Trois petits sondages et puis s’en vont…

Posté par gramier le 24 mai 2011

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La malédiction des bons sondages pour les présidentielles frappera encore.

Et aussi curieux que cela puisse paraître, Sarkozy sera confortablement réélu à la tête de l’Etat Français dans un an. 

Naturellement, les Français ne sont pas des imbéciles et ne tournent pas casaque aussi facilement. Pour l’instant, ils mettent les candidats déclarés au pinacle. C’est le cas de Hollande par exemple qui semble bénéficier de l’éviction de DSK du paysage politique. L’opinion publique se retrouve contrainte à trouver en lui l’homme de la situation pour 2012, par défaut. Faute de grives, ne mange-t-on pas des merles ? 

Eh oui, le raz le bol est encore bien présent dans le cœur des Français. Nous n’allons en énumérer une n-ième fois les multiples causes, mais il est certain que cette défiance à l’égard de la droite, aux commandes depuis 2002 sous l’égide de Sarkozy, est indéniable et très réelle. 

Nicolas Canteloup supposait que le lundi 16 mai, dans les corridors de l’Elysée, résonnait la musique poétique et enjoleuse de « La Fiesta », de Patrick Sébastien, signifiant par là la joie à recevoir ce cadeau à Sarkozy qu’est le sabotage de DSK par lui-même. Ce n’est pas tout à fait comme ça que l’Elysée réagit semble-t-il, mais dans le fond, le résultat sera le même. Un G8 en meneur des grands décideurs de ce monde, un enfant, une belle femme, une situation économique enviée par tous les pays européens sauf l’Allemagne, en situation de proposer au FMI la candidature d’une compatriote, malgré DSK – cet acte venant aussi légitimer la cohérence de l’action de Lagarde à la tête du ministère de l’Economie et des Finances, et donc de Sarkozy, ce coup serait un coup de maître (voir notre article sur Sarkozy et DSK au FMI ici), si
la CJR le permet –, éléments qui donneront au candidat Sarkozy, lors de la campagne, des avantages compétitifs essentiels pour ce qui est de la stature présidentielle. 

En somme, ce que beaucoup de commentateurs ne veulent pas dire, par plaisir pur de créer la surprise, c’est que sans DSK, le PS n’arrivera pas à ne pas se déchirer – Valls a retrouver ses canines de vampire suceur de plancher, Martine hoquette et gagne sans triomphe des cantonales « gâteau », François triomphe modestement avec cette même tête cérémonieuse au sourcil froncé de futur Président « normal », Royal se voit déjà en Présidente du Pouvoir d’Achat, Montebourg ne se sent plus de joie et ouvre un large bec… Marine Le Pen va se dégonfler comme une baudruche qu’elle est. Villepin prendre du sursis. Borloo ne se présentera pas. Bayrou continuera à vendre du rêve, et toujours pas de réalité. En somme, Sarkozy sera au second tour – à moins d’un nouvelle sortie telle que « casse toi pauv’con », mais cela est plus qu’improbable, Sarkozy n’est pas le dilettante qu’est DSK – et il sera bien dur au candidat PS, quel qu’il soit, de concurrencer un président sortant, machine politique rarement égalée, à la stature hautement et de plus en plus présidentielle malgré ses quelques casseroles. 

Aucun président de la cinquième n’a été fait par les sondages et ne le sera jamais. Les sondages fonctionnent comme un thermomètre des humeurs françaises, mais leur interprétation est équivalente à la science météorologique, dont Philippe Bouvard, spirituel, disait qu’elle est « la science qui indique le temps qu’il aurait dû faire ». Les augures sondagiers sont rarement des « open books », ils demandent calme et recul, leur sésame, la substantielle moelle, se trouvent à leur marge et leur frange, le corps de ce texte fumant n’étant souvent qu’un écran malicieux destiné à tromper les jeunes padawans aveuglés par leur exaltation, jouant aux haruspices roués. 

Vous nous direz, de là à faire de François Hollande un jeune et fougueux padawan… c’était une image, cela va sans dire (voir notre article sur Hollande Président). 

Si Sarkozy n’est pas tout proche de gagner, il est bien loin d’avoir perdu. 

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Amnisty International… version PS

Posté par gramier le 23 mai 2011

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Par Albenitz

Les élus de Droite Populaire, le collectif des ultras de l’UMP, ne racontent pas que des conneries. Entre un petit verre de jaune pris au zinc et une sortie poujadiste, les francs tireurs de la droite qui s’assume ont parfois des fulgurances. Et leur dernière charge contre la réaction du PS face à la chute du Satyre de Washington était plus que frappée au coin du bon sens: elle était pertinente, juste et méritée. 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/05/17/97001-20110517FILWWW00522-droite-populaire-solidarite-de-caste.php 

Une fois n’est pas coutume, je laisse donc la parole à Lionnel Luca, Bernard Carayon, Richard Mallié et Christian Vanneste, mes nouveaux héros: »La solidarité de caste que manifestent certains socialistes est totalement déplacée [...]. La présomption d’innocence, la décence et la retenue à l’égard de DSK sont certes nécessaires. Pour autant, s’il y a une victime, c’est la jeune femme qui, peut-être, a subi une agression et un viol, et non l’éventuel auteur des faits« . 

« Solidarité de caste », la formule est lancée. Comment mieux décrire, en effet, la transe gotesque qui s’est emparée des vieilles gloires du PS lors de la publication des images du Grand Khan entravé? Guigou, Chevènement, Aubry, Jack Lang, tous qui ont rivalisé de superlatifs pour décrire l’horreur que leur inspiraient ces clichés. 

On a d’abord entendu les lamentations rauques de Martine, «sidérée» et «bouleversée par les images». Puis c’était au tour d’Élizabeth Guigou, inénarrable dans son rôle de passionaria botoxée, de parler d’«une brutalité, d’une violence et d’une cruauté inouies». Jack Lang surenchissait et se répandait en imprécations séniles, fustigeant un « lynchage » et « une justice infernale ».  Enfin, la voix chevrotante du vieux « Che » se joignait au choeur des pleureuses:  «Le coeur ne peut que se serrer devant ces images humiliantes et poignantes qu’on donne de lui. Un effroyable lynchage planétaire»

Je ne m’étendrai pas en détail sur l’imbécillité de cette réaction. Ce n’est pas l’objet de cet article, et de très nombreux journalistes ont écrit sur le question. Je me contenterai de dire que si le droit américain ne prohibe pas la publication de photographie des personnes inculpées, il laisse par ailleurs beaucoup plus de place à l’expression des droits de la défense qu’en France. Et que notre pays est très mal placé pour donner des leçons aux Etats-Unis en la matière, alors que, par exemple, les avocats étaient jusqu’à très récemment absents des interrogatoires de garde à vue, chose impensable de l’autre coté de l’Atlantique. 

Ce qui m’intéresse, c’est la raison de ces glapissements outrés. Pourquoi une réaction aussi disproportionnée, quant on attendait d’eux qu’ils se taisent ou se contentent des réactions d’usage (un  »laissez la police faire son travail » de bon aloi, façon Commissaire Baliès dans la Cité de la peur, aurait très bien fait l’affaire)? D’autant que le langage PS, ce brouet insipide d’éléments de langage qui provoque des réactions cutanées lorsqu’il est appliqué à une discussion politique, était parfaitement adapté au commentaire, forcément prudent, d’une affaire judiciaire. Mais voilà, il fallu qu’ils s’emportent et gémissent comme des vieilles femmes. Pourquoi? 

La vérité, c’est qu’ils se croyaient intouchables. La vérité, c’est que ces images ont déclenché une réaction épidermique chez ces hommes et des femmes, qui pensaient que des années de luttes morales (anti-racistes, anti-fasciste, etc.) leur donnait une sorte de certificat de respectabilité à vie. Voir « un des leurs » menottés, comme un vulgaire dealer de crack, voilà qui est insupportable pour ces gens qui confondaient le fait d’être un honnête homme et d’être un homme honnête. Luca, Vanneste & Co ont raison: c’est véritablement un réflexe d’autodéfense clanique. J’ajouterai qu’il est très révélateur d’une certaine élite « gauche mondaine », donneuse de leçon, pleine de morgue et de suffisance. Une certaine gauche qui découvre que dans un autre pays, le délicieux DSK, qui dîne au Siècle, cite Keynes dans le texte et a eu des mots très forts contre l’intolérance devant les membres de la fondation Saint Simon, ce même homme peut être inquiété, mis aux fers, questionné par des inspecteurs de police indélicats, et traduit devant une magistrate, tout cela parce qu’il est accusé d’avoir troussé une soubrette peu coopérative. Bref, ils découvrent que dans un autre pays, un système judiciaire d’une indicible cruauté applique la même règle à tous les citoyens, et qu’une sommité socialiste accusée de viol y est traité… comme tout citoyen accusé de viol.    

Je ne dirais pas que tout cela m’a donné envie de voter à droite pour 2012. Mais je constate seulement une chose, c’est que cet égarement est symptomatique d’un complexe de supériorité morale  qui est spécifique au PS. Et si les éructations populistes de Copé, Guéant et consorts me font toujours l’effet d’une triple dose de vomitif, je mets à leur crédit d’avoir fait, pour l’instant, preuve d’une certaine dignité dans ce qu’on appelle l’affaire DSK. 

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Hollande c’est l’histoire d’un mec qui…

Posté par gramier le 17 mai 2011

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Mauvaise langue, par Albénitz et Gramier

Hollande c’est l’histoire d’un mec qui aurait du vendre des cadres de photos chez Conforama et qui va devenir président de la République Française, chef des armées, premier chanoine de la basilique de saint Jean de Latran, et garant de la Constitution.

Hollande c’est l’histoire d’un mec qui aurait du faire du porte-à-porte pour vendre des contrats Cofinoga à des ménages surendettés dans le Doubs, et qui va avoir le code de l’arme nucléaire.

Hollande c’est l’absence de vision, de hauteur, de courage, de sens de l’Histoire, de charisme. Il va installer du lineau dans le salon doré de l’élysée, il va rendre obligatoire le port de méphistos dans son cabinet, et il va nommer Manuel Valls Premier Ministre et il se fera le chantre d’une République modeste, qui porte des cravates en acrylique et des chemises violettes. Avec lui, c’est surtout une vague d’ignobles suffragettes portant des permanentes rouges et des tailleurs façon Cresson qui vont envahir les lieux de pouvoir.

Hollande c’est la défaite du destin, c’est la victoire de la Citroën ZX et des agences Laforêt Immobilier. Hollande Président et la France devra concourir dans la catégorie des pays moyens et gentils pour la production de mobilier néo-Louis XV en aggloméré . Hollande c’est l’homme du contrat de gouvernement avec les Verts et avec Jean-Pierre Chevènement, en somme qui rêverait que la promo Tchin-Tchin d’Afflelou fonctionne aussi au Swiss Vision du Centre Commercial de l’Intermarché d’Argenton-sur-Creuse; c’est le futur Président que même le Haut Commissaire aux Solidarités Actives du Kosovo n’aura pas le temps de rencontrer.

Hollande c’est la victoire du « euh » ponctuant toutes les fins de phrases, c’est l’homme qui est à la politique ce que Cyrielle Claire est à l’Histoire du cinéma, c’est le disciple cheap de Stéphane Hessel, philosophe sénescent et gâteux, c’est l’apogée de la génération Mégane Scénic qui décide de faire sa révolution et de rouler en Logan 3 portes.

Associer les noms « Président » et  »Hollande » revient à publier dans une même édition le Journal Officiel et Télé7 Jeux, Hollande c’est le genre de président à découvrir les ultimes soubresauts de la politique internationale dans les Dernières Nouvelles d’Alsace.

Avec Hollande comme premier représentant de la nation, la France  croira qu’elle a une partition énorme dans le concert des nations, alors qu’elle sera à l’ONU ce que le triangle est à un orchestre wagnérien. Au lieu de rapporter des contrats d’EPR de ses visites en Chine, il reviendra les bras chargés de promesses chinoises de respect des droits de l’homme avec en contre partie, pour la France, des engagements d’achat de milliers de tonnes de bas de contention Sigvaris de contrefaçon, de baisenvilles en simili cuir vachette ainsi que des milliers de paires de baskets de la marque Noël dépareillées, pour les clubs de balle-au-prisionnier qu’il aura développés sur tout le territoire dans le cadre de son plan « Jeunesse, Espoir et Sport ».

Hollande c’est la France du tricot de corps Damart et le règne des femmes « belles, belles, belles en Afibel » parfumés par Gloria Vanderbilt; c’est la France de la ballade en VTT dans le mont Pilat; c’est la France Décathlon, la France Parc Astérix, la France qui  »imagine demain » avec des sorties au Futuroscope. Alors, même si tout cela appartient à ce qui fait les charmes de ce pays, avouons que devant Dilma Roussef ou Obama…

En fait Hollande c’est avant tout l’héritier de Lecanuet, quand on y pense. Lecanuet c’était ce mec sans aspérité et sans épaisseur qui a eu quelques voix en 1965 parce que les Français étaient fatigués d’être glorieux et abrutis par le vent de l’Histoire, et qu’ils voulaient profiter tranquillement de la croissance pour s’acheter des micro-ondes Seb, les Vinyls de Salvatore Adamo, un appartement à la Grande Motte voire une DS d’occasion. Ces gens-là ils aimaient Lecanuet, « Colgate » comme on l’appelait, parce qu’il leur susurrait des choses gentilles à l’oreille et qu’avec lui ils pouvaient envisager  des vies calmes et centristes, bien calés dans des canapés en cuir vegan, un verre de mauvais cognac à portée de main en regardant passer les heures sur une belle montre Lip, avec fierté et contentement, les heures d’une vie de futur préretraité à 55 ans, vidée de sens par le consumérisme et aveuglée par le principe voltairien de « petit chez soi », version moderne de « il faut cultiver notre jardin ».

Mon Dieu, s’il vous plaît, préservez nous de François Hollande, préservez nous de la flanisation vanille de notre pays, préservez nous du règne de la petite phrase et de la mesquinerie de bureau, préservez nous de la VRPisation de la fonction Présidentielle, préservez nous du mec qui fera réécrire l’hymne national par Zaz. Un tonneau à bière si vous voulez, la grande zaza ou l’antiquaire, va encore, mais pas, non, pas l’épicier corrèzien qui vous vante une ristourne sur les Knackis ou sur la Flamenküche Sodebo. Dans votre infinie mansuétude, vous nous avez déjà évités son ex compagne, vous pouvez refaire ça avec le compagnon, non? Amen

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Le sauveur est mort, vive le sauceur ?…

Posté par gramier le 16 mai 2011

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Par Chybroc, plume amie…

Maintenant que l’action DSK se révèle être, sans grande surprise il faut l’admettre, un junk bond, une  mauvaise intuition de plus du landerneau politico-médiatique, orphelin d’une longue lignée de timoniers en mousse tels que Pierre Mendès-France, Jean Lecanuet, Jean-Jacques Servan-Schreiber, Raymond Barre, Michel Rocard ou François Bayrou…  La question est désormais sur toutes les lèvres dans les bonnes saucières : à qui profite le crime ?

Car il s’agit bien d’un crime, n’ayons pas peur des mots, ou plutôt pour être exact d’un sacrifice rendu au dieu ithyphallique Priape, dont ce brave Dominique était le grand prêtre incontesté. Hélas pour lui, il n’a jamais vraiment su cacher ses penchants, il en paie aujourd’hui le prix, qu’il soit innocent ou coupable d’ailleurs n’a aucune importance. Le roi est mort, donc vive ? Vive le roi pardi ! Qui sera le prochain souverain du royaume PS, le prétendant au trône présidentiel ? C’est évidemment le seul sujet, tout l’intérêt de cette tempête est de rabattre les cartes, d’offrir un terrain de jeu inespéré à tous les sauceurs sachant saucer.  Et comme on le sait, le PS ne manque vraiment pas de prétendants sur ce genre de problématiques…

A commencer par les candidats déclarés, comme les inénarrables Manuel Valls et Arnaud Montebourg, hémisphères droite et gauche d’un cerveau PS au bord du burn out, sans oublier nos Clinton made in France, Ségolène et François. Alors pour éviter que la primaire tant attendue ne tourne en mauvaise parodie du film la Guerre des Rose, il faut trouver un challenger crédible à François, afin que celui-ci gagne honorablement ses galons de probable général en chef.

Tout le monde a évidemment sa petite idée, et le nom de la Première secrétaire revient avec insistance. Il semble néanmoins qu’elle en avait fait son deuil, et même si les évènements d’hier changent considérablement la donne, il est peu probable qu’elle ait le véritable désir dans découdre. Tel père, telle fille après tout… Alors qui ? Quel larron en foire serait prêt à saisir une telle occasion ? Qui parmi les brillants hauts dirigeants de la gauche ? En ces temps de commémoration mitterrandienne, il n’est pas nécessaire d’aller bien loin, la réponse devrait même sauter aux yeux et il est étrange que le nom du prétendant n’émerge pas plus rapidement. Le grand homme avait encore une fois tout prévu et la parenthèse ouverte au PS avec le « droit d’inventaire » semble s’être refermée hier. Le parti d’Epinay, on le sait, a peu évolué depuis que les lignes se sont figées au congrès de Rennes en 1990. Et les spasmes qui le ramènent artificiellement à la vie depuis cette date s’expliquent en grande partie par cette fracture entre Fafa et Yoyo, les Caïn et Abel du jardin d’Eden socialiste. Et allors ? On ne voit pas le rapport ?

Pourtant, DSK doit son ascension à l’un d’eux, il était même, jusqu’à hier, héritier de la ligne rocardo-jospinienne qui prît le pouvoir en écartant le canal Tonton historique, en premier lieu le trop (ou pas assez) talentueux Laurent FABIUS. La vraie surprise n’est donc pas la chute programmée du directeur général du FMI, mais plutôt sa conséquence : en faisant hara kiki à son destin présidentiel, il met aussi fin à plus de vingt années de domination du Tout Sauf Fabius (TSF), longtemps seul ferment d’unité au sein d’un parti qui a épuisé toutes les combinaisons les plus improbables, y compris une alliance avec les fabiusiens eux-mêmes depuis 2008…  

La recette de la sauce TSF a tourné depuis longtemps, en s’alliant avec Martine et Dominique, le camarade Laurent a réintégré la majorité du parti contre la promesse de soutenir l’un d’eux dans la perspective de 2012. Tirant discrètement les ficelles, caché derrière un tonneau de bière lilloise avariée, qui peut penser que notre antiquaire préféré se contenterait du poste de grand Vizir, dont il fut en son temps le plus jeune titulaire, quand il a enfin l’occasion de devenir calife à la place du calife ?

Ne nous y trompons pas, en véritable sauceur de carrière, digne héritier de ses pères et pairs, Laurent sortira bientôt du bois. Il a la chance inespérée à son âge avancé de réaliser ce pour quoi il était programmé, et vu sa piètre opinion, qu’il ne cherche pas à cacher, de Ségolène et François, on ne voit vraiment pas ce qui pourrait aujourd’hui l’en dissuader. Son réseau est depuis longtemps entré en résistance, certains sont même bien infiltrés à l’image de cette vieille anguille de Claude. La belle écurie ne demande qu’à se remettre au service de son champion. Certes, le bolide n’est pas de la première jeunesse, mais il n’a jamais vraiment cessé de courir et reste diablement efficace (la TVA sociale a gâché le triomphe annoncé des dernières législatives). S’il est peu probable qu’il remporte la course finale, le PS se doterait là d’un candidat sérieux, parfait reflet de son état léthargique, de ses errements et de ses renoncements, l’idéal pour saborder ce qu’il est devenu : un bateau ivre de sondages et de victoires en trompe l’œil, qui n’en demeure pas moins à la dérive, sans capitaine et sans boussole. 

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Les fourberies de l’ouverture ou la victoire de Sarkozy…

Posté par gramier le 16 mai 2011

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« Mais que diable allait-il faire dans cette galère !»

C’est à l’été 2007 que remonte peut-être la faute de carrière de DSK.

C’est à l’été 2007 que Sarkozy se montre le plus grand stratège de la cinquième République devant même François Mitterrand.

C’est à l’été 2007 que tout était scellé.

Alors oui, il est simple de jouer sur l’illusion rétrospective du vrai et dire, après coup, que tout était écrit. Le destin n’est jamais qu’une formidable page blanche qu’il nous incombe de noircir selon nos choix, la plume de notre raison trempée dans l’encre de notre liberté. Si rien n’était naturellement écrit, il aurait peut-être fallu à DSK un peu plus de clairvoyance dans ce superbe cadeau sarkozyste qu’était la présidence du FMI. Ce fut une espèce de Cheval de Troie et encore une fois, ce sont les Grecs qui auront eu le dernier mot.

Les ravages de l’ouverture. Et les Cassandres ne manquèrent pourtant pas de sonner l’alarme et de rappeler que « Gentil n’avait qu’un œil, Sarkozy en a deux », mais elles étaient Cassandre. Sentant ses adversaires dépités après la troisième défaite consécutive aux présidentielles, Sarkozy décide de pratiquer » la prime au talent ». Les plus âgés des Troyens assiégés, tel Kouchner, acceptent de rallier l’ennemi sentant bien qu’ils seront peut-être passés au Père avant même d’avoir vu le jour de gloire de leur camp arrivé et qu’il vaut donc mieux saucer hic et nunc avec l’ennemi qu’en rêve avec ses amis. Lang, l’éternelle anguille, se prend au jeu de l’hameçon sans y mordre et d’autres, cherchant la gloire rapide tombent plus ou moins dans l’escarcelle du héros fraîchement et confortablement élu.

Mais ce qui intéresse le plus le Président, ce n’est pas tant tous ces pantomimes sinon bien le héros de la bande, Ulysse-DSK. Il va donc, pour le faire tomber, flatter son ego démesuré et lui offrir sur un plateau d’argent… sa perte. Le cheval de Troie fut une reconnaissance mondiale avec louanges, et tutti quanti, des qualités d’économiste de DSK et enfin un soutien infaillible de l’homme à la direction du FMI.

Le retour de DSK pour les présidentielles semblait alors complexifiée, mais il l’aurait assuré sans plus grandes douleurs comme cela était prévu, et au-delà des contradictions sans commune mesure : FMI, banque du monde chantre de la rigueur contre programme socialiste chantre de la justice sociale et donc, notamment de la redistribution des richesses par l’impôt. Le piège aurait donc pu  être vaincu et l’arroseur arrosé : la crise, les erreurs de communication de Sarkozy, le mécontentement des Français, et j’en passe. Les innombrables rancœurs contre l’homme du Fouquet’s auraient pesé, de toute manière, plus lourd dans le choix des Français que les asymétries de discours entre socialistes. Quoiqu’il en eût été, le rassemblement aurait eu lieu, les socialistes ne s’imaginant pas encore cinq ans avec seulement la cour des comptes et la commission des finances en guise de jaune d’œuf où faire mouillette.

C’est donc la fatalité qui a permis que ce piège, digne d’un scintillant machiavélisme, se referme. L’accusé est bien trop coupable avant même son jugement pour pouvoir cette fois encore en sortir comme il y est entré. DSK et les femmes… La Porsche, une campagne malsaine. La liaison au FMI… c’était déjà plus complexe, l’ex-Directeur du FMI en avait vu d’autres même s’il eut, comme on dit, « chaud au fesses ». Cette fois-ci, c’est le glas qui sonne. En France, on rit encore de Felix Faure mort pour avoir « trop sacrifié à Vénus », la chose était entendue et plus ou moins acceptée. Ce qu’il craignait, au pire, n’étaient-ce que des chroniques acerbes du plaisantin Guillon… douce chatouille à côté de l’implacable justice américaine.

On ne prête qu’aux riches et aux Etats-Unis, qui dit prêt dit souvent subprime. Malgré toutes les présomptions d’innocence du monde, le rouleau compresseur est en marche, la machine ne peut plus s’arrêter. Et Sarkozy a gagné. Non par corruption, par complot, mais par une incroyable intelligence politique, en ayant su envoyer son ennemi le pire en voyage, un voyage qui, au contraire d’Ulysse aura pris fin entre Charybde et Scylla.

Ce soir, de droite, comme de gauche, les hommes et femmes que nous sommes, peuvent avoir mal et ressentir de la compassion pour cet homme qui s’est brûlé les ailes, sans être un phœnix.

SI… il était resté en France, SI… il avait accepté de se battre comme Hollande se bat, SI… SI… et encore SI, des SI qui ne mettront pas, hélas pour ce trop brillant élément, « Paris en bouteille », ou bien à la manière d’une rêve éphémère, en somme une bouteille à la mer, qui comme l’homme, ne pourra que s’échouer, en vain, sur des côtes désertes, loin, très loin de la France et de ses primaires. Les moires n’ont que rarement fait preuve de mansuétude envers les meilleurs d’entre nous. Les Grecs ont leur revanche. C’est bien dommage, mais c’est ainsi.

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Terra Nova: enfin un peu de débat!

Posté par gramier le 13 mai 2011

Ce que la gauche n’a pas encore compris, c’est que l’on n’était en Europe au XXIème siècle et non plus au XIXème . Entre les deux, certes, il y eu le XXème qui vit la chaleur des passions froidement récupérée par les idéologies et leurs tyrans.

Le monde était alors encore passablement européanisé. C’était l’époque de la nation hermétique, chère à Marine LePen et ses gros sabots dondaines, celle qui voyait les frontières servir le protectionnisme et la planche à billet, les intérêts keynésiano-électoralisto-court-termistes des sauceurs au pouvoir. Désormais, les frontières sont plus que poreuses et les dirigeants des nations n’ont plus accès à l’imprimante de « Pascals ». Le monde n’a plus rien à carrer de l’Europe, si ce n’est de l’Allemagne, et la mère de notre civilisation, la Grèce, est en train de se casser la figure entraînant dans son sillage tous les châteaux en Espagne que promettaient les bulles spéculatives dans les pays sans industrie – Irlande, Portugal, Espagne, etc.  En somme, mondialisation, désindustrialisation, tertiarisation des emplois, mutation économique, spécialisation géographiques avec notamment une délocalisation de la force de production industrielle vers des pays à main d’œuvre exploitée… Bref : le XXIème siècle qui s’ouvre nous donne à contempler une toute autre France que ce qu’elle était il y a seulement trente ans. 

Quoi de plus normal que de proposer de s’adapter à cette réalité ? Rien. Mais, « le bon sens étant la chose la mieux partagée au monde », le bon sens primaire veut que les socialistes soient du côté des pauvres et contre les riches ! C’est ainsi. La gauche ronchie dans cette idéologie stupide et la droite s’en joue: en effet, c’est ce qui lui fait gagner depuis près de 50 ans la majorité des élections nationales en France. 

Il est donc essentiel de saluer l’analyse de Terra Nova impressionnante de justesse et d’intuition retranscrite dans leur rapport suivant : http://www.tnova.fr/essai/gauche-quelle-majorit-lectorale-pour-2012 et présentée, il y a peu, au parti socialiste. Il faut avouer que, malgré la levée de boucliers que cela provoque, on a un débat légèrement plus intéressant ici que celui portant sur le RSA, ou encore sur l’Identité Nationale, etc, c’est peu de le dire! 

Le salut de la gauche passera de toute façon par là, qu’ils le veuillent ou non. Car il est bon de saucer sur le dos des classes populaires en promettant que demain sera mieux qu’hier, mais elles ne sont plus dupes et ne se sentent plus « classe non plus » et ce, depuis belle lurette. Les « classes populaires » sont fractionnées, dispersées, souvent méprisées et éclatées, il faut les prendre en compte mais ce n’est pas comme cela qu’on se fera élire. Et c’est tout de même le but.   

La France est un pays de classe moyenne. Même si le classement Pisa nous montre que le niveau culturel des étudiants Français baisse, notamment par l’augmentation du nombre de jeunes en très grande difficulté scolaire, le pays, malgré tout, garde en son sein une majorité de personnes éduquées et ayant profité, peu ou proue, d’un accès démocratisé à l’enseignement supérieur ou professionnel – pour le meilleur et pour le pire. Alors, recentrer son discours sur ces gens susceptibles de comprendre et de voter pour vous, cela est-il machiavélique comme le dénonce Copé ? Cela est il un abandon des classes populaires ? C’est justement parce que les classes moyennes ont senties les propositions de la gauche bien éloignées de leurs préoccupations qu’elles ont moins voté pour elle, et de ce fait, la gauche a presque toujours perdu, au moins ces derniers temps, au niveau national.

Chercher des réponses programmatiques aux questionnements et inquiétudes de la majorité des électeurs d’un pays, est-ce cela trahir ? Non, c’est être intelligent et la meilleure manière de pouvoir ensuite, s’occuper des plus faibles de notre société. Et c’est peut-être ici aussi que se trouve le chemin d’un retour à un débat politique un peu plus sensé.  Si ce tournant n’est pas pris et que le programme socialiste est porté en l’Etat, c’est-à-dire, plein d’idéologie ringarde et électoraliste, ce sera la fin du PS en 2012, son explosion. Il est temps que le PS s’adapte. DSK pourrait faire le boulot si ses amis ne lui chiaient pas dans les bottes avant même son retour. Etre de droite, de gauche, aujourd’hui c’est une question de vision de la société, une question de vision de l’avenir, une proposition cohérente de projet, ce n’est plus une question de défense du pauvre contre le riche, partagée et revendiquée autant à droite qu’à gauche – a-t-on entendu Sarkozy dire un jour qu’il voulait que les riches soient plus riches ? c’est ce que laisse penser la propagande de gauche, aussi vile que celle de droite : http://www.atlantico.fr/decryptage/gauche-electorat-classe-populaire-presidentielles-2012-france-demain-96799.html, mais elle nous trompe, Sarkozy ne parle que de ceux qui souffrent et même s’il agit autrement, la droite, idéologiquement, ne soutient pas les riches, c’est absurde. 

Les classes populaires sont de tous les partis. Mais ce n’est pas la majorité des Français.  Alors merci Olivier Ferrand et comparses pour cette étude, espérons que les remous de la Porsche se calmeront rapidement et qu’enfin, les sauceurs puissent faire preuve non plus seulement de gourmandise, on connaît leur indéniable talent et force de volonté dans ce sport, mais aussi leur intelligence, leur capacité d’analyse de la société française et leur habileté à trouver des solutions pour demain. 

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Un homme, une rose à la main… et le quignon dans l’autre!

Posté par gramier le 11 mai 2011

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Hier, Paris n’était que fête, lumière, débordement de joie, d’allégresse, de fantaisie, vent de liberté, de fraternité, d’égalité. On aurait pu se penser atterri dans un immense Stade Charlety tant l’amour empreignait l’air de ce Printemps populaire et chaleureux. A certains moments, près de Bastille, on pensait voir débarquer des soldats juchés sur des chars et embrassant, des roses entre les dents, des jeunes filles vaporeuses, le tout porté par la liesse populaire : une nouvelle Libération de Paris ? Pour le fun, le Général de Gaulle était-il sorti de sa tombe pour recommencer l’exercice ? Dans quel but ? L’idée semblait absurde. Il devait y avoir une explication beaucoup plus rationnelle à tout cela… 

On se prenait alors le menton dans la main et se prêtait à plonger dans sa mémoire, à rechercher une résonance de l’évocation de cette date dans les tréfonds de notre « ça » de citoyen français… Et d’un coup : Eurêka ! 10 mai 1981 ! Ces neuf syllabes prenaient un tour magique et merveilleux : trente années s’étaient exactement écoulées depuis l’élection, pour la première fois depuis la création de la Vème République, d’un socialiste à la tête de l’Etat Français, comme Président de la République et de tous les Français. Hier était, vous le comprendrez bien, un jour d’exercice du « devoir de mémoire sélective ».  Oui, car la vie avait changé en 1981.

Tout comme il y eut il Rinascimento qui fit passer l’Europe de la nuit du Moyen Age à la lumière des fresques de Raphaël, comme il y a eut l’invention de l’imprimerie, comme il y eut la prise de la Bastille et la fin de la soumission du peuple de France à l’arbitraire divino-régalien, il y eut, un avant et un après l’élection de François Mitterrand. On est sorti de l’obscurantisme giscardien qui verrouillait la société et opprimait les pauvres, pour aller à la lumière des lendemains qui chantent. Une rose à la main… et les épines de cette même rose enfoncés bien profondément dans la pulpe. Mitterrand n’a strictement rien changé à la face de la France. Les quatorze années de règne qui suivirent ne furent en rien différentes pour les Français de ce qu’elles auraient été avec Giscard : la même crise, les mêmes affaires, sauf, peut-être une jolie photo main dans la main avec Helmut Kohl. Non, ce qui restera de Mitterrand c’est d’abord et avant tout Jack ! le reste… tombera vite dans l’oubli. 

Alors, revenons à notre question principale maintenant que nous avons trouvé une partie de la réponse : pourquoi tant d’exultation et de délire extatique à commémorer cette élection ? Nous aurons tous compris qu’hier n’était qu’un tour de chauffe. Dans le camp socialiste, on est tellement assuré que 2012 sera l’année du grand retour aux affaires, qu’il fallait trouver une manière de faire baisser la pression. Ce mode de réaction est semblable à celui de ces jeunes adolescentes soudainement prises d’hystérie alors qu’on vient de leur annoncer qu’elles allaient pouvoir rencontrer Justin Bieber en backstage après son concert à Paris. Ce délire apparent ferait presque parfois nous questionner sur la nécessité ou non d’appeler un exorciste. Eh bien c’est un peu pareil chez les socialistes. Tout comme dans l’autre camp d’ailleurs, changer la vie est bien le cadet de leur souci. Et même s’ils essayent de contenir leur joie, en sortant des bouquins d’appel au vote utile – cf Moscovici et « Défaite Interdite » – en se passant la tête sous l’eau froide… mais ils le savent, en 2012, ils gagneront. Et qui dit gagner la présidentielle, dit gagner les législatives et alors là : SAUCE qui peut ! Le Sénat sera à eux en octobre et donc le Parlement dans son ensemble. Quelle perspective ! Car il faut se rendre comptes : dix années qu’ils l’attendent l’accès à la marmite. Guigou en a des crampes au croûton.

C’est comme dans un gracieux épisode de Chapeau Melon et Bottes de Cuir dans lesquels un méchant terrorise l’Angleterre avec un aimant géant : il l’active et alors tout ce qui est en métal se met à frémir et vous avez un gros plan sur une petite cuiller à côté de la main de John Steed qui s’aperçoit qu’elle tremble avant que, l’aimant ayant atteint toute sa puissance d’attraction, la petite cuiller n’aille heurter violemment et se coller contre le mur manquant de blesser le héros au passage. Pour les quignons, croûtons et mouillettes au PS, c’est pareil. Marylise Lebranchu pense déjà à quelle commission elle présidera à l’Assemblée, Jack se verrait bien au Conseil Constitutionnel, Valls à l’Intérieur, Montebourg à la Justice, Gérard Filoche, Secrétaire d’Etat aux anciens communistes, Ayraud en haut du perchoir, Catherine Trautman au piano et Patrick Menucci à la guimbarde etc. 

Ils rêvent tous de ces milliers de litres de sauce qui vont se répandre sur eux. Ce sera l’orgie absolue. Marie-Noël Lienenmann mènera une farandole en chantant « I’m singing in the sauce ». Cette farandole ira jusqu’au grand chaudron au milieu du haut duquel Anne Sinclair fera pleuvoir un mousson de gribiche. Aubry épongera le sol tant elle n’en peut plus que de se voir exilée à Lille depuis 2002. Martine Billard skippera un bateau mouche qui tirera un gigantesque pain Poilâne en plastique sur lequel seront assis comme des guirlande de saucisses Cahuzac, Cambadélis, Moscovici, Montebourg, Belckacem et Assouline, hurlant leur bonheur, pendant que Neri, Désir, Hamon, Queyranne et Glavani se rueront comme un seul homme, comme une foule de furies aux Galerie Lafayette le jour de l’ouverture des soldes, sur les seaux débordant du liquide tant convoité. Delanoë fera faire une arche pour faire voguer tout ce petit monde sur les torrents de Grand Veneur qui déferleront depuis la rue de Solférino, ramant à l’aide de grandes louches.  

Enfin, quand il n’y aura plus de quignons, plus de mouillettes, plus de croûtons, ils prendront alors les roses laissées de côté comme autant d’espoirs déçus, espoirs de ces Français qui les auront élus comme ils « élysaient » Sarkozy en 2007, et comme lui, n’en ayant cure, dans l’aveuglement de l’hystérie collective, croiront que les tiges sont des manches de fourchette et les fleurs, des bouts de pain : ce sera alors une grande savoyarde de pétales au beaufort fondu. Et des milliers et des milliers de sauceurs socialistes débarqueront de toute la France, l’œil humide et le visage émacié par tant de privations et d’humiliation. Les anciens sortiront même de leur tombe, Edouard Herriot, Jean Jaurès, Paul Faure, Pierre Mendes-France, Pierre Mauroy, Jacques Attali, Edith Cresson, ce sera une déferlante de zombies qui se dirigera vers l’Assemblée, l’Elysée, le Sénat, pour un petit poste, rien qu’une petite présidence de groupe d’amitié, une infime place dans une commission, ce sera la curée car tout sera bon à prendre. Même les transfuges de l’ouverture reviendrons dans une grande amnistie de la sainte Sauce. Quel moment !!! 

Et puis, comme il y eut un 10 mai, il y eu aussi un 11 mai puis de nouveau le 10 mai, 1982 cette fois ci, puis 1983 avec en cadeau la rigueur… lendemains qui déchantent… Pour notre part, de droite, de gauche, de toute manière, ce sera la même démagogie et la même course au saucier, croûton au vent. Mais si seulement, contrairement à Mitterrand, sa Majesté des Mousselines Chaudes, le plus grand sauceur que la France ait connu après Giscard et avant Chirac, quelqu’un pouvait, tout en sauçant, prendre les décisions qui s’imposent et faire preuve d’audace ! 

Hier on humait dans les rues de ce Paris participatif, des odeurs de « Ah ça ira » et son coulis d’oignons et groseilles et le fumet de quelques « Sous les pavez la plage » et ses pécans aux truffes gingembrées. Dix longues, très longues années d’attente et d’opposition… on peut les comprendre. Mais était-il bien raisonnable et cohérent que mettre de cette façon en vente le pain avant même d’avoir acheté le pétrin ? 

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Touchez pas à la Gribiche…

Posté par gramier le 28 avril 2011

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A la cour socialiste, faute de tête couronnée, ce sont les intrigues qui sont reines. Tout le monde le savait. C’est loin d’être le seul parti au monde qui connaisse ce genre de faiblesse. Mais, tout comme à l’UMP, force est de constater qu’on a beau obliger les sourires d’unité à rester en place, on ne peut empêcher les visages d’apparaître crispés. C’est le moins que l’on puisse dire. Tel le dôme gonflant d’un volcan, on entend sans besoin de tendre beaucoup l’oreille, le clapotis du magma en fusion. Le bouillon  de poule est encore liquide mais à l’approche de l’été – qui commence le 28 mai – l’eau s’évapore et les oligo-éléments se cristallisent.

C’est plutôt cocasse de voir que la princesse Martine, diplomate, a dû se flanquer d’un fougueux porte parole bien trépident. De la lignée de la Maison de la défaite aux élections nationales, Le Grand Duc Hamon, fieffé guerrier récompensé pour la mise à disposition de ses troupes lors de la bataille de Reims, a hérité du poste de mégaphone du parti. En guise de rendu, c’est pourtant assez criard et on frise souvent la cacophonie. Je m’explique. Il est censé être l’écuyer de la régente, l’épauler dans la préparation de cette grande bataille imperdable qu’est 2012 et malgré tout, il commence –  travers d’une jeunesse frustrée –  à ruer, hennir avec les chevaux… avant de crier avec les loups ? Mais contre qui ? Contre quoi ? 

La réponse est obvie : contre son obsession de Prince de Sang de la III Internationale, sang des révolutions qui coule dans ses veines comme un violent torrent alpin à la fonte des glaces, contre le Grand Capital, contre l’ennemi des pauvres et des tous petits, contre la main armée de la famine et de l’iniquité, que l’actuel, et aussi messianique que médiatique, directeur du FMI personnifie à merveille.

Avant-hier, Razzy Hamadi et d’autres compagnons d’infortune du chef de guerre Hamon, se réunissaient pour commencer à construire une alternative pour que leurs idées soient représentées lors des primaires, au cas où leur légitime championne, la Princesse de Lille s’y soit soustraite au profit de l’incarnation des idées qu’ils combattent, Lord of Washington. La Princesse régente semblait ne pas y prêter plus d’attention que cela et l’histoire en serait restée là si le baron Cambadelis n’avait pas fait feu contre François de Tulles, menaçant et grinçant.
La Princesse de Lille a alors dû reprendre ses affidés de circonstance pour leur rappeler que la sauce a une recette qu’il s’agit de garder en cuisine. En gros, « soit on sauce comme des vrais socialistes, un pour tous, tous pour un.  Soit on essaye de saucer « à la socialiste » et à ce moment là, mieux vaut laisser les présidentielles pour préparer tout de suite les municipales de 2014 ! »

Naturellement, tout le monde le sait, 2012 sera socialiste ou ne sera pas. Moscovici l’a redit hier, les jeux sont faits, le divorce est consommé entre les Français et Sarkozy. La France, harassée de niches fiscales subventionnées par des impôts qui ne rentrent plus – crise oblige – a besoin d’air frais ! D’air socialiste? L’air ambiant dans la maison de Solférino est pour le moins quelque peu vicié en ce moment malgré les pshits d’Air Wick de la Tibéri lilloise – bourreuse d’urne. Alors? « There is something rotten in the socialist kingdom », un fumet de division larvée et putréfiée… espérons pour eux que l’odeur de la sauce saura couvrir tout cela et que les divisions, même les plus programmatiques et fondamentales – la vision de l’impôt, de l’Europe, de la dette et de la redistribution étant intrinsèquement différente d’un bout à l’autre du parti –, sauront disparaître. Les hirondelles volent bas, comme les coups… Le ciel s’obscurcit… L’orage s’annonce et l’été avec…  Les primaires seront chaudes.

Camarade, entends l’appel de la Sauce… mais retiens toi!

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Hollande, empêcheur de solfériner en rond…

Posté par gramier le 25 avril 2011

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« Franchement, vous imaginez Hollande président de la République ? on rêve ! »

Encore une jolie sortie de Laurent Fabius l’antiquaire de la rue de Solferino. Solférino, on l’oublie trop souvent, n’est pas seulement un lieu de commémoration pour nostalgiques du 10 mai 1981, c’est aussi une belle victoire de Napoléon le Petit contre les vilains Austro-Hongrois. Napoléon-Martine, en dictateuse cheap, cherche donc faire raccorder son parti avec la grande Histoire : sans victoire à Solférino, puis tout ce qui s’est passé entre le 25 juin 1859 et le 9 mai 1981, pas de 10 mai 1981! On l’oublie trop souvent. Le raccourci peut sembler rapide, mais il n’est pas si insensé qu’il en a l’air.

Solférino, c’est la campagne d’Italie. Louis-Napoléon, repris de justice, neveu de et accessoirement empereur, a promis diplomatiquement à Victor-Emmanuel de Savoie de virer les Austro-Hongrois – tiens, tiens, hongrois… ça me rappelle quelqu’un… – pour lui permettre de prendre le contrôle de la Péninsule italienne restée éclatée depuis Romulus Augustule, pour en faire enfin une nation. De là à faire un parallèle douteux avec l’unité du PS, lui-même éclaté depuis… 2008 – Reims –, euh, non, 2006 – royales primaires –, euh non, 2005 – Constitution pour l’Europe –, euh, non, 2002 – 21 avril – euh… le PS n’est pas une nation ! Non, un seul objectif aujourd’hui, faire de 2012 le nouveau Solférino pour reconquérir la France morcelée et la République abîmée de Sarkozy.

Mais cela demande de former les rangs avec des combattants prêts à mourir sur le champs d’une bataille qui, bien qu’elle s’annonce facile aujourd’hui, connaîtra une issue serrée.  L’enjeu des préparatifs est de mater les aspirations régaliennes d’un quarteron d’officiers loin de l’âge de la retraite…

Le maréchal Fabius de Mac-Mahon – député conservateur de Seine-Maritime aux accents mélenchonistes « cachemire et burberry » du 6ème arrondissement, de toutes les cuisines, et, comme son ancêtre, de tous les régimes (sans malheureusement devoir jamais présider dans aucun), qui se positionne selon son instinct, comme certains, en sentant le sens du vent après avoir sucer leur doigt, sauf que lui, il suce son doigt après l’avoir trempé dans la sauce – aidé du général Le Guen-Niel, sont au front et ne laisseront sûrement pas le soldat Hollande mettre en péril les chances du Grand-Duc de Savoie, de descendre de ses montagnes pour enfin, règner comme il se doit sur ce pays qui lui revient.

Car on ne détourne pas deux fois le sens de l’Histoire . Déjà en 2007, une cantinière avait osé se prendre pour Jeanne d’Arc mâtinée d’Indira Ghandi, se jouant de la faiblesse des troupes de grognards bien moustachus du sémillant général Jack, persuadant tout le monde qu’elle entendait et était portée par la voix des Sages. En fin de comptes, on s’apercevait que cette voix était en fait celle de Yannick Noah et non celle de l’Esprit Absolu hégélien sans pouvoir faire quoique ce fût. Elle les menait tous au casse-pipe, comme une seule femme. Le 7 mai au soir, un petit groupe jurait, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus. Quelques urnes bourrées plus tard, ce même petit groupe rancunier, recommence à s’énerver face à la manie des rejetons de la Promotion Voltaire de préférer s’immoler par le feu plutôt que d’accepter qu’ils ne sont pas fait pour les grandes responsabilités – de Villepin à Ségolène en englobant celui qui se verrait bien, c’est un comble, en Monsieur Royal du cirque politique des années à venir présentant spectacles et numéros de ses amis clowneries et haut-voltigeurs… Le leitmotiv intraitable est désormais: place à la vieille garde, à l’expérience, celle qui vient des responsabilités ministérielles, les revanchards du jospinisme déçu qui engendra, bien malgré lui, le hollandisme local, désespérément municipal, cantonal et régional.

Aujourd’hui l’armée socialiste doit faire tomber coûte que coûte l’empereur Sarkozy de Nagy-Bocsa pour redonner à la France son unité perdue et pour cela, la coordination des troupes doit être parfaite. Une primaire ? Oui mais de confirmation de ce que tout le monde pense : DSK sera notre vainqueur. Alors, pas de grabuge, pas d’essai en solitaire, ce sera de toute manière chose vaine et ne fera que mettre en péril la fraternité qui lie les membres de cette famille qui manquait jusqu’alors de discipline.
C’est tout le paradoxe : Le Guen menace Hollande, Hollande rit d’Aubry, Fabius rit d’Hollande, Hollande méprise Montebourg, Montebourg ignore Ségolène… dans le seul et unique but de rester UNIS! Et DSK prie pour tout le monde, du haut de son Olympe.

Nous en sommes aux manœuvres du 23 juin. Napoléon-Martine rencontre Victor-Emmanuel-Dominique pour jauger les forces et rien ne doit venir contrecarrer cette rencontre de Lonato. Solférino c’est un pacte entre vainqueurs qui ne laisse pas de place pour les saillies impudentes et délirantes des cantinières, caporaux et autres sous-officiers illégitimes, question de naissance! A Solférino, on fait l’Histoire, les Grands Hommes parlent aux Grosses Femmes. Martine rendra son royaume à Dominique! Et s’il faut, pour cela, qu’à côté du sceptre et de la couronne, la tête du Saint François de Tulles face office de globe, eh bien la Sainte Inquisition Strauss-Kahnienne ne manquera pas de se la procurer.

Hollande, Petit Poucet rêveur à côté de l’élite formée par le Secrétaire Général du FMI, Monsieur le Premier Ministre, Madame la Ministre du Travail… Le Guen, en second couteau trempé dans l’acier le lui rappelle vigoureusement : au PS on croit au pouvoir des fleurs pour changer le monde, mais si le Sécrétaire des années de disettes et de portefeuilles vides du PS se veut David contre Goliath, il risque la déconvenue et il est fort probable qu’on lui facture sa fronde au prix fort, voire qu’on la lui piège – oui car on peut exécuter Manuel Valls en place publique, sans autre forme de procès, Hollande, c’est plus délicat, mieux vqut faire ça discrètement et charger une La Voisin de la cour de François Ier le Corrèzien, de faire son office, ou un des Robert Ford qui entourent notre Jesse James de la Région Centre d’une belle trahison de dernière minute pour un ralliement à l’Oncle d’Amérique.
Car, Le Guen le sait : l’Histoire ne se répète jamais, non?…

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Jumping Jack Flash

Posté par gramier le 20 avril 2011

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Jack est notre maître à tous. Il est de tous les temps, de tous les vents, de toutes les révolutions, de toutes les missions et les compromissions. Il a, depuis bien longtemps, uni dans un même combat ses intérêts particuliers et ceux de la France. Tel un jeune scout, Jack est toujours prêt à remplacer un ami, un frère dans ses fonctions: star de l’adaptation, de l’imitation. Dans la République des copains/coquins de la Place des Vosges, n’a-t-on pas entendu que l’irremplaçable Ministre de la Culture  pourrait même remplacer le King of Pop au pied levé: « A l’heure où s’en va Mickael, Jack sonne ».  Jack le Sauceur (« sauceur » = ce qui sauce, qui profite du système, ndlr) n’a pour seul maître et pour unique source de soumission: sa liberté. Libre patriote prêt à mourir le quignon à la main sous l’étendard de la justice façon gribbiche. Concurrencé aujourd’hui par le passé et le présent – Malraux l’oppresse et Frédéric le Magnifique lui fait de l’ombre - il lui faut continuer coûte que coûte à incarner le Ministère de la Culture pour les siècles des siècles. Alors Jack l’Immarcescible s’évertue à rester en lice, il lui faut toujours une nouvelle cause pour laquelle se sacrifier. Aujourd’hui Jack l’Insatiable n’a plus qu’un but au dessus de tout but: Défendre les Droits. Formidable, ça, les Droits! Lui le docteur en droit se veut médecin/masseur sans frontière des Droits blessés et bafoués. Fils spirituel de Francis Drake, figure de proue et tête de pont de la lutte contre les boucaniers des eaux internationales de la corne érythréenne, Jack sent le sens du vent, et d’ailleurs en marin roué que le défi exalte, ce qu’il aime par-dessus tout ce sont les bonnes grosses rafales qui déchaînent la houle, mmmh! Jack ne navigue pas à vue, non, Jack le mitterrando-fabiusio-rocardo-jospino-sarkozyste sait pertinemment quelle est la route qui le mènera au Panthéon de ceux qui ont servit (et se sont souvent resservit d’un peu de) la République.

Jack, notre humble blog veut, avec ces piètres mots, rendre un hommage brillant à l’Immanence de ton être au monde, à l’Immensité ton dévouement pour la France et à la Transcendence de ta dévotion aux reliques Tétra-Pak de la Sainte Sauce Barbecue. Ô toi, le Brialy de la politique, de toutes les loges, de toutes les chapelles, de toutes les tendances – un homme inverti en vaut deux, non? – tu es Jack dyonisiaque autant qu’apollinien et espérons que Frédéric sera là, comme André Malraux l’était pour Jean Moulin, en hérault louangeur de tes divins exploits, le jour de la translation de tes cendres auprès d’Aimé Césaire et de Jean-Baptiste Baudin – mort sur les barricades républicaines, comme toi , lui  s’opposant au coup d’Etat de Louis Napoléon, neveu de Bonaparte, et toi au parachutage de Luc Bondy en remplacement d’Olivier Py à l’Odéon, insupportable fait du prince Frédéric, neveu de Mitterrand. Cet hommage tu l’auras, nous te le promettons, toi notre Prométhée, parce que tu le vaux bien, dixit ce qui est écrit sur la fiole d’auto-bronzant qui ne te quitte jamais!

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