La force comique, Hollande Président

Posté par gramier le 28 août 2011

hollandecomique.jpg

En plus d’être une époque d’abondance retrouvée et de réconciliation d’une société meurtrie par cinq années de divisions sarkozystes, le quinquennat du Président Hollande sera un quinquennat comique.

Quelle chance! L’ancien secrétaire du PS est jovial, nous le savions. Le candidat normal, comme tout citoyen normal, porte la bonhommie rassurante du bon copain qui vient d’écouter les bouvardiennes Grosses Têtes sur RTL et qui se radine, hilare, méditant la tournure la plus drôle d’une bonne blague d’Amanda Lear à raconter aux potes. Mais aujourd’hui, depuis cette belle Rochelle, imprenable havre de toutes les luttes multiséculaires contre l’absolutisme, il nous a donné un cours de dramaturgie tragi-comique digne de Stanislavski autant que de Francis Lalanne, chanteur révolté et à textes.

Notre ex-Sancho Panza devenu Don Quichotte, a manié, avec une meastria toute sienne, l’ironie envers les riches de manière burlesque, au plus grand bonheur d’une salle de supporters en délire. Car à candidature burlesque, pantomime burlesque, cela va de soi. Notre François-Baboeuf, Saint-Just cheap au charisme d’une ampoule à baïonnette grillée, n’aime pas les riches, de sept  à soixante-dix-sept ans, de cinquante milles à 10 millions par an, les possédants, les nantis, en sommes, ces sangsues qui gangrènent la société par leur âpreté au gain coupable. Avec des accents proudhoniens ringards, notre comique troupier socialiste, député, président de conseil général, conseiller à la cour des comptes, et futur président au RSA, a improvisé sur un air de mash up entre « La Carmagnole » et « La Fée » de sa chanteuse préférée Zaz. Cherchant ses mots, comme il sait si bien le faire, mais sauvé par ses talents d’orateur gagnés dans un Kinder Surprise – quand il en mangeait encore – il nous décrit comment les riches cupides veulent donner l’impression qu’ils partagent. Mais il prend soin, avec la finesse d’une chaussure de sécurité, de souligner combien cela n’est que poudre aux yeux, aumône dérisoire d’une ploutocratie sentant le vent tourner et la menace socialiste obscurcir leur ciel bleu UMP sans nuage, aumône insultante et cynique, quelques chaloupes percées et lancées à la majorité des classes inférieures d’un paquebot France au destin « titanique ».

Il termine, ravi de ses effets de manche courte, par un « Qu’ils se rassurent (ces riches qui veulent payer plus d’impôts, ndlr) nous arrivons ! ». Et vraiment, voir la béatitude qui éclaire ce visage radieux de personnage de fait divers, ce profile de dindon gras, lecteur de Dukan, devenu chef de basse-cour depuis que le coq est mort, gloussant de bonheur au vu de l’hilarité que provoque sa rhétorique de série AB Production chez un public qui ne rit que parce qu’il ne peut pleurer, qui l’acclame parce qu’il ne peut le huer, qui survit malgré l’envie de suicide-collectif qui le prend lorsqu’une réminiscence stauss-khanienne vient titillé son esprit affligé et qu’il ose, malgré les risques, se rendre compte de la médiocrité du choix qu’on lui laisse – Aubry, Hollande, Royal –, alors, oui, voir cette béatitude donne un plaisir immense, une irrépressible envie de se repasser cet extrait d’un discours qui laissera autant de trace dans l’histoire des Universités d’été de La Rochelle, qu’un tatoo Malabar sur la paume d’un plongeur de brasserie qui a percé ses gants.  Il se voit déjà tutoyant Obama, ricanant avec Dilma Roussef à propos de la taille de Sarkozy, et c’est bon, il jubile… nous aussi.  

C’en est même meilleur quand on sait, on voit, on sent, que pour l’imposture, nul n’est tenu de voter, et que les clowns, même les plus talentueux, ne font rire que parce qu’ils ont cette tristesse émouvante, car grotesque et inoffensive, des perdants auto-dérisoires qu’on aime bien. Hollande-Bozo, dans l’arène socialiste, oui, c’est joyeux, la bouffonnerie y étant devenue la règle coutumière, mais être Président de la République ressort plus du numéro de haute voltige que du risible.  Sa frustration de ne jamais avoir pu intégrer « La Classe » de Fabrice, ne signifie pas qu’il puisse croire que ses sketchs lamentables de GO du VVF de Champs-sur-Tarentaine dans le Cantal lui permettent, ne serait-ce qu’un seul instant, de faire suivre son courrier du 10, rue Felix Vidalin, à Tulles, au 55 rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris. Un sketch à 6/10 pour égayer une primaire guignolesque et sûrement, très vite grandguignolesque comme à l’accoutumée, c’est encourageant car on sait au moins qu’une telle mascarade ne peut qu’en rester une ! C’est en tout cas, ce que l’on espère…

Publié dans Badinerie, Hollande, Mauvaise langue, Parti Socialiste | Pas de Commentaire »

Rêve en solde chez le marchand de sable

Posté par gramier le 1 août 2011

stilnox.jpg 

C’est avec circonspection  que nous lisons l’Express en cet après midi maussade. « Les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent » ainsi que s’égosille l’auteur-compositeur-interprête de génie, le Roda-Gil des 80’s, l’ineffable Stéphane Eicher, le plus beau cadeau que nous ait fait la Francophonie après Garou, Sœur Sourire, Amadou, Maryam et Patrick Fiori. Alors, avec un détachement purement auto-défensif, nous feuilletons, faute de mieux, ces analyses glaçantes et effroyables perspectives qui peignent un avenir désespérant. Mais c’est sans compter sur la divine Providence qui vient, comme de coutume, nous surprendre et nous étonner à l’extrême bord de la résignation.  

L’Express veut partager en toute intimité avec nous ses indiscrétions méticuleusement récoltées par on ne sait quel Jean-François Probst en herbe, aimant à faire les poubelles des secrétaires de mairies les week-end et jours fériés, du patchwork avec les résidus de broyeurs à papier des sièges de partis politiques durant les vacances ou bien tout simplement poser des micros dans la salle à manger de Raphaëlle B. ou Franz-Olivier G. pour les écouter languedeputer à qui mieux mieux et entre apparatchiks autosatisfaits des milieux autorisés ! Quelle aubaine, ne la ratons donc pas, ce s’rait ben trop baîîîte !  

Qu’apprendra-t-on alors de si croustillant ? Que DSK était en fait gay ? Que Nadine Morano a enseigné le savoir-vivre au Chesnais avant de se construire un personnage politique vulgaire et plouc ? Que Martine Aubry fut danseuse étoile ? Que Manuel Valls est de gauche ? Que Chirac est de droite ?  Eh bien au-delà de toutes nos attentes les plus débridées, les plus indicibles, c’est le pompon, les bras du ciel qui nous en tombent sur la tête : l’Express de Barbier, le plus brillant journaliste de sa génération s’il en est, a une fois encore décroché le cocotier. Effet bœuf garanti : « A l’occasion de l’université d’été du PS à La Rochelle (fin août), François Hollande publiera un livre, intitulé Le Rêve français » Car, cela ne vous a pas échappés, mais Hollande, loin d’être contenté par la place de compétiteur dans la course aux si démocratiques Primaires Ouvertes Socialistes, rôle fort commun, s’est cru obligé de s’intituler vendeur de rêve. Et attention, pas du pauvre rêve érotique à deux liards le pot au rose, tenez vous : « L’ouvrage comportera notamment une interview de 80 pages sur les valeurs de la gauche, l’histoire du socialisme, la montée du FN et le sens de sa candidature. » Un vrai programme pour nous rappeler que, contrairement à ce que nous croyons, non, la gauche ne sert pas qu’à être éternellement dans l’opposition idiote voire stupide, que non, le socialisme n’est pas une idéologie complètement ringarde qui a ruiné la Grèce, l’Espagne et le Portugal, que la montée du FN n’est pas la faute de Mitterrand, de la mondialisation, de la crise économique mais bien de Sarkozy, de Sarkozy et surtout de Sarkozy et qu’enfin, cela n’appelle qu’une seule chose : sa candidature, CQFD.  

Nous en venons à nous demander très franchement : « Mais pourquoi donc un livre ? » Pas besoin d’aller chercher des argumentaires alambiqués pour nous démontrer l’évidence qui s’impose : François Hollande est né pour être le XVIII ème Président de la IV ème République! Le poste requiert, en effet, cette malléabilité qu’il incarne avec tant de brio, ces idées ternes qui ne font pas trop d’éclat pour ne pas éblouir ceux qui pourraient le jalouser. François Hollande c’est la fermeté de l’Edam jeune, c’est la constance idéologique du Leerdammer, sa légendaire finesse de goût. Idéal pour ne pas fâcher le Munster avec le Beaufort, faire s’accorder le Saint Nectaire avec le Brocciu… Hollande vient pacifier la France stressée en lui proposant un traitement à base d’avenir bleu pastel en ton sur ton (chemise et cravate, à croire que Valls qui est son chargé de com’) façon Bisounours ou Snorkys, des réformes sécuritaires gentilles avec des policiers/grands frères/anges gardiens gentils tout plein et des délinquants incompris par la société mais gentils, une grande réforme fiscale que l’on peut déjà appeler la « Réforme Robin des Bois », celle qui prendra aux riches pour donner aux pauvres, car c’est cela le socialisme de Hollande. Un socialisme qui transformera la mondialisation et la profonde cure d’amaigrissement dont notre fonction publique et nos avantages sociaux ont besoin, en un moment « pas très agréable à passer mais sans plus… » car les riches payerons !  

En somme, encore pire que Sarkozy, pourtant Président de la V ème République, mais déjà souvent empêché par l’exercice intempestif de « la démocratie de rue », Hollande ne fera rien car il n’aura que le pouvoir de se laisser bouffer par son propre manque de leaderchip et son charisme de calendrier des PTT. 

La circonspection laisse alors place à un sourire médusé lorsque nos paupières, alourdies par la grisaille ambiante, tombent sur ce qui est Le rêve de Hollande : qu’au moins 22 000 personnes viennent prendre d’elles- mêmes leur Stilnox formule « Primaire Socialiste avec rêve de France molle et faible » en promo. Nous ne sommes en rien contre cela, le seul problème reste le risque que, ce qui n’est pour l’instant que du Stilnox destiné à quelques anciens bayrouistes en sevrage difficile ou strauss-khaniens en plein choc post-traumatique, devienne un bon vieux Rohypnol dose de cheval qui endormirait pour de bon la France entière…  

Tout, tout, mais pas Holla… Et Morphée, déjà nous berce.  

Publié dans Hollande, Mauvaise langue, Parti Socialiste | Pas de Commentaire »

Papa, buveur, Martine, rumeurs, pleurs pas, Sarko bonheur…

Posté par gramier le 12 juillet 2011

martinedelille.jpg

Les rumeurs vont bon train dans le tout Châlons-sur-Marne, le tout Béziers, le tout Argenton-sur-Creuse, le tout Béthune, le tout Charleville-Mézières, le tout Lorient chic et huppé. Des rumeurs infâmantes sur Martine Aubry de Lille courent comme le furet du bois. Elles sont, comme toutes les rumeurs, complètement infondées et donnent une fois encore la preuve qu’il peut y avoir de la fumée sans feu, aussi inconcevable que cela puisse paraître.

Martine Aubry de Lille, voyant sa campagne occultée par la résurgence de l’Affaire de la chambre 2806 – une histoire, elle aussi, empreinte de rumeurs et on-dits, d’enquêteurs cheaps commentant aussi savamment que judicieusement les conclusions hâtives et vides de sens des journalistes de France-Soir concernant la semence de DSK et le viol collectif évoqué par Nafissatou – s’est décidée à faire d’une pierre deux coups : donner de la rumeur aux média, ce dont ils rafolent, et en profiter pour tordre le cou à ces mêmes rumeurs, ce qui était sûrement une bonne chose. La rumeur gangrène et salit, un bon coup de Kärcher sera salutaire à la victime tout autant qu’au débat national.

Mais dans le cas présent, il y a un gros problème: même si ces rumeurs sont fausses, archi fausses, elles sont extrêmement drôles !

En effet, lorsque l’on lit que certains ont pu faire croire que Martine Aubry de Lille était à la fois « alcoolo, lesbienne, musulmane et avait un cancer au cerveau », on ne peut que s’esbaudir et essayer de savoir qui sont les facétieux qui ont pu répandre un truc aussi gros.  Car quand on y pense, comment peut-on être numéro 1 d’une des deux plus importantes formations politiques d’un pays en se saoulant la gueule au Schnaps H24, en gougnottant tranquilou dès qu’on a cinq minutes, entre deux visites chez le cancérologue et un essayage du dernier niqab à la mode en Arabie Saoudite, en promo chez MegaBurqaShop, le leader du niqab d’import 100% coton bio ? Ce qui est encore plus colossale, c’est d’imaginer que des personnes qui ont un boulot, une famille, qui remplissent leur feuille d’impôts, comprennent quand Laurence Ferrari parle, enfin des gens normaux, aient pu se laisser convaincre de la chose et devenir suspicieux envers Martine. Une preuve encore, s’il en était besoin, que la rumeur à une extraordinaire force de fascination sur les foules, qui annihile en toute faculté de penser, de prendre la moindre seconde de recul, et que, de ce fait, une élection présidentielle, d’une seule personne face à un peuple, se joue beaucoup plus sur les images, les perceptions, les messages subliminaux, en somme, la communication, que sur le fond. En cela réside le cœur de la bataille, le poumon de la victoire.

Mais rendons à César son dû, le plus beau vient tout de même du Président de la République et de son « Martine et Martin » qui, en guise de finesse et d’humour sibyllin s’impose tel un morceau de bravoure scintillant, mitterrandien – découvrir l’énigme ici.

On imagine tout à fait une officine dédiée aux rumeurs contre Martine de Lille dans les sous-sols de la place Beauvau, avec Jean-François Probst, Pierre Léthier, Robert Bougri dit « Scipion le Françafricain», Jacques Foccart, le général Rondot et Yves Bertrand qui ont tous repris de l’activité pour l’occasion. Ils rapportent directement au couple Balkany, à Hortefeux, et transmettent des notes à Morano et Lefèvre. Ils ont mis tous les PMU de France sur écoute. Malgré tout, JFP et ses copains écument les rades et les troquets lugubres avec des lunettes de soleil sporty Décath sur le nez, même quand il pleut, prenant la température et faisant de la veille rumoristique de terrain, en tant que spécialistes. Ils sont tout imbibés de mauvais pastis, ont le trench tout taché de coulures de mayo du bagnat thon-crudités qu’ils se sont envoyés au goûter, avec trois quarts de vin de table.

Bien qu’ils parlent hyper fort des rétrocommissions qui financèrent la campagne de Tonton l’Arménien, des safaris chez Bongo au temps de la France-Afrique de Mitterrand-Chirac – héritage qu’ils disent terni par des petits joueurs comme MAM et Ollier –, de l’Angolagate – pour lequel ils se disent à qui veut l’entendre qu’ils auraient pu faire un peu plus cracher au bassinet Pépé Saint-Amour aka Bloody Droopy aka Carlos de Neuilly –, se tapent la timbale avec les saucisses-frites en notes de frais, ricanent comme des bossus en se rappelant les bonnes années Elf-Aquitaine, ils n’en ont pas moins les oreilles en mode sonar. Aucune conversation ne leur échappe, du comptoir aux chiottes, même si elles se mélangent, dans leurs cerveaux éthylisés jusqu’à la moelle, avec le résultat des courses, le journal de Jean-Pierre Pernaud-Ricard, le tirage du Bingo, les Grosses Têtes et « Vos Idées Prennent Vie du Côté de Chez Vous avec Leroy Merlin ». Après le douzième petit noir de la journée, le troisième paquet de Gitanes maïs, la quinzième Jupiler, le dix-neuvième ballon de blanc et des tas d’interviews de leurs indics locaux : Robert, Francis, Roger, Michel, Yvon, Didier, Bernard, Guy, José, Abdel, Corinne, Mme Gisèle, Suzie, Cynthia, Mame le Maire, le p’tit Lucas, Mémé la Flute, la femme à Jackie, Dédé, Mirotslav, Amadou, Tania et même Bouillie, le Bichon Maltais de la patronne du Balto de Poussy-la-Campagne dans le Calvados, ils peuvent enfin prendre un taxi et rentrer au rapport. Et pas question de partir sans avoir terminer Ici Paris, le Nouveau Détective, Minute et Ooops ! et acheté le pain pour le souper si ils veulent pas se faire engueuler par bobonne.

Arrivés aux bureaux, naturellement, ils en tiennent une bonne. Mais ce n’est pas aux spécialistes des missions sans filet et sans couverture que sont nos Hannibal, Futé, Louping et Barracuda nationaux, des pros des opérations « caniveau et bennes à ordures » qu’on va apprendre ce que c’est que le travail bien fait. Ils sont de mille ressources. Même incapables d’aligner deux mots, qu’importe, ils ont tout consigné sur leur calepin, qui souvent se réduit au revers d’un sous boc Heineken, à des bas de blancs estampillés Secret Défense tous tâchés – qu’ils signent quand même avec des noms de dictateurs africains ou du dessin d’une bite – à une grille de Loto raturée ou une serviette en papier maculée de ketchups.

Depuis deux ans que cette mission a commencé, ils ont très vite découvert que, contre Martine de Lille, adversaire désignée du grand patron en 2012, la faire passer pour un puit sans fond, une intégriste et un colleuse de timbre était ce qui courrait et prendrait le plus. Logique quand on connaît la genèse de ces racontars, le berceau de ces on-dits, la vinification lente et savoureuse de ces bruits, qui restent, bien qu’affreux, hilarants de bêtise et d’imagination. Et si, plus que de simples rumeurs, mieux qu’un sondage, ce n’était en fin de compte que le creuset des principales préoccupations des Français ! Héhéhé…

Publié dans Aubry, Badinerie, Mauvaise langue | 2 Commentaires »

Quel bon sens, ces Français!

Posté par gramier le 10 juin 2011

« Comme beaucoup d’herbivores, sans aucun doute, les Français souffrent de la sécheresse… » Pape Diouf

Les commentaires des lecteurs sur les sites des différents quotidiens et hebdomadaires français, sont souvent cocasses, navrants, voire d’une bêtise ardente et d’un niveau de pertinence et d’acuité proche de celui des températures des pôles en hiver. Mais il est mal de juger négativement ainsi, en bloc, ce moyen d’expression populiste  cet égout démocratique et participutatif, suintant le ressentiment,  cette fausse sceptique gastro-sociétale, ce repère d’inspecteurs gadgets « cheap » à qui « on ne la fait pas« , de Mme Dugenoux lepeno-hollandiste aux états d’âmes aérocoliques et aux éructations fermentées de rancoeur unanime, au relents amères et acides d’excédent bilieux  car cela reviendrait à penser que les Français sont bêtes à tondre le bitume. Ce qui n’est pas vrai… sans être foncièrement faux non plus. La nuance est requise : les Français sont hilarants.

Il nous semblait malhonnête que de garder pour nous ce morceau conséquent de sagesse populaire, illustrant à merveille la substantielle essence des joutes d’esprit à la française, tant au niveau du comptoir qu’au niveau des responsables politiques élus eux-mêmes. Les chiens n’élisent pas des chats, a-t-on coutume d’entendre. Ceci expliquera sans doute cela.  

Nous vous laisserons juger sur pièce, mais pas sans vous remettre, au préalable, les clés du contexte incongru dans lequel à pu se développer tel échange épicé. Et c’est peu dire que la situation prête elle-même le flanc à l’ébaudissement des indécrottables critiques, doués principalement de méchanceté stupide, que nous sommes.

Ainsi, on se trouve ici sur les commentaires des lecteurs avisés du Figaro, offerts aimablement à la suite d’un article savoureux sur le processus de « présidentialisation », lent mais sûr, tout du moins désiré et engagé, de celui qui, à n’en pas douter, sera le prochain plus haut représentant dans le monde, de la France : Hollande.  En tout état de cause, le sujet inspire et donne lieu à de vifs échanges à fleuret moucheté entre Berny11 et Roquentin.

La hauteur plantaire du dialogue reflète parfaitement celle de l’intérêt qu’il convient de prêter à la candidature du socialo-chiraquien à la magistrature suprême, candidature aussi vitaminique, porteuse d’espoir, vigoureuse et stimulante qu’un épisode de Derrick, un lendemain de Noël gris et froid, à l’heure de la sieste, dans la touffeur d’une maison de retraite surchauffée.

Mais, foin des paroles inutiles et du verbiage : la perle qui suit se suffit largement à elle-même.

figaro.jpg

Publié dans Badinerie, Hollande, Mauvaise langue | Pas de Commentaire »

Jospin reviens, Jo-o-spin reviens, Jospin reviens parmi les tiens…

Posté par gramier le 7 juin 2011

Lionel Jospin était la semaine dernière dans les tribunes de Roland Garros. Cet amateur de tennis est-il expert en retour gagnant ? (AFP)

 

Il a de jolies dents Jospin. On aurait envie d’habiter dans ses dents tellement elles brillent de mille feux!

Il doit en prendre soin avec Carte Noir, le café des stars. Même un momie Inca aurait des dents moins jaunes. Franchement, une favella de Carracas, en comparaison pourrait passer pour Brodway en habit de lumière. A ce niveau là, y’a plus qu’une solution: un bain de bouche d’Antikal, puis un paille de fer pour un bon brossage à la poudre Saint-Marc Ménage puis, régulièrement durant un à deux mois, sucer des pastilles Calgon. Pour ma part, je préfèrerais encore la fausse commune plutôt que ses dents pour cimetière. A côté de celle de l’ancien Premier Ministre, la dentition de Christopher Walken dans « Sleepy Hollow » pourrait aisément passer pour une pub Colgate. C’est de l’irrespect que de sourire quand on a des dents pareilles. On comprend mieux pourquoi il avait aucune chance en 2002. Puis, sans doute, l’odeur doit être livrée avec la couleur, je présume. Ce jaune-catacombes, sent la proximité du puisard, c’est pas rassurant. On me dirait qu’il à fait un pari avec Marielle de Sarnez – quand elle sourit, on a l’impression d’être au musée devant un tableau de Basquiat – que ça m’étonnerait pas une seconde. Ca ne peut qu’être fait exprès. C’est pas humainement concevable qu’un mec comme lui ait de tels chicots.

En tout cas, il a pas l’air mal à Rolland Garros, ça n’a pas l’air de le déranger d’offrir, en guise de sourire, une photo de Dresde en 1945! Il a ses Persol sur le nez, entouré de son club du troisième âge, avec son Panama cheap assorti à la cravate de son copain: ça rupine sévère tranquilou. Il a pas l’air emmerdé Lionel. Pourtant, d’autres le verraient bien ailleurs… 

Le Nouvel Obs nous apprend que Lionel vendrait encore du rêve et que, de ce fait, certains lui ont lancé un appel pour tenter de la convaincre de revenir et, éventuellement, de se présenter à la primaire. Faut vraiment n’avoir plus que ça comme ultime solution avant le suicide parce que franchement, même les Haïtiens préfèreraient encore Papa Doc à Jospin. Nous pensons donc sincèrement qu’il y a des vies en danger en ce moment, parce que des tels actes de folie, sont des signes très nets d’une mélancolie profonde et d’un désespoir mortifère.

Alors, Alerte Rouge sur toute la France. Retrouvons ceux qui, au PS, voient en Jospin leur Messie, et mettons les illico en observation, c’est une question de Santé Publique! Ne rien faire, c’est être complice, c’est de la non-assistance à personnes en danger, c’est criminel!

Demandons à Henri Emmanuelli ce qu’il en pense:

« Monsieur Emmanuelli? Seriez vous prêt à soutenir Lionel Jospin et ses dents dans la course à l’Elysée? »

xaojw.jpg

Publié dans Jospin, Mauvaise langue, Parti Socialiste | 1 Commentaire »

Je fais la carpe, tu fais le lapin?

Posté par gramier le 6 juin 2011

borloovillepintrqnd.jpg 

« Tout est dans tout, et réciproquement«  Michou

Quelle révolution dans les mœurs que les mariages transgenres qui permettent de chavirer les normes infamantes et liberticides d’une société de l’exclusion de l’altérité, de la fermeture, de la négation de l’homme et de la femme dans leur surmoi vagino-rectal. Quelle infamie, à l’heure de l’IPad et de la cuisine moléculaire, de savoir qu’un état moyenâgeux,  la France, refuse à l’ensemble de ses citoyens les principes mêmes qui fondent son unité nationale : la Liberté et l’Egalité, et par là, se nie lui-même. Les symboles dépassés et castrateurs de cette culture judéo-chrétienne qui écrase, avilit, frustre, nie, aveugle et radicalise – cette culture qui impose, par la force et le meurtre, le primat monopolistique de l’hétérosexualité en tant que modèle, de même que les nazis imposèrent en leur temps, le modèle aryen – sont un appel à la transgression pour que cette devise gravée avec force burins et marteaux au fronton des écoles de notre République, puisse un jour faire sens.

N’est-il pas odieux, inhumain, criminel même, que d’immoler ainsi la multiplicité objective et la complexité inversée des identités génito-sexuelo-sociales en leur perspective mégalo-archéotypique d’une émancipation plurielle ? Et ce, dans l’acception de la diversité comportementale depuis une anti-contrainte primitive jusqu’à la négativité déficiente du moi reflexif démodèlisé ?

Pour l’invention d’une nouvelle forme prototypique et multisexuelle d’orientation ano-sociétale, il s’agit de retourner la transgression pour dévier la norme, et en faire une redéfinition auto-dynamico-constructiviste et démostructurante d’elle-même. Il est plus que pressant de libérer le moi éducatif moulé dans le rigorisme et le sentiment dénégatif imposé par les élites conservatrices luttant contre le progrès, de son carcan intellectuel passéiste.

Heureusement, nous avons en France des résistants tels que Noël Mamère, feus Guillaume Dustan et Michel Foucault, Nathalie Artaud, Patrick Sébastien, Catherine Millet, Gérard Miller, défenseurs de l’universalité pluri-égotique de l’amour, progressistes et véritables pourfendeurs de cette société étriquée. Il y surtout des héros ordinaires, des visages militants de ce combat essentiel. Et la preuve nous est venue ce week-end, de Nancy, ville dans laquelle, la loi inquisitrice s’est vue infliger un revers cuisant, façon attentat d’Anagni. La mairie se voyait contrainte de marier un homme de 59 ans devenu femme et lesbien, mais resté homme pour l’état civil, avec sa partenaire de 32 ans sa cadette femme mais lesbienne. Le premier mariage lesbien transgenre « hétémosexuel » a-t-il quelque chose de choquant ? Au contraire ! Quelle victoire ! Quelle avancée ! Quel progrès ! Formidable ! Cela méritait bien une petite marche des fiertés « lesbiennes, gay, bi et trans », pour fêter l’issue heureuse de cette bataille.

Mais le combat ne fait que commencer ! Comme le rappelait un réputé ministre, le 31 janvier 1991 à la manifestation Gay Pied : « La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages ». Car tout reste à faire. Et combien de Stalingrad encore avant que la morale, mitée de morgue paulinienne, tombe avec le mur des tabous, telle une statue de Lénine après la chute du Mur ? Le droit inaliénable du sexe à disposer de lui-même, à l’interexpérimentalité désorientatrice et décontingentée, pour qu’enfin les parents ne soient plus empruntés en devant expliquer à leurs enfants ce dont on accuse DSK ou Georges Tron ! Pour qu’on en finisse avec le puritanisme et puisse contempler la génitalité aux heures de grandes écoutes, sans litote ni métaphore filée! Pour qu’on puisse aborder clairement la face cachée de la lune et l’autre rive des plaisirs coïto-séminaux sans honte, tous, ensemble, dans une diversité libératrice : une société qui jouit, qui aime, une société tactile et respectueuse, une société assumée de déhiérarchisation des reperds moraux, voilà le vrai combat !

Cette expérience fut prégnante… C’est d’ailleurs après cela que Villepin et Borloo ont pu être tentés par une alliance, elle aussi, contre les normes, pour que la nature reprenne ses droits. Qu’y a-t-il de condamnable dans une envie de saucer à deux, de croiser le croûton, de montrer quelle jouissance il y aura à partager un grand bol de sauce fétichisé ? Rien ! Alors que les tenants de l’honnêteté politique aillent découvrir les plaisirs de la traite avec les traîtres plutôt que de juger arbitrairement, de pugiler allègrement. Ces deux là ont un tickets, ils ont évasé la corolle de leurs sens moral, pour une pratique assumée de l’interpénétration idéologique. Les barrières sont enfin tombées. Ils envisagent une union libre avant un mariage. Il veulent montrer que le modèle homogénético-politique de l’UMP ne correspond plus aux aspirations les plus profondes des électeurs de droite. Après un coming-out en homopolitique anti-majoritaire, ils veulent s’unifier pour dépasser et recréer une identité au-delà des sensibilités partisanes, bonnes pour les sachants imbus et élites politico-médiatico-sondagières, une sorte de républicanisme social et gaulliste picto-sociétal incluant un projet sur un axe hypradémocratique et radical, une généticité du respect et un nouvel abord participo-anticipatif et alternant des fonctions de pouvoir. Pour être plus clair, une modèle fondé sur une désegmentation structurelle atmo-didactique et crypto-discursive en pleine filiation apatho-profitocratique. En gros, ils veulent rappeler qu’ils avaient eux aussi droit d’accès au buffet et que c’est pas un futur ex-président autocrate qui va les en empêcher. Ils ont décidé de faire transgression commune, de renverser le subversif, de rassembler tout ce que la droite compte de sauceurs résistants, de Paillé, à Rama Yade, en passant par Bockel, Jégo, Morin, en somme, ceux qui, en plus de la collaboration, avaient fait de la soumission leur vocation mais qui, après qu’on leur a enlevé la réduction de veau et le quignon, ont fait de la dénonciation de la compromission, sur l’air des lampions, leur mission.

Attention : il s’agit là, de l’émergence protohétérotrophe d’un CNR moderne. C’est énorme ! Borloo tend la main à Villepin, qui tend la main à Bayrou, qui retrouvera donc Morin, qui l’a trahi… Certes, on est encore loin de la finalisation, ce ne sont que les préliminaires d’une redéfinition du rapport incestueux et cathartique entre frères ennemis, mais les victoires, même modestes, s’accumulent : la Confédération des Centres, puis, ce dialogue étrange…

Ah ! La Liberté des sauceurs à disposer de leur propre fond de plat, de leur propre bol, de leur propre quignon. Et si, par le plus grand des hasards, ils venaient à ne pas être au second tour en 2012, lors de l’élection, qu’au moins, ils puissent faire perdre l’UMP pour dévoiler au grand jour combien le modèle hyperprésidentiel sarkozyste est dépassé, combien cette imposture est devenue l’ictère catarrhale d’une démocratie asphyxiée.

Ce qui est fort c’est que « à la manière de et contrairement à » Eric Besson ou Jean-Pierre Soisson, ils veulent croire en la victoire prochaine l’altérité dédouannée et assumée du changement intempestif de crémerie. Ils croient en eux-mêmes. Certes, ils ont de gros besoins mais ils savent les assouvir, au-delà des qu-en-dira-t-on éphémères. Ad libitum salsa…

Dans ces deux événements, rien d’épisodique, « it’s the begining of a new age » chantait l’interprète de « take a walk on the wild side ». Seulement des grandes promesses d’un futur nouveau et heureux. Une expectative radieuse, pleine d’aspirations profondes à enfin pouvoir reconstruire un sens défécondateur de la jouissance, goûter le suc de la permission transgressée, sans chaînes – amateurs de sensations SM mis à part – car nous le savons tous, au-delà des paroles, l’obsession vitale de tout être humain reste: tremper l’biscuit.

Publié dans Badinerie, Borloo, Centre, Mauvaise langue, UMP, Villepin | Pas de Commentaire »

La phénoménologie de la sauce…

Posté par gramier le 1 juin 2011

lucferry2.jpg 

Sur le moment, il faut avouer qu’entendre telle accusation fracassante était pour le moins inattendu de la part du Philosophe Ferry.

Rappelons le contexte : Canal Plus, Grand Journal, Affaire DSK, la soi-disant omerta politico-journalistique sur la vie privée des puissants, au pays de Madame Claude. Invités : la directrice de Elle, l’ami JFK, gouailleur repenti, et l’ineffable sauceur Philosophe : Luc Ferry le mal nommé.

L’immortel Alain Duhamel – qui devait sans doute déjà tenir une chronique dans la première édition du Figaro en 1826 – remplaçait un Apatie absent. Comme de coutume, l’homme courtaud et replet gesticulait à la manière d’un mauvais comédien de boulevard, le verbe haut, noyant son auditoire sous un flot de paroles aux effets téléphonés et pitoyables, pratiquant un humour potache d’académicien déclinant en maison de retraite. En somme, avec un Ali Badou aux manettes, aussi mou qu’un pectoral de Pierre Ménès, aussi drôle qu’un paquet de lentilles et poussant toujours perversement ses invités aux détails voyeurs et scabreux dont il semble se délecter, on sentait que toute cette histoire allait tourner au vinaigre.

La directrice de Elle, égalant son hebdomadaire en terme de contenu, les photos en moins, s’indignait du machisme ambiant, jouant sa partition de pasionaria effarouchée sur l’air des lampions, offensée telle une amazone de mercerie, aux accents furieux proches de ceux d’une sorcière ayant ingurgité une décoction d’ellébore à l’eau bénite. Son credo se réduisait éhontement  à toujours plus d’atteintes banalisées à la dignité des femmes dans notre pays et à l’horreur absolue de cet irrespect institutionnalisé et, par trop, normalisé. On sentait sourdre de sa défiance à l’haleine torquemadesque, le courant d’air glacial de répression de la blague pocharde et graveleuse d’après la chasse, de fermeture du Lido, de prohibition du service de livraison de bière, directement du frigo au consommateur les jours de match. Permettez nous juste de douter du respect constant de l’image de la femme dans toutes les publicités publiées dans le magazine…

JFK, bien que devant faire profil bas, restait malgré tout auréolé de succès pour avoir remis au goût du jour une des expressions les plus drôles de la langue française : le troussage de la bonne.

Mais ce qui devait marquer l’émission fut, en effet, l’étayage de la théorie de l’omerta soupçonnée entre tenants du pouvoir, par la bouche de l’ancien ministre de l’Education de Raffarin I et II, et ce, par l’exemple de frasques marocaines d’un ancien ministre ayant été sauvé de justesse du scandale par la loi du silence après une supposée partie fine réunissant hommes mûrs et jeunes garçonnets autochtones à peine nubiles ! Coup de tonnerre ! La déclaration est pour le moins fracassante à heure de grande écoute. Mais après avoir relayé cela, le fieffé philosophe, continuait comme de bien entendu, le plus normalement du monde, son argumentation en venant à la conclusion suivante, en substance : « nous savons tous, nous avons tous les multiples preuves mais nous ne dirons rien car cela relève du droit français inaliénable à la vie privée. »

Pourquoi donc étaler ainsi de pseudo-secrets d’Etat aussi nauséabonds pour les laisser entre les neurones de nos cerveaux asservis et abrutis de télévision ? Il dit tout mais ne dit rien. On l’enjoint à citer un nom. Il s’y refuse, invoquant son envie toute relative de se voir assigner au pénal pour calomnie caractérisée et déclaration infamante.

Il nous laisse donc avec notre doute, bien que l’on s’en fiche royalement. Car ce n’est pas bizarrement l’identité de l’éventuel ministre à la sexualité déviante qui nous taraude, mais bien plus la morgue de Ferry qui, depuis qu’il a été ministre, surexpose avec condescendance, son appartenance bâtarde au parisianisme concupiscent et incestueux des dîners et bruissants ragots.

Cet homme, philosophe de cour, brillant, certes, mais mité par l’autosatisfaction, corrompu de gloire éphémère, continue d’exister pour le grand public en chroniqueur mondain. Ses oripeaux d’encyclopédiste, vulgarisateur et éminent connaisseur de la Sagesse, recouvrent un susurreur malveillant, tellement imbu de sa position sociale qu’il en oublie la publicité de sa situation sur les plateaux, pour se comporter comme il le fait avec ses puissants amis en petit comité.

Comment un philosophe peut-il lâcher des choses pareilles ? Comment peut-il venir avilir et souiller l’amour de la Sagesse qu’il est sensé représenter de la sorte ? A-t-on entendu un jour un Finkielkraut commenter l’activité rectale de ses semblables ? Et Badiou ? Et Serres ? Et Deleuze ? Et tant d’autres.

Les philosophes mondains ne datent pas d’hier. Mais elle est prégnante cette image de Ferry, ou même de BHL, ravis d’être mêlés au bruit et à la rumeur, à l’éphémère, au futile, saupoudrant leur aura de penseurs sur des propos de caniveau, vulgaires et bas de plafond.

Diogène de Sinope dans son tonneau ? Le promeneur solitaire ? Ou bien le lettré mondain dont la faim de vérité a été subornée par le narcissisme, et la soif de lumière étanchée par les hologrammes caverneux ? Le philosophe, être humain, trop humain parfois, a le droit à l’erratique errance, si elle n’est qu’accident. Cependant, quand assombrir, ne plus faire sens, dérouter, deviennent son business et sa source régulière de revenus, le philosophe nous trahit, trahit ses pairs et se trahit lui-même.

La vanité a ses raisons pécuniaires que la philosophie ignore… mais rappelons nous, comme le sentenciait le Philosophe Descartes de Membre, la seule maxime qui vaille dans ce petit monde : Je sauce donc je suis

Publié dans Elements de reflexion, Gros temps, Les copains d'abord, Mauvaise langue | Pas de Commentaire »

C’est la lutte infernale, entre nous et demain…

Posté par gramier le 27 mai 2011

trahison.bmp

Communiqué de la x-ième intranationale socialiste: « Socialistes de toutes les régions unissez vous ! Contre le malveillant Président Sarkozy qui a bafoué durant quatre années la Démocratie, la République, la France, les Français et l’Honneur de ceux-ci, 2012 ne peut être qu’une année de Victoire. La Présidentielle verra triompher la normalité, le calme, la sérénité. Il faudra réconcilier les Français, rester souder entre nous pour, qu’à l’image du Parti, l’Unité qui fait la force donne Avenir et Espérance pour ce pays à bout de souffle, angoissé, endolori, qui a peur : un pays frustré ! … » 

Voilà un discours pêchu ou l’on ne s’y connaît pas. Un discours plein de vitamines B12 et C6 ! Un discours qui retarde la chute des cheveux, due au stress incommensurable que distille Sarkozy dans la société française, qui nous donne de la vitalité et nous permet d’être au top durant toute la journée. Et on en a besoin, c’est peu de le dire ! Eh oui, avec cette crise, rolalala, pfffiou ! Alors, ouais ! Tous unis, main dans la main ! 2012 sera socialiste ou ne sera pas, parce que 2012 chantera et on verra le pouvoir des roses ! L’hymne de la x-ième intranationale socialiste retentira de Tulle à Lille, en passant par Lyon et Toulouse, Paris n’aura plus le blues et sera dans la place ! 2012, de Tours à Draguignan, de Lons-le-Saunier à Maubeuge, sera comme dans une vraie pub Ushuaïa : à la fin, tout le monde dansera sous une cascade et des cocotiers puis on se savonnera le dos les uns les autres tout en se shampouinant langoureusement, bercés par un grand éclat de rire et la chaleur d’un climat tropical et y’aura plus de problème, plus de haine, plus de méchants de droite. On pourra tous enfin retrouver la paix ! 

Mais avant que ce jour heureux n’arrive, faudrait-il encore que les socialistes puissent présenter un candidat qui ne soit pas mis K.O. avant même le début de la campagne! 

Car au parti de la rose, l’heure n’est pas encore au bal, mais à ses préparatifs. Et pour filer la métaphore… c’est épineux. 

En effet, une menace se fait de plus en plus précise : Cheesecake Ier est devenu le favori des primaires. Les saillies mal contrôlées de DSK en territoire puritain ne suffisaient pas, il faut en plus que Hollande devienne le favori ! Le candidat, aussi plat que son nom de famille, veut devenir Président et pour l’instant, caracole en tête d’élections virtuelles par téléphone et il est bien parti… ce qui est loin de goûter le parti. Il pourrait donc rapidement avoir maille à partir avec ses camarades et du mal à rester… le favori. Mais pour lui, foin du parti puisque ce sont des primaires ouvertes… taillées pour légitimer DSK, pas Hollande ! 

L’union sacrée imposée, à la suite tsunami hormonal de Docteur Strauss, devenu Mister Kahn, s’est fissurée aussi rapidement que les digues de Fukushima… Et naturellement, alors qu’ils regardaient disparaître avec effroi, l’unique soupçon de leadership qu’ils avaient réussi à esquisser dans leur histoire récente, tous les prétendant aux trônes se jetaient sur la boîte de Pandore pour l’ouvrait à la manière de DSK dégrafant un chemisier : en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, les maîtres sauceurs se réarmaient et se mettaient en joue… C’est plus fort qu’eux… 

Même si Hollande est devenu la cible à abattre, tout le monde essaye de sortir son épingle du jeu, tout en fustigeant naturellement la fameuse « politique politicienne », les « petits arrangements » et jurant ses grands dieux de n’avoir pour obsession unique : que les Français. Mais toutes les élites du parti, ou quasi,  préfèreraient encore voter Sarkozy que Hollande. A cela s’ajoutent les attaques de Montebourg, et l’on note que son mépris absolu du Corrézien, partagé avec Fabius et tant d’autres, ne le rend pas pour autant aubryste fervent. Ségolène commence à réfléchir et à se ranger derrière Madame le Maire de Lille, certes. Mais nous connaissons les cas Manuel Valls, Pierre Moscovici et tutti quanti, qui, depuis la mise en examen du colosse aux pieds d’argile (et aux gros besoins), se disent que s’ils veulent avoir accès à la soupière, va pas seulement falloir faire assaut d’amabilités, au contraire, va falloir faire du rentre dedans et rappeler qu’ils étaient sur le point de gagner.  Même Jean-Paul « Séguéla » Huchon donne de la voix. C’est dire ! Avec Hollande en menace et tous les ventres des jeunes loups comme ceux des vieux singes qui gargouillent, c’est un énorme coup de pression qui vient d’être mis par le destin sur cette x-ième intranationale socialiste qui n’a pour seul ciment que la fringale inapaisable de gros croûtons bien gras et le besoin impérieux de saucer… 

Pourtant l’Histoire devrait leur servir de leçon : un autre avant eux a eu une envie inapaisable de gros… et lui aussi a été pris d’une envie de tremper le croûton dans la sauce…assailli par un besoin impérieux de saillir. Ca c’est mal terminé, c’est d’ailleurs pour cela qu’ils sont dans cette tourbe. Alors, au lieu de déterrer la hache de guerre au tractopelle et, ainsi, se susurrer des sous-entendus piquants et violents à l’oreille par média interposés, ils devraient peut être faire en sorte d’écouter la grande union nationale des anti-sarkozystes dont ils se veulent les prochains dirigeants, parce que les mêmes anti-sarkozystes risquent d’y regarder à deux fois avant de confier la reconstruction de leur pays détruit par cinq années d’ultra-Présidence, à des hommes et des femmes politiques qui, aussi « normaux » soient-ils, sont incapables de se comporter en adultes responsables et de s’entendre entre eux… Ce qu’ils n’arrivent pas à faire avec leur parti, il ne le feront sûrement pas avec une nation. 

Terminons sur ce poncif : il serait faux de croire que des primaires règleront tout. Si le parti n’est pas uni, primaires réussies ou non, le candidat aura bien du mal en campagne et la x-ième intranationale socialiste risque bien d’être la dernière, faute d’électeurs socialistes en nombre suffisant… 

Publié dans Aubry, DSK, Mauvaise langue, Parti Socialiste, Sarkozy | Pas de Commentaire »

Hollande c’est l’histoire d’un mec qui…

Posté par gramier le 17 mai 2011

hollande.jpg

Mauvaise langue, par Albénitz et Gramier

Hollande c’est l’histoire d’un mec qui aurait du vendre des cadres de photos chez Conforama et qui va devenir président de la République Française, chef des armées, premier chanoine de la basilique de saint Jean de Latran, et garant de la Constitution.

Hollande c’est l’histoire d’un mec qui aurait du faire du porte-à-porte pour vendre des contrats Cofinoga à des ménages surendettés dans le Doubs, et qui va avoir le code de l’arme nucléaire.

Hollande c’est l’absence de vision, de hauteur, de courage, de sens de l’Histoire, de charisme. Il va installer du lineau dans le salon doré de l’élysée, il va rendre obligatoire le port de méphistos dans son cabinet, et il va nommer Manuel Valls Premier Ministre et il se fera le chantre d’une République modeste, qui porte des cravates en acrylique et des chemises violettes. Avec lui, c’est surtout une vague d’ignobles suffragettes portant des permanentes rouges et des tailleurs façon Cresson qui vont envahir les lieux de pouvoir.

Hollande c’est la défaite du destin, c’est la victoire de la Citroën ZX et des agences Laforêt Immobilier. Hollande Président et la France devra concourir dans la catégorie des pays moyens et gentils pour la production de mobilier néo-Louis XV en aggloméré . Hollande c’est l’homme du contrat de gouvernement avec les Verts et avec Jean-Pierre Chevènement, en somme qui rêverait que la promo Tchin-Tchin d’Afflelou fonctionne aussi au Swiss Vision du Centre Commercial de l’Intermarché d’Argenton-sur-Creuse; c’est le futur Président que même le Haut Commissaire aux Solidarités Actives du Kosovo n’aura pas le temps de rencontrer.

Hollande c’est la victoire du « euh » ponctuant toutes les fins de phrases, c’est l’homme qui est à la politique ce que Cyrielle Claire est à l’Histoire du cinéma, c’est le disciple cheap de Stéphane Hessel, philosophe sénescent et gâteux, c’est l’apogée de la génération Mégane Scénic qui décide de faire sa révolution et de rouler en Logan 3 portes.

Associer les noms « Président » et  »Hollande » revient à publier dans une même édition le Journal Officiel et Télé7 Jeux, Hollande c’est le genre de président à découvrir les ultimes soubresauts de la politique internationale dans les Dernières Nouvelles d’Alsace.

Avec Hollande comme premier représentant de la nation, la France  croira qu’elle a une partition énorme dans le concert des nations, alors qu’elle sera à l’ONU ce que le triangle est à un orchestre wagnérien. Au lieu de rapporter des contrats d’EPR de ses visites en Chine, il reviendra les bras chargés de promesses chinoises de respect des droits de l’homme avec en contre partie, pour la France, des engagements d’achat de milliers de tonnes de bas de contention Sigvaris de contrefaçon, de baisenvilles en simili cuir vachette ainsi que des milliers de paires de baskets de la marque Noël dépareillées, pour les clubs de balle-au-prisionnier qu’il aura développés sur tout le territoire dans le cadre de son plan « Jeunesse, Espoir et Sport ».

Hollande c’est la France du tricot de corps Damart et le règne des femmes « belles, belles, belles en Afibel » parfumés par Gloria Vanderbilt; c’est la France de la ballade en VTT dans le mont Pilat; c’est la France Décathlon, la France Parc Astérix, la France qui  »imagine demain » avec des sorties au Futuroscope. Alors, même si tout cela appartient à ce qui fait les charmes de ce pays, avouons que devant Dilma Roussef ou Obama…

En fait Hollande c’est avant tout l’héritier de Lecanuet, quand on y pense. Lecanuet c’était ce mec sans aspérité et sans épaisseur qui a eu quelques voix en 1965 parce que les Français étaient fatigués d’être glorieux et abrutis par le vent de l’Histoire, et qu’ils voulaient profiter tranquillement de la croissance pour s’acheter des micro-ondes Seb, les Vinyls de Salvatore Adamo, un appartement à la Grande Motte voire une DS d’occasion. Ces gens-là ils aimaient Lecanuet, « Colgate » comme on l’appelait, parce qu’il leur susurrait des choses gentilles à l’oreille et qu’avec lui ils pouvaient envisager  des vies calmes et centristes, bien calés dans des canapés en cuir vegan, un verre de mauvais cognac à portée de main en regardant passer les heures sur une belle montre Lip, avec fierté et contentement, les heures d’une vie de futur préretraité à 55 ans, vidée de sens par le consumérisme et aveuglée par le principe voltairien de « petit chez soi », version moderne de « il faut cultiver notre jardin ».

Mon Dieu, s’il vous plaît, préservez nous de François Hollande, préservez nous de la flanisation vanille de notre pays, préservez nous du règne de la petite phrase et de la mesquinerie de bureau, préservez nous de la VRPisation de la fonction Présidentielle, préservez nous du mec qui fera réécrire l’hymne national par Zaz. Un tonneau à bière si vous voulez, la grande zaza ou l’antiquaire, va encore, mais pas, non, pas l’épicier corrèzien qui vous vante une ristourne sur les Knackis ou sur la Flamenküche Sodebo. Dans votre infinie mansuétude, vous nous avez déjà évités son ex compagne, vous pouvez refaire ça avec le compagnon, non? Amen

Publié dans Badinerie, Hollande, Mauvaise langue, Parti Socialiste | 4 Commentaires »

Jumping Jack Flash

Posté par gramier le 20 avril 2011

langjack1.jpg

Jack est notre maître à tous. Il est de tous les temps, de tous les vents, de toutes les révolutions, de toutes les missions et les compromissions. Il a, depuis bien longtemps, uni dans un même combat ses intérêts particuliers et ceux de la France. Tel un jeune scout, Jack est toujours prêt à remplacer un ami, un frère dans ses fonctions: star de l’adaptation, de l’imitation. Dans la République des copains/coquins de la Place des Vosges, n’a-t-on pas entendu que l’irremplaçable Ministre de la Culture  pourrait même remplacer le King of Pop au pied levé: « A l’heure où s’en va Mickael, Jack sonne ».  Jack le Sauceur (« sauceur » = ce qui sauce, qui profite du système, ndlr) n’a pour seul maître et pour unique source de soumission: sa liberté. Libre patriote prêt à mourir le quignon à la main sous l’étendard de la justice façon gribbiche. Concurrencé aujourd’hui par le passé et le présent – Malraux l’oppresse et Frédéric le Magnifique lui fait de l’ombre - il lui faut continuer coûte que coûte à incarner le Ministère de la Culture pour les siècles des siècles. Alors Jack l’Immarcescible s’évertue à rester en lice, il lui faut toujours une nouvelle cause pour laquelle se sacrifier. Aujourd’hui Jack l’Insatiable n’a plus qu’un but au dessus de tout but: Défendre les Droits. Formidable, ça, les Droits! Lui le docteur en droit se veut médecin/masseur sans frontière des Droits blessés et bafoués. Fils spirituel de Francis Drake, figure de proue et tête de pont de la lutte contre les boucaniers des eaux internationales de la corne érythréenne, Jack sent le sens du vent, et d’ailleurs en marin roué que le défi exalte, ce qu’il aime par-dessus tout ce sont les bonnes grosses rafales qui déchaînent la houle, mmmh! Jack ne navigue pas à vue, non, Jack le mitterrando-fabiusio-rocardo-jospino-sarkozyste sait pertinemment quelle est la route qui le mènera au Panthéon de ceux qui ont servit (et se sont souvent resservit d’un peu de) la République.

Jack, notre humble blog veut, avec ces piètres mots, rendre un hommage brillant à l’Immanence de ton être au monde, à l’Immensité ton dévouement pour la France et à la Transcendence de ta dévotion aux reliques Tétra-Pak de la Sainte Sauce Barbecue. Ô toi, le Brialy de la politique, de toutes les loges, de toutes les chapelles, de toutes les tendances – un homme inverti en vaut deux, non? – tu es Jack dyonisiaque autant qu’apollinien et espérons que Frédéric sera là, comme André Malraux l’était pour Jean Moulin, en hérault louangeur de tes divins exploits, le jour de la translation de tes cendres auprès d’Aimé Césaire et de Jean-Baptiste Baudin – mort sur les barricades républicaines, comme toi , lui  s’opposant au coup d’Etat de Louis Napoléon, neveu de Bonaparte, et toi au parachutage de Luc Bondy en remplacement d’Olivier Py à l’Odéon, insupportable fait du prince Frédéric, neveu de Mitterrand. Cet hommage tu l’auras, nous te le promettons, toi notre Prométhée, parce que tu le vaux bien, dixit ce qui est écrit sur la fiole d’auto-bronzant qui ne te quitte jamais!

Publié dans Badinerie, Jack Lang, Mauvaise langue, Parti Socialiste | Pas de Commentaire »

 

bucephal77500 |
Séjour solidaire entre géné... |
vivre autrement |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Constitution Marocaine
| RCD game over
| Les bonnes manières .