He has a dream…

Posté par gramier le 24 juin 2011

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Alors, dans la famille Chirac toujours, je demande le gendre. Un sourire irrépressible éclaire malignement notre visage à la lecture de cette phrase, au détour d’un article des Echos.fr, aujourd’hui, au sujet du futur remaniement devant suivre la probable nomination de Christine Lagarde au FMI : « Le nom de l’ex secrétaire général-adjoint de l’Elysée, Frédéric Salat-Barroux, marié à Claude, la fille de Jacques Chirac, est également évoqué. Il a récemment rallié M. Borloo et rêve d’être ministre. »  

Ce qui est absolument délicieux c’est bien ce très ironique « il rêve d’être ministre ». . Oui, car ce brillant sujet est programmé pour. Son curriculum est pour le moins aussi impressionnant appétissant qu’une guirlande de Morteau chez votre charcutier-conseil : « Titulaire d’une maîtrise de droit des affaires, diplômé de Sciences-Po, de l’ESCP et de l’ENA, il entre en 1991 au Conseil d’État où il est promu maître des requêtes en 1994 et nommé commissaire du gouvernement près l’Assemblée du contentieux et les autres formations de jugement. Conseiller technique au cabinet d’Alain Juppé à Matignon, chargé de la santé et de la sécurité sociale En septembre 2000, il rejoint le cabinet de Jacques Chirac comme conseiller social puis, il est secrétaire général adjoint de la présidence de la République, enfin, il est promu conseiller d’État, quelques semaines avant l’achèvement du quinquennat de Jacques Chirac » peut-on lire sur Wikipédia. La dernière affirmation est, elle-même, très marrante. Cet homme a aussi le mérite de s’être marié à Claude Chirac. On ne lui reprochera en rien d’avoir volé ses différents postes, et nous ne nous permettrons en rien de douter de l’amour qu’il porte à la belle Claude Chirac. Le sujet n’est pas là. Ce qui est en revanche absolument génial c’est d’observer un chiraquien, et non des moindres, jouer des coudes pour s’approcher du buffet.  Sa stratégie est limpide: se construire le statut de « prise idéale » en s’acoquinant avec les ennemis du Prince les plus notoires et en annonçant qu’il n’aura pas de mal à les renier.

Lors de la saillie drolatique de Chirac et son fameux trait « d’humour corrézien entre républicains qui se connaissent de longue date » – Chirac annonçant qu’il voterait Hollande si Juppé ne se présentait pas – Le Figaro se plaisait à raconter comment le gendre avait lui-même poussé un bon papa légèrement désinhibé et déclinant, à faire, dès le lendemain, un communiqué à l’AFP réduisant l’affirmation répétée de la veille, peu appréciée par l’Elysée, à l’état de boutade sans importance et sans signification particulière. Mais pourquoi ce partisan affiché de Jean-Louis Borloo, familier de Chirac, avait-t-il mis tant d’empressement à faire en sorte que ces mots étonnants, dans la bouche du fondateur de l’UMP, soient corrigés ? Selon le journaliste, notre homme devait déjà « rêver » à un secrétariat d’Etat. On comprendra son embarras, l’intention de vote déclarée du vieux, remonté comme un buffle contre son successeur, faisait alors moche dans le tableau.  

Si cela fonctionne et qu’il devient ministre ou secrétaire d’Etat, Frédéric Salat-Barroux (FSB) nous aura quasiment donné en live une Master Class de Quignonnerie et de Sauçage. La stratégie, dans ce cas, est un must, vraiment carrée, pas un plis, pas une faute de carre, une maîtrise totale du sujet, dans les règles absolues de l’art, une sorte même d’hommage à la tradition de la sauce, avec tout ce qu’il y a d’opportunisme, de réseau, de traîtrise, d’ambition, d’amour du fond de plat, de passion culinaire pour les cuisines de la République. On ne peut pas dire que ce soit extrêmement glorieux, mais la fidélité politique ce n’est pas ce que l’on retient quand on a fait ses armes au service du Prince de la Mouillette, qu’on est son gendre, surtout quand on sait qu’il n’y a que les perdants qui auraient du changer de convictions plus tôt… Plus que la nomination de Lagarde, que les primaires PS, que les résultat du Bingo, la semaine prochaine sera celle de l’entrée ou non de FSB dans l’Histoire, nous fretillons d’excitation, le suspense est insoutenable. Un grand moment gribiche, comme on a rarement l’occasion d’en observer d’aussi savoureux, à vous faire saliver jusqu’à s’en baver dessus! 

Salat-Barroux2011, Frédéric on est tous avec toi : Salat, Secrétaire d’Etat, Salat, Secrétaire d’Etat, Salat, Secrétaire d’Etat…  

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Je fais la carpe, tu fais le lapin?

Posté par gramier le 6 juin 2011

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« Tout est dans tout, et réciproquement«  Michou

Quelle révolution dans les mœurs que les mariages transgenres qui permettent de chavirer les normes infamantes et liberticides d’une société de l’exclusion de l’altérité, de la fermeture, de la négation de l’homme et de la femme dans leur surmoi vagino-rectal. Quelle infamie, à l’heure de l’IPad et de la cuisine moléculaire, de savoir qu’un état moyenâgeux,  la France, refuse à l’ensemble de ses citoyens les principes mêmes qui fondent son unité nationale : la Liberté et l’Egalité, et par là, se nie lui-même. Les symboles dépassés et castrateurs de cette culture judéo-chrétienne qui écrase, avilit, frustre, nie, aveugle et radicalise – cette culture qui impose, par la force et le meurtre, le primat monopolistique de l’hétérosexualité en tant que modèle, de même que les nazis imposèrent en leur temps, le modèle aryen – sont un appel à la transgression pour que cette devise gravée avec force burins et marteaux au fronton des écoles de notre République, puisse un jour faire sens.

N’est-il pas odieux, inhumain, criminel même, que d’immoler ainsi la multiplicité objective et la complexité inversée des identités génito-sexuelo-sociales en leur perspective mégalo-archéotypique d’une émancipation plurielle ? Et ce, dans l’acception de la diversité comportementale depuis une anti-contrainte primitive jusqu’à la négativité déficiente du moi reflexif démodèlisé ?

Pour l’invention d’une nouvelle forme prototypique et multisexuelle d’orientation ano-sociétale, il s’agit de retourner la transgression pour dévier la norme, et en faire une redéfinition auto-dynamico-constructiviste et démostructurante d’elle-même. Il est plus que pressant de libérer le moi éducatif moulé dans le rigorisme et le sentiment dénégatif imposé par les élites conservatrices luttant contre le progrès, de son carcan intellectuel passéiste.

Heureusement, nous avons en France des résistants tels que Noël Mamère, feus Guillaume Dustan et Michel Foucault, Nathalie Artaud, Patrick Sébastien, Catherine Millet, Gérard Miller, défenseurs de l’universalité pluri-égotique de l’amour, progressistes et véritables pourfendeurs de cette société étriquée. Il y surtout des héros ordinaires, des visages militants de ce combat essentiel. Et la preuve nous est venue ce week-end, de Nancy, ville dans laquelle, la loi inquisitrice s’est vue infliger un revers cuisant, façon attentat d’Anagni. La mairie se voyait contrainte de marier un homme de 59 ans devenu femme et lesbien, mais resté homme pour l’état civil, avec sa partenaire de 32 ans sa cadette femme mais lesbienne. Le premier mariage lesbien transgenre « hétémosexuel » a-t-il quelque chose de choquant ? Au contraire ! Quelle victoire ! Quelle avancée ! Quel progrès ! Formidable ! Cela méritait bien une petite marche des fiertés « lesbiennes, gay, bi et trans », pour fêter l’issue heureuse de cette bataille.

Mais le combat ne fait que commencer ! Comme le rappelait un réputé ministre, le 31 janvier 1991 à la manifestation Gay Pied : « La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages ». Car tout reste à faire. Et combien de Stalingrad encore avant que la morale, mitée de morgue paulinienne, tombe avec le mur des tabous, telle une statue de Lénine après la chute du Mur ? Le droit inaliénable du sexe à disposer de lui-même, à l’interexpérimentalité désorientatrice et décontingentée, pour qu’enfin les parents ne soient plus empruntés en devant expliquer à leurs enfants ce dont on accuse DSK ou Georges Tron ! Pour qu’on en finisse avec le puritanisme et puisse contempler la génitalité aux heures de grandes écoutes, sans litote ni métaphore filée! Pour qu’on puisse aborder clairement la face cachée de la lune et l’autre rive des plaisirs coïto-séminaux sans honte, tous, ensemble, dans une diversité libératrice : une société qui jouit, qui aime, une société tactile et respectueuse, une société assumée de déhiérarchisation des reperds moraux, voilà le vrai combat !

Cette expérience fut prégnante… C’est d’ailleurs après cela que Villepin et Borloo ont pu être tentés par une alliance, elle aussi, contre les normes, pour que la nature reprenne ses droits. Qu’y a-t-il de condamnable dans une envie de saucer à deux, de croiser le croûton, de montrer quelle jouissance il y aura à partager un grand bol de sauce fétichisé ? Rien ! Alors que les tenants de l’honnêteté politique aillent découvrir les plaisirs de la traite avec les traîtres plutôt que de juger arbitrairement, de pugiler allègrement. Ces deux là ont un tickets, ils ont évasé la corolle de leurs sens moral, pour une pratique assumée de l’interpénétration idéologique. Les barrières sont enfin tombées. Ils envisagent une union libre avant un mariage. Il veulent montrer que le modèle homogénético-politique de l’UMP ne correspond plus aux aspirations les plus profondes des électeurs de droite. Après un coming-out en homopolitique anti-majoritaire, ils veulent s’unifier pour dépasser et recréer une identité au-delà des sensibilités partisanes, bonnes pour les sachants imbus et élites politico-médiatico-sondagières, une sorte de républicanisme social et gaulliste picto-sociétal incluant un projet sur un axe hypradémocratique et radical, une généticité du respect et un nouvel abord participo-anticipatif et alternant des fonctions de pouvoir. Pour être plus clair, une modèle fondé sur une désegmentation structurelle atmo-didactique et crypto-discursive en pleine filiation apatho-profitocratique. En gros, ils veulent rappeler qu’ils avaient eux aussi droit d’accès au buffet et que c’est pas un futur ex-président autocrate qui va les en empêcher. Ils ont décidé de faire transgression commune, de renverser le subversif, de rassembler tout ce que la droite compte de sauceurs résistants, de Paillé, à Rama Yade, en passant par Bockel, Jégo, Morin, en somme, ceux qui, en plus de la collaboration, avaient fait de la soumission leur vocation mais qui, après qu’on leur a enlevé la réduction de veau et le quignon, ont fait de la dénonciation de la compromission, sur l’air des lampions, leur mission.

Attention : il s’agit là, de l’émergence protohétérotrophe d’un CNR moderne. C’est énorme ! Borloo tend la main à Villepin, qui tend la main à Bayrou, qui retrouvera donc Morin, qui l’a trahi… Certes, on est encore loin de la finalisation, ce ne sont que les préliminaires d’une redéfinition du rapport incestueux et cathartique entre frères ennemis, mais les victoires, même modestes, s’accumulent : la Confédération des Centres, puis, ce dialogue étrange…

Ah ! La Liberté des sauceurs à disposer de leur propre fond de plat, de leur propre bol, de leur propre quignon. Et si, par le plus grand des hasards, ils venaient à ne pas être au second tour en 2012, lors de l’élection, qu’au moins, ils puissent faire perdre l’UMP pour dévoiler au grand jour combien le modèle hyperprésidentiel sarkozyste est dépassé, combien cette imposture est devenue l’ictère catarrhale d’une démocratie asphyxiée.

Ce qui est fort c’est que « à la manière de et contrairement à » Eric Besson ou Jean-Pierre Soisson, ils veulent croire en la victoire prochaine l’altérité dédouannée et assumée du changement intempestif de crémerie. Ils croient en eux-mêmes. Certes, ils ont de gros besoins mais ils savent les assouvir, au-delà des qu-en-dira-t-on éphémères. Ad libitum salsa…

Dans ces deux événements, rien d’épisodique, « it’s the begining of a new age » chantait l’interprète de « take a walk on the wild side ». Seulement des grandes promesses d’un futur nouveau et heureux. Une expectative radieuse, pleine d’aspirations profondes à enfin pouvoir reconstruire un sens défécondateur de la jouissance, goûter le suc de la permission transgressée, sans chaînes – amateurs de sensations SM mis à part – car nous le savons tous, au-delà des paroles, l’obsession vitale de tout être humain reste: tremper l’biscuit.

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Affaire Longuet, épitaphe à la sauce?

Posté par gramier le 31 mai 2011

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Pauvre Gérard, pauvre misère. A peine revenu près du buffet, on commence déjà à lui chercher des poux. Il est vrai qu’on ne fait crédit qu’aux riches. Justement, d’infamantes accusations de « recel d’abus de crédit » pour la construction de sa villa tropézienne, puis de financement occulte du Parti Républicain, puis de « recel de corruption » dans l’affaire des marchés public d’Île-de-France, semblaient avoir passablement crotté les souliers de l’homme Longuet – qui devait déjà être ministre lors du premier gouvernement d’Adolphe Thiers – et les traces de sauce sur la bavette de ce gourmand baigneur républicain, s’annonçaient coriaces.

Malgré une longue convalescence de 5 ans entre les hauts murs de la Forteresse du Luxembourg, à laisser tremper sa tunique d’homme public dans la javel de l’oubli médiatique  – ainsi que certains se retirent au monastère, le temps que soit retomber l’opprobre et la vindicte, choix lourd et fait de renoncements que celui du Sénat – il croyait l’avoir ressortie quasi immaculée du bain.

Mais manque de bol, n’a-t-il pas retrouvé, avec joie et innocence, les plaisirs de la vie au ministère de la Défense, régalien qui plus est et, pour l’occasion, ministère d’Etat, que déjà les accusateurs de nos frères, excavateurs sans états d’âme de pots de confitures vides, les spécialistes de l’archéologie culinaire, les spéléologues gestapisant de la vie publique, moralistes glabres et frustres, qui sont à la politique ce qu’est le purin à la sauce, viennent le titiller.

La tranquillité n’aura pas été de mise très longtemps. Le pouce et l’index à peine cicatrisés – se faire arracher un croûton est parfois plus douloureux qu’un ongle quand on est un sauceur – le revoici précipité dans les affres de la bataille médiatique, obligé de se défendre, premièrement par la voix de son cabinet, puis, lui-même, puis, c’est l’emballement. Le voilà dans la fausse aux lions, jeté en pâture comme un vulgaire placenta, aux chiens de ferme, après la mise-bas d’une truie : piètre curée.

Et pourquoi donc tant d’émoi chez les journalistes des Inrocks ?

Parce que le sauceur Longuet et son copain au frétillant quignon, Jean-Marc Sylvestre, aussi apolitique qu’un journaliste encarté à l’UMP sur TF1, ont fauté… à peine, fautouillé conviendrait mieux, en allant se vautrer dans le lucre dispendieux d’un palace tunisien, une nuit, en 2006, dont ils n’ont pas payé la note, laissée sur le compte de l’hôte présidentiel. Péché véniel s’il en est ! Cela vaut il pour autant la poutre et le gibet ? Réponse laissée au bénéfice du doute.

Les Inrocks jubilent : ils ont leur premier scoop « coprolitique » ! Pourtant, leur journalisme d’investigation poujadiste donne plutôt l’impression d’océanographes n’ayant pour matériel d’étude qu’un équipement de snorking ! Bref, l’info ne semble pas pour l’instant vouloir s’épandre sur nos esprits et l’image déjà terne de Longuet ne devrait en pâtir plus que de raison.

Mais qu’une seule seconde on retrouve le sens des réalités : qui n’aurait pas fait la même chose ? Qui ? Laurence Wisniewski ? On n’en doute pas. Avouons que la Tunisie de Ben Ali a accueilli nombre de défenseurs de Droits de l’Homme et des Libertés dans ses ryads luxueux, au frais du Brutus botoxé de Carthage. Reprocher cette nuit à Longuet, c’est comme reprocher à Michou d’aimer le bleu, à Hugh Afner d’être machiste ou à un réflexologue d’être tenté de réveiller la Chupa-Chups qui sommeille dans votre gros orteil ! Ca n’a aucun sens. L’important, dans cette lamentable histoire, c’est ce qu’elle dit de notre société et notre confrère Albénitz, confondateur de ce blog, l’exprimait à merveille :

« Franchement, j’ai l’impression que l’art de la sauce, de la belle sauce bien épaisse est en train de se perdre. C’est le début de la fin de la République des sauceurs, et le signe avant-coureur de l’évajolysation des esprits, de la norvégisation de la vie publique. Bientôt ils déclareront leur impôt, les élus boufferont chez Flunch et s’entasseront dans des Hyundaï Pony sans chauffeur, etc. Tout le monde sera honnête, les ministres auront des têtes de comptables ascétiques, et on ne verra plus ces silhouettes grasses ni de faces rubicondes dans les travées des assemblées qui faisaient notre bonheur. Quelle merde ! »

Abscons… contraction certaine d’ « absolument cons », voilà ce que nous sommes à trop vouloir buvariser, assécher le monde politique de toute forme de sauce ! Un exemple qui fait froid dans le dos : la République irréprochable découragerait les vocations de futurs ministres. C’est là qu’est toute la perversité de ce genre de lynchage ! Alors, la paix pour Longuet et de l’honnêteté, au moins intellectuelle : que quiconque n’a jamais dormi gratis chez Ben Ali lui lance la première petite cuiller !

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Les copains s’acoquinent sous le nez de Marianne médusée…

Posté par gramier le 24 mai 2011

Jack Dion de Marianne 2 est notre ami, et il signe un excellent papier que nous vous recommandons plus que fortement:

http://www.marianne2.fr/L-elite-echange-DSK-contre-Lagarde-au-FMI_a206559.html

Un pur moment « Doigt dans le pot », un grand instant « Tartine de beurre et gros radis », bonne lecture!

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Amnisty International… version PS

Posté par gramier le 23 mai 2011

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Par Albenitz

Les élus de Droite Populaire, le collectif des ultras de l’UMP, ne racontent pas que des conneries. Entre un petit verre de jaune pris au zinc et une sortie poujadiste, les francs tireurs de la droite qui s’assume ont parfois des fulgurances. Et leur dernière charge contre la réaction du PS face à la chute du Satyre de Washington était plus que frappée au coin du bon sens: elle était pertinente, juste et méritée. 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/05/17/97001-20110517FILWWW00522-droite-populaire-solidarite-de-caste.php 

Une fois n’est pas coutume, je laisse donc la parole à Lionnel Luca, Bernard Carayon, Richard Mallié et Christian Vanneste, mes nouveaux héros: »La solidarité de caste que manifestent certains socialistes est totalement déplacée [...]. La présomption d’innocence, la décence et la retenue à l’égard de DSK sont certes nécessaires. Pour autant, s’il y a une victime, c’est la jeune femme qui, peut-être, a subi une agression et un viol, et non l’éventuel auteur des faits« . 

« Solidarité de caste », la formule est lancée. Comment mieux décrire, en effet, la transe gotesque qui s’est emparée des vieilles gloires du PS lors de la publication des images du Grand Khan entravé? Guigou, Chevènement, Aubry, Jack Lang, tous qui ont rivalisé de superlatifs pour décrire l’horreur que leur inspiraient ces clichés. 

On a d’abord entendu les lamentations rauques de Martine, «sidérée» et «bouleversée par les images». Puis c’était au tour d’Élizabeth Guigou, inénarrable dans son rôle de passionaria botoxée, de parler d’«une brutalité, d’une violence et d’une cruauté inouies». Jack Lang surenchissait et se répandait en imprécations séniles, fustigeant un « lynchage » et « une justice infernale ».  Enfin, la voix chevrotante du vieux « Che » se joignait au choeur des pleureuses:  «Le coeur ne peut que se serrer devant ces images humiliantes et poignantes qu’on donne de lui. Un effroyable lynchage planétaire»

Je ne m’étendrai pas en détail sur l’imbécillité de cette réaction. Ce n’est pas l’objet de cet article, et de très nombreux journalistes ont écrit sur le question. Je me contenterai de dire que si le droit américain ne prohibe pas la publication de photographie des personnes inculpées, il laisse par ailleurs beaucoup plus de place à l’expression des droits de la défense qu’en France. Et que notre pays est très mal placé pour donner des leçons aux Etats-Unis en la matière, alors que, par exemple, les avocats étaient jusqu’à très récemment absents des interrogatoires de garde à vue, chose impensable de l’autre coté de l’Atlantique. 

Ce qui m’intéresse, c’est la raison de ces glapissements outrés. Pourquoi une réaction aussi disproportionnée, quant on attendait d’eux qu’ils se taisent ou se contentent des réactions d’usage (un  »laissez la police faire son travail » de bon aloi, façon Commissaire Baliès dans la Cité de la peur, aurait très bien fait l’affaire)? D’autant que le langage PS, ce brouet insipide d’éléments de langage qui provoque des réactions cutanées lorsqu’il est appliqué à une discussion politique, était parfaitement adapté au commentaire, forcément prudent, d’une affaire judiciaire. Mais voilà, il fallu qu’ils s’emportent et gémissent comme des vieilles femmes. Pourquoi? 

La vérité, c’est qu’ils se croyaient intouchables. La vérité, c’est que ces images ont déclenché une réaction épidermique chez ces hommes et des femmes, qui pensaient que des années de luttes morales (anti-racistes, anti-fasciste, etc.) leur donnait une sorte de certificat de respectabilité à vie. Voir « un des leurs » menottés, comme un vulgaire dealer de crack, voilà qui est insupportable pour ces gens qui confondaient le fait d’être un honnête homme et d’être un homme honnête. Luca, Vanneste & Co ont raison: c’est véritablement un réflexe d’autodéfense clanique. J’ajouterai qu’il est très révélateur d’une certaine élite « gauche mondaine », donneuse de leçon, pleine de morgue et de suffisance. Une certaine gauche qui découvre que dans un autre pays, le délicieux DSK, qui dîne au Siècle, cite Keynes dans le texte et a eu des mots très forts contre l’intolérance devant les membres de la fondation Saint Simon, ce même homme peut être inquiété, mis aux fers, questionné par des inspecteurs de police indélicats, et traduit devant une magistrate, tout cela parce qu’il est accusé d’avoir troussé une soubrette peu coopérative. Bref, ils découvrent que dans un autre pays, un système judiciaire d’une indicible cruauté applique la même règle à tous les citoyens, et qu’une sommité socialiste accusée de viol y est traité… comme tout citoyen accusé de viol.    

Je ne dirais pas que tout cela m’a donné envie de voter à droite pour 2012. Mais je constate seulement une chose, c’est que cet égarement est symptomatique d’un complexe de supériorité morale  qui est spécifique au PS. Et si les éructations populistes de Copé, Guéant et consorts me font toujours l’effet d’une triple dose de vomitif, je mets à leur crédit d’avoir fait, pour l’instant, preuve d’une certaine dignité dans ce qu’on appelle l’affaire DSK. 

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Parole de sauceur anonyme…

Posté par gramier le 12 mai 2011

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Par Chybrock, plume amie

Il y eut jadis le baptême de Clovis, le sacre de Charlemagne, l’élection d’Hugues Capet, la bataille de Bouvines, Jeanne d’Arc et Charles VII, Marignan, l’édit de Nantes, Louis XIV, la révolution, Valmy, Napoléon, les Républiques, le Front populaire, la Libération, De Gaulle, Mitterrand, ce qui a façonné et façonne ce vieux pays qu’est la France.

Le jeudi 12 mai 2011 sera à tout jamais marqué du sceau de l’Histoire, dans la droite ligne des évènements qui forgent pour toujours l’unité d’un pays. Et bien que se passe-t-il, à quoi assiste-t-on ? Pourquoi cet exercice d’Histoire immédiate, tel Chateaubriand commentant la prise de la Bastille ? En ce jour béni, la France est peut être sauvée, une rupture est en marche, le début d’une ère de renouveau, d’espoir, d’espérance, peut être même s’agit-il d’un nouveau 18 juin 1940.

Car en effet, ça y est ! IL l’a fait ! Oui, nous pouvons exulter de joie, ce moment tant attendu est arrivé, Français vous êtes sauvés, vous avez été entendus, vos prières, voeux (vaches, cochons) seront exaucées. On ne vous a pas abandonnés, n’ayez crainte, votre destin est en marche, le GRAND HOMME s’est levé. Qui ? Quoi ? Comment ? Le GRAND HOMME, car c’est ainsi qu’Hegel, n’en doutons pas, l’aurait reconnu si sa Phénoménologie de l’Esprit était en cours d’écriture. Le GRAND HOMME c’est celui qui fait l’Histoire, qui réussi à faire de sa vie le destin d’une nation, d’un peuple tout entier. Celui qui saisit ce qu’Aristote appelle le kairos, le moment opportun, l’instant décisif où il se révèle au monde et lui donne cette inflexion qui imprimera sa marque pour les siècles des siècles.

Amen ! Ite missa est ! Mais alors, les chrétiens ont raison ? Fêter la naissance et la mort de ce Jésus-Christ tous les ans depuis deux millénaires, leurs efforts auraient-ils enfin payés ? A force de louanges et de prières, IL se serait enfin décidé à revenir, à soulager le monde de ses misères et de ses malheurs. En ce 12 mai 2011, et après tout pourquoi pas, l’Apocalypse se réalise, le sauveur est parmi nous. Qui est-il ? Comment s’incarne-t-il cette fois-ci ?
Notre curiosité est aiguisée, notre cœur palpite à l’idée de découvrir qui le Très Haut a élu.

Au risque de flirter avec l’hérésie et de décevoir les croyants les plus fervents, il faut rassurer tout de suite le lecteur, ce GRAND HOMME n’est pas le Très Haut lui-même, ni son fils ou un de ses parents. L’évènement majeur de ce jour n’est donc pas lié à l’annonce de candidature de Dominique Strauss-Kahn (saint) patron du FMI à l’élection présidentielle à venir. Et bien, non, il semble que se soit plutôt à droite que cela se joue, car en 2011,  le GRAND HOMME ne peut être que politique, ce n’est plus un roi, un général ou une vierge mystique, cela aurait un air de déjà vu, ce n’est pas encore un PDG, un rappeur ou une chanteuse. Patience, il est trop tôt.

Alors oui, IL a parlé, IL l’a fait, le masque est tombé. Désolé François, pardon Dominique, vous l’aurez compris, il ne s’agit pas de vous. Mais rassurez-vous ce n’est pas non plus votre meilleur ennemi Nicolas Ier. Non ce GRAND HOMME c’est, roulement tambour, tapis rouge
: YVES JEGO. Alors ? Heureux ? Surpris ? C’est vrai qu’on dit dans la Bible que les derniers seront les premiers, mais là tout de même il fallait y penser, Yves Jégo, c’est fort, on n’aurait pas cru, c’est qui ? Que se passe-t-il ?

Et bien Yves Jégo a annoncé aujourd’hui qu’il allait quitter l’UMP.
Quel courage, on voit la détermination d’un homme qui se lève et dit :
« NON ! Je ne serai pas complice, je ne l’accepte pas, MOI, Yves Jégo, j’invite les militants, les responsables, toutes les bonnes volontés qui se trouvent dans le parti ennemi, ou viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi ». Ah ! L’appel d’Yves Jégo du 12 mai 2011, ça laisse songeur, l’Histoire de France tourne une nouvelle page, à n’en pas douter cet évènement majeur est… INSIGNIFIANT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Alors pourquoi, me direz-vous, tant d’emphases, d’effet d’annonce ? Et bien cette question il faut la retourner au journaliste qui croit qu’un fait, comme la démission de l’UMP de M. Jégo mérite une dépêche AFP. Chacun conviendra que les états d’âme de M. Jégo, autrefois porte-flingue du candidat Sarkozy, la France entière s’en désintéresse, alors pourquoi y consacrer du temps et des ressources ?
L’absence de notoriété de Monsieur Jégo n’est pas à démontrer, elle est évidente, ancien ministre, beaucoup l’ignorent, il n’est pas plus connu que l’arrière grand-oncle d’un cousin lointain par alliance.

Alors de grâce, journalistes, plumes, gratte-papiers, pigistes, stagiaires, épargnez-nous ! Faites votre travail, hiérarchisez les faits, relativisez, mettez-les en perspective, triez, concentrez-vous ! Informez-nous, ne nous noyez pas dans l’insignifiance, instruisez-nous intelligemment. La foule le réclame, elle a faim, soif, prête à s’abreuver à n’importe quelle source. Ne profitez pas de cette boulimie frénétique, de cette abondance de faits et de médias pour nous servir une soupe infâme, sans goût et sans utilité aucune.
L’attente est forte, une élection présidentielle passionne, chacun veut participer au débat qui s’ouvre, se forger sa propre opinion. Une dépêche AFP sur Yves Jégo est un bouillon d’information, il est impossible de descendre plus bas, plus au fond de la médiocrité et de la bêtise. Ce Badinguet en mousse cheap qui se croit revenu aux temps d’un radicalisme troisième République bon teint. Epoque bénie où les nullités dans son genre étaient certaines d’arriver au sommet d’un système où la rouerie, l’opportunisme et la combine étaient le seul ascenseur possible en politique.

Cessez cette jachère intellectuelle dans laquelle vous somnolez depuis trop longtemps, Yves Jégo n’a pas plus d’intérêt que tout autre illustre anonyme, lui consacrer une dépêche AFP est totalement hors de proportion. C’est lui accorder une importance qu’il ne mérite pas, éveiller en nous un désintérêt qui va déjà bien au-delà de l’indifférence qui lui est due, comme à moi, comme à vous, comme à tout anonyme, même si celui-ci a siégé au Gouvernement de la France.
Le fait est qu’il n’y a pas particulièrement brillé, qu’on se souvienne de la crise dans les DOM-TOM en 2009, alors qu’il retourne dans la fange d’où on l’a tiré. Sa place y est toute trouvée aux côtés de nous tous, le commun des mortels.

Il l’a eu sa chance, celle-ci ne s’est pas arrêtée, tant pis mais c’est ainsi. Il faut l’accepter ou disparaître. La France se meurt, des Yves Jégo pullulent dans le marigot politique, des élus de carrière, prêts à tout pour retourner leur veste et s’accrocher encore et encore à une micro parcelle de la miette d’un quignon qu’ils auront réussi à subtiliser au nez et à la barbe de leurs électeurs. Yves Jégo n’a aucune fierté, aucun amour propre, aucun honneur, après s’être accroché autant que faire se peut de 2002 à 2007 dans le sillage de la machine Sarkozy, il obtint de haute lutte un maroquin. Viré depuis pour son incompétence notoire et ses erreurs dans la gestion d’une crise, que ce monsieur accepte son rendez-vous manqué avec l’Histoire et nous évite ses atermoiements dignes d’une mauvaise comédie bollywoodienne.

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Morin, pour quoi Thuram? (3)

Posté par gramier le 6 mai 2011

Ensuite, voilà t’y pas qu’ils nous ramènent Morin la chique molle, Morin le sauceur, le plus invisible ministre des Armées qu’un gouvernement ait jamais eu et qui connaîtra une postérité dans l’Histoire de ce ministère, après trois années et demi en fonctions, égale voire moindre que Camille Krantz, je vous laisse vous renseigner.

 

Aujourd’hui, le centriste, rêve d’offrir une glorieuse revanche à ses ambitions déçues. Il fait donc un groupe de loosers incapables et déçus avec Borloo, Amara et Yade, dont le but est, après avoir bien fait tous les recoins du saucier, celui-ci s’était tari, de faire perdre le Président Sarkozy aux présidentielles de 2012. L’impudent président a eu l’audace de se rendre compte que les Français n’avaient cure des ventres mous et des bienpensants socio-sauceurs, qu’ils ne lui servaient à rien et n’apportaient au débat que bêtises et idées éculées. Quoi de plus normal que de lâcher du lest quand on perd de l’altitude, et commencer par sacrifier les poids les plus encombrants et les moins efficaces ? Ce qui appellerait l’humilité, chez Morin appelle un livre, insulte à la littérature, au titre affligeant : « Arrêtez de mépriser les Français » suivi d’un obscure sous-titre pseudo explicatif qui ne fait que souligner la pauvreté navrante du titre. Le contenu de ce bouquin que je n’ai pas lu ? Un diatribe anti-sarkozyste avec des idées absolument révolutionnaires, adjectif utilisé ici dans sa définition centriste, telles que : le retour à l’équilibre budgétaire, la « reconnaissance » du mérite des Français et un retour à une véritable méritocratie – non à la suprématie des grandes écoles dans les conseils d’administration, etc. Bref ! En plus il s’exprime avec la verve et la clarté de Véronique Sanson, le sens de l’à-propos de Loana et la tête d’une présentateur de « C’est pas sorcier ». Venir sur un plateau pour dénoncer avec autant de bassesse, la manière de gouverner de celui qui l’a nourri grassement pendant près de quatre ans, – contraint et forcé – parce qu’il avait été un bon traitre à Bayrou – l’autocrate délirant, le Thomas Münzer du Centre – comme bon sauceur qu’il est, lui l’homme du hasard, lui l’homme sorti du néant, né politiquement par défaut, nous présenter ses idées stupides et vides, essayer de continuer à exister par le traîtrise, quand on a aucun autre talent… c’est désespérant, proprement désespérant.
Morin, l’homme au charisme d’un rideau de douche, qui est à la politique ce que Thuram est à la grammaire…

 

Le plateau du Grand Journal, dicté par l’actualité était, ce soir, bien petit, une démonstration de plus, comme si besoin était, de la pauvreté intellectuelle de nos élites, de la banalisation de leur impudence, et du cynisme de rase campagne dont beaucoup de nos médiocres sous-élites font preuve ! Leur stupéfiant amateurisme fait le lit des tribuns qui, nous prenant tout autant pour des imbéciles, savent au moins s’exprimer, de ceux qui ont fait de la  force du verbe, de la maîtrise du signifiant et du signifié, de la harangue…et de la haine, leur fond de commerce: les extrêmes.

 

C’est en ce sens que tout cela est grave.

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Brice Hortefeux de Paille de Tout Bois… un sacré comte!

Posté par gramier le 5 mai 2011

hortefeux.jpg

Alors voilà, une seconde d’inattention et hop, en deux temps, trois mouvements, c’est la curée : DSK, Porsche, Photo = Buzz obligé.

Assurément, le directeur du FMI vit sur une autre planète : cela ne vient, néamoins, en rien remettre en cause sa compétence, que d’aucuns disent remarquable – je ne saurais l’affirmer, je ne l’ai pas eu comme professeur, ni comme patron et encore moins comme amant. En revanche, en temps de crise et connaissant le précédent sarkozyste, désormais institutionnalisé : Fouquet’s et Cie, l’erreur relève de la maternelle de la communication.

Les Français, frustrés, geignards et revanchards, n’apprécient pas en temps normal – si tant est qu’il y ait une fois eu un « temps normal » – ces « signes extérieurs de richesse ». Alors, en ce temps de pouvoir d’achat en berne – si tant est qu’il y ait jamais eu une époque, dans l’histoire, de pouvoir d’achat satisfaisant –, ce manque flagrant de maîtrise de son image, surtout quand on se veut socialiste, peut être rapidement dommageable à une campagne, même balbutiante.

Regardons cette enquête sur lePost.fr qui demande aux lecteurs – d’une neutralité équivalente à la virginité de Madame Claude – ce qu’ils retiendront de ces quatre années de présidence Sarkozy : rien ne dispute sa prmière place au côté bling-bling, Rolex, Aviator, Fouquet’s, Paloma. On peut donc dire que si ce qui n’était pas en soit si reprochable, mais qui relevait tout de même du symbole fort, peut assombrir l’entièreté d’un bilan de quatre années de présidence, il faut se le tenir pour dit : l’ostentation de la richesse est une tumeur mortelle pour les présidents, maligne, presque « sarko-mateuse ». C’est ce qui, déjà, coûtait liberté et carrière au surintendent… Fouquet. 

Mais pour ma part, je m’en fous. J’aime la franchise et me contre-fous de l’argent, je n’en ai pas. Si Dominique Sinclair-Kahn roule en Panamera S, je n’y vois rien d’insoutenable. Cette bagnole est plutôt stylée. L’idée d’une Porsche cinq portes était osée et le résultat fut relativement fin et bien vu, bien plus qu’un Cayenne ou même qu’un coupé lambda de la célèbre marque. N’oublions pas non plus que
la Porsche c’est
la Ferrari du pauvre, alors relativisons! 

Sans ironie, aucun souci avec cela. Il est pervers que d’attaquer DSK sur ce point. Cela reviendrait à reprocher à un chamoniard d’aller au ski tous les hivers.

 De cette histoire, nous retiendrons deux choses : l’une étonne, l’autre, désole.  La première, c’est la réaction pacifique de Nadine Morano. On avait l’habitude de la trouver snippeuse gouailleuse au stand poissonnerie et fruits de mer, on la retrouve pour une fois, au point pâtisserie fine, on reste en grande surface malgré tout. Certes, elle applique en bon toutou – pour ne pas dire… – qu’elle est, les directives de la rue de la Boétie, personne n’est dupe, on ne fait pas d’un âne un cheval de course. La ton est malgré tout trop rare chez la nancéienne pour ne pas être souligné : « Dominique Strauss-Kahn a le droit d’avoir des amis qui ont une Porsche ». Et la ministre de l’Apprentissage d’insister : « Ca ne me dérange pas figurez-vous ». Comme le bon vin, avec le temps…, de la verdeur du jus de la treille au Listel Gris. 

Pour la seconde, il s’agit de relever la sortie d’Hortefeux sur le même sujet : « En 1981, c’était le poing et la rose, aujourd’hui, c’est
la Porsche au volant
 ».

La médiocrité de l’ensemble est entendu et on n’en espérait pas bien plus de la part de Brice le fringuant incapable, l’ami de 30 ans du Président, le ministre blond au visage poupin et impassible, le fidèle serviteur qui jamais ne fit défaut faute de pouvoir faire mieux : en politique, la fidélité c’est pour les imbéciles, pour les sauceurs passifs, ceux qui refusent de saucer en faisant l’histoire, qui préfère attendre patiemment que l’on serve la soupe et la rouille pour y tremper le croûton. Mais le plus affligeant, dans le commentaire sans talent de ce non-événement automobile, est le non sens dans lequel il se noie : comment comprendre le « aujourd’hui, c’est
la Porsche au volant
 » ? Cela signifie-t-il que, à un moment, 
la Porsche se personnifie, avec deux bras et deux mains au bout de ceux-ci, et prend elle-même le volant de… on ne sait, d’un Fiat Multiplat ? d’une Aston-Martin Vantage ? D’un camion Playschool ? Ou bien doit on comprendre, dans la perspective du début de la phrase faisant référence à Mai 1981 et l’élection de F. Mitterrand, le « aujourd’hui, c’est
la Porsche au volant
 » comme : « la révélation majeure que nous fait cette photo volée de Dominique et Anne en train de rupiner, c’est que les Porsches, en tant que véhicule à plusieurs roues, ont désormais un volant qui permettrait de les diriger dans la direction voulue, choisie et non plus subie, par celui qui y entre. Oui, parce qu’alors avant, en règle général, on entrait dans une Porsche soit pour y passer un moment dans l’habitacle spacieux, entre amis ou en famille, pour profiter de la sono, de la clim en été, de la finition des sièges baquets en cuir, soit pour se suicider, c’est-à-dire, mettre le moteur en marche, puis, foncer tout droit dans le premier obstacle venu » ? Mystère… car français niveau côte de la R5 à l’Argus..

Morano sauve un peu l’honneur du débat politique, une fois n’est pas coutume et l’ironie rentrée de sa réflexion frappe fort. J’apprécie.

Brice Hortefeux, unique tireur l’ayant joué offensif à l’abord de ce sujet passionnant, aurait au moins pu faire preuve d’un peu d’humour. Là il nous sert une stupidité, insensée qui plus est… le manque d’à-propos, d’esprit… encore un ministre haut dignitaire de l’état qui nous donne la preuve magistrale de l’imparable déliquescence et du lamentable effondrement culturels des élites. 

« Le problème avec les élites sans talent ni verve, Monsieur le Conseiller Spécial, ce n’est pas quand il y en a un, c’est quand il y en a des files entières ».

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Roger au Pays de Merveilles

Posté par gramier le 20 avril 2011

Avant lapéro
 

Sauvés ! Ils sont sauvés ! Alors qu’une odeur de sapin commence à chatouiller les narines de Charles « Bad-Droopy » Pasqua, que Fourcade commence à sentir le poids des ans sur ses épaules et celui de la sauce au beurre sur son pancréas, que le département se pacifie ou plutôt, se dé-Balkanyse, les Hauts-de-Seine – fief du diable de Tasmanie qui nous fait office de Président – se réveillent ce matin sou-la-gés ! L’horizon est clair, la vie est rose, on suce des sucres d’orge et on a envie d’écouter Mika : eh oui, tenez vous bien : Karoutchi’s back ! Tout comme le Real Slim Shaddy d’Eminem, Roger l’ambassadeur Ferrero de ces dames prépare un retour triomphal : on l’imaginerait sans peine, tel Jésus en son temps, faire son entrée juché sur une ânesse au milieu d’une foule neuilléenne exaltée abaissant des palmes sous les sabots de la bête. Il est l’homme providentiel, le Sauveur que tout altoséquanais n’osait plus attendre tant cela relevait du miracle.

Tel Candide arpentant les rues d’Eldorado, Roger devra réhabituer ses yeux à tant de merveilles. Car il ne faut pas oublier qu’il est certes un être magnifié, renforcé, mais quel n’en fut pas le prix ? Des souffrances qu’il endura des années durant, il tira grande Sagesse. Entre torture de ses ennemis, trahisons de ces amis, ce martyre de la cause sarkozyste, n’ayons pas peur de le dire, revient de l’Enfer. La métaphore cache une atroce réalité : il en avait presque oublier la saveur de la sauce !!! Et oui, après s’être vu salement évincé de la tête de liste de la désastreuse campagne UMP des régionales de 2010, après s’être vu remplacer par Raincourt – l’Hérodote de l’Assemblée comparant tout en finesse Sarkozy à Louis XIV – au très stratégique Ministère de la Sauce et des Relations avec le Parlement, Nicolas Bruni-Sarkozy l’avait puni et il se voyait contraint de survivre avec les maigres rentes d’une charge d’ambassadeur de France auprès de l’OCDE, sorte de Princesse Sara docile, masochiste et inoffensive se contentant, pour seule nourriture, de pain sec et d’eau, et avec pour seule bijou, la silice, sans jamais cesser de déborder d’amour ! Alors qu’il était l’Innocence même, le Ran-Tan-Plan du far-west de la démagogie était puni par Joe Dalton au nom d’intérêts qui le dépassaient… ceux de la France, la question ne se pose pas… Le soldat Ryan en costume trois pièces et à la teinture Schwartzkopf n’a pourtant pas manqué d’être sauvé au détour d’une autre punition dont il était le dommage collatéral : celle de la belle Rama, notre Salomé nationale, à qui l’amphitryon des visiteurs du soir, a quitté sans contrepartie son même poste d’ambassadrice. C’est d’ailleurs dans le Saint des Saints du quignon, ce Yellowstone de Sauce républicaine qu’est le Sénat, que l’un verra se tresser sur sa tête les lauriers-sauce de la fidélité, quand l’autre y retrouvera la grise et morne administration de l’ineffable et honorable maison et de ses occupants au foie lourd.

Épilogue radieux, Roger retrouvera, sans doute dès Septembre, le satin pourpre qui recouvre les fauteuils de la Chambre Haute, aussi rembourrés et bedonnants que ceux qui s’y enfoncent. C’est au sein de ce concile permanent réunissant les prélats et cardinaux de notre République, que Roger pourra de nouveau s’adonner à sa passion jamais éteinte : la mouillette beurrée qu’on appelle plus communément, la politique. Il défendra, tel Cerbère, les intérêts de ceux qui ont élu les élus qui vont l’élire. Oui, car Roger est homme de conviction, Roger ne se lasse pas de retourner à la marmite, il ne craint la crise de foie ni l’indigestion. Si l’une ou l’autre venait à l’affecter, jamais si grand malheur, sa traversée du désert l’a mithridatisé. En grand prêtre maîtrisant sans conteste la gnose politicienne, il a dérobé aux dieux la recette de leur ambroisie, nectar d’immortalité : le jus de citron, excellent contre les aigreurs d’estomac !

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Borloo, radical…

Posté par gramier le 19 avril 2011

Borloo le social veut exister apprend-on ! C’est vrai qu’après avoir saucé – profité du système – comme une éponge durant ses dix années à arpenter les ministères et à charpenter les jolies journalistes ne résistant pas à son charme et à ses euros ravageurs, on comprend qu’il veuille dire merde. Ce n’est pas sans rappeler les crises d’ado des jeunes pubères de l’Ouest parisien qui, pour dire « fuck » décident de partir faire le tour du monde en catamaran ou d’organiser un rallye Chatou-Phnom Penh durant 8 mois, … c’est vrai que c’est plus salutaire que se mettre au crack ou d’organiser des tournantes…

Loin de moi l’idée de saper les saines envies de changement, de « break » de ces jeunes dont le surmoi cherche, de façon tout à fait honorable,  à orienter le vent de la révolte vers une prison de voiles blanches, poussant la barque de l’émancipation nécessaire vers de nouveaux rivages d’indépendance, plutôt que de le laisser souffler sur le brasier dévorant des passions insoumises de ces années ingrates. C’est que Borloo est objectivement un tiède, un point lâche, comme toutes les personnes qui pensent au centre. Dénué intrinsèquement et depuis l’origine de charisme – mis à part auprès de Valérie Létard et Laurent Hénard –, c’est au sein du centre l’ultra conservatisme, l’anti-révolution, la quintessence bourgeoise et philistine de l’immobilisme réactionnaire dont la caractéristique première est d’être en retard sur tout, à commencer par son temps, que Jean-Louis réside.

Royaume du clientélisme et de la chapelle, ceux qui se disent du centre sont comparables à des antiquaires/brocanteurs provinciaux qui, après avoir racheter aux bandes locales le butin de leurs dernières incursions dans les gentilhommières avoisinantes, sans goût ni panache, recèlent ces vieilleries qu’ils revendent ensuite à prix d’or à des ignorants. Leur magasin est un gourbi rangé façon déchetterie, selon l’ordre d’arrivée des breloques poussiéreuses, et dans lequel on retrouve de bonnes vieilles recettes, ces bonnes idées pleines de « bon sens » tel que Descartes l’entendait, c’est-à-dire des sortes d’opinions qui sont celles des nostalgiques de la République parlementaire dont l’idéal politique n’a jamais cessé d’être Antoine Pinay, le Obama de la IVème, Pinay l’animal politique, sentant autant le musc et la testostérone que Douste-Blazy. Borloo laissera une trace dans l’historie équivalente à celle que  grenouille a dû laisser dans le fond de sa culotte après avoir poussé pour se faire plus grosse que le boeuf et politiquement, il connaîtra le même destin.

Etre radical du centre c’est avoir un sens aigu des antinomies, et simplement aucune vision autre que celle de la sauce et du pouvoir. A trop bon, trop…

J’ai appris avec stupéfaction d’ailleurs que les « 2000 » jeunes radicaux suivaient Borloo dans sa fugue du bateau amiral UMP, comme d’un seul homme. Que Borloo quitte l’UMP, je laisse libre chacun d’en penser ce qu’il voudra, si tant est que cela vaille réellement le coût de perdre quelques secondes à se forger un point de vue sur une telle question à l’intérêt équivalent au taux du livret A ; mais que 2 000 jeunes voient dans cet acte un signe de bravoure totale, le retour d’un Magnin victorieux comme revient le Jedi, sentent le fameux « wind that shakes the barley » souffler et donc se disent « il est temps de s’armer, ou est la Bastille la plus proche s’il vous plaît ? » Laissez moi rire. L’adolescent attarder Borloo attend 60 pour faire sa crisette et entraîne avec lui des jeunes… déjà vieux.

Nous parlions du Livret A, voilà le symbole même de ce que représente le centre : gestion sûre, sans risque, patrimoniale, le centre est à la politique ce que le Livret A est à la Finance, ce que Johnny Haliday est au rock, Frédéric Lefèvre et Christine Boutin à la littérature politique.

Quand on se dit qu’on a le choix pour leader entre Hervé Morin – sauceur et traître –, François Bayrou – pas besoin d’épithète, la simple évocation de ce nom se suffit à elle-même, la personnalisation de l’idée même de Défaite, de Déroute, de Casse Pipe – et enfin Jean-Louis, on doit sûrement reprendre de ce délicieux whisky, non ?

Ce bon Jean-Louis, fort intelligent, courtois, n’est tout simplement pas content de n’avoir pu augmenter la ration de sauce fin 2010 en devenant Premier Ministre. Alors Jean-Louis boude, menace, sans perdre son sourire et son élocution de comptoir. Il s’entoure de tout ce que le monde politique a de stars : Fadela la Pasionaria inspectrice générale des affaires sociales au TE – jamais loin de l’assiette au beurre – et Rama – elle-même adolescente rebelle, notre Marianne d’ébène, qui s’exprime avec cet air frondeur et calme, empreinte de cette liberté qui s’assume contre tout ce qui est méchant et pas bien… elle reste un faire-valoir politique caractérisé d’abord et avant tout par son amateurisme et son autosuffisance – bref, que du beau monde, le cocktail parfait pour gagner une élection. Si l’on résume, Sarkozy a le vent en poupe, on vient se resservir d’un peu de langouste sauce truffée, Sarkozy dérive, on refuse de payer l’addition… les rats quittent le navire, et crache dans la soupe qui les a engraissés. C’est de la vraie politique en somme. « Moi y’en a plus saucer de cette réduction de beurre au calvados et au fenouil là ! Moi y’en a préparer ma propre casserole… »

Avec ARES – Alliance Républicaine Ecologique et Sociale, en résumé, ma poubelle – les Radicaux, les Centristes ne dérogent pas une fois de plus à leur éternelle ligne de conduite : ils sont les phoenix de ce cénacle politique, qui se pare avec eux de ses habits de veulerie, de fourberie, d’embourgeoisement, de petitesse d’esprit, et s’y drape comme une prostituée de luxe prise de pudeur se vêt après l’amour du drap souillé, linceul de ses dernières simulations orgasmiques monnayées au prix fort. Plutôt mourir avec Ségolène Royal qu’avec Bayrou et surtout Borloo, au moins on se sera battu pour des idées connes, mais nouvelles… je n’ai rien contre l’ancien, mais en politique, franchement, ça me fout le cafard !

Mais bon… saucera bien qui saucera le dernier…

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