Affaire Longuet, épitaphe à la sauce?

Posté par gramier le 31 mai 2011

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Pauvre Gérard, pauvre misère. A peine revenu près du buffet, on commence déjà à lui chercher des poux. Il est vrai qu’on ne fait crédit qu’aux riches. Justement, d’infamantes accusations de « recel d’abus de crédit » pour la construction de sa villa tropézienne, puis de financement occulte du Parti Républicain, puis de « recel de corruption » dans l’affaire des marchés public d’Île-de-France, semblaient avoir passablement crotté les souliers de l’homme Longuet – qui devait déjà être ministre lors du premier gouvernement d’Adolphe Thiers – et les traces de sauce sur la bavette de ce gourmand baigneur républicain, s’annonçaient coriaces.

Malgré une longue convalescence de 5 ans entre les hauts murs de la Forteresse du Luxembourg, à laisser tremper sa tunique d’homme public dans la javel de l’oubli médiatique  – ainsi que certains se retirent au monastère, le temps que soit retomber l’opprobre et la vindicte, choix lourd et fait de renoncements que celui du Sénat – il croyait l’avoir ressortie quasi immaculée du bain.

Mais manque de bol, n’a-t-il pas retrouvé, avec joie et innocence, les plaisirs de la vie au ministère de la Défense, régalien qui plus est et, pour l’occasion, ministère d’Etat, que déjà les accusateurs de nos frères, excavateurs sans états d’âme de pots de confitures vides, les spécialistes de l’archéologie culinaire, les spéléologues gestapisant de la vie publique, moralistes glabres et frustres, qui sont à la politique ce qu’est le purin à la sauce, viennent le titiller.

La tranquillité n’aura pas été de mise très longtemps. Le pouce et l’index à peine cicatrisés – se faire arracher un croûton est parfois plus douloureux qu’un ongle quand on est un sauceur – le revoici précipité dans les affres de la bataille médiatique, obligé de se défendre, premièrement par la voix de son cabinet, puis, lui-même, puis, c’est l’emballement. Le voilà dans la fausse aux lions, jeté en pâture comme un vulgaire placenta, aux chiens de ferme, après la mise-bas d’une truie : piètre curée.

Et pourquoi donc tant d’émoi chez les journalistes des Inrocks ?

Parce que le sauceur Longuet et son copain au frétillant quignon, Jean-Marc Sylvestre, aussi apolitique qu’un journaliste encarté à l’UMP sur TF1, ont fauté… à peine, fautouillé conviendrait mieux, en allant se vautrer dans le lucre dispendieux d’un palace tunisien, une nuit, en 2006, dont ils n’ont pas payé la note, laissée sur le compte de l’hôte présidentiel. Péché véniel s’il en est ! Cela vaut il pour autant la poutre et le gibet ? Réponse laissée au bénéfice du doute.

Les Inrocks jubilent : ils ont leur premier scoop « coprolitique » ! Pourtant, leur journalisme d’investigation poujadiste donne plutôt l’impression d’océanographes n’ayant pour matériel d’étude qu’un équipement de snorking ! Bref, l’info ne semble pas pour l’instant vouloir s’épandre sur nos esprits et l’image déjà terne de Longuet ne devrait en pâtir plus que de raison.

Mais qu’une seule seconde on retrouve le sens des réalités : qui n’aurait pas fait la même chose ? Qui ? Laurence Wisniewski ? On n’en doute pas. Avouons que la Tunisie de Ben Ali a accueilli nombre de défenseurs de Droits de l’Homme et des Libertés dans ses ryads luxueux, au frais du Brutus botoxé de Carthage. Reprocher cette nuit à Longuet, c’est comme reprocher à Michou d’aimer le bleu, à Hugh Afner d’être machiste ou à un réflexologue d’être tenté de réveiller la Chupa-Chups qui sommeille dans votre gros orteil ! Ca n’a aucun sens. L’important, dans cette lamentable histoire, c’est ce qu’elle dit de notre société et notre confrère Albénitz, confondateur de ce blog, l’exprimait à merveille :

« Franchement, j’ai l’impression que l’art de la sauce, de la belle sauce bien épaisse est en train de se perdre. C’est le début de la fin de la République des sauceurs, et le signe avant-coureur de l’évajolysation des esprits, de la norvégisation de la vie publique. Bientôt ils déclareront leur impôt, les élus boufferont chez Flunch et s’entasseront dans des Hyundaï Pony sans chauffeur, etc. Tout le monde sera honnête, les ministres auront des têtes de comptables ascétiques, et on ne verra plus ces silhouettes grasses ni de faces rubicondes dans les travées des assemblées qui faisaient notre bonheur. Quelle merde ! »

Abscons… contraction certaine d’ « absolument cons », voilà ce que nous sommes à trop vouloir buvariser, assécher le monde politique de toute forme de sauce ! Un exemple qui fait froid dans le dos : la République irréprochable découragerait les vocations de futurs ministres. C’est là qu’est toute la perversité de ce genre de lynchage ! Alors, la paix pour Longuet et de l’honnêteté, au moins intellectuelle : que quiconque n’a jamais dormi gratis chez Ben Ali lui lance la première petite cuiller !

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