Amertume « Corona »-rienne…

Posté par gramier le 8 juin 2011

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C’est un Chirac plein de sensibilité et d’humanité que nous retrouvons dans le second tome de ses Mémoires: Le temps présidentiel. En bon démagogue, il livre ce que tout le monde attendait avec une malsaine curiosité : son point de vue sur celui qui le remplaça au Palais de l’Elysée. Et les premiers extraits ne semblent pas piqués de hannetons, ce n’est rien de l’écrire. L’homme ne mâche pas ses mots, loin s’en faut, ni un chewing-gum d’ailleurs, il s’agit sûrement du départ en vrille d’un de ses nerfs affectés par une dégénérescence crypto-parkinsonienne de moins en moins dissimulable.

Alors, comme beaucoup, nous nous aventurons à parler ici d’un livre que nous n’avons pas lu, c’est pour cela que nous procéderons aux précautions oratoires que l’honnêteté intellectuelle impose, si tant est qu’elle existe : ce n’est qu’en prenant connaissance d’un court extrait de la somme politique chiraquienne, livré par le Nouvel Observateur, que nous est venue cette réflexion, et pour être précis, c’est une phrase en particulier qui engendra, en nous, l’irrepressible besoin de réaction intempestive. Dans les pages du réputé hebdomadaire, nous pouvons lire, au sujet de l’élection présidentielle de 2007 : « (Au soir de l’élection) chacun de nous écoute avec la plus grande attention chaque phrase, chaque mot qu’il prononce, guettant secrètement le moment où il citera sans doute le nom de celui auquel il s’apprête à succéder, ou même le remerciera du soutien qu’il lui a apporté. Mais ce moment ne viendra jamais. Pour ma part, je m’abstiens de manifester la moindre réaction. Mais au fond de moi je suis touché, et je sais désormais à quoi m’en tenir »

N’est-ce pas là, le plus beau moment de cinéma de la littérature politico-inutile française ? Chirac, le plus grand charlatan de l’histoire de la République, depuis 1790, le Prince des filous, celui qui a fait de la traîtrise et de la démagogie une profession de foi, celui qui a incarné l’immobilisme absolu, la bière et la soude, dans laquelle il trempait la Chambre Introuvable héritée de 1993, l’homme dont le testament politique fut « Mangez des pommes », monarque par défaut en 2002, le gaullisto-ringard drapé dans des postures faciles, crétines et démagogiques de Défendeur des Cultures et des Droits de l’Homme, l’homme du couteau dans le dos de VGE, bien plus brillant que lui, des frais de bouches de la Mairie de Paris, des emplois fictifs, des HLM, des faux chargés de mission, affaires desquelles il laissa lâchement la responsabilité à Alain Juppé – le meilleur d’entre eux deux, moins futé aussi – Louise-Yvonne Casseta, Michel Roussin, pour ne citer qu’eux, Chirac, le piteux limier, comploteur amateur de Clearstream s’entourant de bras cassés grandiloquents et mégalomaniaques comme Villepin, et tutti quanti, tente l’émotion.

Bref, Chirac fut un échec total et complet, l’évitement de la guerre en Irak mis à part, unique élément consistant accordable à son pitoyable actif. Aujourd’hui c’est une honte pour une personnalité politique que d’être taxée de chiraquien, sauf peut-être quand on se sent aussi incarné par l’esprit de mollesse, de démagogie et de droitdelhommisme cheap et concon, en somme sauf quand on s’appelle François Hollande. Sa présidence a été oubliée comme une odeur de renfermé après l’ouverture d’une fenêtre. Son « Temps présidentiel » aurait pu s’intitulé « Temps de perdu » pour la France. Il laisse l’image d’un stratège d’opérette, un politicien malhonnête et sauceur, égalant avec peine, sur la forme, un pantomime piètre et caricatural d’un mauvais vaudeville de Dumas fils.

De Chirac il ne restera rien, mises à part ses engeances tristement célèbres, ses hères, inspirant leur philosophie de vie de ses façons  – « saucez, saucez, il en restera toujours quelque chose » – et notamment Michèle Alliot-Marie, dont on connaît la fin de carrière lamentable… une chiraquienne pêchant par excès de gourmandise ? Rien de plus naturel, c’est génétique,  un chiraquien est un être composé à 70% non pas d’eau mais de béchamel.

Enfin, Chirac ne vaut vraiment pas qu’on lui accorde plus de temps, il nous en a déjà assez fait perdre. Remarquons juste que, dela part d’un vieux loup de mer n’ayant jamais navigué qu’en eaux troubles, madré comme un goupil, roué comme verrat, il est étonnant d’assister à une telle exposition de son amertume face à ce qui n’était, politiquement, qu’un calcul basique et tout à fait compréhensible, qu’il se serait sûrement passé sans vergogne à la place de Sarkozy, Brutus vainqueur. Mais que diable ! Ce n’est tout de même pas au vieux singe qu’on apprendra a faire la grimace !

Au jusant de sa vie, l’ex-président, ce César décati et grotesque – pourtant homme fort culte, à qui l’on saura grand gré d’avoir réhabilité le puissant néologisme rimbaldien « abracadabrantesque » –  se retrouve, comme le poète, à la poupe d’une absurde croisière politique, son triste cœur bavant, son cœur plein de caporal. Ultime coup d’esbroufe d’un fieffé coquin – qui ose faire un procès en ambition démesurée à son successeur – ou élan sincère d’une fin de carrière pathétique, bien que réussie aux yeux du monde ? Chirac « touché », en sa sensibilité d’homme ou en son orgueil de sauceur déchu et renié ? Tout est laissé au bénéfice du doute, nous ne saurons jamais. Il reste que, à l’image de cette phrase, nous retournant sur ce que fut Jacques Chirac, plus que l’envie de satire, c’est la pitié qui nous prend.

Pour toute cicatrice, il n’aura laissé dans l’histoire, qu’une vilaine tache de vanité, d’illusion et le sonnant sacrifice des intérêts communs sur l’autel de la très sainte Sauce.

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Je fais la carpe, tu fais le lapin?

Posté par gramier le 6 juin 2011

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« Tout est dans tout, et réciproquement«  Michou

Quelle révolution dans les mœurs que les mariages transgenres qui permettent de chavirer les normes infamantes et liberticides d’une société de l’exclusion de l’altérité, de la fermeture, de la négation de l’homme et de la femme dans leur surmoi vagino-rectal. Quelle infamie, à l’heure de l’IPad et de la cuisine moléculaire, de savoir qu’un état moyenâgeux,  la France, refuse à l’ensemble de ses citoyens les principes mêmes qui fondent son unité nationale : la Liberté et l’Egalité, et par là, se nie lui-même. Les symboles dépassés et castrateurs de cette culture judéo-chrétienne qui écrase, avilit, frustre, nie, aveugle et radicalise – cette culture qui impose, par la force et le meurtre, le primat monopolistique de l’hétérosexualité en tant que modèle, de même que les nazis imposèrent en leur temps, le modèle aryen – sont un appel à la transgression pour que cette devise gravée avec force burins et marteaux au fronton des écoles de notre République, puisse un jour faire sens.

N’est-il pas odieux, inhumain, criminel même, que d’immoler ainsi la multiplicité objective et la complexité inversée des identités génito-sexuelo-sociales en leur perspective mégalo-archéotypique d’une émancipation plurielle ? Et ce, dans l’acception de la diversité comportementale depuis une anti-contrainte primitive jusqu’à la négativité déficiente du moi reflexif démodèlisé ?

Pour l’invention d’une nouvelle forme prototypique et multisexuelle d’orientation ano-sociétale, il s’agit de retourner la transgression pour dévier la norme, et en faire une redéfinition auto-dynamico-constructiviste et démostructurante d’elle-même. Il est plus que pressant de libérer le moi éducatif moulé dans le rigorisme et le sentiment dénégatif imposé par les élites conservatrices luttant contre le progrès, de son carcan intellectuel passéiste.

Heureusement, nous avons en France des résistants tels que Noël Mamère, feus Guillaume Dustan et Michel Foucault, Nathalie Artaud, Patrick Sébastien, Catherine Millet, Gérard Miller, défenseurs de l’universalité pluri-égotique de l’amour, progressistes et véritables pourfendeurs de cette société étriquée. Il y surtout des héros ordinaires, des visages militants de ce combat essentiel. Et la preuve nous est venue ce week-end, de Nancy, ville dans laquelle, la loi inquisitrice s’est vue infliger un revers cuisant, façon attentat d’Anagni. La mairie se voyait contrainte de marier un homme de 59 ans devenu femme et lesbien, mais resté homme pour l’état civil, avec sa partenaire de 32 ans sa cadette femme mais lesbienne. Le premier mariage lesbien transgenre « hétémosexuel » a-t-il quelque chose de choquant ? Au contraire ! Quelle victoire ! Quelle avancée ! Quel progrès ! Formidable ! Cela méritait bien une petite marche des fiertés « lesbiennes, gay, bi et trans », pour fêter l’issue heureuse de cette bataille.

Mais le combat ne fait que commencer ! Comme le rappelait un réputé ministre, le 31 janvier 1991 à la manifestation Gay Pied : « La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages ». Car tout reste à faire. Et combien de Stalingrad encore avant que la morale, mitée de morgue paulinienne, tombe avec le mur des tabous, telle une statue de Lénine après la chute du Mur ? Le droit inaliénable du sexe à disposer de lui-même, à l’interexpérimentalité désorientatrice et décontingentée, pour qu’enfin les parents ne soient plus empruntés en devant expliquer à leurs enfants ce dont on accuse DSK ou Georges Tron ! Pour qu’on en finisse avec le puritanisme et puisse contempler la génitalité aux heures de grandes écoutes, sans litote ni métaphore filée! Pour qu’on puisse aborder clairement la face cachée de la lune et l’autre rive des plaisirs coïto-séminaux sans honte, tous, ensemble, dans une diversité libératrice : une société qui jouit, qui aime, une société tactile et respectueuse, une société assumée de déhiérarchisation des reperds moraux, voilà le vrai combat !

Cette expérience fut prégnante… C’est d’ailleurs après cela que Villepin et Borloo ont pu être tentés par une alliance, elle aussi, contre les normes, pour que la nature reprenne ses droits. Qu’y a-t-il de condamnable dans une envie de saucer à deux, de croiser le croûton, de montrer quelle jouissance il y aura à partager un grand bol de sauce fétichisé ? Rien ! Alors que les tenants de l’honnêteté politique aillent découvrir les plaisirs de la traite avec les traîtres plutôt que de juger arbitrairement, de pugiler allègrement. Ces deux là ont un tickets, ils ont évasé la corolle de leurs sens moral, pour une pratique assumée de l’interpénétration idéologique. Les barrières sont enfin tombées. Ils envisagent une union libre avant un mariage. Il veulent montrer que le modèle homogénético-politique de l’UMP ne correspond plus aux aspirations les plus profondes des électeurs de droite. Après un coming-out en homopolitique anti-majoritaire, ils veulent s’unifier pour dépasser et recréer une identité au-delà des sensibilités partisanes, bonnes pour les sachants imbus et élites politico-médiatico-sondagières, une sorte de républicanisme social et gaulliste picto-sociétal incluant un projet sur un axe hypradémocratique et radical, une généticité du respect et un nouvel abord participo-anticipatif et alternant des fonctions de pouvoir. Pour être plus clair, une modèle fondé sur une désegmentation structurelle atmo-didactique et crypto-discursive en pleine filiation apatho-profitocratique. En gros, ils veulent rappeler qu’ils avaient eux aussi droit d’accès au buffet et que c’est pas un futur ex-président autocrate qui va les en empêcher. Ils ont décidé de faire transgression commune, de renverser le subversif, de rassembler tout ce que la droite compte de sauceurs résistants, de Paillé, à Rama Yade, en passant par Bockel, Jégo, Morin, en somme, ceux qui, en plus de la collaboration, avaient fait de la soumission leur vocation mais qui, après qu’on leur a enlevé la réduction de veau et le quignon, ont fait de la dénonciation de la compromission, sur l’air des lampions, leur mission.

Attention : il s’agit là, de l’émergence protohétérotrophe d’un CNR moderne. C’est énorme ! Borloo tend la main à Villepin, qui tend la main à Bayrou, qui retrouvera donc Morin, qui l’a trahi… Certes, on est encore loin de la finalisation, ce ne sont que les préliminaires d’une redéfinition du rapport incestueux et cathartique entre frères ennemis, mais les victoires, même modestes, s’accumulent : la Confédération des Centres, puis, ce dialogue étrange…

Ah ! La Liberté des sauceurs à disposer de leur propre fond de plat, de leur propre bol, de leur propre quignon. Et si, par le plus grand des hasards, ils venaient à ne pas être au second tour en 2012, lors de l’élection, qu’au moins, ils puissent faire perdre l’UMP pour dévoiler au grand jour combien le modèle hyperprésidentiel sarkozyste est dépassé, combien cette imposture est devenue l’ictère catarrhale d’une démocratie asphyxiée.

Ce qui est fort c’est que « à la manière de et contrairement à » Eric Besson ou Jean-Pierre Soisson, ils veulent croire en la victoire prochaine l’altérité dédouannée et assumée du changement intempestif de crémerie. Ils croient en eux-mêmes. Certes, ils ont de gros besoins mais ils savent les assouvir, au-delà des qu-en-dira-t-on éphémères. Ad libitum salsa…

Dans ces deux événements, rien d’épisodique, « it’s the begining of a new age » chantait l’interprète de « take a walk on the wild side ». Seulement des grandes promesses d’un futur nouveau et heureux. Une expectative radieuse, pleine d’aspirations profondes à enfin pouvoir reconstruire un sens défécondateur de la jouissance, goûter le suc de la permission transgressée, sans chaînes – amateurs de sensations SM mis à part – car nous le savons tous, au-delà des paroles, l’obsession vitale de tout être humain reste: tremper l’biscuit.

Publié dans Badinerie, Borloo, Centre, Mauvaise langue, UMP, Villepin | Pas de Commentaire »

 

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