Fenêtre sur basse-cour

Posté par gramier le 19 septembre 2011

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Hier, au soir, lors de la grand-messe télévisuelle qu’est le 20 heures de TF1, animée par Grande Prêtresse Claire, le satyre Dominique était invité à s’expliquer. S’expliquer sur « l’Affaire » dont il fut le héros malgré lui. L’exercice était périlleux et il est naturellement de bon ton que de critiquer âprement son exécution, aussi réussie qu’elle était délicate, selon nous.

Mais, au-delà de ce qui affole le « petit monde politico-médiatico-sondagier », dixit Sainte-Golène, royale, nous préférerons bien plus nous concentrer sur les conséquences insolites et autres commentaires burlesques des anciens copains de l’augure de Priape. Et les aficionados de notre humble blog l’auront saisi, ce n’est pas tant les éructations du staff de Jean-Michel Baylet que nous scruterons avec attention, modération et neutralité objective, mais bien celles des plus valeureux soldats du clan Hollande, ces snipers en carton, armés de leurs Famas/machine à bulle de savon.

L’attente fut celle d’une reposante nuit et au petit matin, nous trouvions notre matière à glose encore fumante, servie sur un plateau. Le très hollandais site du Monde, qu’on pourrait baptiser l’e-Monde (prononcez immonde), faisait partager à ses lecteurs les savoureuses saillies qu’avait inspirées l’opération com fort suivie de notre ex-futur Président de la Réplubrique à nos maître fromagers futurs ministres – cf article « Présidence Hollande ou le syndrome du Gouda ».

Et voici que « Le clan Hollande souligne le pacte Aubry-DSK » et jubile. Le Monsieur Justice du PS, sous Badinter cheap au style de faux spécialiste dentiste à tête d’expert comptable d’une pub Colgate, André Vallini, nous gratifie d’un « Après l’intervention de Dominique Strauss-Kahn, une chose est claire : il y avait bien un pacte entre lui et Martine Aubry et c’est DSK qui allait être candidat à la présidentielle. Si Martine Aubry est aujourd’hui candidate, c’est donc parce que DSK ne peut pas l’être. Tous ceux qui depuis trois mois nous disent le contraire ne disent pas la vérité« , bien senti…

Oui, parce qu’il ne faut pas oublier que Hollande a eu l’envie d’avoir envie bien avant Strauss-Kahn, qui lui-même l’avait avant Martine de Lille, tout se beau monde se voyant, si l’on part dans cette direction, mis d’accord par Sisigolène, Impératrice poitevine, dont l’envie participe de la prédestination et de la génétique tout autant que de la monomanie incurable.

Donc, si l’on résume, devenir Président serait une question de volonté précoce. Jusque-là, rien à redire, on se souvient tous de Sarkozy, en 1983, se présentant comme « futur président de la République » pour obtenir auprès de Jacques Attali , la visite qui était due à tout futur occupant de l’hôtel d’Evreux. Pourtant, bien que cela compte, peut-on raisonnablement en faire un argument majeur de campagne, même celle des bien nommées Primaires ? Un plus, d’accord, un fondement de l’offre politique, beaucoup moins.

Entre marivaudage grotesque et triste, défis de cour de récréation et guéguerre de sous-chefs d’une tribu sans leader en déliquescence, ces élections primaires sont une fenêtre sur basse cour socialiste dans laquelle les coqs comme les poules doivent porter des bottes tant le sol est jonché de restes nauséabonds d’idéaux en putréfaction, bottes de plus en plus lourdes d’ailleurs, vu que la seule règle qui vaille pour espérer un jour y régner, consiste à chier le plus possible dans celle du voisin pour l’empêcher de voler – autant  que ces oiseaux en soient capables.

 

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DSK détroussé par la bonne? Y’aurait pu avoir mort d’homme…

Posté par gramier le 1 juillet 2011

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« Je te trousse, tu m’détrousses, je te tiens, on m’détient, je te prends, on m’surprend, mais ouvre ma braguette, le premier de nous deux qui flanchera prendra pour perpette... » Contine

Dominique est innocent, victime d’une machination ! Nous le savions tous, ou presque.

Il se trouve que la femme de chambre aurait des liens avec le milieu de Montmartre et aurait menti sur ses origines. Elle ne serait pas « noire » de peau, mais sa couleur de sa peau serait le bleu. Ce qui a mis tout de suite la puce à l’oreille de l’inspecteur Harry de la République, le très célèbre Jean-François Probst, du Bureau d’investigation des Hauts de Seine: « Service de Probst ». Persuadé dès le départ de l’innocence de DominiX, comme on l’appelle dans le milieu, il s’est rapidement mis à enquêter sur cette mystérieuse femme, Mme Diallo. En fouillant dans son passé, il aurait découvert que ses camarades de classe l’appelait du sobriquet de « Michou » – c’est ce que révèle un certain Elton J., frère d’un des camarades de classe de ce fameux Michou, confirmé ensuite par les deux enseignantes du petit Michou, Mmes Choukhroun et Chopard-Sain, anciennes maîtresses de l’école communale Charles Trenet à Amiens.

Demandant à son vieux camarade Yves Bertrand de le seconder, Jean-François a tout d’abord pratiqué les vérifications d’usage en revisionnant la cassette Méry dont il a une copie Blu-Ray et en relisant  attentivement les carnets du Général Rondot, dont il possède une édition PUF, deux réflexes de base essentiels pour débuter toute enquête sérieuse. Il y a découvert que Mme Diallo avait travaillé dans un cabaret parisien avant de partir pour les Etats-Unis, demandant sa nationalisation pour persécution politique en France – elle se disait menacée par la police politique du Klub Gay Bi ou KGB et par son chef l’intraitable Orlando. Les Etats-Unis, ravis de pouvoir accueillir une jeune artiste pormetteuse sur leur sol, n’ont donc pas hésité une seconde à la naturaliser, malgré son pagne… Or, il se trouve que Mme Diallo était transformiste dans le fameux cabaret et interprétait le rôle de Joséphine Baker, de laquelle elle prenait l’apparence chaque soir. Arrivée telle quelle sur cette terre de liberté avec son costume toujours sur le dos, elle aurait trouvé plus simple de ne pas se changer et de troquer son nom pour un autre, à consonance d’Afrique Equatoriale et d’entrer définitivement dans la peau de son personnage.

C’est après de multiples essais non concluant pour intégrer les troupes de comédies musicales de Broadway, qu’elle dû trouver un emploi alimentaire en attendant des jours meilleurs. Elle se fit embaucher en tant que femme de chambre dans un luxueux hôtel de Manhattan… (pour rencontrer le Prince Charmant ?)

Jean-François, en bon barbouze ayant fait les quatre cent coups dans les Hauts de Seine avec ses amis Bonnie et Clyde Balkany et son copain Pépé le Corse aka Titi la Bavure aka Charles Pasqua, n’a pas hésité à creuser cette piste, malgré les dangers multiples. En cherchant plus à fond, il devait trouver dans des photos de la boîte le « Youpi-Super », club branché de Big Apple, une photo de Nafissatou déguisée en Schtroumpfette avec une perruque blonde et des énormes lunettes bleues, le visage débordant de lumière et de bonheur, déambulant dans un Youpala turquoise tiré par des chimpanzés déguisés en Dalida. C’est la légende de la photo qui a attiré l’attention de notre privé madré : « Nafissatou yelling loudly and all night long : ‘What a lovely party’ », littéralement : « Nafissatou en train de hurler hyper fort et toute la nuit : « Quelle belle soirée ».

En effet, Quelle belle soirée, était le cri de guerre des « Martyres de la Rue », organisation syndicale des artistes du cabaret dans lequel travaillait Mme Diallo avant son exil forcé. Ne s’arrêtant pas là, il découvrit que la patronne de ce syndicat n’était autre qu’un certain Michou dit « La belle bleue » ou encore « la belle du 18 juin », date correspondant à celle de la naissance de Nafissatou comme de Michou. Le doute n’était plus permis.  Les deux personnages ne pouvaient être qu’une seule et même personne : Nafimichou ou Michossatou, selon ce qui sonnera le mieux.

Malgré ces mensonges qui discréditent totalement la plaignante, Jean-François « Gadget » Probst et son fidèle Yves « Watson » Bertrand sont pour l’instant dans l’incapacité de nous expliquer le mobile de cette gâterie maléfique et machiavéliquement offerte à l’ancien Directeur du FMI, qui n’a pas dit non à la petite Joséphine « Michossatou » Baker déguisée en soubrette. Comment DSK n’a-t-il pu se rendre compte de la supercherie ? Rien ne l’a alerté, ni l’indéfrisable aux racines blondes, ni les traces noires sur le col du chemisier  – venant la suie de bouchon de champagne brûlé dont la manipulatrice se servait pour se grimer et s’obscurcir la peau –, rien. Pourquoi avoir quitté la France et monter un coup aussi pourri ? Quelle menace représentait Orlando et son KGB ? A-t-elle fait cela sous pression ? Pour l’argent ? L’amour du risque ? Pour faire l’expérience de la force très mâle de DominiX ? Le voile devrait peu à peu être levé sur ce mystère, en attendant, c’est belle et bien une des histoires les plus tarées qui aient jamais été contées.

Une seule chose est sûre : la réalité dépasse toujours la fiction… les dégâts collatéraux des vrais mensonges aussi… d’où la Justice, combat quotidien.

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Politico-médiatico-gastronomique…

Posté par gramier le 28 mai 2011

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C’est vrai qu’on n’en parle pas assez. Mais dire « on n’en parle pas assez » revient à sous-entendre que les porte-voix ne font pas leur travail. Et comment le feraient ils alors que ce sont eux qui sont les premiers intéressés dans l’histoire qui suit! 

Préambule auspicieux : en avril de cette année, Rachida Dati venait commenter l’actualité politique sur le plateau du Grand-Journal et ce, en tant que grande copine de Michel Denisot, qui avait convié cette dernière à sa table comme on invite une bonne copine à déjeuner. Son intervention portait plus particulièrement sur les saillies drolatiques de Claude Guéant concernant l’immigration. Bref, le plus intéressant n’était pas tant cette première partie que la seconde, lorsque débarqua un autre grand convive de l’émission : FOG, venu présenté son dernier « brûlot » politique : Mes conversations téléphoniques avec Sarkozy ou plutôt « M. le Président » – dont Albénitz faisait la lecture commentée sur ce blog en son temps. Très rapidement, le sujet des relations incestueuses entre journalistes et responsables politiques avait été soulevé. Chacun autour de la table semblait concerné. Le malaise était palpable. FOG ayant Sarkozy au téléphone, Fillon envoyant un texto à Apatie, Eli Badou casé un temps avec Mazarine Pingeot. Les phrases jaillissaient, empruntées, de la bouche de chacun donnant l’impression d’un marché à la criée du lieu commun, cacophonie informe et incompréhensible, close par l’annonce penaude, ironique et « denisote » du Zapping. 

Pourquoi rappeler ceci ? Eh bien tout simplement parce que la tragédie strauss-kahnienne nous a, une fois de plus, démontré qu’il y a bien quelque chose de pourri au Royaume de France. En effet, Denis Jeambar, journaliste à l’hebdomadaire Marianne (voir article indigné), profitait de l’arrestation de DSK, pour sortir de sa réserve. N’étant du coup plus lié par son pacte de silence, il passait aux aveux. Oui, car les journalistes de Marianne, du Nouvel Observateur et de Libération étaient contraints au silence par un pacte, le « Pacte de la Sauce » scellé dans divers grands restaurants ! Et ce, par les clauses non-écrites d’un contrat moral passé avec DSK « pour la bonne cause ». 

La bonne cause : mettre fin aux agissement de l’horrible Nicolas Sarkozy qui n’a jamais fait que museler les média et réprimer la liberté d’expression dans ce pays. Dans les batailles, tous les moyens sont bons, même ceux employés par l’ennemi ! Le contrat moral : organiser le feu contre celui qui opprime les Français par son incompétence et pour cela, organiser le baroud d’honneur au Messie Américain. Les clauses non-écrites : DSK dîne avec vous, vous dit tout mais vous ne dites rien pour respecter le calendrier du FMI et des primaires qu’il va gagner. 

En somme, les journalistes avaient l’information sur les intentions de DSK depuis belle lurette et n’ont rien dit, faisant durer le plaisir telle la coupure de pub avant la proclamation de la décision du jury d’un mauvais jeu concours cherchant la prochaine étoile filante de vanité, destinée à briller, l’espace du quart d’heure de gloire wharolien, dans un firmament à hauteur de pâquerettes. 

Pourquoi nous « indigner » de cela ? DSK n’est-il pas l’époux d’Anne Sinclair ? D’ailleurs, nous ne nous indignons pas dans cet article, car nous méprisons cette indignation qui, par la plume parkinsonienne et sénescente de Stéphane Hessel, s’est répandue telle le choléra en tant de disette sur les esprits affamés de prêt-à-penser, affaiblis par trop de bouillon de culture, bouillon que le filtre de l’opinion télévisuelle a épuré du moindre oligo-élément de raisonnement réflexif, de contradiction et de vérité. 

Et si nous ne nous indignons pas, c’est au contraire une joie malsaine, presque lubrique qui nous prend et nous force à sourire. Se rappeler que ce qui importe, toujours et encore, c’est la sauce, la sauce et ce, éternellement. Se dire que le quatrième pouvoir appartient de plein droit à la cinquième colonne du Quignon, c’est sans conteste ce qui nous fait aimer la politique dans son sens large. Le Figaro, sur vendu, Libération, sur vendu, Le Nouvel Obs, sur vendu, Médiapart, vendu, Atlantico, sur vendu, Le Monde, vendu (et d’ailleurs quand il sort de la piste, les représailles sont directes, voir l’article de Renaud Revel) et la liste est longue ; restent La Croix, la presse people, les journaux locaux… et encore. Les journalistes ont besoin des hommes politiques et vice-vesa, Dassault, B,N & P, Rotschild ont investi et veulent contenter les clients de leur information… bref, nihil novi sub sole, cela reviendrait alors à faire un procès au journal La Croix pour son parti pris dans le débat sur la bioéthique : ce serait insensé.

Permettez nous donc d’être cyniques et de dire à tous ceux qui hurlent avec les loups à chaque fois qu’explose au grand jour une histoire de collusion entre la presse et le pouvoir : « vous hurlez avec ceux qui ne se gênent pas pour faire de même et peut-être pire ». La presse est, comme la politique, premièrement et avant tout là pour faire des ventes et nous divertir. Elle est le cervelet de la société du spectacle, tout comme le jeu démocratique d’ailleurs. 

Que ces journalistes aient tout su des intentions de DSK mais n’aient rien dit, c’est lamentable mais c’est très drôle, très excitant. On voit bien l’illusion totale dans laquelle vivait ce microcosme de bobos millionnaires – vous apprécierez ces expressions-slogans cheap et mélenchono-populistes. Ils croyaient pouvoir mener leur bataille tels des grands stratèges olympiens préparant la mission « Propagande ». Ramzy Khiroun se voyait déjà en nouveau Séguéla… Mais comme à Watterloo, il y a eu trahison, sauf que ce ne fut pas le fait d’un capitaine des carabiniers mais de l’Empereur lui-même. A broyeur médiatique, broyeur médiatique et demi ! 

Tous pourris ? Oui et non… Oui, si l’on fait précéder « tous » de « nous ». Non, parce que tout « sauceur » vit aux dépends de ceux qui l’écoutent. Dans la société de l’argent hypocrite et lycanthropique, il faut survivre. Il faut bien acheter de l’essence en oubliant de se rappeler combien de vies ont été détruites dans le Golfe de Guinée, sacrifiées sur l’autel de notre plein. Il faut bien acheter des jouets aux enfants à Noël et faire s’évanouir dans l’odeur de sapin, l’idée abjecte de ces enfants qui ont eux-mêmes fabriqué ces jouets. Alors qui sommes nous pour leur reprocher de nous servir avec égards l’information qu’on leur demande ? 

Le citoyen peut légitimement se sentir dérouter par ces impressions de mensonge constant, de cachotteries, de mépris des engagements et des promesses de ceux qui gouvernent notre pays et nos esprits. Qui se leurre encore en attendant du résultat des urnes des changements radicaux – même du bulletin Borloo, c’est un comble – ?! Alors, plutôt que de les attendre des autres, pourquoi ne commencerions nous pas à les exiger de nous-mêmes, ces changements ? Refuser la compromission au quotidien, refuser de fermer les yeux, de nier les valeurs qu’on affiche aux premiers effluves de réduction de veau… 

Dénoncer, s’indigner, rien de plus simple. S’appliquer ces règles à soi-même, comme il est de coutume de le dire au Mexique « Todo un rollo » soit une autre paire de manches. 

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C’est la lutte infernale, entre nous et demain…

Posté par gramier le 27 mai 2011

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Communiqué de la x-ième intranationale socialiste: « Socialistes de toutes les régions unissez vous ! Contre le malveillant Président Sarkozy qui a bafoué durant quatre années la Démocratie, la République, la France, les Français et l’Honneur de ceux-ci, 2012 ne peut être qu’une année de Victoire. La Présidentielle verra triompher la normalité, le calme, la sérénité. Il faudra réconcilier les Français, rester souder entre nous pour, qu’à l’image du Parti, l’Unité qui fait la force donne Avenir et Espérance pour ce pays à bout de souffle, angoissé, endolori, qui a peur : un pays frustré ! … » 

Voilà un discours pêchu ou l’on ne s’y connaît pas. Un discours plein de vitamines B12 et C6 ! Un discours qui retarde la chute des cheveux, due au stress incommensurable que distille Sarkozy dans la société française, qui nous donne de la vitalité et nous permet d’être au top durant toute la journée. Et on en a besoin, c’est peu de le dire ! Eh oui, avec cette crise, rolalala, pfffiou ! Alors, ouais ! Tous unis, main dans la main ! 2012 sera socialiste ou ne sera pas, parce que 2012 chantera et on verra le pouvoir des roses ! L’hymne de la x-ième intranationale socialiste retentira de Tulle à Lille, en passant par Lyon et Toulouse, Paris n’aura plus le blues et sera dans la place ! 2012, de Tours à Draguignan, de Lons-le-Saunier à Maubeuge, sera comme dans une vraie pub Ushuaïa : à la fin, tout le monde dansera sous une cascade et des cocotiers puis on se savonnera le dos les uns les autres tout en se shampouinant langoureusement, bercés par un grand éclat de rire et la chaleur d’un climat tropical et y’aura plus de problème, plus de haine, plus de méchants de droite. On pourra tous enfin retrouver la paix ! 

Mais avant que ce jour heureux n’arrive, faudrait-il encore que les socialistes puissent présenter un candidat qui ne soit pas mis K.O. avant même le début de la campagne! 

Car au parti de la rose, l’heure n’est pas encore au bal, mais à ses préparatifs. Et pour filer la métaphore… c’est épineux. 

En effet, une menace se fait de plus en plus précise : Cheesecake Ier est devenu le favori des primaires. Les saillies mal contrôlées de DSK en territoire puritain ne suffisaient pas, il faut en plus que Hollande devienne le favori ! Le candidat, aussi plat que son nom de famille, veut devenir Président et pour l’instant, caracole en tête d’élections virtuelles par téléphone et il est bien parti… ce qui est loin de goûter le parti. Il pourrait donc rapidement avoir maille à partir avec ses camarades et du mal à rester… le favori. Mais pour lui, foin du parti puisque ce sont des primaires ouvertes… taillées pour légitimer DSK, pas Hollande ! 

L’union sacrée imposée, à la suite tsunami hormonal de Docteur Strauss, devenu Mister Kahn, s’est fissurée aussi rapidement que les digues de Fukushima… Et naturellement, alors qu’ils regardaient disparaître avec effroi, l’unique soupçon de leadership qu’ils avaient réussi à esquisser dans leur histoire récente, tous les prétendant aux trônes se jetaient sur la boîte de Pandore pour l’ouvrait à la manière de DSK dégrafant un chemisier : en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, les maîtres sauceurs se réarmaient et se mettaient en joue… C’est plus fort qu’eux… 

Même si Hollande est devenu la cible à abattre, tout le monde essaye de sortir son épingle du jeu, tout en fustigeant naturellement la fameuse « politique politicienne », les « petits arrangements » et jurant ses grands dieux de n’avoir pour obsession unique : que les Français. Mais toutes les élites du parti, ou quasi,  préfèreraient encore voter Sarkozy que Hollande. A cela s’ajoutent les attaques de Montebourg, et l’on note que son mépris absolu du Corrézien, partagé avec Fabius et tant d’autres, ne le rend pas pour autant aubryste fervent. Ségolène commence à réfléchir et à se ranger derrière Madame le Maire de Lille, certes. Mais nous connaissons les cas Manuel Valls, Pierre Moscovici et tutti quanti, qui, depuis la mise en examen du colosse aux pieds d’argile (et aux gros besoins), se disent que s’ils veulent avoir accès à la soupière, va pas seulement falloir faire assaut d’amabilités, au contraire, va falloir faire du rentre dedans et rappeler qu’ils étaient sur le point de gagner.  Même Jean-Paul « Séguéla » Huchon donne de la voix. C’est dire ! Avec Hollande en menace et tous les ventres des jeunes loups comme ceux des vieux singes qui gargouillent, c’est un énorme coup de pression qui vient d’être mis par le destin sur cette x-ième intranationale socialiste qui n’a pour seul ciment que la fringale inapaisable de gros croûtons bien gras et le besoin impérieux de saucer… 

Pourtant l’Histoire devrait leur servir de leçon : un autre avant eux a eu une envie inapaisable de gros… et lui aussi a été pris d’une envie de tremper le croûton dans la sauce…assailli par un besoin impérieux de saillir. Ca c’est mal terminé, c’est d’ailleurs pour cela qu’ils sont dans cette tourbe. Alors, au lieu de déterrer la hache de guerre au tractopelle et, ainsi, se susurrer des sous-entendus piquants et violents à l’oreille par média interposés, ils devraient peut être faire en sorte d’écouter la grande union nationale des anti-sarkozystes dont ils se veulent les prochains dirigeants, parce que les mêmes anti-sarkozystes risquent d’y regarder à deux fois avant de confier la reconstruction de leur pays détruit par cinq années d’ultra-Présidence, à des hommes et des femmes politiques qui, aussi « normaux » soient-ils, sont incapables de se comporter en adultes responsables et de s’entendre entre eux… Ce qu’ils n’arrivent pas à faire avec leur parti, il ne le feront sûrement pas avec une nation. 

Terminons sur ce poncif : il serait faux de croire que des primaires règleront tout. Si le parti n’est pas uni, primaires réussies ou non, le candidat aura bien du mal en campagne et la x-ième intranationale socialiste risque bien d’être la dernière, faute d’électeurs socialistes en nombre suffisant… 

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Les copains s’acoquinent sous le nez de Marianne médusée…

Posté par gramier le 24 mai 2011

Jack Dion de Marianne 2 est notre ami, et il signe un excellent papier que nous vous recommandons plus que fortement:

http://www.marianne2.fr/L-elite-echange-DSK-contre-Lagarde-au-FMI_a206559.html

Un pur moment « Doigt dans le pot », un grand instant « Tartine de beurre et gros radis », bonne lecture!

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Trois petits sondages et puis s’en vont…

Posté par gramier le 24 mai 2011

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La malédiction des bons sondages pour les présidentielles frappera encore.

Et aussi curieux que cela puisse paraître, Sarkozy sera confortablement réélu à la tête de l’Etat Français dans un an. 

Naturellement, les Français ne sont pas des imbéciles et ne tournent pas casaque aussi facilement. Pour l’instant, ils mettent les candidats déclarés au pinacle. C’est le cas de Hollande par exemple qui semble bénéficier de l’éviction de DSK du paysage politique. L’opinion publique se retrouve contrainte à trouver en lui l’homme de la situation pour 2012, par défaut. Faute de grives, ne mange-t-on pas des merles ? 

Eh oui, le raz le bol est encore bien présent dans le cœur des Français. Nous n’allons en énumérer une n-ième fois les multiples causes, mais il est certain que cette défiance à l’égard de la droite, aux commandes depuis 2002 sous l’égide de Sarkozy, est indéniable et très réelle. 

Nicolas Canteloup supposait que le lundi 16 mai, dans les corridors de l’Elysée, résonnait la musique poétique et enjoleuse de « La Fiesta », de Patrick Sébastien, signifiant par là la joie à recevoir ce cadeau à Sarkozy qu’est le sabotage de DSK par lui-même. Ce n’est pas tout à fait comme ça que l’Elysée réagit semble-t-il, mais dans le fond, le résultat sera le même. Un G8 en meneur des grands décideurs de ce monde, un enfant, une belle femme, une situation économique enviée par tous les pays européens sauf l’Allemagne, en situation de proposer au FMI la candidature d’une compatriote, malgré DSK – cet acte venant aussi légitimer la cohérence de l’action de Lagarde à la tête du ministère de l’Economie et des Finances, et donc de Sarkozy, ce coup serait un coup de maître (voir notre article sur Sarkozy et DSK au FMI ici), si
la CJR le permet –, éléments qui donneront au candidat Sarkozy, lors de la campagne, des avantages compétitifs essentiels pour ce qui est de la stature présidentielle. 

En somme, ce que beaucoup de commentateurs ne veulent pas dire, par plaisir pur de créer la surprise, c’est que sans DSK, le PS n’arrivera pas à ne pas se déchirer – Valls a retrouver ses canines de vampire suceur de plancher, Martine hoquette et gagne sans triomphe des cantonales « gâteau », François triomphe modestement avec cette même tête cérémonieuse au sourcil froncé de futur Président « normal », Royal se voit déjà en Présidente du Pouvoir d’Achat, Montebourg ne se sent plus de joie et ouvre un large bec… Marine Le Pen va se dégonfler comme une baudruche qu’elle est. Villepin prendre du sursis. Borloo ne se présentera pas. Bayrou continuera à vendre du rêve, et toujours pas de réalité. En somme, Sarkozy sera au second tour – à moins d’un nouvelle sortie telle que « casse toi pauv’con », mais cela est plus qu’improbable, Sarkozy n’est pas le dilettante qu’est DSK – et il sera bien dur au candidat PS, quel qu’il soit, de concurrencer un président sortant, machine politique rarement égalée, à la stature hautement et de plus en plus présidentielle malgré ses quelques casseroles. 

Aucun président de la cinquième n’a été fait par les sondages et ne le sera jamais. Les sondages fonctionnent comme un thermomètre des humeurs françaises, mais leur interprétation est équivalente à la science météorologique, dont Philippe Bouvard, spirituel, disait qu’elle est « la science qui indique le temps qu’il aurait dû faire ». Les augures sondagiers sont rarement des « open books », ils demandent calme et recul, leur sésame, la substantielle moelle, se trouvent à leur marge et leur frange, le corps de ce texte fumant n’étant souvent qu’un écran malicieux destiné à tromper les jeunes padawans aveuglés par leur exaltation, jouant aux haruspices roués. 

Vous nous direz, de là à faire de François Hollande un jeune et fougueux padawan… c’était une image, cela va sans dire (voir notre article sur Hollande Président). 

Si Sarkozy n’est pas tout proche de gagner, il est bien loin d’avoir perdu. 

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Amnisty International… version PS

Posté par gramier le 23 mai 2011

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Par Albenitz

Les élus de Droite Populaire, le collectif des ultras de l’UMP, ne racontent pas que des conneries. Entre un petit verre de jaune pris au zinc et une sortie poujadiste, les francs tireurs de la droite qui s’assume ont parfois des fulgurances. Et leur dernière charge contre la réaction du PS face à la chute du Satyre de Washington était plus que frappée au coin du bon sens: elle était pertinente, juste et méritée. 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/05/17/97001-20110517FILWWW00522-droite-populaire-solidarite-de-caste.php 

Une fois n’est pas coutume, je laisse donc la parole à Lionnel Luca, Bernard Carayon, Richard Mallié et Christian Vanneste, mes nouveaux héros: »La solidarité de caste que manifestent certains socialistes est totalement déplacée [...]. La présomption d’innocence, la décence et la retenue à l’égard de DSK sont certes nécessaires. Pour autant, s’il y a une victime, c’est la jeune femme qui, peut-être, a subi une agression et un viol, et non l’éventuel auteur des faits« . 

« Solidarité de caste », la formule est lancée. Comment mieux décrire, en effet, la transe gotesque qui s’est emparée des vieilles gloires du PS lors de la publication des images du Grand Khan entravé? Guigou, Chevènement, Aubry, Jack Lang, tous qui ont rivalisé de superlatifs pour décrire l’horreur que leur inspiraient ces clichés. 

On a d’abord entendu les lamentations rauques de Martine, «sidérée» et «bouleversée par les images». Puis c’était au tour d’Élizabeth Guigou, inénarrable dans son rôle de passionaria botoxée, de parler d’«une brutalité, d’une violence et d’une cruauté inouies». Jack Lang surenchissait et se répandait en imprécations séniles, fustigeant un « lynchage » et « une justice infernale ».  Enfin, la voix chevrotante du vieux « Che » se joignait au choeur des pleureuses:  «Le coeur ne peut que se serrer devant ces images humiliantes et poignantes qu’on donne de lui. Un effroyable lynchage planétaire»

Je ne m’étendrai pas en détail sur l’imbécillité de cette réaction. Ce n’est pas l’objet de cet article, et de très nombreux journalistes ont écrit sur le question. Je me contenterai de dire que si le droit américain ne prohibe pas la publication de photographie des personnes inculpées, il laisse par ailleurs beaucoup plus de place à l’expression des droits de la défense qu’en France. Et que notre pays est très mal placé pour donner des leçons aux Etats-Unis en la matière, alors que, par exemple, les avocats étaient jusqu’à très récemment absents des interrogatoires de garde à vue, chose impensable de l’autre coté de l’Atlantique. 

Ce qui m’intéresse, c’est la raison de ces glapissements outrés. Pourquoi une réaction aussi disproportionnée, quant on attendait d’eux qu’ils se taisent ou se contentent des réactions d’usage (un  »laissez la police faire son travail » de bon aloi, façon Commissaire Baliès dans la Cité de la peur, aurait très bien fait l’affaire)? D’autant que le langage PS, ce brouet insipide d’éléments de langage qui provoque des réactions cutanées lorsqu’il est appliqué à une discussion politique, était parfaitement adapté au commentaire, forcément prudent, d’une affaire judiciaire. Mais voilà, il fallu qu’ils s’emportent et gémissent comme des vieilles femmes. Pourquoi? 

La vérité, c’est qu’ils se croyaient intouchables. La vérité, c’est que ces images ont déclenché une réaction épidermique chez ces hommes et des femmes, qui pensaient que des années de luttes morales (anti-racistes, anti-fasciste, etc.) leur donnait une sorte de certificat de respectabilité à vie. Voir « un des leurs » menottés, comme un vulgaire dealer de crack, voilà qui est insupportable pour ces gens qui confondaient le fait d’être un honnête homme et d’être un homme honnête. Luca, Vanneste & Co ont raison: c’est véritablement un réflexe d’autodéfense clanique. J’ajouterai qu’il est très révélateur d’une certaine élite « gauche mondaine », donneuse de leçon, pleine de morgue et de suffisance. Une certaine gauche qui découvre que dans un autre pays, le délicieux DSK, qui dîne au Siècle, cite Keynes dans le texte et a eu des mots très forts contre l’intolérance devant les membres de la fondation Saint Simon, ce même homme peut être inquiété, mis aux fers, questionné par des inspecteurs de police indélicats, et traduit devant une magistrate, tout cela parce qu’il est accusé d’avoir troussé une soubrette peu coopérative. Bref, ils découvrent que dans un autre pays, un système judiciaire d’une indicible cruauté applique la même règle à tous les citoyens, et qu’une sommité socialiste accusée de viol y est traité… comme tout citoyen accusé de viol.    

Je ne dirais pas que tout cela m’a donné envie de voter à droite pour 2012. Mais je constate seulement une chose, c’est que cet égarement est symptomatique d’un complexe de supériorité morale  qui est spécifique au PS. Et si les éructations populistes de Copé, Guéant et consorts me font toujours l’effet d’une triple dose de vomitif, je mets à leur crédit d’avoir fait, pour l’instant, preuve d’une certaine dignité dans ce qu’on appelle l’affaire DSK. 

Publié dans DSK, Les copains d'abord, Parti Socialiste, UMP | Pas de Commentaire »

Le sauveur est mort, vive le sauceur ?…

Posté par gramier le 16 mai 2011

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Par Chybroc, plume amie…

Maintenant que l’action DSK se révèle être, sans grande surprise il faut l’admettre, un junk bond, une  mauvaise intuition de plus du landerneau politico-médiatique, orphelin d’une longue lignée de timoniers en mousse tels que Pierre Mendès-France, Jean Lecanuet, Jean-Jacques Servan-Schreiber, Raymond Barre, Michel Rocard ou François Bayrou…  La question est désormais sur toutes les lèvres dans les bonnes saucières : à qui profite le crime ?

Car il s’agit bien d’un crime, n’ayons pas peur des mots, ou plutôt pour être exact d’un sacrifice rendu au dieu ithyphallique Priape, dont ce brave Dominique était le grand prêtre incontesté. Hélas pour lui, il n’a jamais vraiment su cacher ses penchants, il en paie aujourd’hui le prix, qu’il soit innocent ou coupable d’ailleurs n’a aucune importance. Le roi est mort, donc vive ? Vive le roi pardi ! Qui sera le prochain souverain du royaume PS, le prétendant au trône présidentiel ? C’est évidemment le seul sujet, tout l’intérêt de cette tempête est de rabattre les cartes, d’offrir un terrain de jeu inespéré à tous les sauceurs sachant saucer.  Et comme on le sait, le PS ne manque vraiment pas de prétendants sur ce genre de problématiques…

A commencer par les candidats déclarés, comme les inénarrables Manuel Valls et Arnaud Montebourg, hémisphères droite et gauche d’un cerveau PS au bord du burn out, sans oublier nos Clinton made in France, Ségolène et François. Alors pour éviter que la primaire tant attendue ne tourne en mauvaise parodie du film la Guerre des Rose, il faut trouver un challenger crédible à François, afin que celui-ci gagne honorablement ses galons de probable général en chef.

Tout le monde a évidemment sa petite idée, et le nom de la Première secrétaire revient avec insistance. Il semble néanmoins qu’elle en avait fait son deuil, et même si les évènements d’hier changent considérablement la donne, il est peu probable qu’elle ait le véritable désir dans découdre. Tel père, telle fille après tout… Alors qui ? Quel larron en foire serait prêt à saisir une telle occasion ? Qui parmi les brillants hauts dirigeants de la gauche ? En ces temps de commémoration mitterrandienne, il n’est pas nécessaire d’aller bien loin, la réponse devrait même sauter aux yeux et il est étrange que le nom du prétendant n’émerge pas plus rapidement. Le grand homme avait encore une fois tout prévu et la parenthèse ouverte au PS avec le « droit d’inventaire » semble s’être refermée hier. Le parti d’Epinay, on le sait, a peu évolué depuis que les lignes se sont figées au congrès de Rennes en 1990. Et les spasmes qui le ramènent artificiellement à la vie depuis cette date s’expliquent en grande partie par cette fracture entre Fafa et Yoyo, les Caïn et Abel du jardin d’Eden socialiste. Et allors ? On ne voit pas le rapport ?

Pourtant, DSK doit son ascension à l’un d’eux, il était même, jusqu’à hier, héritier de la ligne rocardo-jospinienne qui prît le pouvoir en écartant le canal Tonton historique, en premier lieu le trop (ou pas assez) talentueux Laurent FABIUS. La vraie surprise n’est donc pas la chute programmée du directeur général du FMI, mais plutôt sa conséquence : en faisant hara kiki à son destin présidentiel, il met aussi fin à plus de vingt années de domination du Tout Sauf Fabius (TSF), longtemps seul ferment d’unité au sein d’un parti qui a épuisé toutes les combinaisons les plus improbables, y compris une alliance avec les fabiusiens eux-mêmes depuis 2008…  

La recette de la sauce TSF a tourné depuis longtemps, en s’alliant avec Martine et Dominique, le camarade Laurent a réintégré la majorité du parti contre la promesse de soutenir l’un d’eux dans la perspective de 2012. Tirant discrètement les ficelles, caché derrière un tonneau de bière lilloise avariée, qui peut penser que notre antiquaire préféré se contenterait du poste de grand Vizir, dont il fut en son temps le plus jeune titulaire, quand il a enfin l’occasion de devenir calife à la place du calife ?

Ne nous y trompons pas, en véritable sauceur de carrière, digne héritier de ses pères et pairs, Laurent sortira bientôt du bois. Il a la chance inespérée à son âge avancé de réaliser ce pour quoi il était programmé, et vu sa piètre opinion, qu’il ne cherche pas à cacher, de Ségolène et François, on ne voit vraiment pas ce qui pourrait aujourd’hui l’en dissuader. Son réseau est depuis longtemps entré en résistance, certains sont même bien infiltrés à l’image de cette vieille anguille de Claude. La belle écurie ne demande qu’à se remettre au service de son champion. Certes, le bolide n’est pas de la première jeunesse, mais il n’a jamais vraiment cessé de courir et reste diablement efficace (la TVA sociale a gâché le triomphe annoncé des dernières législatives). S’il est peu probable qu’il remporte la course finale, le PS se doterait là d’un candidat sérieux, parfait reflet de son état léthargique, de ses errements et de ses renoncements, l’idéal pour saborder ce qu’il est devenu : un bateau ivre de sondages et de victoires en trompe l’œil, qui n’en demeure pas moins à la dérive, sans capitaine et sans boussole. 

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Les fourberies de l’ouverture ou la victoire de Sarkozy…

Posté par gramier le 16 mai 2011

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« Mais que diable allait-il faire dans cette galère !»

C’est à l’été 2007 que remonte peut-être la faute de carrière de DSK.

C’est à l’été 2007 que Sarkozy se montre le plus grand stratège de la cinquième République devant même François Mitterrand.

C’est à l’été 2007 que tout était scellé.

Alors oui, il est simple de jouer sur l’illusion rétrospective du vrai et dire, après coup, que tout était écrit. Le destin n’est jamais qu’une formidable page blanche qu’il nous incombe de noircir selon nos choix, la plume de notre raison trempée dans l’encre de notre liberté. Si rien n’était naturellement écrit, il aurait peut-être fallu à DSK un peu plus de clairvoyance dans ce superbe cadeau sarkozyste qu’était la présidence du FMI. Ce fut une espèce de Cheval de Troie et encore une fois, ce sont les Grecs qui auront eu le dernier mot.

Les ravages de l’ouverture. Et les Cassandres ne manquèrent pourtant pas de sonner l’alarme et de rappeler que « Gentil n’avait qu’un œil, Sarkozy en a deux », mais elles étaient Cassandre. Sentant ses adversaires dépités après la troisième défaite consécutive aux présidentielles, Sarkozy décide de pratiquer » la prime au talent ». Les plus âgés des Troyens assiégés, tel Kouchner, acceptent de rallier l’ennemi sentant bien qu’ils seront peut-être passés au Père avant même d’avoir vu le jour de gloire de leur camp arrivé et qu’il vaut donc mieux saucer hic et nunc avec l’ennemi qu’en rêve avec ses amis. Lang, l’éternelle anguille, se prend au jeu de l’hameçon sans y mordre et d’autres, cherchant la gloire rapide tombent plus ou moins dans l’escarcelle du héros fraîchement et confortablement élu.

Mais ce qui intéresse le plus le Président, ce n’est pas tant tous ces pantomimes sinon bien le héros de la bande, Ulysse-DSK. Il va donc, pour le faire tomber, flatter son ego démesuré et lui offrir sur un plateau d’argent… sa perte. Le cheval de Troie fut une reconnaissance mondiale avec louanges, et tutti quanti, des qualités d’économiste de DSK et enfin un soutien infaillible de l’homme à la direction du FMI.

Le retour de DSK pour les présidentielles semblait alors complexifiée, mais il l’aurait assuré sans plus grandes douleurs comme cela était prévu, et au-delà des contradictions sans commune mesure : FMI, banque du monde chantre de la rigueur contre programme socialiste chantre de la justice sociale et donc, notamment de la redistribution des richesses par l’impôt. Le piège aurait donc pu  être vaincu et l’arroseur arrosé : la crise, les erreurs de communication de Sarkozy, le mécontentement des Français, et j’en passe. Les innombrables rancœurs contre l’homme du Fouquet’s auraient pesé, de toute manière, plus lourd dans le choix des Français que les asymétries de discours entre socialistes. Quoiqu’il en eût été, le rassemblement aurait eu lieu, les socialistes ne s’imaginant pas encore cinq ans avec seulement la cour des comptes et la commission des finances en guise de jaune d’œuf où faire mouillette.

C’est donc la fatalité qui a permis que ce piège, digne d’un scintillant machiavélisme, se referme. L’accusé est bien trop coupable avant même son jugement pour pouvoir cette fois encore en sortir comme il y est entré. DSK et les femmes… La Porsche, une campagne malsaine. La liaison au FMI… c’était déjà plus complexe, l’ex-Directeur du FMI en avait vu d’autres même s’il eut, comme on dit, « chaud au fesses ». Cette fois-ci, c’est le glas qui sonne. En France, on rit encore de Felix Faure mort pour avoir « trop sacrifié à Vénus », la chose était entendue et plus ou moins acceptée. Ce qu’il craignait, au pire, n’étaient-ce que des chroniques acerbes du plaisantin Guillon… douce chatouille à côté de l’implacable justice américaine.

On ne prête qu’aux riches et aux Etats-Unis, qui dit prêt dit souvent subprime. Malgré toutes les présomptions d’innocence du monde, le rouleau compresseur est en marche, la machine ne peut plus s’arrêter. Et Sarkozy a gagné. Non par corruption, par complot, mais par une incroyable intelligence politique, en ayant su envoyer son ennemi le pire en voyage, un voyage qui, au contraire d’Ulysse aura pris fin entre Charybde et Scylla.

Ce soir, de droite, comme de gauche, les hommes et femmes que nous sommes, peuvent avoir mal et ressentir de la compassion pour cet homme qui s’est brûlé les ailes, sans être un phœnix.

SI… il était resté en France, SI… il avait accepté de se battre comme Hollande se bat, SI… SI… et encore SI, des SI qui ne mettront pas, hélas pour ce trop brillant élément, « Paris en bouteille », ou bien à la manière d’une rêve éphémère, en somme une bouteille à la mer, qui comme l’homme, ne pourra que s’échouer, en vain, sur des côtes désertes, loin, très loin de la France et de ses primaires. Les moires n’ont que rarement fait preuve de mansuétude envers les meilleurs d’entre nous. Les Grecs ont leur revanche. C’est bien dommage, mais c’est ainsi.

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Profession : amateur… de sauce, bien sûr !

Posté par gramier le 7 mai 2011

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Pauvre DSK. Le buzz n’en finit pas. Que ce doit être long ! C’est une sorte de Fukushima de la communication. J’imagine déjà les innombrables coups de IPhone qu’ont dû s’échanger Khiroun, l’homme par qui le scandale…, Cambadélis le stratège façon Game Boy, le Brigadier chef Moscovisci, etc, et leur teneur. 

Situation de crise oblige. Bien que la jubilation de la droite et des adversaires de DSK ait vite été réprimée, que les commentaires fussent rapidement redevenus laconiques et sobres, et même si tous les sondages continuent à être plus que d’excellents augures pour le futur candidat à la candidature socialiste, on peut déjà penser que la campagne aura un fumet de fausse sceptique. Comme nous le soulignions dans un article précédant, la classe politique a essayé de garder au maximum son sang froid, une fois n’est pas coutume. Chapeau ! 

En revanche, l’affolement n’en est pas moins à son comble au sein de la mosaïque des sauceurs qui entourent DSK. Chacun faisant monstre de plus de valeur et bravoure que les autres face aux accusations portées contre le futur hôte de l’Elysée, dans le cas présent, plus par les faits eux-mêmes que par les adversaires de leur champion – celui qui placera à sa table, fera pleuvoir abondamment la soupe et la sauce dans le fond des assiettes des plus méritants, dans quelques mois. Les arguments pour la défense de leur chevalier blanc attaqué injustement – lui, l’espoir, la promesse incarnée qu’un jour, le beurre et la gousse d’ail imprégneront de nouveau le jus du gigot ruisselant devant lequel il bavent et frissonnent, pauvres sauceurs au quignon désespérément sec – sont aussi dérisoires et risibles que l’argumentaire d’Anne Sinclair venu défendre le fait que son mari soit « de gauche » sur Canal+ en début d’année. 

(Je suis persuadé que, pour certains l’évocation des trois lettres « DSK », doit déclencher, dans leur imagination, la vision éloquente image non plus d’un homme mais d’une énorme pintade rôtie avec ses marrons et ses cèpes et, à côté, une baguette encore chaude et croustillante… avant qu’un camarade, les voyant bien bien loin, les commissures salivant à grandes eaux, les rappelle brutalement à la réalité.) 

On a envie de dire : pourquoi se débattre comme un diable dans l’eau bénite, se défendre d’un chien qui ne veut pas vous mordre ? Tout simplement parce qu’ils l’ont compris : cette erreur le marquera du sceau indélébile de la « richesse » que les Français exècrent. Et il lui sera fort compliqué de sortir de l’ornière. Estampillé un jour, estampillé toujours.

Certes, en guise de capital « bling-bling » dans le cœur des Français, Sarkozy le dépasse haut la main mais simplement parce que Sarkozy rolexe, là où DSK patekphilippe.

Et c’est sur cela que joue la cour de « maQuignons » qui viennent tous au secours de FMan. « Les amis de Sarkozy ce sont les riches, les amis de DSK ce sont les socialistes ! » lançait Moscovisci. L’ancien ministre des Relations Européennes de Jospin et collègue de DSK à Sciences-Po a d’aillleurs, comme leur ennemi Hollande, une réelle offuscation constante qui s’affiche sur son front plissé d’indignation. Il semble estimer tellement dément, impudent de la part des autres que de ne pas reconnaître que DSK mérite infiniment mieux que ces reproches bons pour le Président français mais indignes en revanche du Banquier du monde en crise : on n’a pas le droit de faire cela à celui qui prend tout de même le temps de venir s’occuper de la France alors qu’il lui serait si simple de rester saucer à Washington. Vous rendez vous comptes ? Soit… Mais alors, nous pondre un argumentaire pareil, c’est du niveau de pertinence de MAM à l’heure où elle devait rendre comptes à l’opinion de son incompétence et de son scandaleux voyage d’affaires en Tunisie. Pire, vous pouviez écouter le sauceur Urvoas nous dire qu’il était « convaincu » que le sauveur de Washington allait revenir – moi j’en suis convaincu aussi, ça nous fait une belle jambe de bois. Et d’ajouter au sujet de la Panamera qui passionne la France: « Je trouve ça incroyable. En gros il se promène dans une rue où il y a une Porsche, Strauss-Kahn a une Porsche (…) le fait est, c’est pas sa Porsche, je ne sais pas d’ailleurs ce qu’il a comme voiture, je ne suis pas certain qu’il en ait une. » Merci ! 

Puis en lisant d’autres articles sur la question, on apprend notamment que Patriat, Président de la Région Bourgogne, trouve les prophètes et grands prêtes du culte de FMan, dont il fait partie « balkanisés. (…) Il faudrait que ceux qui ont un contact avec lui n’aient pas que des messages négatifs vis-à-vis de nous. » Les sauceurs parlent au sauveur.

Cet appel a des accents semblables à ceux du Baron de Guéret qui, joué par l’abbé de Villecourt que Louis XVI daigne recevoir, dans « Ridicule », lançait : « Louis de France, souviens toi que c’est la noblesse qui t’a fait Roi, la vielle noblesse que tu humilies et qui s’entasse au poulailler. » Les nobliaux de province attendent les charges avec une avidité de famine – dix années à se contenter de ketchup et de mayonnaise dans les mairies, les conseils généraux et régionaux – on récuse le cordon sanitaire de la grande noblesse autour Prince qui l’éloigne du petit peuple, des relais populaires, des territoires, de ceux qui le feront roi ! A la seule différence c’est que leur verve est beaucoup moins brillante aujourd’hui qu’elle ne l’était à l’époque.

Je ne sais comment tout cela terminera. J’espère, pour eux, le sort plus clément qu’il ne le fut pour la cour de Louis XVI… Une guerre larvée entre porte-étendards et porte-voix  du chef, des groupes qui naissent dans toutes les villes de France pour apporter leurs idées fulgurantes à FMan qui, en tant que super héros, sait déjà tout, un mépris des conseillers du premier cercle parisiens, de la rancœur en Région, une insoutenable attente depuis presque un an et demi… ajoutez à cela une faute de carre aussi lamentable que coûteuse et vous avez tout les ingrédients pour faire de la mosaïque des courtisans assoiffés de gribiche, une belle pétaudière.

Pauvre Dominique… Mais que diable, allait-il faire dans cette galère ? L’aventure, se sentir vivant, le sel de la conquête, ça vaut toutes les nominations au poste de Directeur du FMI au monde… pour ceux qui l’ont été.

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