Les copains s’acoquinent sous le nez de Marianne médusée…

Posté par gramier le 24 mai 2011

Jack Dion de Marianne 2 est notre ami, et il signe un excellent papier que nous vous recommandons plus que fortement:

http://www.marianne2.fr/L-elite-echange-DSK-contre-Lagarde-au-FMI_a206559.html

Un pur moment « Doigt dans le pot », un grand instant « Tartine de beurre et gros radis », bonne lecture!

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Trois petits sondages et puis s’en vont…

Posté par gramier le 24 mai 2011

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La malédiction des bons sondages pour les présidentielles frappera encore.

Et aussi curieux que cela puisse paraître, Sarkozy sera confortablement réélu à la tête de l’Etat Français dans un an. 

Naturellement, les Français ne sont pas des imbéciles et ne tournent pas casaque aussi facilement. Pour l’instant, ils mettent les candidats déclarés au pinacle. C’est le cas de Hollande par exemple qui semble bénéficier de l’éviction de DSK du paysage politique. L’opinion publique se retrouve contrainte à trouver en lui l’homme de la situation pour 2012, par défaut. Faute de grives, ne mange-t-on pas des merles ? 

Eh oui, le raz le bol est encore bien présent dans le cœur des Français. Nous n’allons en énumérer une n-ième fois les multiples causes, mais il est certain que cette défiance à l’égard de la droite, aux commandes depuis 2002 sous l’égide de Sarkozy, est indéniable et très réelle. 

Nicolas Canteloup supposait que le lundi 16 mai, dans les corridors de l’Elysée, résonnait la musique poétique et enjoleuse de « La Fiesta », de Patrick Sébastien, signifiant par là la joie à recevoir ce cadeau à Sarkozy qu’est le sabotage de DSK par lui-même. Ce n’est pas tout à fait comme ça que l’Elysée réagit semble-t-il, mais dans le fond, le résultat sera le même. Un G8 en meneur des grands décideurs de ce monde, un enfant, une belle femme, une situation économique enviée par tous les pays européens sauf l’Allemagne, en situation de proposer au FMI la candidature d’une compatriote, malgré DSK – cet acte venant aussi légitimer la cohérence de l’action de Lagarde à la tête du ministère de l’Economie et des Finances, et donc de Sarkozy, ce coup serait un coup de maître (voir notre article sur Sarkozy et DSK au FMI ici), si
la CJR le permet –, éléments qui donneront au candidat Sarkozy, lors de la campagne, des avantages compétitifs essentiels pour ce qui est de la stature présidentielle. 

En somme, ce que beaucoup de commentateurs ne veulent pas dire, par plaisir pur de créer la surprise, c’est que sans DSK, le PS n’arrivera pas à ne pas se déchirer – Valls a retrouver ses canines de vampire suceur de plancher, Martine hoquette et gagne sans triomphe des cantonales « gâteau », François triomphe modestement avec cette même tête cérémonieuse au sourcil froncé de futur Président « normal », Royal se voit déjà en Présidente du Pouvoir d’Achat, Montebourg ne se sent plus de joie et ouvre un large bec… Marine Le Pen va se dégonfler comme une baudruche qu’elle est. Villepin prendre du sursis. Borloo ne se présentera pas. Bayrou continuera à vendre du rêve, et toujours pas de réalité. En somme, Sarkozy sera au second tour – à moins d’un nouvelle sortie telle que « casse toi pauv’con », mais cela est plus qu’improbable, Sarkozy n’est pas le dilettante qu’est DSK – et il sera bien dur au candidat PS, quel qu’il soit, de concurrencer un président sortant, machine politique rarement égalée, à la stature hautement et de plus en plus présidentielle malgré ses quelques casseroles. 

Aucun président de la cinquième n’a été fait par les sondages et ne le sera jamais. Les sondages fonctionnent comme un thermomètre des humeurs françaises, mais leur interprétation est équivalente à la science météorologique, dont Philippe Bouvard, spirituel, disait qu’elle est « la science qui indique le temps qu’il aurait dû faire ». Les augures sondagiers sont rarement des « open books », ils demandent calme et recul, leur sésame, la substantielle moelle, se trouvent à leur marge et leur frange, le corps de ce texte fumant n’étant souvent qu’un écran malicieux destiné à tromper les jeunes padawans aveuglés par leur exaltation, jouant aux haruspices roués. 

Vous nous direz, de là à faire de François Hollande un jeune et fougueux padawan… c’était une image, cela va sans dire (voir notre article sur Hollande Président). 

Si Sarkozy n’est pas tout proche de gagner, il est bien loin d’avoir perdu. 

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Amnisty International… version PS

Posté par gramier le 23 mai 2011

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Par Albenitz

Les élus de Droite Populaire, le collectif des ultras de l’UMP, ne racontent pas que des conneries. Entre un petit verre de jaune pris au zinc et une sortie poujadiste, les francs tireurs de la droite qui s’assume ont parfois des fulgurances. Et leur dernière charge contre la réaction du PS face à la chute du Satyre de Washington était plus que frappée au coin du bon sens: elle était pertinente, juste et méritée. 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/05/17/97001-20110517FILWWW00522-droite-populaire-solidarite-de-caste.php 

Une fois n’est pas coutume, je laisse donc la parole à Lionnel Luca, Bernard Carayon, Richard Mallié et Christian Vanneste, mes nouveaux héros: »La solidarité de caste que manifestent certains socialistes est totalement déplacée [...]. La présomption d’innocence, la décence et la retenue à l’égard de DSK sont certes nécessaires. Pour autant, s’il y a une victime, c’est la jeune femme qui, peut-être, a subi une agression et un viol, et non l’éventuel auteur des faits« . 

« Solidarité de caste », la formule est lancée. Comment mieux décrire, en effet, la transe gotesque qui s’est emparée des vieilles gloires du PS lors de la publication des images du Grand Khan entravé? Guigou, Chevènement, Aubry, Jack Lang, tous qui ont rivalisé de superlatifs pour décrire l’horreur que leur inspiraient ces clichés. 

On a d’abord entendu les lamentations rauques de Martine, «sidérée» et «bouleversée par les images». Puis c’était au tour d’Élizabeth Guigou, inénarrable dans son rôle de passionaria botoxée, de parler d’«une brutalité, d’une violence et d’une cruauté inouies». Jack Lang surenchissait et se répandait en imprécations séniles, fustigeant un « lynchage » et « une justice infernale ».  Enfin, la voix chevrotante du vieux « Che » se joignait au choeur des pleureuses:  «Le coeur ne peut que se serrer devant ces images humiliantes et poignantes qu’on donne de lui. Un effroyable lynchage planétaire»

Je ne m’étendrai pas en détail sur l’imbécillité de cette réaction. Ce n’est pas l’objet de cet article, et de très nombreux journalistes ont écrit sur le question. Je me contenterai de dire que si le droit américain ne prohibe pas la publication de photographie des personnes inculpées, il laisse par ailleurs beaucoup plus de place à l’expression des droits de la défense qu’en France. Et que notre pays est très mal placé pour donner des leçons aux Etats-Unis en la matière, alors que, par exemple, les avocats étaient jusqu’à très récemment absents des interrogatoires de garde à vue, chose impensable de l’autre coté de l’Atlantique. 

Ce qui m’intéresse, c’est la raison de ces glapissements outrés. Pourquoi une réaction aussi disproportionnée, quant on attendait d’eux qu’ils se taisent ou se contentent des réactions d’usage (un  »laissez la police faire son travail » de bon aloi, façon Commissaire Baliès dans la Cité de la peur, aurait très bien fait l’affaire)? D’autant que le langage PS, ce brouet insipide d’éléments de langage qui provoque des réactions cutanées lorsqu’il est appliqué à une discussion politique, était parfaitement adapté au commentaire, forcément prudent, d’une affaire judiciaire. Mais voilà, il fallu qu’ils s’emportent et gémissent comme des vieilles femmes. Pourquoi? 

La vérité, c’est qu’ils se croyaient intouchables. La vérité, c’est que ces images ont déclenché une réaction épidermique chez ces hommes et des femmes, qui pensaient que des années de luttes morales (anti-racistes, anti-fasciste, etc.) leur donnait une sorte de certificat de respectabilité à vie. Voir « un des leurs » menottés, comme un vulgaire dealer de crack, voilà qui est insupportable pour ces gens qui confondaient le fait d’être un honnête homme et d’être un homme honnête. Luca, Vanneste & Co ont raison: c’est véritablement un réflexe d’autodéfense clanique. J’ajouterai qu’il est très révélateur d’une certaine élite « gauche mondaine », donneuse de leçon, pleine de morgue et de suffisance. Une certaine gauche qui découvre que dans un autre pays, le délicieux DSK, qui dîne au Siècle, cite Keynes dans le texte et a eu des mots très forts contre l’intolérance devant les membres de la fondation Saint Simon, ce même homme peut être inquiété, mis aux fers, questionné par des inspecteurs de police indélicats, et traduit devant une magistrate, tout cela parce qu’il est accusé d’avoir troussé une soubrette peu coopérative. Bref, ils découvrent que dans un autre pays, un système judiciaire d’une indicible cruauté applique la même règle à tous les citoyens, et qu’une sommité socialiste accusée de viol y est traité… comme tout citoyen accusé de viol.    

Je ne dirais pas que tout cela m’a donné envie de voter à droite pour 2012. Mais je constate seulement une chose, c’est que cet égarement est symptomatique d’un complexe de supériorité morale  qui est spécifique au PS. Et si les éructations populistes de Copé, Guéant et consorts me font toujours l’effet d’une triple dose de vomitif, je mets à leur crédit d’avoir fait, pour l’instant, preuve d’une certaine dignité dans ce qu’on appelle l’affaire DSK. 

Publié dans DSK, Les copains d'abord, Parti Socialiste, UMP | Pas de Commentaire »

MAM au FMI ou le procès de la honte

Posté par gramier le 21 mai 2011

« Un coup de tonnerre » ! Les Français chavirés par l’ignoble traitement réservé à leur favori ! Lui, qui a si bien su servir la France et qui devait encore la servir par son aura, sa prestance, sa compétence reconnue de tous, lui faire ceci ! Atterrante, inique, excrémentielle, immorale et crasseuse : c’est ainsi que l’on pourrait qualifier l’image que donne la justice d’elle-même, dans cette histoire.  

Certes, il y a eu péché, mais alors, n’a-t-on pas le droit de céder, le temps d’une valse à peine, aux pulsations vitales qui vous assaillent quand on a le destin d’une partie de l’humanité entre ses mains ? Le poids de la charge, le sacerdoce que cela représente, le dévouement absolu à la cause d’une Humanité heureuse, à l’accomplissement de lendemains meilleurs que tout cela suppose ? Balayé ! Oublié !

Jaillit cette sentence : « Qui n’a jamais perdu une seconde la maîtrise de son être et des passions qui l’habitent, lance donc la première pierre ! Qui ne s’est jamais passé une envie friponne vienne à la barre vilipender la victime expiatoire de nos ressentiments populaires ou se taise à jamais !

Entendre pis que pendre d’une seconde d’égarement, ou plusieurs, ne génère-t-il pas, en nous, la plus grande affliction qu’il soit ? Inconvenant au plus haut point, quasiment malhonnête, au moins intellectuellement, voilà ce que toute cette mascarade, cette curée, cache d’effroyable et d’ignominieux.

Si  nous avions eu le talent de Rimbaud, l’inspiration démonique nous aurait-elle peut-être susurré ce vers sarcastique à la plume, vers dont nous désirons éclabousser ce nouveau 21 Janvier cathartique et infectieux : «  Des Peaux-Rouges criards t’avaient donc pris pour cible et t’avaient cloué nu, au poteau de couleurs ! » Eh oui, nous sommes comme ça ! Eh oui, nous assumons le risque de l’opprobre ; mais  avec cet homme abattu, tel un innocent perdreau s’étant pris pour Icare, ô comble, nous voulons nous aussi nous avilir, par compassion, par conviction : celle qu’une âme telle que l’était le patron du FMI ne mérite pas tout ça. A ceux qui veulent faire triompher le droit en immolant cette grandeur traquée et déchue, nous voulons dire : Messieurs les procureurs, c’est ici Montesquieu que vous insultez et Antigone que vous souillez !

Ah, on me dit que Dominique Strauss-Kahn n’est plus le patron du FMI ? Mais qui a parlé de Dominique Strauss-Kahn ? Personne ! Naturellement, il y aura eu méprise : c’est FMI qui portait à confusion ! Quelle erreur ballotte ! Alors, non, remettons les choses en place, il ne s’agit pas du patron du Fond Monétaire International, mais bien du patron de l’association des sauceurs en retraite, sorte de « vie montante » pour le 4ème âge de la politique: FMI pour « Fromage, Musette & Indigestion» : Fromage : parce qu’on s’l’est bien partagé ! Musette: parce qu’on a fait un putain de bringue et durant des années ! Indigestion : parce qu’on s’est pas rendu compte mais la mie du quignon était spongieuse et c’est traître la mie spongieuse, en somme, on a saucé à s’en faire péter la vésicule biliaire ! Et naturellement, le grand patron c’est Jacques Chirac, ou Jackie la Canette dans l’asso.

Oui, alors, voilà : on était en train de dire que c’était vraiment dégueulasse de le traîné Jackie en justice pour abus des bonnes choses ! Quelques emplois fictifs ? Faut quand même pas pousser ! C’est pas la mort du p’tit ch’val ! Alors, un non-lieu Pépé Brin d’Amour, aka Le Scipion des Hauts-de-Seine, aka Charles Pasqua et on enverrait Jackie à la Santé alors que l’UMP a déjà payé l’addition ?! C’est scandaleux, faut vraiment être un sacré sans–cœur pour oser traîner dans la boue l’honneur d’un homme pour un petit excès de sauce !

Michèle Alliot-Marie aka Madame Tajine aka Gribiche Airlines, en tant que grande sauceuse devant l’Eternel et pressentie comme future patronne, pour ses hauts exploits, nous explique : « Un emploi fictif dans la vie d’un homme politique, c’est comme un éclair au café pour un diabétique à Pentecôte, c’est la petite mousse de derrière la cravate et sa cacahouète à la sortie du boulot, la pastille Vichy d’après le repas, c’est le pas de danse de la vieille fille seule devant sa glace sur « Parlez-moi d’amour », en somme, c’est le p’tit plaisir de la vie qui permet d’affronter le quotidien avec un peu de glucose, les temps sont si durs… L’emploi fictif, c’est péché mignon, c’est gentillet, ça mange pas de pain, c’est cocasse ! Alors, un ancien président de la République, qui plus est nous a tellement peu contrariés… en ne faisant rien, ben si ça a pas le droit à quelques petits emplois par-ci, par-là, c’est qu’y vraiment un truc qui tourne plus rond ! Hein ? Soyons honnêtes, reprenons-nous, voyons, un peu de tenue ! Vous avez vu ce Papy gâteau, il a l’air tellement inoffensif qu’on lui en donnerait le bain ! »

Persécuter ainsi cet homme, c’est bien la preuve que les balais ont pris possessions de l’orifice interdit de cette société rigoriste, inquisitrice et sentencieuse, réunion inhumaine de calvinistes qui ont perdu la saveur de la vraie fête, de la gouaille, de la guinche, du sens de la vie qui est de faire honneur à la corne d’abondance, quitte à, parfois, devoir prendre un jus de citron… Mais bon, est-ce vraiment condamnable ?

A la société du bouillon cube et de la réduction, héritée de Chirac, nous avons préféré société de la moutarde premier prix, c’est un choix moral que nous payerons… pas lui !

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Lagarde les pieds pris dans le Tapie…

Posté par gramier le 18 mai 2011

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Un nom revient: Lagarde.

Elle a tout, dit-on. L’expérience, l’autorité, la diplomatie, le parcours nécessaires. Bien que l’idée puisse remonter les tenants d’une représentation plus forte des nouvelles puissances économiques émergées – d’Amérique du Sud, d’Asie, d’Afrique, et autres BRIC – aux directoires des grandes institutions internationales, l’option française Lagarde, pour prendre en charge la direction du FMI à la suite de Dominique Strauss-Kahn, semble recueillir des avis très favorables et faire le consensus. 

Sans nécessairement se voir taxer de chauvinisme outrancier, reconnaissons le, ce serait un orgueil, tout de même ! En tout cas, une belle preuve que la France garde dans le monde une influence et un aura certains. D’aucuns y verront le chant du cygne de la diplomatie française – à la manière du groupe Marly essayant, le mardi 8 février dans une tribune au Monde, de rendre cette empreinte laissée par la France dans les enjeux politiques internationaux, ridicule et décadente, à des fins politiques – mais cette perspective n’en reste pas moins, selon nous, la preuve triomphante du contraire.  Cette perspective est réjouissante en premier lieu, parce que nous savons Mme Lagarde sage et profondément diplomate, ayant construit avec brio une carrière impressionnante fondée sur l’intelligence et à l’acuité, nous l’avons dit, mais, surtout, parce qu’il est plus rassurant de voir, à la tête de l’institution, une européenne empathique mais réaliste face à la crise grecque (de l’issue de laquelle dépend la stabilité de l’euro et l’avenir de l’Europe) plutôt qu’un non européen. 

Pourtant le ciel radieux de cette situation s’est fortement assombri.  Par quoi ? L’affaire Bernard Tapie. 

Affaire fort complexe : quinze années de procédures judiciaires intentées par l’homme d’affaires contre l’Etat suite à la liquidation de Groupe Bernard Tapie entre 1992 et 1993 et la vente litigieuse d’Adidas – Tapie disait avoir été floué par le Crédit Lyonnais sensé être son partenaire. Le 11 juillet 2008, le rendu de la décision du tribunal arbitral, composé par trois juristes de renom, sonnait la fin des hostilités. En effet, il condamnait le Consortium de Réalisation – en charge de la gestion du passif du Crédit Lyonnais – à verser 390 millions d’euros aux époux Tapie, dont 45 pour préjudice moral. 

Deux choses choquèrent après coup. On comprend moins l’une que l’autre. Tout d’abord, le mode de règlement du conflit : un tribunal arbitral. Pas de quoi faire un fromage, je ne suis pas juriste, on pourra toujours trouver des vices de forme dans la décision, mais, soyons honnête, ce feuilleton allait-il encore durer dix ans, vingt ans ? Un règlement « à l’amiable » était, selon nous, et même si le raisonnement semble léger, une honorable décision.

Ce qui se comprend moins vient de ce que la décision des trois juges, favorable à Tapie contrairement aux précédentes décisions de la justice, n’ait pas pousser le ministère des Finances à interjeter appel. Le CDR, organisme appartenant à l’Etablissement Public de Refinancement et de Restructuration, donc à l’Etat, aurait dû, au moins pour la forme, contester cette décision – les 45 millions d’euros pour préjudice moral méritaient bien un approfondissement et une confirmation…

Bref, un petit groupe de députés socialistes se sont emparés de l’affaire et sont bien décidés à ce que la Ministre Lagarde, en charge du dossier, réponde, devant la justice des ministres en exercices, de ses « décisions » engageant les deniers publiques.  Ces Fouquier-Tinville, tenant d’une « morale d’embrayage », à plusieurs vitesses, se sentent sûrement encore inspirés par Robespierre ou Jospin et, ainsi, portés par un désir irrépressible de République irréprochable – emprunt sarkozyste –, de justice triomphante et de dénonciation du copinage – c’est ce qui sous-tendent les poursuites engagées – mais ils s’attaquent, malheureusement, à la mauvaise personne. 

Que Lagarde ait été peu regardante dans toute cette histoire – ses déclarations dans la presse concernant les montants en donnent la preuve –, soit, mais n’avait-elle pas bien d’autres dossiers légèrement plus prenants à même époque ? On lit dans le Nouvel Obs qu’elle n’a fait que suivre, de loin, les suites d’un processus engagé avant son arrivée à Bercy… par Jean-Louis Borloo ! Et dont le suivi fut assuré par Stéphane Richard, actuel patron d’Orange, qui fut précédemment le directeur de cabinet de Borloo. 

Et oui ! Et Borloo, qui n’a jamais fini d’être le plus remarquable centriste de la terre, le plus grand radical (voir articles : ici ou ), en somme le plus impénitent des sauceurs de sa génération, n’était naturellement autre que l’avocat de Tapie, en ces temps lointains ? Sans vouloir faire de faux procès, avouons que le fruit du hasard apparaît légèrement blet…

On entend mieux pourquoi le dispositif a été mis en place alors qu’il était au Ministère des Finances. On comprend mieux pourquoi Lagarde n’a pas fait montre d’empressement au sujet de ce dossier puisqu’il était largement engagé lors de sa prise des commandes. On comprendra aussi aisément que face à la chute de Lehmann, à la faillite de Bear Stern, et à la crise des subprimes, son temps dédié au solde de l’affaire Tapie n’ait pas été gigantesque… ce qui se révèle avoir été une erreur.  Prise au piège Lagarde. Pas assez politique Lagarde. Et tout cela, toute cette affaire ne vient que corroborer ce que nous démontrons depuis le début de ce blog et ce que, de l’extrême droite et l’extrême gauche fustigent à des fins haineuses – contrairement à nous qui en rions: 1.      Que les sauceurs-copains-coquins s’en donnent à cœur-joie dans les dépendances de la République, 2.     Qu’ils festoient et font bombance, roués aux us culinaires et républicains, agiles et habiles comme des chats par temps de disette,  3.      Que nos chevaliers de la légion d’honneur, ayant troqué l’amour de l’odeur du sang chaud sur les champs de bataille pour le fumet de la grand veneur, n’ont pour épée au fourreau, plus qu’un croûton à l’ail, 4.      Que la rapidité de ces « spadassins des cocktails » à le dégainer, ce croûton, n’a d’égales que l’agilité déployée pour s’approcher toujours plus prêt du buffet de Marianne et l’habileté qu’ils démontrent à le tremper sans qu’il ne goutte… 

Le souci dans cette histoire, relent nauséabond des années politicardes et sulfureuses de la gauche mitterrandienne comme de la droite chiraco-sarkozienne, c’est qu’elle ne fera pas qu’une victime, en règle générale la brebis innocence qui cache le troupeau de loups, mais deux : Lagarde et… une assurance de sursis pour la Grèce et l’Europe, rien de trop.
Mais que voulez vous ma bonne dame, la sauce nationale à ses raisons que la sauce internationale ignore… 
C’est lamentable mais c’est ainsi. 

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Hollande c’est l’histoire d’un mec qui…

Posté par gramier le 17 mai 2011

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Mauvaise langue, par Albénitz et Gramier

Hollande c’est l’histoire d’un mec qui aurait du vendre des cadres de photos chez Conforama et qui va devenir président de la République Française, chef des armées, premier chanoine de la basilique de saint Jean de Latran, et garant de la Constitution.

Hollande c’est l’histoire d’un mec qui aurait du faire du porte-à-porte pour vendre des contrats Cofinoga à des ménages surendettés dans le Doubs, et qui va avoir le code de l’arme nucléaire.

Hollande c’est l’absence de vision, de hauteur, de courage, de sens de l’Histoire, de charisme. Il va installer du lineau dans le salon doré de l’élysée, il va rendre obligatoire le port de méphistos dans son cabinet, et il va nommer Manuel Valls Premier Ministre et il se fera le chantre d’une République modeste, qui porte des cravates en acrylique et des chemises violettes. Avec lui, c’est surtout une vague d’ignobles suffragettes portant des permanentes rouges et des tailleurs façon Cresson qui vont envahir les lieux de pouvoir.

Hollande c’est la défaite du destin, c’est la victoire de la Citroën ZX et des agences Laforêt Immobilier. Hollande Président et la France devra concourir dans la catégorie des pays moyens et gentils pour la production de mobilier néo-Louis XV en aggloméré . Hollande c’est l’homme du contrat de gouvernement avec les Verts et avec Jean-Pierre Chevènement, en somme qui rêverait que la promo Tchin-Tchin d’Afflelou fonctionne aussi au Swiss Vision du Centre Commercial de l’Intermarché d’Argenton-sur-Creuse; c’est le futur Président que même le Haut Commissaire aux Solidarités Actives du Kosovo n’aura pas le temps de rencontrer.

Hollande c’est la victoire du « euh » ponctuant toutes les fins de phrases, c’est l’homme qui est à la politique ce que Cyrielle Claire est à l’Histoire du cinéma, c’est le disciple cheap de Stéphane Hessel, philosophe sénescent et gâteux, c’est l’apogée de la génération Mégane Scénic qui décide de faire sa révolution et de rouler en Logan 3 portes.

Associer les noms « Président » et  »Hollande » revient à publier dans une même édition le Journal Officiel et Télé7 Jeux, Hollande c’est le genre de président à découvrir les ultimes soubresauts de la politique internationale dans les Dernières Nouvelles d’Alsace.

Avec Hollande comme premier représentant de la nation, la France  croira qu’elle a une partition énorme dans le concert des nations, alors qu’elle sera à l’ONU ce que le triangle est à un orchestre wagnérien. Au lieu de rapporter des contrats d’EPR de ses visites en Chine, il reviendra les bras chargés de promesses chinoises de respect des droits de l’homme avec en contre partie, pour la France, des engagements d’achat de milliers de tonnes de bas de contention Sigvaris de contrefaçon, de baisenvilles en simili cuir vachette ainsi que des milliers de paires de baskets de la marque Noël dépareillées, pour les clubs de balle-au-prisionnier qu’il aura développés sur tout le territoire dans le cadre de son plan « Jeunesse, Espoir et Sport ».

Hollande c’est la France du tricot de corps Damart et le règne des femmes « belles, belles, belles en Afibel » parfumés par Gloria Vanderbilt; c’est la France de la ballade en VTT dans le mont Pilat; c’est la France Décathlon, la France Parc Astérix, la France qui  »imagine demain » avec des sorties au Futuroscope. Alors, même si tout cela appartient à ce qui fait les charmes de ce pays, avouons que devant Dilma Roussef ou Obama…

En fait Hollande c’est avant tout l’héritier de Lecanuet, quand on y pense. Lecanuet c’était ce mec sans aspérité et sans épaisseur qui a eu quelques voix en 1965 parce que les Français étaient fatigués d’être glorieux et abrutis par le vent de l’Histoire, et qu’ils voulaient profiter tranquillement de la croissance pour s’acheter des micro-ondes Seb, les Vinyls de Salvatore Adamo, un appartement à la Grande Motte voire une DS d’occasion. Ces gens-là ils aimaient Lecanuet, « Colgate » comme on l’appelait, parce qu’il leur susurrait des choses gentilles à l’oreille et qu’avec lui ils pouvaient envisager  des vies calmes et centristes, bien calés dans des canapés en cuir vegan, un verre de mauvais cognac à portée de main en regardant passer les heures sur une belle montre Lip, avec fierté et contentement, les heures d’une vie de futur préretraité à 55 ans, vidée de sens par le consumérisme et aveuglée par le principe voltairien de « petit chez soi », version moderne de « il faut cultiver notre jardin ».

Mon Dieu, s’il vous plaît, préservez nous de François Hollande, préservez nous de la flanisation vanille de notre pays, préservez nous du règne de la petite phrase et de la mesquinerie de bureau, préservez nous de la VRPisation de la fonction Présidentielle, préservez nous du mec qui fera réécrire l’hymne national par Zaz. Un tonneau à bière si vous voulez, la grande zaza ou l’antiquaire, va encore, mais pas, non, pas l’épicier corrèzien qui vous vante une ristourne sur les Knackis ou sur la Flamenküche Sodebo. Dans votre infinie mansuétude, vous nous avez déjà évités son ex compagne, vous pouvez refaire ça avec le compagnon, non? Amen

Publié dans Badinerie, Hollande, Mauvaise langue, Parti Socialiste | 4 Commentaires »

Le sauveur est mort, vive le sauceur ?…

Posté par gramier le 16 mai 2011

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Par Chybroc, plume amie…

Maintenant que l’action DSK se révèle être, sans grande surprise il faut l’admettre, un junk bond, une  mauvaise intuition de plus du landerneau politico-médiatique, orphelin d’une longue lignée de timoniers en mousse tels que Pierre Mendès-France, Jean Lecanuet, Jean-Jacques Servan-Schreiber, Raymond Barre, Michel Rocard ou François Bayrou…  La question est désormais sur toutes les lèvres dans les bonnes saucières : à qui profite le crime ?

Car il s’agit bien d’un crime, n’ayons pas peur des mots, ou plutôt pour être exact d’un sacrifice rendu au dieu ithyphallique Priape, dont ce brave Dominique était le grand prêtre incontesté. Hélas pour lui, il n’a jamais vraiment su cacher ses penchants, il en paie aujourd’hui le prix, qu’il soit innocent ou coupable d’ailleurs n’a aucune importance. Le roi est mort, donc vive ? Vive le roi pardi ! Qui sera le prochain souverain du royaume PS, le prétendant au trône présidentiel ? C’est évidemment le seul sujet, tout l’intérêt de cette tempête est de rabattre les cartes, d’offrir un terrain de jeu inespéré à tous les sauceurs sachant saucer.  Et comme on le sait, le PS ne manque vraiment pas de prétendants sur ce genre de problématiques…

A commencer par les candidats déclarés, comme les inénarrables Manuel Valls et Arnaud Montebourg, hémisphères droite et gauche d’un cerveau PS au bord du burn out, sans oublier nos Clinton made in France, Ségolène et François. Alors pour éviter que la primaire tant attendue ne tourne en mauvaise parodie du film la Guerre des Rose, il faut trouver un challenger crédible à François, afin que celui-ci gagne honorablement ses galons de probable général en chef.

Tout le monde a évidemment sa petite idée, et le nom de la Première secrétaire revient avec insistance. Il semble néanmoins qu’elle en avait fait son deuil, et même si les évènements d’hier changent considérablement la donne, il est peu probable qu’elle ait le véritable désir dans découdre. Tel père, telle fille après tout… Alors qui ? Quel larron en foire serait prêt à saisir une telle occasion ? Qui parmi les brillants hauts dirigeants de la gauche ? En ces temps de commémoration mitterrandienne, il n’est pas nécessaire d’aller bien loin, la réponse devrait même sauter aux yeux et il est étrange que le nom du prétendant n’émerge pas plus rapidement. Le grand homme avait encore une fois tout prévu et la parenthèse ouverte au PS avec le « droit d’inventaire » semble s’être refermée hier. Le parti d’Epinay, on le sait, a peu évolué depuis que les lignes se sont figées au congrès de Rennes en 1990. Et les spasmes qui le ramènent artificiellement à la vie depuis cette date s’expliquent en grande partie par cette fracture entre Fafa et Yoyo, les Caïn et Abel du jardin d’Eden socialiste. Et allors ? On ne voit pas le rapport ?

Pourtant, DSK doit son ascension à l’un d’eux, il était même, jusqu’à hier, héritier de la ligne rocardo-jospinienne qui prît le pouvoir en écartant le canal Tonton historique, en premier lieu le trop (ou pas assez) talentueux Laurent FABIUS. La vraie surprise n’est donc pas la chute programmée du directeur général du FMI, mais plutôt sa conséquence : en faisant hara kiki à son destin présidentiel, il met aussi fin à plus de vingt années de domination du Tout Sauf Fabius (TSF), longtemps seul ferment d’unité au sein d’un parti qui a épuisé toutes les combinaisons les plus improbables, y compris une alliance avec les fabiusiens eux-mêmes depuis 2008…  

La recette de la sauce TSF a tourné depuis longtemps, en s’alliant avec Martine et Dominique, le camarade Laurent a réintégré la majorité du parti contre la promesse de soutenir l’un d’eux dans la perspective de 2012. Tirant discrètement les ficelles, caché derrière un tonneau de bière lilloise avariée, qui peut penser que notre antiquaire préféré se contenterait du poste de grand Vizir, dont il fut en son temps le plus jeune titulaire, quand il a enfin l’occasion de devenir calife à la place du calife ?

Ne nous y trompons pas, en véritable sauceur de carrière, digne héritier de ses pères et pairs, Laurent sortira bientôt du bois. Il a la chance inespérée à son âge avancé de réaliser ce pour quoi il était programmé, et vu sa piètre opinion, qu’il ne cherche pas à cacher, de Ségolène et François, on ne voit vraiment pas ce qui pourrait aujourd’hui l’en dissuader. Son réseau est depuis longtemps entré en résistance, certains sont même bien infiltrés à l’image de cette vieille anguille de Claude. La belle écurie ne demande qu’à se remettre au service de son champion. Certes, le bolide n’est pas de la première jeunesse, mais il n’a jamais vraiment cessé de courir et reste diablement efficace (la TVA sociale a gâché le triomphe annoncé des dernières législatives). S’il est peu probable qu’il remporte la course finale, le PS se doterait là d’un candidat sérieux, parfait reflet de son état léthargique, de ses errements et de ses renoncements, l’idéal pour saborder ce qu’il est devenu : un bateau ivre de sondages et de victoires en trompe l’œil, qui n’en demeure pas moins à la dérive, sans capitaine et sans boussole. 

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Les fourberies de l’ouverture ou la victoire de Sarkozy…

Posté par gramier le 16 mai 2011

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« Mais que diable allait-il faire dans cette galère !»

C’est à l’été 2007 que remonte peut-être la faute de carrière de DSK.

C’est à l’été 2007 que Sarkozy se montre le plus grand stratège de la cinquième République devant même François Mitterrand.

C’est à l’été 2007 que tout était scellé.

Alors oui, il est simple de jouer sur l’illusion rétrospective du vrai et dire, après coup, que tout était écrit. Le destin n’est jamais qu’une formidable page blanche qu’il nous incombe de noircir selon nos choix, la plume de notre raison trempée dans l’encre de notre liberté. Si rien n’était naturellement écrit, il aurait peut-être fallu à DSK un peu plus de clairvoyance dans ce superbe cadeau sarkozyste qu’était la présidence du FMI. Ce fut une espèce de Cheval de Troie et encore une fois, ce sont les Grecs qui auront eu le dernier mot.

Les ravages de l’ouverture. Et les Cassandres ne manquèrent pourtant pas de sonner l’alarme et de rappeler que « Gentil n’avait qu’un œil, Sarkozy en a deux », mais elles étaient Cassandre. Sentant ses adversaires dépités après la troisième défaite consécutive aux présidentielles, Sarkozy décide de pratiquer » la prime au talent ». Les plus âgés des Troyens assiégés, tel Kouchner, acceptent de rallier l’ennemi sentant bien qu’ils seront peut-être passés au Père avant même d’avoir vu le jour de gloire de leur camp arrivé et qu’il vaut donc mieux saucer hic et nunc avec l’ennemi qu’en rêve avec ses amis. Lang, l’éternelle anguille, se prend au jeu de l’hameçon sans y mordre et d’autres, cherchant la gloire rapide tombent plus ou moins dans l’escarcelle du héros fraîchement et confortablement élu.

Mais ce qui intéresse le plus le Président, ce n’est pas tant tous ces pantomimes sinon bien le héros de la bande, Ulysse-DSK. Il va donc, pour le faire tomber, flatter son ego démesuré et lui offrir sur un plateau d’argent… sa perte. Le cheval de Troie fut une reconnaissance mondiale avec louanges, et tutti quanti, des qualités d’économiste de DSK et enfin un soutien infaillible de l’homme à la direction du FMI.

Le retour de DSK pour les présidentielles semblait alors complexifiée, mais il l’aurait assuré sans plus grandes douleurs comme cela était prévu, et au-delà des contradictions sans commune mesure : FMI, banque du monde chantre de la rigueur contre programme socialiste chantre de la justice sociale et donc, notamment de la redistribution des richesses par l’impôt. Le piège aurait donc pu  être vaincu et l’arroseur arrosé : la crise, les erreurs de communication de Sarkozy, le mécontentement des Français, et j’en passe. Les innombrables rancœurs contre l’homme du Fouquet’s auraient pesé, de toute manière, plus lourd dans le choix des Français que les asymétries de discours entre socialistes. Quoiqu’il en eût été, le rassemblement aurait eu lieu, les socialistes ne s’imaginant pas encore cinq ans avec seulement la cour des comptes et la commission des finances en guise de jaune d’œuf où faire mouillette.

C’est donc la fatalité qui a permis que ce piège, digne d’un scintillant machiavélisme, se referme. L’accusé est bien trop coupable avant même son jugement pour pouvoir cette fois encore en sortir comme il y est entré. DSK et les femmes… La Porsche, une campagne malsaine. La liaison au FMI… c’était déjà plus complexe, l’ex-Directeur du FMI en avait vu d’autres même s’il eut, comme on dit, « chaud au fesses ». Cette fois-ci, c’est le glas qui sonne. En France, on rit encore de Felix Faure mort pour avoir « trop sacrifié à Vénus », la chose était entendue et plus ou moins acceptée. Ce qu’il craignait, au pire, n’étaient-ce que des chroniques acerbes du plaisantin Guillon… douce chatouille à côté de l’implacable justice américaine.

On ne prête qu’aux riches et aux Etats-Unis, qui dit prêt dit souvent subprime. Malgré toutes les présomptions d’innocence du monde, le rouleau compresseur est en marche, la machine ne peut plus s’arrêter. Et Sarkozy a gagné. Non par corruption, par complot, mais par une incroyable intelligence politique, en ayant su envoyer son ennemi le pire en voyage, un voyage qui, au contraire d’Ulysse aura pris fin entre Charybde et Scylla.

Ce soir, de droite, comme de gauche, les hommes et femmes que nous sommes, peuvent avoir mal et ressentir de la compassion pour cet homme qui s’est brûlé les ailes, sans être un phœnix.

SI… il était resté en France, SI… il avait accepté de se battre comme Hollande se bat, SI… SI… et encore SI, des SI qui ne mettront pas, hélas pour ce trop brillant élément, « Paris en bouteille », ou bien à la manière d’une rêve éphémère, en somme une bouteille à la mer, qui comme l’homme, ne pourra que s’échouer, en vain, sur des côtes désertes, loin, très loin de la France et de ses primaires. Les moires n’ont que rarement fait preuve de mansuétude envers les meilleurs d’entre nous. Les Grecs ont leur revanche. C’est bien dommage, mais c’est ainsi.

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Terra Nova: enfin un peu de débat!

Posté par gramier le 13 mai 2011

Ce que la gauche n’a pas encore compris, c’est que l’on n’était en Europe au XXIème siècle et non plus au XIXème . Entre les deux, certes, il y eu le XXème qui vit la chaleur des passions froidement récupérée par les idéologies et leurs tyrans.

Le monde était alors encore passablement européanisé. C’était l’époque de la nation hermétique, chère à Marine LePen et ses gros sabots dondaines, celle qui voyait les frontières servir le protectionnisme et la planche à billet, les intérêts keynésiano-électoralisto-court-termistes des sauceurs au pouvoir. Désormais, les frontières sont plus que poreuses et les dirigeants des nations n’ont plus accès à l’imprimante de « Pascals ». Le monde n’a plus rien à carrer de l’Europe, si ce n’est de l’Allemagne, et la mère de notre civilisation, la Grèce, est en train de se casser la figure entraînant dans son sillage tous les châteaux en Espagne que promettaient les bulles spéculatives dans les pays sans industrie – Irlande, Portugal, Espagne, etc.  En somme, mondialisation, désindustrialisation, tertiarisation des emplois, mutation économique, spécialisation géographiques avec notamment une délocalisation de la force de production industrielle vers des pays à main d’œuvre exploitée… Bref : le XXIème siècle qui s’ouvre nous donne à contempler une toute autre France que ce qu’elle était il y a seulement trente ans. 

Quoi de plus normal que de proposer de s’adapter à cette réalité ? Rien. Mais, « le bon sens étant la chose la mieux partagée au monde », le bon sens primaire veut que les socialistes soient du côté des pauvres et contre les riches ! C’est ainsi. La gauche ronchie dans cette idéologie stupide et la droite s’en joue: en effet, c’est ce qui lui fait gagner depuis près de 50 ans la majorité des élections nationales en France. 

Il est donc essentiel de saluer l’analyse de Terra Nova impressionnante de justesse et d’intuition retranscrite dans leur rapport suivant : http://www.tnova.fr/essai/gauche-quelle-majorit-lectorale-pour-2012 et présentée, il y a peu, au parti socialiste. Il faut avouer que, malgré la levée de boucliers que cela provoque, on a un débat légèrement plus intéressant ici que celui portant sur le RSA, ou encore sur l’Identité Nationale, etc, c’est peu de le dire! 

Le salut de la gauche passera de toute façon par là, qu’ils le veuillent ou non. Car il est bon de saucer sur le dos des classes populaires en promettant que demain sera mieux qu’hier, mais elles ne sont plus dupes et ne se sentent plus « classe non plus » et ce, depuis belle lurette. Les « classes populaires » sont fractionnées, dispersées, souvent méprisées et éclatées, il faut les prendre en compte mais ce n’est pas comme cela qu’on se fera élire. Et c’est tout de même le but.   

La France est un pays de classe moyenne. Même si le classement Pisa nous montre que le niveau culturel des étudiants Français baisse, notamment par l’augmentation du nombre de jeunes en très grande difficulté scolaire, le pays, malgré tout, garde en son sein une majorité de personnes éduquées et ayant profité, peu ou proue, d’un accès démocratisé à l’enseignement supérieur ou professionnel – pour le meilleur et pour le pire. Alors, recentrer son discours sur ces gens susceptibles de comprendre et de voter pour vous, cela est-il machiavélique comme le dénonce Copé ? Cela est il un abandon des classes populaires ? C’est justement parce que les classes moyennes ont senties les propositions de la gauche bien éloignées de leurs préoccupations qu’elles ont moins voté pour elle, et de ce fait, la gauche a presque toujours perdu, au moins ces derniers temps, au niveau national.

Chercher des réponses programmatiques aux questionnements et inquiétudes de la majorité des électeurs d’un pays, est-ce cela trahir ? Non, c’est être intelligent et la meilleure manière de pouvoir ensuite, s’occuper des plus faibles de notre société. Et c’est peut-être ici aussi que se trouve le chemin d’un retour à un débat politique un peu plus sensé.  Si ce tournant n’est pas pris et que le programme socialiste est porté en l’Etat, c’est-à-dire, plein d’idéologie ringarde et électoraliste, ce sera la fin du PS en 2012, son explosion. Il est temps que le PS s’adapte. DSK pourrait faire le boulot si ses amis ne lui chiaient pas dans les bottes avant même son retour. Etre de droite, de gauche, aujourd’hui c’est une question de vision de la société, une question de vision de l’avenir, une proposition cohérente de projet, ce n’est plus une question de défense du pauvre contre le riche, partagée et revendiquée autant à droite qu’à gauche – a-t-on entendu Sarkozy dire un jour qu’il voulait que les riches soient plus riches ? c’est ce que laisse penser la propagande de gauche, aussi vile que celle de droite : http://www.atlantico.fr/decryptage/gauche-electorat-classe-populaire-presidentielles-2012-france-demain-96799.html, mais elle nous trompe, Sarkozy ne parle que de ceux qui souffrent et même s’il agit autrement, la droite, idéologiquement, ne soutient pas les riches, c’est absurde. 

Les classes populaires sont de tous les partis. Mais ce n’est pas la majorité des Français.  Alors merci Olivier Ferrand et comparses pour cette étude, espérons que les remous de la Porsche se calmeront rapidement et qu’enfin, les sauceurs puissent faire preuve non plus seulement de gourmandise, on connaît leur indéniable talent et force de volonté dans ce sport, mais aussi leur intelligence, leur capacité d’analyse de la société française et leur habileté à trouver des solutions pour demain. 

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Parole de sauceur anonyme…

Posté par gramier le 12 mai 2011

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Par Chybrock, plume amie

Il y eut jadis le baptême de Clovis, le sacre de Charlemagne, l’élection d’Hugues Capet, la bataille de Bouvines, Jeanne d’Arc et Charles VII, Marignan, l’édit de Nantes, Louis XIV, la révolution, Valmy, Napoléon, les Républiques, le Front populaire, la Libération, De Gaulle, Mitterrand, ce qui a façonné et façonne ce vieux pays qu’est la France.

Le jeudi 12 mai 2011 sera à tout jamais marqué du sceau de l’Histoire, dans la droite ligne des évènements qui forgent pour toujours l’unité d’un pays. Et bien que se passe-t-il, à quoi assiste-t-on ? Pourquoi cet exercice d’Histoire immédiate, tel Chateaubriand commentant la prise de la Bastille ? En ce jour béni, la France est peut être sauvée, une rupture est en marche, le début d’une ère de renouveau, d’espoir, d’espérance, peut être même s’agit-il d’un nouveau 18 juin 1940.

Car en effet, ça y est ! IL l’a fait ! Oui, nous pouvons exulter de joie, ce moment tant attendu est arrivé, Français vous êtes sauvés, vous avez été entendus, vos prières, voeux (vaches, cochons) seront exaucées. On ne vous a pas abandonnés, n’ayez crainte, votre destin est en marche, le GRAND HOMME s’est levé. Qui ? Quoi ? Comment ? Le GRAND HOMME, car c’est ainsi qu’Hegel, n’en doutons pas, l’aurait reconnu si sa Phénoménologie de l’Esprit était en cours d’écriture. Le GRAND HOMME c’est celui qui fait l’Histoire, qui réussi à faire de sa vie le destin d’une nation, d’un peuple tout entier. Celui qui saisit ce qu’Aristote appelle le kairos, le moment opportun, l’instant décisif où il se révèle au monde et lui donne cette inflexion qui imprimera sa marque pour les siècles des siècles.

Amen ! Ite missa est ! Mais alors, les chrétiens ont raison ? Fêter la naissance et la mort de ce Jésus-Christ tous les ans depuis deux millénaires, leurs efforts auraient-ils enfin payés ? A force de louanges et de prières, IL se serait enfin décidé à revenir, à soulager le monde de ses misères et de ses malheurs. En ce 12 mai 2011, et après tout pourquoi pas, l’Apocalypse se réalise, le sauveur est parmi nous. Qui est-il ? Comment s’incarne-t-il cette fois-ci ?
Notre curiosité est aiguisée, notre cœur palpite à l’idée de découvrir qui le Très Haut a élu.

Au risque de flirter avec l’hérésie et de décevoir les croyants les plus fervents, il faut rassurer tout de suite le lecteur, ce GRAND HOMME n’est pas le Très Haut lui-même, ni son fils ou un de ses parents. L’évènement majeur de ce jour n’est donc pas lié à l’annonce de candidature de Dominique Strauss-Kahn (saint) patron du FMI à l’élection présidentielle à venir. Et bien, non, il semble que se soit plutôt à droite que cela se joue, car en 2011,  le GRAND HOMME ne peut être que politique, ce n’est plus un roi, un général ou une vierge mystique, cela aurait un air de déjà vu, ce n’est pas encore un PDG, un rappeur ou une chanteuse. Patience, il est trop tôt.

Alors oui, IL a parlé, IL l’a fait, le masque est tombé. Désolé François, pardon Dominique, vous l’aurez compris, il ne s’agit pas de vous. Mais rassurez-vous ce n’est pas non plus votre meilleur ennemi Nicolas Ier. Non ce GRAND HOMME c’est, roulement tambour, tapis rouge
: YVES JEGO. Alors ? Heureux ? Surpris ? C’est vrai qu’on dit dans la Bible que les derniers seront les premiers, mais là tout de même il fallait y penser, Yves Jégo, c’est fort, on n’aurait pas cru, c’est qui ? Que se passe-t-il ?

Et bien Yves Jégo a annoncé aujourd’hui qu’il allait quitter l’UMP.
Quel courage, on voit la détermination d’un homme qui se lève et dit :
« NON ! Je ne serai pas complice, je ne l’accepte pas, MOI, Yves Jégo, j’invite les militants, les responsables, toutes les bonnes volontés qui se trouvent dans le parti ennemi, ou viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi ». Ah ! L’appel d’Yves Jégo du 12 mai 2011, ça laisse songeur, l’Histoire de France tourne une nouvelle page, à n’en pas douter cet évènement majeur est… INSIGNIFIANT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Alors pourquoi, me direz-vous, tant d’emphases, d’effet d’annonce ? Et bien cette question il faut la retourner au journaliste qui croit qu’un fait, comme la démission de l’UMP de M. Jégo mérite une dépêche AFP. Chacun conviendra que les états d’âme de M. Jégo, autrefois porte-flingue du candidat Sarkozy, la France entière s’en désintéresse, alors pourquoi y consacrer du temps et des ressources ?
L’absence de notoriété de Monsieur Jégo n’est pas à démontrer, elle est évidente, ancien ministre, beaucoup l’ignorent, il n’est pas plus connu que l’arrière grand-oncle d’un cousin lointain par alliance.

Alors de grâce, journalistes, plumes, gratte-papiers, pigistes, stagiaires, épargnez-nous ! Faites votre travail, hiérarchisez les faits, relativisez, mettez-les en perspective, triez, concentrez-vous ! Informez-nous, ne nous noyez pas dans l’insignifiance, instruisez-nous intelligemment. La foule le réclame, elle a faim, soif, prête à s’abreuver à n’importe quelle source. Ne profitez pas de cette boulimie frénétique, de cette abondance de faits et de médias pour nous servir une soupe infâme, sans goût et sans utilité aucune.
L’attente est forte, une élection présidentielle passionne, chacun veut participer au débat qui s’ouvre, se forger sa propre opinion. Une dépêche AFP sur Yves Jégo est un bouillon d’information, il est impossible de descendre plus bas, plus au fond de la médiocrité et de la bêtise. Ce Badinguet en mousse cheap qui se croit revenu aux temps d’un radicalisme troisième République bon teint. Epoque bénie où les nullités dans son genre étaient certaines d’arriver au sommet d’un système où la rouerie, l’opportunisme et la combine étaient le seul ascenseur possible en politique.

Cessez cette jachère intellectuelle dans laquelle vous somnolez depuis trop longtemps, Yves Jégo n’a pas plus d’intérêt que tout autre illustre anonyme, lui consacrer une dépêche AFP est totalement hors de proportion. C’est lui accorder une importance qu’il ne mérite pas, éveiller en nous un désintérêt qui va déjà bien au-delà de l’indifférence qui lui est due, comme à moi, comme à vous, comme à tout anonyme, même si celui-ci a siégé au Gouvernement de la France.
Le fait est qu’il n’y a pas particulièrement brillé, qu’on se souvienne de la crise dans les DOM-TOM en 2009, alors qu’il retourne dans la fange d’où on l’a tiré. Sa place y est toute trouvée aux côtés de nous tous, le commun des mortels.

Il l’a eu sa chance, celle-ci ne s’est pas arrêtée, tant pis mais c’est ainsi. Il faut l’accepter ou disparaître. La France se meurt, des Yves Jégo pullulent dans le marigot politique, des élus de carrière, prêts à tout pour retourner leur veste et s’accrocher encore et encore à une micro parcelle de la miette d’un quignon qu’ils auront réussi à subtiliser au nez et à la barbe de leurs électeurs. Yves Jégo n’a aucune fierté, aucun amour propre, aucun honneur, après s’être accroché autant que faire se peut de 2002 à 2007 dans le sillage de la machine Sarkozy, il obtint de haute lutte un maroquin. Viré depuis pour son incompétence notoire et ses erreurs dans la gestion d’une crise, que ce monsieur accepte son rendez-vous manqué avec l’Histoire et nous évite ses atermoiements dignes d’une mauvaise comédie bollywoodienne.

Publié dans Centre, Gros temps, Sarkozy, UMP | Pas de Commentaire »

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