Je fais la carpe, tu fais le lapin?

Posté par gramier le 6 juin 2011

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« Tout est dans tout, et réciproquement«  Michou

Quelle révolution dans les mœurs que les mariages transgenres qui permettent de chavirer les normes infamantes et liberticides d’une société de l’exclusion de l’altérité, de la fermeture, de la négation de l’homme et de la femme dans leur surmoi vagino-rectal. Quelle infamie, à l’heure de l’IPad et de la cuisine moléculaire, de savoir qu’un état moyenâgeux,  la France, refuse à l’ensemble de ses citoyens les principes mêmes qui fondent son unité nationale : la Liberté et l’Egalité, et par là, se nie lui-même. Les symboles dépassés et castrateurs de cette culture judéo-chrétienne qui écrase, avilit, frustre, nie, aveugle et radicalise – cette culture qui impose, par la force et le meurtre, le primat monopolistique de l’hétérosexualité en tant que modèle, de même que les nazis imposèrent en leur temps, le modèle aryen – sont un appel à la transgression pour que cette devise gravée avec force burins et marteaux au fronton des écoles de notre République, puisse un jour faire sens.

N’est-il pas odieux, inhumain, criminel même, que d’immoler ainsi la multiplicité objective et la complexité inversée des identités génito-sexuelo-sociales en leur perspective mégalo-archéotypique d’une émancipation plurielle ? Et ce, dans l’acception de la diversité comportementale depuis une anti-contrainte primitive jusqu’à la négativité déficiente du moi reflexif démodèlisé ?

Pour l’invention d’une nouvelle forme prototypique et multisexuelle d’orientation ano-sociétale, il s’agit de retourner la transgression pour dévier la norme, et en faire une redéfinition auto-dynamico-constructiviste et démostructurante d’elle-même. Il est plus que pressant de libérer le moi éducatif moulé dans le rigorisme et le sentiment dénégatif imposé par les élites conservatrices luttant contre le progrès, de son carcan intellectuel passéiste.

Heureusement, nous avons en France des résistants tels que Noël Mamère, feus Guillaume Dustan et Michel Foucault, Nathalie Artaud, Patrick Sébastien, Catherine Millet, Gérard Miller, défenseurs de l’universalité pluri-égotique de l’amour, progressistes et véritables pourfendeurs de cette société étriquée. Il y surtout des héros ordinaires, des visages militants de ce combat essentiel. Et la preuve nous est venue ce week-end, de Nancy, ville dans laquelle, la loi inquisitrice s’est vue infliger un revers cuisant, façon attentat d’Anagni. La mairie se voyait contrainte de marier un homme de 59 ans devenu femme et lesbien, mais resté homme pour l’état civil, avec sa partenaire de 32 ans sa cadette femme mais lesbienne. Le premier mariage lesbien transgenre « hétémosexuel » a-t-il quelque chose de choquant ? Au contraire ! Quelle victoire ! Quelle avancée ! Quel progrès ! Formidable ! Cela méritait bien une petite marche des fiertés « lesbiennes, gay, bi et trans », pour fêter l’issue heureuse de cette bataille.

Mais le combat ne fait que commencer ! Comme le rappelait un réputé ministre, le 31 janvier 1991 à la manifestation Gay Pied : « La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages ». Car tout reste à faire. Et combien de Stalingrad encore avant que la morale, mitée de morgue paulinienne, tombe avec le mur des tabous, telle une statue de Lénine après la chute du Mur ? Le droit inaliénable du sexe à disposer de lui-même, à l’interexpérimentalité désorientatrice et décontingentée, pour qu’enfin les parents ne soient plus empruntés en devant expliquer à leurs enfants ce dont on accuse DSK ou Georges Tron ! Pour qu’on en finisse avec le puritanisme et puisse contempler la génitalité aux heures de grandes écoutes, sans litote ni métaphore filée! Pour qu’on puisse aborder clairement la face cachée de la lune et l’autre rive des plaisirs coïto-séminaux sans honte, tous, ensemble, dans une diversité libératrice : une société qui jouit, qui aime, une société tactile et respectueuse, une société assumée de déhiérarchisation des reperds moraux, voilà le vrai combat !

Cette expérience fut prégnante… C’est d’ailleurs après cela que Villepin et Borloo ont pu être tentés par une alliance, elle aussi, contre les normes, pour que la nature reprenne ses droits. Qu’y a-t-il de condamnable dans une envie de saucer à deux, de croiser le croûton, de montrer quelle jouissance il y aura à partager un grand bol de sauce fétichisé ? Rien ! Alors que les tenants de l’honnêteté politique aillent découvrir les plaisirs de la traite avec les traîtres plutôt que de juger arbitrairement, de pugiler allègrement. Ces deux là ont un tickets, ils ont évasé la corolle de leurs sens moral, pour une pratique assumée de l’interpénétration idéologique. Les barrières sont enfin tombées. Ils envisagent une union libre avant un mariage. Il veulent montrer que le modèle homogénético-politique de l’UMP ne correspond plus aux aspirations les plus profondes des électeurs de droite. Après un coming-out en homopolitique anti-majoritaire, ils veulent s’unifier pour dépasser et recréer une identité au-delà des sensibilités partisanes, bonnes pour les sachants imbus et élites politico-médiatico-sondagières, une sorte de républicanisme social et gaulliste picto-sociétal incluant un projet sur un axe hypradémocratique et radical, une généticité du respect et un nouvel abord participo-anticipatif et alternant des fonctions de pouvoir. Pour être plus clair, une modèle fondé sur une désegmentation structurelle atmo-didactique et crypto-discursive en pleine filiation apatho-profitocratique. En gros, ils veulent rappeler qu’ils avaient eux aussi droit d’accès au buffet et que c’est pas un futur ex-président autocrate qui va les en empêcher. Ils ont décidé de faire transgression commune, de renverser le subversif, de rassembler tout ce que la droite compte de sauceurs résistants, de Paillé, à Rama Yade, en passant par Bockel, Jégo, Morin, en somme, ceux qui, en plus de la collaboration, avaient fait de la soumission leur vocation mais qui, après qu’on leur a enlevé la réduction de veau et le quignon, ont fait de la dénonciation de la compromission, sur l’air des lampions, leur mission.

Attention : il s’agit là, de l’émergence protohétérotrophe d’un CNR moderne. C’est énorme ! Borloo tend la main à Villepin, qui tend la main à Bayrou, qui retrouvera donc Morin, qui l’a trahi… Certes, on est encore loin de la finalisation, ce ne sont que les préliminaires d’une redéfinition du rapport incestueux et cathartique entre frères ennemis, mais les victoires, même modestes, s’accumulent : la Confédération des Centres, puis, ce dialogue étrange…

Ah ! La Liberté des sauceurs à disposer de leur propre fond de plat, de leur propre bol, de leur propre quignon. Et si, par le plus grand des hasards, ils venaient à ne pas être au second tour en 2012, lors de l’élection, qu’au moins, ils puissent faire perdre l’UMP pour dévoiler au grand jour combien le modèle hyperprésidentiel sarkozyste est dépassé, combien cette imposture est devenue l’ictère catarrhale d’une démocratie asphyxiée.

Ce qui est fort c’est que « à la manière de et contrairement à » Eric Besson ou Jean-Pierre Soisson, ils veulent croire en la victoire prochaine l’altérité dédouannée et assumée du changement intempestif de crémerie. Ils croient en eux-mêmes. Certes, ils ont de gros besoins mais ils savent les assouvir, au-delà des qu-en-dira-t-on éphémères. Ad libitum salsa…

Dans ces deux événements, rien d’épisodique, « it’s the begining of a new age » chantait l’interprète de « take a walk on the wild side ». Seulement des grandes promesses d’un futur nouveau et heureux. Une expectative radieuse, pleine d’aspirations profondes à enfin pouvoir reconstruire un sens défécondateur de la jouissance, goûter le suc de la permission transgressée, sans chaînes – amateurs de sensations SM mis à part – car nous le savons tous, au-delà des paroles, l’obsession vitale de tout être humain reste: tremper l’biscuit.

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Parole de sauceur anonyme…

Posté par gramier le 12 mai 2011

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Par Chybrock, plume amie

Il y eut jadis le baptême de Clovis, le sacre de Charlemagne, l’élection d’Hugues Capet, la bataille de Bouvines, Jeanne d’Arc et Charles VII, Marignan, l’édit de Nantes, Louis XIV, la révolution, Valmy, Napoléon, les Républiques, le Front populaire, la Libération, De Gaulle, Mitterrand, ce qui a façonné et façonne ce vieux pays qu’est la France.

Le jeudi 12 mai 2011 sera à tout jamais marqué du sceau de l’Histoire, dans la droite ligne des évènements qui forgent pour toujours l’unité d’un pays. Et bien que se passe-t-il, à quoi assiste-t-on ? Pourquoi cet exercice d’Histoire immédiate, tel Chateaubriand commentant la prise de la Bastille ? En ce jour béni, la France est peut être sauvée, une rupture est en marche, le début d’une ère de renouveau, d’espoir, d’espérance, peut être même s’agit-il d’un nouveau 18 juin 1940.

Car en effet, ça y est ! IL l’a fait ! Oui, nous pouvons exulter de joie, ce moment tant attendu est arrivé, Français vous êtes sauvés, vous avez été entendus, vos prières, voeux (vaches, cochons) seront exaucées. On ne vous a pas abandonnés, n’ayez crainte, votre destin est en marche, le GRAND HOMME s’est levé. Qui ? Quoi ? Comment ? Le GRAND HOMME, car c’est ainsi qu’Hegel, n’en doutons pas, l’aurait reconnu si sa Phénoménologie de l’Esprit était en cours d’écriture. Le GRAND HOMME c’est celui qui fait l’Histoire, qui réussi à faire de sa vie le destin d’une nation, d’un peuple tout entier. Celui qui saisit ce qu’Aristote appelle le kairos, le moment opportun, l’instant décisif où il se révèle au monde et lui donne cette inflexion qui imprimera sa marque pour les siècles des siècles.

Amen ! Ite missa est ! Mais alors, les chrétiens ont raison ? Fêter la naissance et la mort de ce Jésus-Christ tous les ans depuis deux millénaires, leurs efforts auraient-ils enfin payés ? A force de louanges et de prières, IL se serait enfin décidé à revenir, à soulager le monde de ses misères et de ses malheurs. En ce 12 mai 2011, et après tout pourquoi pas, l’Apocalypse se réalise, le sauveur est parmi nous. Qui est-il ? Comment s’incarne-t-il cette fois-ci ?
Notre curiosité est aiguisée, notre cœur palpite à l’idée de découvrir qui le Très Haut a élu.

Au risque de flirter avec l’hérésie et de décevoir les croyants les plus fervents, il faut rassurer tout de suite le lecteur, ce GRAND HOMME n’est pas le Très Haut lui-même, ni son fils ou un de ses parents. L’évènement majeur de ce jour n’est donc pas lié à l’annonce de candidature de Dominique Strauss-Kahn (saint) patron du FMI à l’élection présidentielle à venir. Et bien, non, il semble que se soit plutôt à droite que cela se joue, car en 2011,  le GRAND HOMME ne peut être que politique, ce n’est plus un roi, un général ou une vierge mystique, cela aurait un air de déjà vu, ce n’est pas encore un PDG, un rappeur ou une chanteuse. Patience, il est trop tôt.

Alors oui, IL a parlé, IL l’a fait, le masque est tombé. Désolé François, pardon Dominique, vous l’aurez compris, il ne s’agit pas de vous. Mais rassurez-vous ce n’est pas non plus votre meilleur ennemi Nicolas Ier. Non ce GRAND HOMME c’est, roulement tambour, tapis rouge
: YVES JEGO. Alors ? Heureux ? Surpris ? C’est vrai qu’on dit dans la Bible que les derniers seront les premiers, mais là tout de même il fallait y penser, Yves Jégo, c’est fort, on n’aurait pas cru, c’est qui ? Que se passe-t-il ?

Et bien Yves Jégo a annoncé aujourd’hui qu’il allait quitter l’UMP.
Quel courage, on voit la détermination d’un homme qui se lève et dit :
« NON ! Je ne serai pas complice, je ne l’accepte pas, MOI, Yves Jégo, j’invite les militants, les responsables, toutes les bonnes volontés qui se trouvent dans le parti ennemi, ou viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi ». Ah ! L’appel d’Yves Jégo du 12 mai 2011, ça laisse songeur, l’Histoire de France tourne une nouvelle page, à n’en pas douter cet évènement majeur est… INSIGNIFIANT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Alors pourquoi, me direz-vous, tant d’emphases, d’effet d’annonce ? Et bien cette question il faut la retourner au journaliste qui croit qu’un fait, comme la démission de l’UMP de M. Jégo mérite une dépêche AFP. Chacun conviendra que les états d’âme de M. Jégo, autrefois porte-flingue du candidat Sarkozy, la France entière s’en désintéresse, alors pourquoi y consacrer du temps et des ressources ?
L’absence de notoriété de Monsieur Jégo n’est pas à démontrer, elle est évidente, ancien ministre, beaucoup l’ignorent, il n’est pas plus connu que l’arrière grand-oncle d’un cousin lointain par alliance.

Alors de grâce, journalistes, plumes, gratte-papiers, pigistes, stagiaires, épargnez-nous ! Faites votre travail, hiérarchisez les faits, relativisez, mettez-les en perspective, triez, concentrez-vous ! Informez-nous, ne nous noyez pas dans l’insignifiance, instruisez-nous intelligemment. La foule le réclame, elle a faim, soif, prête à s’abreuver à n’importe quelle source. Ne profitez pas de cette boulimie frénétique, de cette abondance de faits et de médias pour nous servir une soupe infâme, sans goût et sans utilité aucune.
L’attente est forte, une élection présidentielle passionne, chacun veut participer au débat qui s’ouvre, se forger sa propre opinion. Une dépêche AFP sur Yves Jégo est un bouillon d’information, il est impossible de descendre plus bas, plus au fond de la médiocrité et de la bêtise. Ce Badinguet en mousse cheap qui se croit revenu aux temps d’un radicalisme troisième République bon teint. Epoque bénie où les nullités dans son genre étaient certaines d’arriver au sommet d’un système où la rouerie, l’opportunisme et la combine étaient le seul ascenseur possible en politique.

Cessez cette jachère intellectuelle dans laquelle vous somnolez depuis trop longtemps, Yves Jégo n’a pas plus d’intérêt que tout autre illustre anonyme, lui consacrer une dépêche AFP est totalement hors de proportion. C’est lui accorder une importance qu’il ne mérite pas, éveiller en nous un désintérêt qui va déjà bien au-delà de l’indifférence qui lui est due, comme à moi, comme à vous, comme à tout anonyme, même si celui-ci a siégé au Gouvernement de la France.
Le fait est qu’il n’y a pas particulièrement brillé, qu’on se souvienne de la crise dans les DOM-TOM en 2009, alors qu’il retourne dans la fange d’où on l’a tiré. Sa place y est toute trouvée aux côtés de nous tous, le commun des mortels.

Il l’a eu sa chance, celle-ci ne s’est pas arrêtée, tant pis mais c’est ainsi. Il faut l’accepter ou disparaître. La France se meurt, des Yves Jégo pullulent dans le marigot politique, des élus de carrière, prêts à tout pour retourner leur veste et s’accrocher encore et encore à une micro parcelle de la miette d’un quignon qu’ils auront réussi à subtiliser au nez et à la barbe de leurs électeurs. Yves Jégo n’a aucune fierté, aucun amour propre, aucun honneur, après s’être accroché autant que faire se peut de 2002 à 2007 dans le sillage de la machine Sarkozy, il obtint de haute lutte un maroquin. Viré depuis pour son incompétence notoire et ses erreurs dans la gestion d’une crise, que ce monsieur accepte son rendez-vous manqué avec l’Histoire et nous évite ses atermoiements dignes d’une mauvaise comédie bollywoodienne.

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La Confédérations des Ventres

Posté par gramier le 9 mai 2011

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Confédération des Centres ! Rien qu’en lisant ces trois termes mis bouts à bouts, c’est l’ennui qui nous prend. 

Quelle est la différence entre un Suisse et un Centriste ? Les deux vivent dans une Confédération dans laquelle personne ne parle la même langue que son voisin, le sentiment national n’est fondé que sur l’amour de lucre. La seule différence vient donc du fait que la Suisse maintient le consensus depuis 1291, la Confédération des Centres, elle, l’a perdu avant même sa création. 

On peut lire ce matin que déjà, les principaux responsables commencent à se tirer dans les pattes à se méfier les uns des autres. Il faut dire qu’on a plus affaire à un carquois qu’à une nouvelle formation politique avec la réunion de flèches telles que Morin, Borloo, Charrette et Bockel ! Que du beau monde ! L’élite même d’une classe politique qui survit grâce à la transfusion de sauce depuis bien des années. Et ils mettent la dose ! Après avoir trahi ou suivi le sens du vent, comme tout bon centriste (tout le monde connaît cette blague très IIIème Rép : les Radicaux c’est comme les radis : rouges à l’extérieur, blancs à l’intérieur, mais d’abord, toujours près de l’assiette au beurre): ils se sont tous rompus l’échine à force de se courber devant le Prince, puis, dès lors que celui-ci apparaît affaibli et que sa popularité permet de douter fortement de son maintient à la tête des cuisines républicaines, on le fustige, on le bombarde de ses critiques les plus centristes, on pilonne la majorité qui vous a permis de survivre et on s’empresse de créer à grands renforts d’effets de manches, une Confédération des Ventres gargouillant. 

Tout cela est plus que logique. Le centrisme a toujours eu l’habitude de venir tremper son pain dans le fond de l’assiette de la droite plus dure. On ne peut pas d’ailleurs être un centriste de gauche ni un centriste du centre, en politique, se revendiquer centriste c’est être de droite : un conservateur qui a peur pour son matelas de Pascal avarement amoncelés, frissonnant pour sa chaussette et tremblant pour son livret A. Un centriste peut voter à Gauche si c’est DSK qui se présente ou encore un peu Hollande, parce qu’ils ne font pas peur et de toute manière préserverons ses intérêts, ses napoléons, ses cuillers en argent et ses emprunts russes hérités du grand-père. Car le centriste économise, le centriste agit en « bon père de famille », il ne joue pas l’avenir de son petit univers à la roulette des passions. Il est attentif, organisé, tout est bien ordonné dans sa tête, il s’offusque souvent de l’indécence des idées fortes qui menacent son équilibre. Le centriste, bien qu’en confédération et essayant de retrouver un semblant de vigueur, n’en sera jamais plus qu’un assureur tout risques, qui va à la cueillette aux idées, tout en faisant leçon à la cantonade. Leçon de quoi d’ailleurs ? De traîtrise ? De mauvaise éducation ? De crachage en soupe ? De veulerie ? D’appétit politique démesuré ?

En attendant, ce ne sera pas une leçon d’unité. Car si la Confédération des centres résulte de la négativité, de la rancœur de ceux qui ne peuvent plus saucer et comptent bien se refaire un accès à la corne d’abondance républicaine, c’est d’abord et avant tout un rassemblement de fieffés copains-coquins, des confrères la tambouille qui, on le sait, ont aussi pour point commun la détestation de leurs frères en Centre. A peine lancée, son instigateur, Arthuis, le sénateur moraliste calviniste, refuse de s’associer à l’image de famille car il craint, dit-il, que les intentions de X ne soient en fait que fourberie au service de Y qui est en moins bonne position que Z mais qui est tout de même plus… 

Le centre, qu’il soit à la sauce Commandant François « Massoud Guevara Raël » Bayrou ou à la sauce confédérale des confédérés du quignons, de toute manière, ne sera jamais que l’antithèse de l’engouement politique même, et un rassemblement de responsables ménageurs de chèvre et de choux, ayant table ouverte à de multiples rateliers… croient-ils… 

Il faut éliminer le Centrisme du paysage, c’est une gangrène qui ne sert qu’à engraisser ceux qui en confessent et prophétisent la foi erratique, au grand dam de leur propre foie sûrement plus en crise que la France de Sarkozy. Nous n’avons pas besoin de ces gens. Soit on est de gauche, soit on est de droite, si on sait pas, ben on trouve vite ou on la ferme ! 

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Borloo, radical…

Posté par gramier le 19 avril 2011

Borloo le social veut exister apprend-on ! C’est vrai qu’après avoir saucé – profité du système – comme une éponge durant ses dix années à arpenter les ministères et à charpenter les jolies journalistes ne résistant pas à son charme et à ses euros ravageurs, on comprend qu’il veuille dire merde. Ce n’est pas sans rappeler les crises d’ado des jeunes pubères de l’Ouest parisien qui, pour dire « fuck » décident de partir faire le tour du monde en catamaran ou d’organiser un rallye Chatou-Phnom Penh durant 8 mois, … c’est vrai que c’est plus salutaire que se mettre au crack ou d’organiser des tournantes…

Loin de moi l’idée de saper les saines envies de changement, de « break » de ces jeunes dont le surmoi cherche, de façon tout à fait honorable,  à orienter le vent de la révolte vers une prison de voiles blanches, poussant la barque de l’émancipation nécessaire vers de nouveaux rivages d’indépendance, plutôt que de le laisser souffler sur le brasier dévorant des passions insoumises de ces années ingrates. C’est que Borloo est objectivement un tiède, un point lâche, comme toutes les personnes qui pensent au centre. Dénué intrinsèquement et depuis l’origine de charisme – mis à part auprès de Valérie Létard et Laurent Hénard –, c’est au sein du centre l’ultra conservatisme, l’anti-révolution, la quintessence bourgeoise et philistine de l’immobilisme réactionnaire dont la caractéristique première est d’être en retard sur tout, à commencer par son temps, que Jean-Louis réside.

Royaume du clientélisme et de la chapelle, ceux qui se disent du centre sont comparables à des antiquaires/brocanteurs provinciaux qui, après avoir racheter aux bandes locales le butin de leurs dernières incursions dans les gentilhommières avoisinantes, sans goût ni panache, recèlent ces vieilleries qu’ils revendent ensuite à prix d’or à des ignorants. Leur magasin est un gourbi rangé façon déchetterie, selon l’ordre d’arrivée des breloques poussiéreuses, et dans lequel on retrouve de bonnes vieilles recettes, ces bonnes idées pleines de « bon sens » tel que Descartes l’entendait, c’est-à-dire des sortes d’opinions qui sont celles des nostalgiques de la République parlementaire dont l’idéal politique n’a jamais cessé d’être Antoine Pinay, le Obama de la IVème, Pinay l’animal politique, sentant autant le musc et la testostérone que Douste-Blazy. Borloo laissera une trace dans l’historie équivalente à celle que  grenouille a dû laisser dans le fond de sa culotte après avoir poussé pour se faire plus grosse que le boeuf et politiquement, il connaîtra le même destin.

Etre radical du centre c’est avoir un sens aigu des antinomies, et simplement aucune vision autre que celle de la sauce et du pouvoir. A trop bon, trop…

J’ai appris avec stupéfaction d’ailleurs que les « 2000 » jeunes radicaux suivaient Borloo dans sa fugue du bateau amiral UMP, comme d’un seul homme. Que Borloo quitte l’UMP, je laisse libre chacun d’en penser ce qu’il voudra, si tant est que cela vaille réellement le coût de perdre quelques secondes à se forger un point de vue sur une telle question à l’intérêt équivalent au taux du livret A ; mais que 2 000 jeunes voient dans cet acte un signe de bravoure totale, le retour d’un Magnin victorieux comme revient le Jedi, sentent le fameux « wind that shakes the barley » souffler et donc se disent « il est temps de s’armer, ou est la Bastille la plus proche s’il vous plaît ? » Laissez moi rire. L’adolescent attarder Borloo attend 60 pour faire sa crisette et entraîne avec lui des jeunes… déjà vieux.

Nous parlions du Livret A, voilà le symbole même de ce que représente le centre : gestion sûre, sans risque, patrimoniale, le centre est à la politique ce que le Livret A est à la Finance, ce que Johnny Haliday est au rock, Frédéric Lefèvre et Christine Boutin à la littérature politique.

Quand on se dit qu’on a le choix pour leader entre Hervé Morin – sauceur et traître –, François Bayrou – pas besoin d’épithète, la simple évocation de ce nom se suffit à elle-même, la personnalisation de l’idée même de Défaite, de Déroute, de Casse Pipe – et enfin Jean-Louis, on doit sûrement reprendre de ce délicieux whisky, non ?

Ce bon Jean-Louis, fort intelligent, courtois, n’est tout simplement pas content de n’avoir pu augmenter la ration de sauce fin 2010 en devenant Premier Ministre. Alors Jean-Louis boude, menace, sans perdre son sourire et son élocution de comptoir. Il s’entoure de tout ce que le monde politique a de stars : Fadela la Pasionaria inspectrice générale des affaires sociales au TE – jamais loin de l’assiette au beurre – et Rama – elle-même adolescente rebelle, notre Marianne d’ébène, qui s’exprime avec cet air frondeur et calme, empreinte de cette liberté qui s’assume contre tout ce qui est méchant et pas bien… elle reste un faire-valoir politique caractérisé d’abord et avant tout par son amateurisme et son autosuffisance – bref, que du beau monde, le cocktail parfait pour gagner une élection. Si l’on résume, Sarkozy a le vent en poupe, on vient se resservir d’un peu de langouste sauce truffée, Sarkozy dérive, on refuse de payer l’addition… les rats quittent le navire, et crache dans la soupe qui les a engraissés. C’est de la vraie politique en somme. « Moi y’en a plus saucer de cette réduction de beurre au calvados et au fenouil là ! Moi y’en a préparer ma propre casserole… »

Avec ARES – Alliance Républicaine Ecologique et Sociale, en résumé, ma poubelle – les Radicaux, les Centristes ne dérogent pas une fois de plus à leur éternelle ligne de conduite : ils sont les phoenix de ce cénacle politique, qui se pare avec eux de ses habits de veulerie, de fourberie, d’embourgeoisement, de petitesse d’esprit, et s’y drape comme une prostituée de luxe prise de pudeur se vêt après l’amour du drap souillé, linceul de ses dernières simulations orgasmiques monnayées au prix fort. Plutôt mourir avec Ségolène Royal qu’avec Bayrou et surtout Borloo, au moins on se sera battu pour des idées connes, mais nouvelles… je n’ai rien contre l’ancien, mais en politique, franchement, ça me fout le cafard !

Mais bon… saucera bien qui saucera le dernier…

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