Les fourberies de l’ouverture ou la victoire de Sarkozy…

Posté par gramier le 16 mai 2011

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« Mais que diable allait-il faire dans cette galère !»

C’est à l’été 2007 que remonte peut-être la faute de carrière de DSK.

C’est à l’été 2007 que Sarkozy se montre le plus grand stratège de la cinquième République devant même François Mitterrand.

C’est à l’été 2007 que tout était scellé.

Alors oui, il est simple de jouer sur l’illusion rétrospective du vrai et dire, après coup, que tout était écrit. Le destin n’est jamais qu’une formidable page blanche qu’il nous incombe de noircir selon nos choix, la plume de notre raison trempée dans l’encre de notre liberté. Si rien n’était naturellement écrit, il aurait peut-être fallu à DSK un peu plus de clairvoyance dans ce superbe cadeau sarkozyste qu’était la présidence du FMI. Ce fut une espèce de Cheval de Troie et encore une fois, ce sont les Grecs qui auront eu le dernier mot.

Les ravages de l’ouverture. Et les Cassandres ne manquèrent pourtant pas de sonner l’alarme et de rappeler que « Gentil n’avait qu’un œil, Sarkozy en a deux », mais elles étaient Cassandre. Sentant ses adversaires dépités après la troisième défaite consécutive aux présidentielles, Sarkozy décide de pratiquer » la prime au talent ». Les plus âgés des Troyens assiégés, tel Kouchner, acceptent de rallier l’ennemi sentant bien qu’ils seront peut-être passés au Père avant même d’avoir vu le jour de gloire de leur camp arrivé et qu’il vaut donc mieux saucer hic et nunc avec l’ennemi qu’en rêve avec ses amis. Lang, l’éternelle anguille, se prend au jeu de l’hameçon sans y mordre et d’autres, cherchant la gloire rapide tombent plus ou moins dans l’escarcelle du héros fraîchement et confortablement élu.

Mais ce qui intéresse le plus le Président, ce n’est pas tant tous ces pantomimes sinon bien le héros de la bande, Ulysse-DSK. Il va donc, pour le faire tomber, flatter son ego démesuré et lui offrir sur un plateau d’argent… sa perte. Le cheval de Troie fut une reconnaissance mondiale avec louanges, et tutti quanti, des qualités d’économiste de DSK et enfin un soutien infaillible de l’homme à la direction du FMI.

Le retour de DSK pour les présidentielles semblait alors complexifiée, mais il l’aurait assuré sans plus grandes douleurs comme cela était prévu, et au-delà des contradictions sans commune mesure : FMI, banque du monde chantre de la rigueur contre programme socialiste chantre de la justice sociale et donc, notamment de la redistribution des richesses par l’impôt. Le piège aurait donc pu  être vaincu et l’arroseur arrosé : la crise, les erreurs de communication de Sarkozy, le mécontentement des Français, et j’en passe. Les innombrables rancœurs contre l’homme du Fouquet’s auraient pesé, de toute manière, plus lourd dans le choix des Français que les asymétries de discours entre socialistes. Quoiqu’il en eût été, le rassemblement aurait eu lieu, les socialistes ne s’imaginant pas encore cinq ans avec seulement la cour des comptes et la commission des finances en guise de jaune d’œuf où faire mouillette.

C’est donc la fatalité qui a permis que ce piège, digne d’un scintillant machiavélisme, se referme. L’accusé est bien trop coupable avant même son jugement pour pouvoir cette fois encore en sortir comme il y est entré. DSK et les femmes… La Porsche, une campagne malsaine. La liaison au FMI… c’était déjà plus complexe, l’ex-Directeur du FMI en avait vu d’autres même s’il eut, comme on dit, « chaud au fesses ». Cette fois-ci, c’est le glas qui sonne. En France, on rit encore de Felix Faure mort pour avoir « trop sacrifié à Vénus », la chose était entendue et plus ou moins acceptée. Ce qu’il craignait, au pire, n’étaient-ce que des chroniques acerbes du plaisantin Guillon… douce chatouille à côté de l’implacable justice américaine.

On ne prête qu’aux riches et aux Etats-Unis, qui dit prêt dit souvent subprime. Malgré toutes les présomptions d’innocence du monde, le rouleau compresseur est en marche, la machine ne peut plus s’arrêter. Et Sarkozy a gagné. Non par corruption, par complot, mais par une incroyable intelligence politique, en ayant su envoyer son ennemi le pire en voyage, un voyage qui, au contraire d’Ulysse aura pris fin entre Charybde et Scylla.

Ce soir, de droite, comme de gauche, les hommes et femmes que nous sommes, peuvent avoir mal et ressentir de la compassion pour cet homme qui s’est brûlé les ailes, sans être un phœnix.

SI… il était resté en France, SI… il avait accepté de se battre comme Hollande se bat, SI… SI… et encore SI, des SI qui ne mettront pas, hélas pour ce trop brillant élément, « Paris en bouteille », ou bien à la manière d’une rêve éphémère, en somme une bouteille à la mer, qui comme l’homme, ne pourra que s’échouer, en vain, sur des côtes désertes, loin, très loin de la France et de ses primaires. Les moires n’ont que rarement fait preuve de mansuétude envers les meilleurs d’entre nous. Les Grecs ont leur revanche. C’est bien dommage, mais c’est ainsi.

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Terra Nova: enfin un peu de débat!

Posté par gramier le 13 mai 2011

Ce que la gauche n’a pas encore compris, c’est que l’on n’était en Europe au XXIème siècle et non plus au XIXème . Entre les deux, certes, il y eu le XXème qui vit la chaleur des passions froidement récupérée par les idéologies et leurs tyrans.

Le monde était alors encore passablement européanisé. C’était l’époque de la nation hermétique, chère à Marine LePen et ses gros sabots dondaines, celle qui voyait les frontières servir le protectionnisme et la planche à billet, les intérêts keynésiano-électoralisto-court-termistes des sauceurs au pouvoir. Désormais, les frontières sont plus que poreuses et les dirigeants des nations n’ont plus accès à l’imprimante de « Pascals ». Le monde n’a plus rien à carrer de l’Europe, si ce n’est de l’Allemagne, et la mère de notre civilisation, la Grèce, est en train de se casser la figure entraînant dans son sillage tous les châteaux en Espagne que promettaient les bulles spéculatives dans les pays sans industrie – Irlande, Portugal, Espagne, etc.  En somme, mondialisation, désindustrialisation, tertiarisation des emplois, mutation économique, spécialisation géographiques avec notamment une délocalisation de la force de production industrielle vers des pays à main d’œuvre exploitée… Bref : le XXIème siècle qui s’ouvre nous donne à contempler une toute autre France que ce qu’elle était il y a seulement trente ans. 

Quoi de plus normal que de proposer de s’adapter à cette réalité ? Rien. Mais, « le bon sens étant la chose la mieux partagée au monde », le bon sens primaire veut que les socialistes soient du côté des pauvres et contre les riches ! C’est ainsi. La gauche ronchie dans cette idéologie stupide et la droite s’en joue: en effet, c’est ce qui lui fait gagner depuis près de 50 ans la majorité des élections nationales en France. 

Il est donc essentiel de saluer l’analyse de Terra Nova impressionnante de justesse et d’intuition retranscrite dans leur rapport suivant : http://www.tnova.fr/essai/gauche-quelle-majorit-lectorale-pour-2012 et présentée, il y a peu, au parti socialiste. Il faut avouer que, malgré la levée de boucliers que cela provoque, on a un débat légèrement plus intéressant ici que celui portant sur le RSA, ou encore sur l’Identité Nationale, etc, c’est peu de le dire! 

Le salut de la gauche passera de toute façon par là, qu’ils le veuillent ou non. Car il est bon de saucer sur le dos des classes populaires en promettant que demain sera mieux qu’hier, mais elles ne sont plus dupes et ne se sentent plus « classe non plus » et ce, depuis belle lurette. Les « classes populaires » sont fractionnées, dispersées, souvent méprisées et éclatées, il faut les prendre en compte mais ce n’est pas comme cela qu’on se fera élire. Et c’est tout de même le but.   

La France est un pays de classe moyenne. Même si le classement Pisa nous montre que le niveau culturel des étudiants Français baisse, notamment par l’augmentation du nombre de jeunes en très grande difficulté scolaire, le pays, malgré tout, garde en son sein une majorité de personnes éduquées et ayant profité, peu ou proue, d’un accès démocratisé à l’enseignement supérieur ou professionnel – pour le meilleur et pour le pire. Alors, recentrer son discours sur ces gens susceptibles de comprendre et de voter pour vous, cela est-il machiavélique comme le dénonce Copé ? Cela est il un abandon des classes populaires ? C’est justement parce que les classes moyennes ont senties les propositions de la gauche bien éloignées de leurs préoccupations qu’elles ont moins voté pour elle, et de ce fait, la gauche a presque toujours perdu, au moins ces derniers temps, au niveau national.

Chercher des réponses programmatiques aux questionnements et inquiétudes de la majorité des électeurs d’un pays, est-ce cela trahir ? Non, c’est être intelligent et la meilleure manière de pouvoir ensuite, s’occuper des plus faibles de notre société. Et c’est peut-être ici aussi que se trouve le chemin d’un retour à un débat politique un peu plus sensé.  Si ce tournant n’est pas pris et que le programme socialiste est porté en l’Etat, c’est-à-dire, plein d’idéologie ringarde et électoraliste, ce sera la fin du PS en 2012, son explosion. Il est temps que le PS s’adapte. DSK pourrait faire le boulot si ses amis ne lui chiaient pas dans les bottes avant même son retour. Etre de droite, de gauche, aujourd’hui c’est une question de vision de la société, une question de vision de l’avenir, une proposition cohérente de projet, ce n’est plus une question de défense du pauvre contre le riche, partagée et revendiquée autant à droite qu’à gauche – a-t-on entendu Sarkozy dire un jour qu’il voulait que les riches soient plus riches ? c’est ce que laisse penser la propagande de gauche, aussi vile que celle de droite : http://www.atlantico.fr/decryptage/gauche-electorat-classe-populaire-presidentielles-2012-france-demain-96799.html, mais elle nous trompe, Sarkozy ne parle que de ceux qui souffrent et même s’il agit autrement, la droite, idéologiquement, ne soutient pas les riches, c’est absurde. 

Les classes populaires sont de tous les partis. Mais ce n’est pas la majorité des Français.  Alors merci Olivier Ferrand et comparses pour cette étude, espérons que les remous de la Porsche se calmeront rapidement et qu’enfin, les sauceurs puissent faire preuve non plus seulement de gourmandise, on connaît leur indéniable talent et force de volonté dans ce sport, mais aussi leur intelligence, leur capacité d’analyse de la société française et leur habileté à trouver des solutions pour demain. 

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La morale du fond de casserole…

Posté par gramier le 10 mai 2011

Quelle joie que d’entendre les hommes politiques s’exprimer, que dis-je s’exprimer, s’empêtrer dans des explications calamiteuses au sujet des excursions panamérennes de DSK. 

Dimanche, l’ami Bayrou, face aux tirs de mortier du Calife Elkabach nous donnait un bel exemple de ce mal-être du sauceur. Monsieur Mamounia demandait, en effet, de manière sibylline, ce que l’élu palois, le moraliste, l’ami de Mitterrand, élu par les dieux pour veiller au destin de la France – pas par les Français, malheureusement pour lui… on devrait pourtant être plus attentif aux messages des dieux parlant au travers de la Pythie Marielle de Sarnez en transe, baignée de lumière orange, qui nous répète depuis des années déjà que l’Elu c’est Bayrou et pas un autre… ce que l’on peut être aveugles parfois, nous, électeurs !!! – ce que l’homme qui roule en Massey Fergusson pensait de l’affaire « Porsche Tranquille » et, au-delà, de ce sentiment que peuvent avoir les Français d’une classe de privilégiés bien éloignés de leur quotidien. Pensez-vous ! Elkabach, presque fourbe, allait même jusqu’à faire allusion aux chevaux de course qui font la passion du disc dur du Modem. 

Embarrassé, l’homme ne se démontait pourtant pas et nous parlait de moralisation, de besoin de rapprocher les fonctions électives de la réalité de ceux dont elles appellent l’administration, de briser la paroi de verre… 

La moralisation de la politique, héhéhé ! Thème que l’on pourrait décliné en des modes infinis tant il est délicieux, sans qu’on s’en lasse. Même la sortie de l’Euro pour relancer l’économie – stupidité absolue, s’il en est – semble moins démago que la moralisation de la vie politique et le projet de faire de la classe des élus, une catégorie de citoyens « normale ». Car l’élu n’est pas normal, sinon il ne serait pas élu. L’élu est, de fait, un sauceur mais il a raison sinon il ne serait pas non plus l’élu. La combativité que donne la sauce est parfois bien plus grande que le souffle des convictions. 

On peut tout à fait croire à la passion du changement social de certains d’entre eux, et notamment ceux dont les fonctions apportent plus de tracas de que sauce au safran – un conseiller municipal en charge de la voirie à Louhans en Saône et Loire est peut-être moins bien loti qu’un Président du Groupe d’amitié France-Dubaï à l’Assemblée –, mais plus on monte dans les étages de responsabilités, plus il est difficile d’être uniquement mu par la volonté bonne de faire changer les choses. 

Pour notre part cela ne nous choque pas. Ce qui nous choque a contrario c’est : 1.      la naïveté délirante des Français quant à la possibilité d’un monde politique en dehors du monde du spectacle – les Français raffolent de ces gaudrioles politiciennes et aiment les batailles de ses hommes et ces femmes pour garder leur poste : on ne peut pas demander à quelqu’un de nous faire rêver, de ne pas dormir, d’apprendre ses textes par cœur, de se lever extrêmement tôt, se coucher tout aussi tard, d’aller nous serrer la main sur les marchés, de répondre à nos angoisses semblables à celles d’hier et égales à celles de demain, en gros, on ne peut demander à quelqu’un d’exercer sa profession, de concourir, car la politique est un métier à part entière, et ensuite venir nous plaindre de devoir payer la note une fois qu’il nous a convaincu, alors qu’il a fait ce qu’on lui avait demandé!!! 2.      la complaisance des journalistes qui osent dénoncer tout cela alors qu’ils en vivent – Edwy a de la sauce plein la moustache, Joffrin, la barbe toute souillée de béarnaise – et qu’eux non plus n’hésitent jamais à se faire inviter par leur indic du milieu – content donc de profiter indirectement des généreuses notes de sauce de
la République. 

Nous comprenons que les fins de mois difficiles n’aident pas à porter un regard serein sur ces privilèges. Mais à l’aube de ces campagnes qui arrivent, le plus grave serait de laisser s’engluer le débat dans ce poncif, de rechercher le candidat le plus irréprochable. Le maître étalon « pureté des intentions » appelle le vote extrême, et quelques années plus tard, la honte d’avoir été si con. Le sauceur bon enfant est loin la folie des passions. Il faut s’habituer à la sauce. Saucer s’apprend, c’est un métier. Mieux vaut parfois un homme politique pensant à sa réélection qu’un homme politique emballé et exalté. Mais l’envie de rester prêt du plat n’empêche pas l’audace, l’immobilisme n’est pas une assurance « majorité au scrutin suivant », loin de là. 

Cette campagne sera sûrement du « je te tiens, tu me tiens, par l’bout d’la miquette, le premier de nous deux qui lâchera fera pas trem-pette », on aime et on attend cela, ensuite, ne tombons pas dans la recherche de lendemains qui chantent, ne tombons pas dans le panneau de ceux qui nous promettent des rêves, regardons le programme économique, fiscal, social… la République irréprochable, on en a déjà goûter… et si ce n’est pas le cas, soyez assurés que ceux qui la professaient ne se sont pas priver de la goûter pour nous ! 

Puis surtout, s’ils devenaient frugaux, ce serait beaucoup moins drôle que des chopper le doigt dans le pot et les babines débordantes de confiture. Non ? 

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Brice Hortefeux de Paille de Tout Bois… un sacré comte!

Posté par gramier le 5 mai 2011

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Alors voilà, une seconde d’inattention et hop, en deux temps, trois mouvements, c’est la curée : DSK, Porsche, Photo = Buzz obligé.

Assurément, le directeur du FMI vit sur une autre planète : cela ne vient, néamoins, en rien remettre en cause sa compétence, que d’aucuns disent remarquable – je ne saurais l’affirmer, je ne l’ai pas eu comme professeur, ni comme patron et encore moins comme amant. En revanche, en temps de crise et connaissant le précédent sarkozyste, désormais institutionnalisé : Fouquet’s et Cie, l’erreur relève de la maternelle de la communication.

Les Français, frustrés, geignards et revanchards, n’apprécient pas en temps normal – si tant est qu’il y ait une fois eu un « temps normal » – ces « signes extérieurs de richesse ». Alors, en ce temps de pouvoir d’achat en berne – si tant est qu’il y ait jamais eu une époque, dans l’histoire, de pouvoir d’achat satisfaisant –, ce manque flagrant de maîtrise de son image, surtout quand on se veut socialiste, peut être rapidement dommageable à une campagne, même balbutiante.

Regardons cette enquête sur lePost.fr qui demande aux lecteurs – d’une neutralité équivalente à la virginité de Madame Claude – ce qu’ils retiendront de ces quatre années de présidence Sarkozy : rien ne dispute sa prmière place au côté bling-bling, Rolex, Aviator, Fouquet’s, Paloma. On peut donc dire que si ce qui n’était pas en soit si reprochable, mais qui relevait tout de même du symbole fort, peut assombrir l’entièreté d’un bilan de quatre années de présidence, il faut se le tenir pour dit : l’ostentation de la richesse est une tumeur mortelle pour les présidents, maligne, presque « sarko-mateuse ». C’est ce qui, déjà, coûtait liberté et carrière au surintendent… Fouquet. 

Mais pour ma part, je m’en fous. J’aime la franchise et me contre-fous de l’argent, je n’en ai pas. Si Dominique Sinclair-Kahn roule en Panamera S, je n’y vois rien d’insoutenable. Cette bagnole est plutôt stylée. L’idée d’une Porsche cinq portes était osée et le résultat fut relativement fin et bien vu, bien plus qu’un Cayenne ou même qu’un coupé lambda de la célèbre marque. N’oublions pas non plus que
la Porsche c’est
la Ferrari du pauvre, alors relativisons! 

Sans ironie, aucun souci avec cela. Il est pervers que d’attaquer DSK sur ce point. Cela reviendrait à reprocher à un chamoniard d’aller au ski tous les hivers.

 De cette histoire, nous retiendrons deux choses : l’une étonne, l’autre, désole.  La première, c’est la réaction pacifique de Nadine Morano. On avait l’habitude de la trouver snippeuse gouailleuse au stand poissonnerie et fruits de mer, on la retrouve pour une fois, au point pâtisserie fine, on reste en grande surface malgré tout. Certes, elle applique en bon toutou – pour ne pas dire… – qu’elle est, les directives de la rue de la Boétie, personne n’est dupe, on ne fait pas d’un âne un cheval de course. La ton est malgré tout trop rare chez la nancéienne pour ne pas être souligné : « Dominique Strauss-Kahn a le droit d’avoir des amis qui ont une Porsche ». Et la ministre de l’Apprentissage d’insister : « Ca ne me dérange pas figurez-vous ». Comme le bon vin, avec le temps…, de la verdeur du jus de la treille au Listel Gris. 

Pour la seconde, il s’agit de relever la sortie d’Hortefeux sur le même sujet : « En 1981, c’était le poing et la rose, aujourd’hui, c’est
la Porsche au volant
 ».

La médiocrité de l’ensemble est entendu et on n’en espérait pas bien plus de la part de Brice le fringuant incapable, l’ami de 30 ans du Président, le ministre blond au visage poupin et impassible, le fidèle serviteur qui jamais ne fit défaut faute de pouvoir faire mieux : en politique, la fidélité c’est pour les imbéciles, pour les sauceurs passifs, ceux qui refusent de saucer en faisant l’histoire, qui préfère attendre patiemment que l’on serve la soupe et la rouille pour y tremper le croûton. Mais le plus affligeant, dans le commentaire sans talent de ce non-événement automobile, est le non sens dans lequel il se noie : comment comprendre le « aujourd’hui, c’est
la Porsche au volant
 » ? Cela signifie-t-il que, à un moment, 
la Porsche se personnifie, avec deux bras et deux mains au bout de ceux-ci, et prend elle-même le volant de… on ne sait, d’un Fiat Multiplat ? d’une Aston-Martin Vantage ? D’un camion Playschool ? Ou bien doit on comprendre, dans la perspective du début de la phrase faisant référence à Mai 1981 et l’élection de F. Mitterrand, le « aujourd’hui, c’est
la Porsche au volant
 » comme : « la révélation majeure que nous fait cette photo volée de Dominique et Anne en train de rupiner, c’est que les Porsches, en tant que véhicule à plusieurs roues, ont désormais un volant qui permettrait de les diriger dans la direction voulue, choisie et non plus subie, par celui qui y entre. Oui, parce qu’alors avant, en règle général, on entrait dans une Porsche soit pour y passer un moment dans l’habitacle spacieux, entre amis ou en famille, pour profiter de la sono, de la clim en été, de la finition des sièges baquets en cuir, soit pour se suicider, c’est-à-dire, mettre le moteur en marche, puis, foncer tout droit dans le premier obstacle venu » ? Mystère… car français niveau côte de la R5 à l’Argus..

Morano sauve un peu l’honneur du débat politique, une fois n’est pas coutume et l’ironie rentrée de sa réflexion frappe fort. J’apprécie.

Brice Hortefeux, unique tireur l’ayant joué offensif à l’abord de ce sujet passionnant, aurait au moins pu faire preuve d’un peu d’humour. Là il nous sert une stupidité, insensée qui plus est… le manque d’à-propos, d’esprit… encore un ministre haut dignitaire de l’état qui nous donne la preuve magistrale de l’imparable déliquescence et du lamentable effondrement culturels des élites. 

« Le problème avec les élites sans talent ni verve, Monsieur le Conseiller Spécial, ce n’est pas quand il y en a un, c’est quand il y en a des files entières ».

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Le vivrensemble… pour mieux saucer

Posté par gramier le 2 mai 2011

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Non mais que ne faut-il pas lire, encore, encore et toujours ! Que l’on se perde sur ce repaire de profs de géo frustrés qui se croient encore capables de faire de la politique internationale du fond de leur collège alors qu’ils n’arrivent même pas à maîtriser leur classe de 6ème – d’aucuns plus futés que les autres, auront reconnus tout de suite le site Agoravox – ou que l’on épluche les pages de l’Express, du Point, de Marianne ou qu’enfin on regarde religieusement le Grand Journal des faux-culs sur Canal, on n’aura l’impression réelle que ce qu’il faut aujourd’hui à la France, c’est du « vivrensemble » et du « lien social » et autre bombon au miel.   

Quel stupidité, quel slogan de sauceurs relayé par des aigris, des rancuniers, Cassandres cheap à deux liards le pot ! Alors voilà, priorité de la France, selon eux, pour pouvoir rester en tête dans la compétition mondiale: la fête des voisins, l’immigration, des postures droit-de-l-hommistes, une « vraie réponse au profond mal-être » des classes populaires et au « pessimisme » ? Laissez moi rire de toutes mes dents jaunes à force de sauce-curry. Les Français ont jusqu’alors été abusés par ce genre de discours de faibles qui les ont rendus encore plus faibles qu’ils n’étaient déjà. Et c’est ainsi que l’on retrouve une Marine hurlant, harangant la cantonade perdue, à la façon d’une Pasionaria de marché gare qui voudrait vous refiler sa morue qui sent fort, ce 1er Mai.

Ce qu’à compris Marine Le Pen c’est que les Français, et notamment les ouvriers, attendent un discours de guerre et pas un discours de « pacification » débile qui ne fera que ramollir un peu plus encore la volonté déjà éteinte d’un peuple français à la dérive… c’est en tout ce que l’on s’emploie à lui faire croire. Ce discours est tout aussi dangereux que celui de Marine et ses amis!

Oui, c’est extrêmement dangereux de vouloir convaincre à des fins électoralistes et saucières que les principes fondamentaux de la France ont été sapés par Sarkozy. C’est une réaction de parisien delanoïste qui pense Vélib’ et Agnès b et Ligne 7 bis. Le monde entier se bat pour affirmer des nouvelles idées, pour conquérir des marchés, pour des nouvelles technologies, pour faire plus d’efforts en faveur d’un développement durable, et à nous, ce que la plupart de nos hommes politiques nous servent c’est la soupe au misérabilisme – et sans sauce rouille - de l’horreur vécue par les « Pauvres petits français touchés bien durement, victimes du grand capital et de leur vilain Président ». Toute épithète accolée à la situation de la France n’est qu’expression souffreteuse d’un pays de geignards.  Les Français sont d’abord victimes de leur manque de courage.

Mais que les bien-penseurs républicains se le tiennent pour dit, ce n’est sûrement pas le discours du cocon et du « t’as bobo, vient maman va faire bisou magique à son sucre d’orge » qui fonctionnera. Les Français chougnent mais ils ne sont, normalement, pas dupes. La chose est arrêtée: ils attendent un combattant, un nouvel Alexandre. Et celui-ci pourra être aussi bien DSK que Sarkozy mais sûrement pas les faibles: Hollande, Borloo ni Bayrou avec leur monde de Minimoys et deMaximonstres.

Ensuite, le problème de l’actuel directeur du FMI vient de ce qu’en Grèce, il n’était pas en campagne, ce n’était pas sa mission que de dorloter les Hellènes. En France, en campagne, avec les sur diplômés en médecine sociale dont il sera flanqué, ce sera complexe… il terminera comme toute bonne baudruche qu’il est.

Les Français veulent des emplois, les Français veulent un pays qui compte et fasse entendre sa voix dans le concert de hard des nations. Alors qu’il y ait un discours vrai, un discours fort, et qu’on nous lâche la grappe avec le « vivrensemble » : tout le monde s’en cogne si c’est pour toucher le RSA ! Le lien social viendra mais avec la bataille, pas en éructant comme en temps de gastro, les principes fondateurs de « liberté, égalité, fraternité » comme s’ils étaient « en panne» dans notre pays. On n’oblige pas les gens à être solidaires et à s’aimer les uns les autres avec des discours dans lesquels on célèbre sans discontinuer  le côté « pluriel » de tout, même de la soupe de navets, mais avec des actes et des résultats! 

Pas un président gentillet, pas un président calme, pas un président consensuel, pas un président pur de tout péché, non : un chef, un général, un leader, un meneur, un vrai, pas un épouvantaille. 

J’ajouterai, pour terminer, que ce n’est pas en pleine sortie de crise qu’il serait le plus judicieux de changer d’administration, de gouvernement, d’institutions, etc… Cela apporterait le chaos. Non, faut serrer les dents, on est sur la bonne voie, et quand les choses se seront un peu calmées, oui, on pourra penser de nouveau aux fioritures. Pour l’instant, la priorité n’est pas là ! 

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Au FN: sauce au vinaigre de père en fille

Posté par gramier le 25 avril 2011

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Décidément Jean-Marie Le Pen n’a plus de tribun que la force de la voix. Ses interventions publiques, ces derniers temps nous ont montré un homme pour qui, le débat national sur la dépendance tombe à pic. Le Pen, faute de ne jamais avoir été d’une fraîcheur absolue – son obsession du passé et son fétichisme langagier quand à tout ce qui faisait référence à la période du IIIème Reich, en était une preuve – vit une Présidence d’honneur du FN en pente douce. D’aucun pourrait aisément dire que le Teddy Riner des confins de la droite – celui qui n’hésitait pas lors d’un déplacement à Mantes-la-Jolie en 1997, à aller glorieusement bousculer Annette Peulvast-Bergeal, alors candidate à la députation et qui ravit d’ailleurs le saucier pour cinq ans à Bédier – devient sénile. Il y a une ou deux semaines, il métaphorisait de manière plutôt poétique les conséquences de la politique d’immigration de l’actuel Président par l’image d’un homme se faisant « sodomiser » par les immigrés. Quelle fougue dans les termes ! Et aujourd’hui il vient tancer la chair de sa chair, la sémillante Marine qui doit avoir le même dentiste que Mélenchon d’ailleurs, M. Café-Crème, – plus ça va, plus on a l’impression, quand elle sourit, de se trouver dans un cimetière profané – car à trop vouloir « dédiaboliser le FN », elle en menace l’essence même et risque de le transformer en produit politique light. Le problème du Light c’est que c’est rarement savoureux. L’aspartame de la critique acerbe ne remplacera jamais le bon sucre bien franc de l’insulte. On entend Jean-Marie: il est difficile de comprendre que les électeurs soient plus attirés par un gentil labrador un peu fou-fou que par un rottweiler de combat enragé affublé d’une mèche et d’une moustache postiches.

La petite Marine a été prise par l’idée saugrenue de virer du parti désormais beatnik qu’elle dirige, les membres les moins présentables. Une sorte de Procès de 36 mâtinée nuit des longs couteaux pour délit de sale gueule, quelle honte ! Elle pense qu’avoir en son sein des membres qui se font prendre en photo le bras gauche en érection ne fait pas très présentable pour un parti aujourd’hui « comme les autres ». Alors Jean-Marie, qui n’est pas homme à s’arrêter au physique de ceux qu’il rencontre – même si, on peut le reconnaître, son étude approfondie et sa maîtrise des lois hautement scientifiques sur les races édictées par Vacher de Lapouge ou Gobineau ont pu parfois lui donner deux trois trucs simples et faciles pour savoir qui, parmi ses frères les hommes, devait être digne de confiance ou non – , Jean-Marie, donc, s’insurge, et parle naturellement de complot certain de malfaisants qui auraient pratiqué une intense campagne de désinformation auprès de sa jeune enfant encore dupe et malléable, arrivée bien trop jeune aux affaires malgré sa force, son talent, sa vivacité et le sang royal qui coule dans ses veines. Il est du devoir de Jean-Marie le Sage que de prévenir sa fille contre les malintentionnés qui voudraient la décrédibiliser, ceux qui lui susurrent l’idée de passer aux actes : si le FN est diabolisé c’est peut-être qu’il a quelque chose de diabolique alors « si ta main est occasion de chute, coupe là ! » surtout si c’est la gauche et qu’elle est au bout d’un bras tendu vers le ciel. Jean-Marie n’a jamais cessé de dire que son parti était injustement le fruit d’une ignoble campagne de diabolisation fomentée par « l’internationale communiste, cosmopolite, juive et maçonnique » unie dans ce but unique et obsessionnel, alors, si le parti est moins diabolique, de quoi se plaint-il ?

C’est que les méthodes ne sont pas les mêmes. Marine met en application les principes christiques : séparer le bon grain de l’ivraie, couper le membre qui est cause de chute, voir la poutre dans son œil avant la paille… etc. Jean-Marie c’est plutôt : si on te frappe la joue droite, explose la gueule au fils de p… qui a fait ça, heureux êtes vous si l’on vous insulte car vous allez pouvoir donner libre court à tous vos plus bas instincts et aurez une raison valable de ressortir les chaînes de vélo et les bats de baseball, les yeux pour œil de verre, mâchoire pour couronne en céramique…

C’est assez drôle cette situation : Papy Gâteau Le Pen, rangé des bagnoles délire toujours, fait de la rabatte du côté de l’aile dure du parti canal historique – 1933/1945 avec une petite préférence pour la période Papon, Bousquet, Laval et autres livreurs zélés d’enfants juifs français – en lançant ce message : ma fille fait le grand ménage de printemps, mais vous, mes jeunes cadres, mes nazillons chéris, soyez assurés que tout cela n’est que façade, dans le fond, nous restons bien les kamikazes de la bêtise que nous avons toujours été, bien racistes, bien anti-sémites, bien bornés, bien simplistes, bien démagos, qui se foutent royalement du pouvoir si ce n’est celui de nuisance.

Marine Le Pen elle, de l’autre côté, dédiabolise comme Tepco assainit Fukushima, par des communiqués et des annonces choc.
En charge de la com’ externe quand Papa est en charge de la com’ interne, vous l’aurez compris. Bref, le FN n’a donc en rien changé ses fondamentaux, c’est simplement une campagne de style « Pimp my car » cheap : on prend un vieux Panzer et on essaye de le repeindre en rose, de transformer les svastikas en signe Peace & Love, mais le moteur en revanche est encore celui d’origine, la haine de l’autre, de l’étranger et de la différence, et l’élément principale de l’engin reste le joli canon, dressé comme les bras de certains de ses conducteurs. Si Marine était vraiment aussi inspirée par le Christ que ses actions pourraient le laisser augurer, elle saurait qu’un arbre pourri ne peut donner de bons fruits et que la solution n’est pas de l’émonder mais bien de l’arracher, le couper et en faire un feu de joie.

Un FN Light reste un FN comme une cigarette Light, Light n’est qu’un argument marketing qui n’empêchera pas le cancer.
Pour terminer, n’oublions pas de mentionner qu’il est vraiment touchant de voir le père et la fille attablés ensemble à Bruxelles… Chez les Le Pen, la sauce a quelque chose de la tradition dynastique. C’est une vinaigrette bien aigre mais vous savez bien que peut importe le saucier tant qu’on a la sauce… Au FN : sauce qui peut !

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Il est temps de savoir raison… retrouver

Posté par gramier le 21 avril 2011

La dette, la dette et encore et toujours la dette. Oui ! Quand FOG fait ses éditos sur la dette, quand Apathie ressasse à longueur d’interviews que le problème crucial de la France, c’est son endettement, on finit par se retrouver avec cette petite musique profondément imprimée dans la tête. Petite musique comparable à ces crescendos de bande originale des films à suspens de Carpenter à Hitchcock en passant par De Palma.

Au travers des années, la dette était devenue une question d’habitude. Le système social français fort avantageux est maintenu sous perfusion de dette, les cotisations ne servant plus qu’à rembourser les intérêts de ce que nous devons déjà, mais ne couvrant en rien les dépenses réelles. Notre système scolaire est, en rapport qualité/prix, un des meilleurs qui soit sur terre. Ce système coûte une fortune chaque année et ce ne sont pas les rentrées d’impôts sensibles à tous les revirements économiques qui permettent de le financer. Et la liste est longue.

La dette ce n’est pas très complexe : l’Etat n’a pas assez de rentrées financières pour maintenir le train de vie des Français. Alors l’Etat demande à la Chine, au Brésil, au Mexique, au Japon, et à quelques institutions qui ont les moyens d’acheter des obligations et qui désirent des placements sans risque de lui prêter de quoi vivre. Et ces prêteurs ne rechignent pas à acheter ces promesses de gains faibles mais assurés. En tout cas, ils ne rechignaient pas jusqu’à ce qu’ils commencent à prendre la mesure de la taille de l’endettement rapporté aux capacités réelles de rembourser ces mêmes prêts généreux et inconsidérés. Les gains ont commencé à sembler un peu faible, le risque de défaut de payement augmentant avec le gonflement de cette même dette. Ce fut la Grèce, puis l’Islande, l’Irlande ne passant pas loin de la faillite en essayant de sauver son système bancaire – solution la plus simple et, de fait, unique, alors que tout menaçait de s’écrouler.

Vivre à crédit, c’est ce que font beaucoup de ménages pauvres avec les crédits à la consommation, qui sont la proie facile des prêteurs usuriers tels que Cofidis, Sofinco,… Ces ménages sont souvent regardés comme inconscients par beaucoup d’entre ceux qui ont les rentrées d’argent nécessaires pour pouvoir faire face à leurs dépenses quotidiennes basiques en terme de nourriture, logement, électricité, … mais aussi de vacances, de sorties, le superficiel en somme, considéré aujourd’hui comme essentiel malgré tout. Ces ménages surendettés devraient donc mettre un peu plus de rigueur dans la gestion de leurs revenus quels qu’ils soient, savoir se serrer la ceinture, accepter que l’on ne peut indéfiniment vivre au dessus de ses moyens… Mais ce n’est pas facile quand cet endettement sert, justement à financer, avant même le Mac Do du dimanche, luxe tout relatif, l’école du petit, la carte de bus, le loyer, les impôts, etc, etc. En somme, ces inconséquents ne sont autres que les Français dans leur entièreté. Nous sommes tous ces inconséquents qui vivons au dessus de nos moyens, qui, à chaque fois qu’une réforme rigoureuse veut être discutée par un gouvernement faible, refusons de coopérer et manifestons à corps et à cris pour défendre notre droit à vivre selon un modèle en passe de disparaître.

Nos hommes politiques sont pris à la gorge par leur incapacité intrinsèque à ne pas penser à leur réélection. Conséquence directe : ils naissent faibles, méprisés et s’empêchent d’être visionnaires. Mais est-ce à nous, citoyens, de leur reprocher cette couardise ? C’est très mal venu.

Certes, ils profitent, ils se goinfrent, s’empiffrent, saucent à qui mieux mieux et vendraient leur mère, leur femme et leurs enfants pour garder un accès aux quignons. N’oublions pas pourtant que n’est pas homme politique qui veut. Un homme politique a besoin de temps pour se former, pour devenir un législateur. C’est un véritable travail que de faire de la politique. On est certes appuyé par ses multiples conseillers et autres spécialistes, mais il faut savoir prendre de la hauteur, comprendre le système… On ne défend pas un amendement comme on commente un match de foot.

Donc, si l’on résume : Endettement énorme, donc exigence de réalisme – le système ne peut pas continuer, il faut trancher dans le vif et assainir la situation financière du pays qui est industriellement assez mal en point et dont les perspectives de croissance comme on la considérait jusqu’alors, restent faibles. Réalisme, donc réforme radicale – notamment de notre manière de concevoir le rôle de l’Etat. Réforme radicale donc fermeté. Fermeté donc mécontentement. Mécontentement donc réélection impossible. Réélection impossible donc peur de la part des élus de perdre leur gagne pain. Peur donc recherche de protection. Recherche de protection donc démagogie  on joue à « je te tiens, tu me tiens par le gagne pain… ». Démagogie donc augmentation des dépenses. Augmentation des dépenses et baisse d’impôts – car impôt égal impopularité – donc recours à l’endettement. La boucle est bouclée au contraire de la fin de mois.

Les hommes politiques sont coupables de leur incompétence et de leur attachement aux privilèges auxquels donne droit le fait de servir la République. Mais on a les hommes politiques que l’on mérite et les premiers responsables ne sont autres que nos petites personnes françaises infatuées que les ont élus.

La vie au Mexique, au Brésil, en Chine est un combat beaucoup plus dur qu’ici. La vie en Angleterre aujourd’hui, en Grèce, au Portugal est devenue une lutte. Protection sociale réduite à minima, études hors de prix, etc. Continuons à fermer les yeux et à se réfugier derrière : « les riches doivent être taxés, payer pour les pauvres et les système pourra continuer » et alors, la vie deviendra réellement dure et ce ne sera pas le résultat d’une prise de conscience propre et responsable mais bien un diktat nécessaire et grave imposé par l’Europe ou, pire, le FMI. Ce jour là, le rayonnement de la France que beaucoup trouvent, à tort, réduit à néant, ce jour là, on se rendra compte qu’ils auront été des Cassandres aux prophéties… auto-réalisées.

Auto-réalisées car auto-réalisatrices. Un pays morne est un pays qui s’enfonce. Notre siège au Conseil de Sécurité à l’ONU est déjà très contesté car le pouvoir qu’il donne est disproportionné par rapport à notre poids réel au sein du concert des nations, alors, au moins, sachons en rester au moins digne en montrant notre maturité et notre conscience. Les Français ont le moral en berne car ils se complaisent dans leur complainte et dans leur peur de devoir à nouveau se battre pour l’essentiel. Mais il est urgent de retrouver un peu de force joyeuse et volontaire. La mondialisation, inexorable, ne fait pas dans la dentelle et elle s’impose à nous, nous dépendons d’elle. Or, comme tout mouvement de l’Histoire, elle ne peut rendre chaque individu heureux et celui qui promet cela, est un simplificateur… et un menteur visant sa réélection. Ceux qui y croient sont ses complices.

On peut lutter pour l’humaniser, il le faut, mais c’est très long processus – près de 200 nations à accorder… Pendant ce temps, elle s’ancre et les nations travaillent sans relâche à son développement, car elles, les nations, y sont gagnantes macro-économiquement. C’est à la rédaction et la promotion d’une sorte de « contrat social mondial » plus juste et plus équilibré qu’il nous faut instamment prendre part si l’on ne veut rater le train de l’Histoire, bien plus qu’au « recroquevillement », naturel et systématique en période de transition complexe, sur notre petit modèle douillet, certes, mais déphasé. Ecoutons la sage Europe supra nationale au lieu de lui cracher constamment à la figure. Aujourd’hui c’est en coopérant, non en la dénonçant et la prenant de haut, que l’on sauvera ce qui est à sauver d’un modèle suranné bien que partant d’idées généreuses, cela va sans dire. L’enfer est pavé de généreuses intentions électoralistes.

Je n’appelle pas à céder au libéralisme, mais à céder à la raison et aimerais fort que les Français choisissent pour prochain Président, un homme d’Etat… pourquoi pas un spécialiste du désendettement d’ailleurs exilé aux Etats-Unis par exemple ?

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Chronique d’un règne…

Posté par albenitz le 18 avril 2011

Par Albénitz

Bien sûr, on aurait des tas de raisons de détester Franz-Olivier Giesbert. Le cumulard médiatique, la réussite insolente, le bellâtre à l’œil roucoulant, l’homme de réseau, le rastignac touche-à-tout, les façons trop lisses. Une sorte d’anti-Zemmour, souple et un peu inconsistant, qui observe les grands fauves politiques avec un sourire amusé sans jamais se mouiller, tout en prenant soin de les fréquenter assidûment.

Oui, mais voilà, le bonhomme « FOG « a du talent. Et si le genre du livre politique est un creuset de la mauvaise littérature, il faut bien reconnaître que ses bouquins font exception. D’abord parce qu’il manie une plume aiguisée, vive et parfois jubilatoire, pour épingler comme un collectionneur de papillons les hommes de pouvoir qu’il fréquente depuis plus d’un quart de siècle. Ensuite parce que ses méthodes de biographe, sans doute contestables du point de vue de la déontologie, font de lui un des chroniqueurs les mieux renseignés de l’arène politique. Bien sûr, exhumer tous les dix ans ses carnets de notes sur lesquels on a consigné des confidences « off », recueillies à grands coup de dîners en ville, c’est moche. Mais sans la rouerie de FOG et de quelques autres , le lecteur n’aurait jamais l’occasion de pénétrer aussi en avant dans les coulisses du pouvoir, là où l’on distille les phrases assassines et où l’on tombe –de manière plus où moins calculée – le masque.

Son dernier livre « M. Le Président – Scènes de la vie politique 2005-2011 » ne décevra pas les amateurs du genre. Le « Joinville du sarkozysme », comme l’a joliment appelé Jean-François Kahn, y brosse un portrait saisissant du Président de la République et de ses proches. Il jette sur son sujet une lumière crue, mais sans cruauté excessive, la même dont il avait éclairé Mitterrand et Chirac, donnant à voir leur grandeur et leurs insuffisances. Au fil des 283 pages foisonnantes d’anecdotes, on découvre un Sarkozy complexe : colérique, tyrannique avec son entourage, séducteur, fasciné par l’argent, versatile, égotique, plein de lui-même, avide de reconnaissance, brutal, sans réelles convictions, enfantin jusqu’au grotesque mais aussi hypersensible, amoureux transi, écorché vif, séduisant, doué d’une énergie et d’une intelligence hors du commun. Tenant à la fois de Napoléon et d’Adolphe Thiers, « Hercule de l’égotisme » et « Homère de l’éloquence », le Président est « un prototype surdoué et une attraction considérable dans un vieux pays fatigué dont l’activité principale, ces dernières années, a surtout considéré à regarder passer les trains ».

En bon élève de Saint-Simon qu’il révère, Franz-Olivier Giesbert n’oublie pas de décrire, souvent avec drôlerie, la Cour qui gravite autour de cet étrange monarque : la « garde noire », les ministres, les visiteurs du soir. Copé est dépeint en Grand Condé sûr de son destin, Guéant en souffre-douleur stoïque, Fillon en « Père-la Rigueur » aux « sourcils pompidoliens », MAM en « automate toussotant et militaire », Patrick Balkany en « colosse protecteur, extraverti et généreux, typique du juif ashkénaze », etc.

Certains passages ne manqueront pas d’alimenter la légende noire du sarkozysme : ainsi des éructations et des menaces, parfois physique, que le Président réserve à ceux qui ont le malheur de lui déplaire, c’est-à-dire à peu près tout le monde, à commencer par les siens: Boutin est une « connasse », Devedjan un « pauvre con », Hortefeux un « mou », Debré un « salaud », et l’auteur lui-même mérite un « cassage de gueule » lorsque le magazine a osé évoquer la vie sentimentale mouvementée de Carla Bruni.

Mais ces pages révèlent également un leader capable de se sublimer dans la gestion de crise, et dont les coups de bluffs et les manœuvres à la hussarde ont permis à la France de jouer un rôle déterminant pendant la crise financière, le conflit russo-géorgien ou la crise grecque.
Au-delà des faits d’armes et des coups de sangs, FOG s’attarde sur la singularité et l’étrangeté de cet homme si différent de ses prédécesseurs : dépourvu d’ancrage terrien, sans mentor ni père spirituel, Sarkozy se voit comme un déclassé, un éternel « outsider » dans un paysage politique traditionnel où tout le monde partagerait les mêmes codes. Anecdotes à l’appui, notre Joinville insiste aussi sur l’incapacité présidentielle « à maîtriser ses désirs et à contrôler sa parole », qui contraste avec la carapace dont se protégeaient Chirac et Mitterrand : dépourvu de surmoi, « Nicolas Sarkozy est, en vérité, totalement transparent ».

Franz-Olivier Giesbert le reconnaît sans détour : il a été séduit, voire fasciné par cet homme politique sans équivalent. D’une certaine manière, c’est un amoureux déçu, qui déplore à longueur de pages que les qualités de son héros soient gâchées par son inconséquence, son agitation névrotique et son opportunisme. Mais son jugement n’est pas définitif, et le dernier chapitre vient à point nommé pour nous rappeler qu’avec ce personnage insaisissable, il était dangereux de tirer de conclusions hâtives : l’auteur rapporte un entretien en tête-à-tête avec Nicolas Sarkozy, au cours duquel ce dernier le bluffe en étalant une impressionnante culture littéraire. FOG n’en revient pas : « Depuis un quart de siècle que je le fréquente, Nicolas Sarkozy ne m’a jamais laissé entrevoir cet aspect-là de son univers personnel ». Et de conclure: « Telle est la misère du biographe. Il écrit sur de la matière vivante, en devenir permanent ».

Avec Nicolas Sarkozy, il a été servi.

« M. Le Président – Scènes de la vie politique 2005-2011 », Flammarion, 2011

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Complexe altérité…

Posté par gramier le 16 avril 2011

Finkielkraut est sage, Renaud Camus est dangereux, Manuel Valls n’a pas tort: http://www.franceculture.com/player#reecoute-3852461

L’immigration, la peur, l’insécurité, les solutions, mondialisation, civilisation, culture, le sens de l’Histoire…

Rappelons nous Paul Valéry dans Mauvaises Pensées et Autres (1941) : « Tout ce qui est simple est faux, tout ce qui n’est pas simple est inutilisable ».

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Le printemps hollandais et la notion de désert

Posté par gramier le 14 avril 2011

Comme le printemps est doux en ce début avril… La morale populaire qui n’est pas née de la dernière pluie met pourtant en garde : en avril ne te découvre pas d’un fil. Le PS se découvre peu à peu par ses candidats sérieux et un programme flambant neuf, et lui emboîtant le pas, ce bon vieux Jean-Louis le Gentil – Borloo, ndlr – qui se découvre pas si gentil-gentil et voudrait virer Sarko chez une Chabot virée par Sarko… Il y a aussi Frédéric Lefèvre et Nadine Morano nous permettent de mettre en lumière l’impudence des média qui, comme à l’époque de la « fellation » de Mme Dati, font leurs choux gras d’un lapsus et d’une bourde… et qui plus est d’un lapsus « de Frédéric Lefèvre » et d’une bourde « de Nadine Morano » : le niveau de tout cela atteint des hauteurs armoricaines.
Bref, un mois d’avril qui commence sous les meilleurs auspices. Ca fleure le premier mai. Bientôt le « retour du social », bientôt les slogans indignés mêlant les mots « retraites » et « impôts sur la fortune » sur des banderoles enduites de « bon sens » et de vraie colère justifiée par « Papy Compote », plus connu en dehors de la maison de retraite sous le nom de « Hessel Stéphane, sommité morale ». Ne dit-on pas qu’il faut « battre le pavé pendant qu’il est chaud » ? D’aucuns ne manqueront pas de le faire au nom de la liberté de dénoncer l’oppression d’un Président des riches qui a plus de casseroles au pare-choc que Chirac de faux électeurs, et qui, faute de bons sondages, devrait être démis de ses fonctions pour l’empêcher d’ « abîmer » la France et de contrer Marine Le Pen, l’impudent ! On annonce de partout, la chute en torche de la Sarkozie, le nouveau crépuscule des nouveaux oppresseurs, profiteurs et autres Patrick de Maistre et Florence Woerth, la fermeture définitive de la grande braderie de la barrette rouge. Sont lancés les appels au retour de la dignité perdue, et à la pharmacie de l’alternance l’administrera telle une pilule du lendemain démocratique. Marianne sacre les hérauts de l’irréprochabilité des lauriers Fred Perry qui ornent les polos de Joseph Masset-Scaron – qui porte bien mal le nom du vrai pamphlétaire qu’était le brillant trousseur de la Maintenon –, panthéonise ses nouveaux gavroches tombés sur les barricades du « vivrensemble » sous l’(horte)feu(x) des colonnes infernales de Guéant et autres Copé à la solde de l’horrible imprécateur et asservisseur des peuples : Nicolas Ier star de toutes les Roueries. Les indignés de la République – 45 % de votants des cantonales – se prennent à rêver de la chasse d’eau de l’Histoire, qui aspire les déjections politiciennes telle l’urne leur dernier bulletin de vote… On respire un parfum Air Wick-Printemps des Peuples dont la France au bord de la Révolution passive s’étourdit. La lumière douce et chaleureuse est au bout du tunnel et les hormones présidentielles de beaucoup s’éveillent. Attention pourtant à l’éjaculation précoce.
Prime au premier annoncé ? A voir.
Hollande a le vent en poupe. Se peignant en nouveau GO d’une jeunesse dépitée et blasée par la vacance du pouvoir à la table de ses intérêts, il s’impose comme ayant le monopole du sérieux, du calme, de la respectabilité, en rassembleur, en assureur – dont il a la monture de lunettes et les cravates. Il s’indigne lui aussi, cherche un peu ses mots comme pour toujours réprimer la petite phrase, art dans lequel il a toujours excellé, qui se profile au détour de chacune de ses envolées lyriques sur l’état du pays. Homme d’une rare intelligence, il aura su concocter en deux ans une sorte de mythe – à bas coût certes, mais mythe tout de même – de la traversée du désert, depuis son départ du PS, qu’il laissait plus en ruine que Dresde après Thunderclap, à Martine Aubry-Tibéri. Homme de toutes les convictions, il offre un discours de sérénité à une France qui est entrée en dépression depuis… la fin des Trente Glorieuses. Il a cette volonté qui caractérise les vainqueurs, il s’est réinventé après n’avoir jamais spécialement existé d’ailleurs, il apparaît comme une figure neuve dans un cénacle politique auquel il appartient depuis avant même sa sortie de l’ENA. Et le voilà caracolant seul, plein de cette liberté grave qu’il arbore, celle de n’être lié par aucun pacte, aucun calendrier international. Avantage certain… là encore, à voir. Ancien commandant, il domine les rouages du Panzer PS aujourd’hui avec la dextérité d’un Nikita Khroutechev, assurément plus léger et agile, surtout après son régime sidérant, que sa probable et seule crédible future-concurrente, à laquelle il a laissé les manettes. Alors que la plupart des cadres ne prennent que le temps de faire mine d’ignorer celui qui ne sut faire gagner le parti en 2007 et encore moins en 2002, la base socialiste, quant à elle, et plus largement les Français sociaux démocrates qui iront à la primaire, voient d’un œil docile ce DSK rassurant, proches d’eux et plein de bons sentiments, réaliste et sincère et ont délaissé son ex-compagne dans ses muettes campagnes chimériques et délirantes.
Naturellement, rien n’est fait, tout est encore possible, mais il semble que, même si selon moi c’est une coquette et risible imposture, Hollande, s’étant découvert de plus d’un fil, prenne de distance ses camarades qui rêvaient d’une « primaire de confirmation » tel que ne cesse de le demander à cor de pied et à cri d’orfraie Monsieur de Saint-Denis-Bartolone, l’éternel lieutenant, le premier couteau à beurre. Que craint-il donc d’ailleurs, ce même député aubryo-fabiusien à la sauce strauss-khanienne ? Une victoire du gentil petit président du Conseil général de Corrèze, qui comme Borloo épanoui à la rosée du printemps? Un caillou de petit Poucet venant déranger la course au fond de la botte cinq lieux. On n’en donnait pas deux liards le pot de cette candidature et puis…
Les roses écloront bien vite, et avec elles, les épines… On peut tout de même remarquer que dans la lignée des chefs des chefs d’Etat, le Président Hollande, si la prophétie auto réalisatrice, faite par celui qui aujourd’hui n’est encore que simple candidat à la candidature, se réalisait, … Merci bien ! Le Président Borloo ?… Enfin en même temps, la Présidente Aubry… De la communauté urbaine de Lille, c’est ça ?…
A trop vouloir éclorent tous d’un même élan, on ne risque de retenir de tous ces gens que le terme de bouton… et un bouton, le plus souvent ne devient pas une rose, souvenez vous de ce que sont devenus ceux du printemps de votre vie… sur le miroir de vos vanités. Observés, regardés, trituré, oubliés. C’est dégoûtant certes mais c’est ça aussi le printemps. L’excès de sève peut nuire à la santé politique.
Comparer la traversée de la Corrèze par Hollande le Kalahari qui vit mûrir De Gaulle, Mitterrand, Chirac et Sarkozy serait grotesque à mon humble avis, légèrement partisan, je vous l’accorde.
On pourra croire à juste titre qu’il y a désert et Désert, destin et Destin. Le « d » n’en est pourtant pas jeté et le sort… moins encore, on élit bien Giscard en 1974, alors Hollande en 2012…

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