He has a dream…

Posté par gramier le 24 juin 2011

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Alors, dans la famille Chirac toujours, je demande le gendre. Un sourire irrépressible éclaire malignement notre visage à la lecture de cette phrase, au détour d’un article des Echos.fr, aujourd’hui, au sujet du futur remaniement devant suivre la probable nomination de Christine Lagarde au FMI : « Le nom de l’ex secrétaire général-adjoint de l’Elysée, Frédéric Salat-Barroux, marié à Claude, la fille de Jacques Chirac, est également évoqué. Il a récemment rallié M. Borloo et rêve d’être ministre. »  

Ce qui est absolument délicieux c’est bien ce très ironique « il rêve d’être ministre ». . Oui, car ce brillant sujet est programmé pour. Son curriculum est pour le moins aussi impressionnant appétissant qu’une guirlande de Morteau chez votre charcutier-conseil : « Titulaire d’une maîtrise de droit des affaires, diplômé de Sciences-Po, de l’ESCP et de l’ENA, il entre en 1991 au Conseil d’État où il est promu maître des requêtes en 1994 et nommé commissaire du gouvernement près l’Assemblée du contentieux et les autres formations de jugement. Conseiller technique au cabinet d’Alain Juppé à Matignon, chargé de la santé et de la sécurité sociale En septembre 2000, il rejoint le cabinet de Jacques Chirac comme conseiller social puis, il est secrétaire général adjoint de la présidence de la République, enfin, il est promu conseiller d’État, quelques semaines avant l’achèvement du quinquennat de Jacques Chirac » peut-on lire sur Wikipédia. La dernière affirmation est, elle-même, très marrante. Cet homme a aussi le mérite de s’être marié à Claude Chirac. On ne lui reprochera en rien d’avoir volé ses différents postes, et nous ne nous permettrons en rien de douter de l’amour qu’il porte à la belle Claude Chirac. Le sujet n’est pas là. Ce qui est en revanche absolument génial c’est d’observer un chiraquien, et non des moindres, jouer des coudes pour s’approcher du buffet.  Sa stratégie est limpide: se construire le statut de « prise idéale » en s’acoquinant avec les ennemis du Prince les plus notoires et en annonçant qu’il n’aura pas de mal à les renier.

Lors de la saillie drolatique de Chirac et son fameux trait « d’humour corrézien entre républicains qui se connaissent de longue date » – Chirac annonçant qu’il voterait Hollande si Juppé ne se présentait pas – Le Figaro se plaisait à raconter comment le gendre avait lui-même poussé un bon papa légèrement désinhibé et déclinant, à faire, dès le lendemain, un communiqué à l’AFP réduisant l’affirmation répétée de la veille, peu appréciée par l’Elysée, à l’état de boutade sans importance et sans signification particulière. Mais pourquoi ce partisan affiché de Jean-Louis Borloo, familier de Chirac, avait-t-il mis tant d’empressement à faire en sorte que ces mots étonnants, dans la bouche du fondateur de l’UMP, soient corrigés ? Selon le journaliste, notre homme devait déjà « rêver » à un secrétariat d’Etat. On comprendra son embarras, l’intention de vote déclarée du vieux, remonté comme un buffle contre son successeur, faisait alors moche dans le tableau.  

Si cela fonctionne et qu’il devient ministre ou secrétaire d’Etat, Frédéric Salat-Barroux (FSB) nous aura quasiment donné en live une Master Class de Quignonnerie et de Sauçage. La stratégie, dans ce cas, est un must, vraiment carrée, pas un plis, pas une faute de carre, une maîtrise totale du sujet, dans les règles absolues de l’art, une sorte même d’hommage à la tradition de la sauce, avec tout ce qu’il y a d’opportunisme, de réseau, de traîtrise, d’ambition, d’amour du fond de plat, de passion culinaire pour les cuisines de la République. On ne peut pas dire que ce soit extrêmement glorieux, mais la fidélité politique ce n’est pas ce que l’on retient quand on a fait ses armes au service du Prince de la Mouillette, qu’on est son gendre, surtout quand on sait qu’il n’y a que les perdants qui auraient du changer de convictions plus tôt… Plus que la nomination de Lagarde, que les primaires PS, que les résultat du Bingo, la semaine prochaine sera celle de l’entrée ou non de FSB dans l’Histoire, nous fretillons d’excitation, le suspense est insoutenable. Un grand moment gribiche, comme on a rarement l’occasion d’en observer d’aussi savoureux, à vous faire saliver jusqu’à s’en baver dessus! 

Salat-Barroux2011, Frédéric on est tous avec toi : Salat, Secrétaire d’Etat, Salat, Secrétaire d’Etat, Salat, Secrétaire d’Etat…  

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Les (Berna)dettes de Chirac: le (Berna)doute est permis

Posté par gramier le 23 juin 2011

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Une fois n’est pas coutume, le nom Chirac est associé au soupçon. Si aujourd’hui le Sage profite d’une popularité jamais égalée – plus due à l’illusion rétrospective du vrai qui meut les mémoires, à la nostalgie quasi pavlovienne des peuples pris par l’incertitude, qu’à un jugement fondé sur une comparaison raisonnable entre le passé et le présent – celle-ci ne semble pas devoir décourager la Justice de notre pays et ceux qui la rendent, d’entendre ses arguments face aux accusations de gestion frauduleuse alors qu’il était aux affaires. La suite en septembre.

Or, aujourd’hui, on apprend avec stupéfaction que c’est au tour de son épouse, pourtant au dessus de tout soupçon, comme des tourmentes judiciaires de son ineffable époux, de se voir soupçonnée, indirectement certes : c’est son élection en tant que conseillère générale de Corrèze et non pas elle-même, qu’a invalidée le tribunal administratif de Limoges. La Justice n’a eu cure du voile d’ex-Première Dame de France insoupçonnable et digne qui drapait cette femme. La balance a penché du côté de la rigueur démocratique : majorité requise à 1113 voix ; si on en a eu 1114 et que 2 ont été déposées par des anges, des morts, des ours en peluche, des bergers belges ou des corréziens atteints de troubles dissociatifs de l’identité et amateurs de moustaches postiches et soirées déguisées, au regard de la loi, ça fait… 1112, donc par la majorité absolue donc… pas d’élection au premier tour.

Naturellement, on criera à la présomption d’innocence, ce qui est tout à fait normal. Et nous nous refusons à donner dans la facilité en plaidant sans preuve à charge contre Bernadette Chirac, toujours innocente de quelque malversation que ce soit, nous rappelant que la réalité dépasse toujours la fiction. Le mieux, dans cette histoire, serait que l’élection ait de nouveau lieu, avec rigueur, ce qui permettrait de confirmer ou non cette courte avance. Cela s’est fait dans de nombreux cas, il semble, que c’est ce vers quoi l’on s’achemine… ou, en tout cas, ce vers quoi, les électeurs de Madame Chirac s’acheminent : les urnes, pour ceux qui voudront à nouveau faire le déplacement.

Il est cependant indubitable que la Dame de Corrèze se soit amplement passée de cet épisode fâcheux qui intervient alors que son mari est lui-même sur une cuisante sellette. Car comment ne pas voir alors, en ce couple de grands parents sympathiques et respectables, une paire de Bonnie and Clyde de la République, de Xavière et Jean (Tibéri) de la Région Centre? La société ne commence-t-elle pas à trouver que la solvabilité des Chirac est douteuse ?

Si l’on file métaphore, on peut aussi dire que les agences de notations – S&P ou Moody’s d’un côté, IPSOS et TNS de l’autre – donnent des appréciations  et notes forts différentes suivant que l’endetté est le puissant ou le misérable. On ne prête qu’au riches : les Etats-Unis sont bien plus endettés quela Grèce, pourtant le coût de leur dette est bien moindre, leur note ne se dégrade pas et l’on continue à leur prêter allègrement sans, pour l’instant, trop se faire de souci – juillet doit, tout de même, ouvrir sur un budget voté par la Chambre des Représentants, sans quoi, l’état de faits risque de se voir quelque peu réexaminé. De même, Chirac est riche de son image d’homme du consensus mou qui n’a embêté personne par son inaction, ainsi que des illusions sarkozystes perdues des Français. Ces derniers affirment toujours une opinion très haute de l’homme, digne d’une fidélité filiale indestructible, empreinte d’une reconnaissance éternellement miséricordieuse.

Alors, fort de cela, de cette impunité médiatique, Chirac se permet de fanfaronner, de se désinhiber, de s’afficher en traître à son propre parti politique en soutenant officiellement son adversaire politique et ami Hollande – malgré un démenti aussi crédible que Kojak avec un catogan ou Perry Mason faisant son footing, qui a « fait pshittt ». Chirac fait le fier, il drague ouvertement une élue sous les projecteurs et abuse de sa liberté de parole que lui donnent cette popularité et son ancien statut, fait son intéressant, et ce, avec une légèreté déconcertante voire préadolescente, au mépris même du respect basique qu’il doit à son épouse. Alors, la France rigole. On continue à lui faire crédit tant il incarne un passé fantasmé, après revue et correction, d’une France soit disant unifiée et fraternelle, écoutée dans le monde, respectée, prospère, défendant les pauvres contre les riches… Voilà ce qu’était la France de Chirac !

Il faudra bien que l’on se rende à l’évidence un jour. Chirac le joli coeur sénescent, débonnaire, joyeux luron et turlupin facétieux façon Papy la Goutte, doit désormais faire face à une sérieuse ardoise et se résoudre à faire silence du fait de sa situation. Mais sait-il encore se tenir ? A-t-il toute sa tête ? N’est-il pas légèrement gâteux, sur la pente douce de la sénilité ?  

Heureusement, la Justice veille sur les intérêts de la société, parfois malgré elle. Erreurs judiciaires, toujours trop nombreuses, mises à part, elle fait avec volontarisme son travail. On peut la trouver quelque peu pesante parfois, rigoriste et jolyste, mais dans le cas présent, il serait temps que la fête se termine : Chirac n’a que trop profité, aujourd’hui le vieux loup de mer dégaze et pollue, il est temps de siffler la fin de la pêche miraculeuse. L’annulation de l’élection de Dame Chirac sera-t-elle, malgré elle, le déclencheur d’une prise de conscience que cet homme doit solder son compte ? Une piqûre de rappel de ce qu’il fut, lui qu’on aime tant aujourd’hui? Rien n’est moins sûr : la sublimation du passé en idéal est un puissant neuroleptique social que, ce serait trop bête, Hollande ne se privera pas de nous administrer à dose de cheval, depuis qu’il a été fait héritier et successeur désigné, dans la lignée directe des présidents normaux – entendez fainéants, sauceurs et impuissants – une fois l’erreur Sarkozy réparée.

Dommage qu’il n’en soit de même pour la Grèce, qui marqua l’histoire autrement que Chirac, la comparaison en est même grotesque. Chirac devra-t-il payer un jour ses dettes ou le fait d’avoir pensé à notre équilibre alimentaire en nous incitant à manger des pommes et son capital sympathie le dédouaneront de ses obligations ? Rappelons que nos célèbres ancêtres, Adam et Eve, firent eux aussi confiance à un drôle d’animal qui, s’étant improvisé épicier-nutricionniste, les incitait à manger des pommes… La France est loin d’avoir été le jardin d’Eden avec lui, mais il l’a certes géré comme une épicerie de quartier d’un roman de Zola : Chirac a floué ses clients dans une comptabilité opaque, qu’il assume et tente, en se taisant, de préserver le peu de dignité qu’objectivement, il lui reste.

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Amertume « Corona »-rienne…

Posté par gramier le 8 juin 2011

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C’est un Chirac plein de sensibilité et d’humanité que nous retrouvons dans le second tome de ses Mémoires: Le temps présidentiel. En bon démagogue, il livre ce que tout le monde attendait avec une malsaine curiosité : son point de vue sur celui qui le remplaça au Palais de l’Elysée. Et les premiers extraits ne semblent pas piqués de hannetons, ce n’est rien de l’écrire. L’homme ne mâche pas ses mots, loin s’en faut, ni un chewing-gum d’ailleurs, il s’agit sûrement du départ en vrille d’un de ses nerfs affectés par une dégénérescence crypto-parkinsonienne de moins en moins dissimulable.

Alors, comme beaucoup, nous nous aventurons à parler ici d’un livre que nous n’avons pas lu, c’est pour cela que nous procéderons aux précautions oratoires que l’honnêteté intellectuelle impose, si tant est qu’elle existe : ce n’est qu’en prenant connaissance d’un court extrait de la somme politique chiraquienne, livré par le Nouvel Observateur, que nous est venue cette réflexion, et pour être précis, c’est une phrase en particulier qui engendra, en nous, l’irrepressible besoin de réaction intempestive. Dans les pages du réputé hebdomadaire, nous pouvons lire, au sujet de l’élection présidentielle de 2007 : « (Au soir de l’élection) chacun de nous écoute avec la plus grande attention chaque phrase, chaque mot qu’il prononce, guettant secrètement le moment où il citera sans doute le nom de celui auquel il s’apprête à succéder, ou même le remerciera du soutien qu’il lui a apporté. Mais ce moment ne viendra jamais. Pour ma part, je m’abstiens de manifester la moindre réaction. Mais au fond de moi je suis touché, et je sais désormais à quoi m’en tenir »

N’est-ce pas là, le plus beau moment de cinéma de la littérature politico-inutile française ? Chirac, le plus grand charlatan de l’histoire de la République, depuis 1790, le Prince des filous, celui qui a fait de la traîtrise et de la démagogie une profession de foi, celui qui a incarné l’immobilisme absolu, la bière et la soude, dans laquelle il trempait la Chambre Introuvable héritée de 1993, l’homme dont le testament politique fut « Mangez des pommes », monarque par défaut en 2002, le gaullisto-ringard drapé dans des postures faciles, crétines et démagogiques de Défendeur des Cultures et des Droits de l’Homme, l’homme du couteau dans le dos de VGE, bien plus brillant que lui, des frais de bouches de la Mairie de Paris, des emplois fictifs, des HLM, des faux chargés de mission, affaires desquelles il laissa lâchement la responsabilité à Alain Juppé – le meilleur d’entre eux deux, moins futé aussi – Louise-Yvonne Casseta, Michel Roussin, pour ne citer qu’eux, Chirac, le piteux limier, comploteur amateur de Clearstream s’entourant de bras cassés grandiloquents et mégalomaniaques comme Villepin, et tutti quanti, tente l’émotion.

Bref, Chirac fut un échec total et complet, l’évitement de la guerre en Irak mis à part, unique élément consistant accordable à son pitoyable actif. Aujourd’hui c’est une honte pour une personnalité politique que d’être taxée de chiraquien, sauf peut-être quand on se sent aussi incarné par l’esprit de mollesse, de démagogie et de droitdelhommisme cheap et concon, en somme sauf quand on s’appelle François Hollande. Sa présidence a été oubliée comme une odeur de renfermé après l’ouverture d’une fenêtre. Son « Temps présidentiel » aurait pu s’intitulé « Temps de perdu » pour la France. Il laisse l’image d’un stratège d’opérette, un politicien malhonnête et sauceur, égalant avec peine, sur la forme, un pantomime piètre et caricatural d’un mauvais vaudeville de Dumas fils.

De Chirac il ne restera rien, mises à part ses engeances tristement célèbres, ses hères, inspirant leur philosophie de vie de ses façons  – « saucez, saucez, il en restera toujours quelque chose » – et notamment Michèle Alliot-Marie, dont on connaît la fin de carrière lamentable… une chiraquienne pêchant par excès de gourmandise ? Rien de plus naturel, c’est génétique,  un chiraquien est un être composé à 70% non pas d’eau mais de béchamel.

Enfin, Chirac ne vaut vraiment pas qu’on lui accorde plus de temps, il nous en a déjà assez fait perdre. Remarquons juste que, dela part d’un vieux loup de mer n’ayant jamais navigué qu’en eaux troubles, madré comme un goupil, roué comme verrat, il est étonnant d’assister à une telle exposition de son amertume face à ce qui n’était, politiquement, qu’un calcul basique et tout à fait compréhensible, qu’il se serait sûrement passé sans vergogne à la place de Sarkozy, Brutus vainqueur. Mais que diable ! Ce n’est tout de même pas au vieux singe qu’on apprendra a faire la grimace !

Au jusant de sa vie, l’ex-président, ce César décati et grotesque – pourtant homme fort culte, à qui l’on saura grand gré d’avoir réhabilité le puissant néologisme rimbaldien « abracadabrantesque » –  se retrouve, comme le poète, à la poupe d’une absurde croisière politique, son triste cœur bavant, son cœur plein de caporal. Ultime coup d’esbroufe d’un fieffé coquin – qui ose faire un procès en ambition démesurée à son successeur – ou élan sincère d’une fin de carrière pathétique, bien que réussie aux yeux du monde ? Chirac « touché », en sa sensibilité d’homme ou en son orgueil de sauceur déchu et renié ? Tout est laissé au bénéfice du doute, nous ne saurons jamais. Il reste que, à l’image de cette phrase, nous retournant sur ce que fut Jacques Chirac, plus que l’envie de satire, c’est la pitié qui nous prend.

Pour toute cicatrice, il n’aura laissé dans l’histoire, qu’une vilaine tache de vanité, d’illusion et le sonnant sacrifice des intérêts communs sur l’autel de la très sainte Sauce.

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MAM au FMI ou le procès de la honte

Posté par gramier le 21 mai 2011

« Un coup de tonnerre » ! Les Français chavirés par l’ignoble traitement réservé à leur favori ! Lui, qui a si bien su servir la France et qui devait encore la servir par son aura, sa prestance, sa compétence reconnue de tous, lui faire ceci ! Atterrante, inique, excrémentielle, immorale et crasseuse : c’est ainsi que l’on pourrait qualifier l’image que donne la justice d’elle-même, dans cette histoire.  

Certes, il y a eu péché, mais alors, n’a-t-on pas le droit de céder, le temps d’une valse à peine, aux pulsations vitales qui vous assaillent quand on a le destin d’une partie de l’humanité entre ses mains ? Le poids de la charge, le sacerdoce que cela représente, le dévouement absolu à la cause d’une Humanité heureuse, à l’accomplissement de lendemains meilleurs que tout cela suppose ? Balayé ! Oublié !

Jaillit cette sentence : « Qui n’a jamais perdu une seconde la maîtrise de son être et des passions qui l’habitent, lance donc la première pierre ! Qui ne s’est jamais passé une envie friponne vienne à la barre vilipender la victime expiatoire de nos ressentiments populaires ou se taise à jamais !

Entendre pis que pendre d’une seconde d’égarement, ou plusieurs, ne génère-t-il pas, en nous, la plus grande affliction qu’il soit ? Inconvenant au plus haut point, quasiment malhonnête, au moins intellectuellement, voilà ce que toute cette mascarade, cette curée, cache d’effroyable et d’ignominieux.

Si  nous avions eu le talent de Rimbaud, l’inspiration démonique nous aurait-elle peut-être susurré ce vers sarcastique à la plume, vers dont nous désirons éclabousser ce nouveau 21 Janvier cathartique et infectieux : «  Des Peaux-Rouges criards t’avaient donc pris pour cible et t’avaient cloué nu, au poteau de couleurs ! » Eh oui, nous sommes comme ça ! Eh oui, nous assumons le risque de l’opprobre ; mais  avec cet homme abattu, tel un innocent perdreau s’étant pris pour Icare, ô comble, nous voulons nous aussi nous avilir, par compassion, par conviction : celle qu’une âme telle que l’était le patron du FMI ne mérite pas tout ça. A ceux qui veulent faire triompher le droit en immolant cette grandeur traquée et déchue, nous voulons dire : Messieurs les procureurs, c’est ici Montesquieu que vous insultez et Antigone que vous souillez !

Ah, on me dit que Dominique Strauss-Kahn n’est plus le patron du FMI ? Mais qui a parlé de Dominique Strauss-Kahn ? Personne ! Naturellement, il y aura eu méprise : c’est FMI qui portait à confusion ! Quelle erreur ballotte ! Alors, non, remettons les choses en place, il ne s’agit pas du patron du Fond Monétaire International, mais bien du patron de l’association des sauceurs en retraite, sorte de « vie montante » pour le 4ème âge de la politique: FMI pour « Fromage, Musette & Indigestion» : Fromage : parce qu’on s’l’est bien partagé ! Musette: parce qu’on a fait un putain de bringue et durant des années ! Indigestion : parce qu’on s’est pas rendu compte mais la mie du quignon était spongieuse et c’est traître la mie spongieuse, en somme, on a saucé à s’en faire péter la vésicule biliaire ! Et naturellement, le grand patron c’est Jacques Chirac, ou Jackie la Canette dans l’asso.

Oui, alors, voilà : on était en train de dire que c’était vraiment dégueulasse de le traîné Jackie en justice pour abus des bonnes choses ! Quelques emplois fictifs ? Faut quand même pas pousser ! C’est pas la mort du p’tit ch’val ! Alors, un non-lieu Pépé Brin d’Amour, aka Le Scipion des Hauts-de-Seine, aka Charles Pasqua et on enverrait Jackie à la Santé alors que l’UMP a déjà payé l’addition ?! C’est scandaleux, faut vraiment être un sacré sans–cœur pour oser traîner dans la boue l’honneur d’un homme pour un petit excès de sauce !

Michèle Alliot-Marie aka Madame Tajine aka Gribiche Airlines, en tant que grande sauceuse devant l’Eternel et pressentie comme future patronne, pour ses hauts exploits, nous explique : « Un emploi fictif dans la vie d’un homme politique, c’est comme un éclair au café pour un diabétique à Pentecôte, c’est la petite mousse de derrière la cravate et sa cacahouète à la sortie du boulot, la pastille Vichy d’après le repas, c’est le pas de danse de la vieille fille seule devant sa glace sur « Parlez-moi d’amour », en somme, c’est le p’tit plaisir de la vie qui permet d’affronter le quotidien avec un peu de glucose, les temps sont si durs… L’emploi fictif, c’est péché mignon, c’est gentillet, ça mange pas de pain, c’est cocasse ! Alors, un ancien président de la République, qui plus est nous a tellement peu contrariés… en ne faisant rien, ben si ça a pas le droit à quelques petits emplois par-ci, par-là, c’est qu’y vraiment un truc qui tourne plus rond ! Hein ? Soyons honnêtes, reprenons-nous, voyons, un peu de tenue ! Vous avez vu ce Papy gâteau, il a l’air tellement inoffensif qu’on lui en donnerait le bain ! »

Persécuter ainsi cet homme, c’est bien la preuve que les balais ont pris possessions de l’orifice interdit de cette société rigoriste, inquisitrice et sentencieuse, réunion inhumaine de calvinistes qui ont perdu la saveur de la vraie fête, de la gouaille, de la guinche, du sens de la vie qui est de faire honneur à la corne d’abondance, quitte à, parfois, devoir prendre un jus de citron… Mais bon, est-ce vraiment condamnable ?

A la société du bouillon cube et de la réduction, héritée de Chirac, nous avons préféré société de la moutarde premier prix, c’est un choix moral que nous payerons… pas lui !

Publié dans Badinerie, Chirac, MAM | Pas de Commentaire »

 

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