume et l’ironie rentrée de sa réflexion frappe fort. J’apprécie.

Brice Hortefeux, unique tireur l’ayant joué offensif à l’abord de ce sujet passionnant, aurait au moins pu faire preuve d’un peu d’humour. Là il nous sert une stupidité, insensée qui plus est… le manque d’à-propos, d’esprit… encore un ministre haut dignitaire de l’état qui nous donne la preuve magistrale de l’imparable déliquescence et du lamentable effondrement culturels des élites. 

« Le problème avec les élites sans talent ni verve, Monsieur le Conseiller Spécial, ce n’est pas quand il y en a un, c’est quand il y en a des files entières ».

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