Il est temps de savoir raison… retrouver

Posté par gramier le 21 avril 2011

La dette, la dette et encore et toujours la dette. Oui ! Quand FOG fait ses éditos sur la dette, quand Apathie ressasse à longueur d’interviews que le problème crucial de la France, c’est son endettement, on finit par se retrouver avec cette petite musique profondément imprimée dans la tête. Petite musique comparable à ces crescendos de bande originale des films à suspens de Carpenter à Hitchcock en passant par De Palma.

Au travers des années, la dette était devenue une question d’habitude. Le système social français fort avantageux est maintenu sous perfusion de dette, les cotisations ne servant plus qu’à rembourser les intérêts de ce que nous devons déjà, mais ne couvrant en rien les dépenses réelles. Notre système scolaire est, en rapport qualité/prix, un des meilleurs qui soit sur terre. Ce système coûte une fortune chaque année et ce ne sont pas les rentrées d’impôts sensibles à tous les revirements économiques qui permettent de le financer. Et la liste est longue.

La dette ce n’est pas très complexe : l’Etat n’a pas assez de rentrées financières pour maintenir le train de vie des Français. Alors l’Etat demande à la Chine, au Brésil, au Mexique, au Japon, et à quelques institutions qui ont les moyens d’acheter des obligations et qui désirent des placements sans risque de lui prêter de quoi vivre. Et ces prêteurs ne rechignent pas à acheter ces promesses de gains faibles mais assurés. En tout cas, ils ne rechignaient pas jusqu’à ce qu’ils commencent à prendre la mesure de la taille de l’endettement rapporté aux capacités réelles de rembourser ces mêmes prêts généreux et inconsidérés. Les gains ont commencé à sembler un peu faible, le risque de défaut de payement augmentant avec le gonflement de cette même dette. Ce fut la Grèce, puis l’Islande, l’Irlande ne passant pas loin de la faillite en essayant de sauver son système bancaire – solution la plus simple et, de fait, unique, alors que tout menaçait de s’écrouler.

Vivre à crédit, c’est ce que font beaucoup de ménages pauvres avec les crédits à la consommation, qui sont la proie facile des prêteurs usuriers tels que Cofidis, Sofinco,… Ces ménages sont souvent regardés comme inconscients par beaucoup d’entre ceux qui ont les rentrées d’argent nécessaires pour pouvoir faire face à leurs dépenses quotidiennes basiques en terme de nourriture, logement, électricité, … mais aussi de vacances, de sorties, le superficiel en somme, considéré aujourd’hui comme essentiel malgré tout. Ces ménages surendettés devraient donc mettre un peu plus de rigueur dans la gestion de leurs revenus quels qu’ils soient, savoir se serrer la ceinture, accepter que l’on ne peut indéfiniment vivre au dessus de ses moyens… Mais ce n’est pas facile quand cet endettement sert, justement à financer, avant même le Mac Do du dimanche, luxe tout relatif, l’école du petit, la carte de bus, le loyer, les impôts, etc, etc. En somme, ces inconséquents ne sont autres que les Français dans leur entièreté. Nous sommes tous ces inconséquents qui vivons au dessus de nos moyens, qui, à chaque fois qu’une réforme rigoureuse veut être discutée par un gouvernement faible, refusons de coopérer et manifestons à corps et à cris pour défendre notre droit à vivre selon un modèle en passe de disparaître.

Nos hommes politiques sont pris à la gorge par leur incapacité intrinsèque à ne pas penser à leur réélection. Conséquence directe : ils naissent faibles, méprisés et s’empêchent d’être visionnaires. Mais est-ce à nous, citoyens, de leur reprocher cette couardise ? C’est très mal venu.

Certes, ils profitent, ils se goinfrent, s’empiffrent, saucent à qui mieux mieux et vendraient leur mère, leur femme et leurs enfants pour garder un accès aux quignons. N’oublions pas pourtant que n’est pas homme politique qui veut. Un homme politique a besoin de temps pour se former, pour devenir un législateur. C’est un véritable travail que de faire de la politique. On est certes appuyé par ses multiples conseillers et autres spécialistes, mais il faut savoir prendre de la hauteur, comprendre le système… On ne défend pas un amendement comme on commente un match de foot.

Donc, si l’on résume : Endettement énorme, donc exigence de réalisme – le système ne peut pas continuer, il faut trancher dans le vif et assainir la situation financière du pays qui est industriellement assez mal en point et dont les perspectives de croissance comme on la considérait jusqu’alors, restent faibles. Réalisme, donc réforme radicale – notamment de notre manière de concevoir le rôle de l’Etat. Réforme radicale donc fermeté. Fermeté donc mécontentement. Mécontentement donc réélection impossible. Réélection impossible donc peur de la part des élus de perdre leur gagne pain. Peur donc recherche de protection. Recherche de protection donc démagogie  on joue à « je te tiens, tu me tiens par le gagne pain… ». Démagogie donc augmentation des dépenses. Augmentation des dépenses et baisse d’impôts – car impôt égal impopularité – donc recours à l’endettement. La boucle est bouclée au contraire de la fin de mois.

Les hommes politiques sont coupables de leur incompétence et de leur attachement aux privilèges auxquels donne droit le fait de servir la République. Mais on a les hommes politiques que l’on mérite et les premiers responsables ne sont autres que nos petites personnes françaises infatuées que les ont élus.

La vie au Mexique, au Brésil, en Chine est un combat beaucoup plus dur qu’ici. La vie en Angleterre aujourd’hui, en Grèce, au Portugal est devenue une lutte. Protection sociale réduite à minima, études hors de prix, etc. Continuons à fermer les yeux et à se réfugier derrière : « les riches doivent être taxés, payer pour les pauvres et les système pourra continuer » et alors, la vie deviendra réellement dure et ce ne sera pas le résultat d’une prise de conscience propre et responsable mais bien un diktat nécessaire et grave imposé par l’Europe ou, pire, le FMI. Ce jour là, le rayonnement de la France que beaucoup trouvent, à tort, réduit à néant, ce jour là, on se rendra compte qu’ils auront été des Cassandres aux prophéties… auto-réalisées.

Auto-réalisées car auto-réalisatrices. Un pays morne est un pays qui s’enfonce. Notre siège au Conseil de Sécurité à l’ONU est déjà très contesté car le pouvoir qu’il donne est disproportionné par rapport à notre poids réel au sein du concert des nations, alors, au moins, sachons en rester au moins digne en montrant notre maturité et notre conscience. Les Français ont le moral en berne car ils se complaisent dans leur complainte et dans leur peur de devoir à nouveau se battre pour l’essentiel. Mais il est urgent de retrouver un peu de force joyeuse et volontaire. La mondialisation, inexorable, ne fait pas dans la dentelle et elle s’impose à nous, nous dépendons d’elle. Or, comme tout mouvement de l’Histoire, elle ne peut rendre chaque individu heureux et celui qui promet cela, est un simplificateur… et un menteur visant sa réélection. Ceux qui y croient sont ses complices.

On peut lutter pour l’humaniser, il le faut, mais c’est très long processus – près de 200 nations à accorder… Pendant ce temps, elle s’ancre et les nations travaillent sans relâche à son développement, car elles, les nations, y sont gagnantes macro-économiquement. C’est à la rédaction et la promotion d’une sorte de « contrat social mondial » plus juste et plus équilibré qu’il nous faut instamment prendre part si l’on ne veut rater le train de l’Histoire, bien plus qu’au « recroquevillement », naturel et systématique en période de transition complexe, sur notre petit modèle douillet, certes, mais déphasé. Ecoutons la sage Europe supra nationale au lieu de lui cracher constamment à la figure. Aujourd’hui c’est en coopérant, non en la dénonçant et la prenant de haut, que l’on sauvera ce qui est à sauver d’un modèle suranné bien que partant d’idées généreuses, cela va sans dire. L’enfer est pavé de généreuses intentions électoralistes.

Je n’appelle pas à céder au libéralisme, mais à céder à la raison et aimerais fort que les Français choisissent pour prochain Président, un homme d’Etat… pourquoi pas un spécialiste du désendettement d’ailleurs exilé aux Etats-Unis par exemple ?

Publié dans DSK, Elements de reflexion, FOG | Pas de Commentaire »

 

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