Je fais la carpe, tu fais le lapin?

Posté par gramier le 6 juin 2011

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« Tout est dans tout, et réciproquement«  Michou

Quelle révolution dans les mœurs que les mariages transgenres qui permettent de chavirer les normes infamantes et liberticides d’une société de l’exclusion de l’altérité, de la fermeture, de la négation de l’homme et de la femme dans leur surmoi vagino-rectal. Quelle infamie, à l’heure de l’IPad et de la cuisine moléculaire, de savoir qu’un état moyenâgeux,  la France, refuse à l’ensemble de ses citoyens les principes mêmes qui fondent son unité nationale : la Liberté et l’Egalité, et par là, se nie lui-même. Les symboles dépassés et castrateurs de cette culture judéo-chrétienne qui écrase, avilit, frustre, nie, aveugle et radicalise – cette culture qui impose, par la force et le meurtre, le primat monopolistique de l’hétérosexualité en tant que modèle, de même que les nazis imposèrent en leur temps, le modèle aryen – sont un appel à la transgression pour que cette devise gravée avec force burins et marteaux au fronton des écoles de notre République, puisse un jour faire sens.

N’est-il pas odieux, inhumain, criminel même, que d’immoler ainsi la multiplicité objective et la complexité inversée des identités génito-sexuelo-sociales en leur perspective mégalo-archéotypique d’une émancipation plurielle ? Et ce, dans l’acception de la diversité comportementale depuis une anti-contrainte primitive jusqu’à la négativité déficiente du moi reflexif démodèlisé ?

Pour l’invention d’une nouvelle forme prototypique et multisexuelle d’orientation ano-sociétale, il s’agit de retourner la transgression pour dévier la norme, et en faire une redéfinition auto-dynamico-constructiviste et démostructurante d’elle-même. Il est plus que pressant de libérer le moi éducatif moulé dans le rigorisme et le sentiment dénégatif imposé par les élites conservatrices luttant contre le progrès, de son carcan intellectuel passéiste.

Heureusement, nous avons en France des résistants tels que Noël Mamère, feus Guillaume Dustan et Michel Foucault, Nathalie Artaud, Patrick Sébastien, Catherine Millet, Gérard Miller, défenseurs de l’universalité pluri-égotique de l’amour, progressistes et véritables pourfendeurs de cette société étriquée. Il y surtout des héros ordinaires, des visages militants de ce combat essentiel. Et la preuve nous est venue ce week-end, de Nancy, ville dans laquelle, la loi inquisitrice s’est vue infliger un revers cuisant, façon attentat d’Anagni. La mairie se voyait contrainte de marier un homme de 59 ans devenu femme et lesbien, mais resté homme pour l’état civil, avec sa partenaire de 32 ans sa cadette femme mais lesbienne. Le premier mariage lesbien transgenre « hétémosexuel » a-t-il quelque chose de choquant ? Au contraire ! Quelle victoire ! Quelle avancée ! Quel progrès ! Formidable ! Cela méritait bien une petite marche des fiertés « lesbiennes, gay, bi et trans », pour fêter l’issue heureuse de cette bataille.

Mais le combat ne fait que commencer ! Comme le rappelait un réputé ministre, le 31 janvier 1991 à la manifestation Gay Pied : « La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages ». Car tout reste à faire. Et combien de Stalingrad encore avant que la morale, mitée de morgue paulinienne, tombe avec le mur des tabous, telle une statue de Lénine après la chute du Mur ? Le droit inaliénable du sexe à disposer de lui-même, à l’interexpérimentalité désorientatrice et décontingentée, pour qu’enfin les parents ne soient plus empruntés en devant expliquer à leurs enfants ce dont on accuse DSK ou Georges Tron ! Pour qu’on en finisse avec le puritanisme et puisse contempler la génitalité aux heures de grandes écoutes, sans litote ni métaphore filée! Pour qu’on puisse aborder clairement la face cachée de la lune et l’autre rive des plaisirs coïto-séminaux sans honte, tous, ensemble, dans une diversité libératrice : une société qui jouit, qui aime, une société tactile et respectueuse, une société assumée de déhiérarchisation des reperds moraux, voilà le vrai combat !

Cette expérience fut prégnante… C’est d’ailleurs après cela que Villepin et Borloo ont pu être tentés par une alliance, elle aussi, contre les normes, pour que la nature reprenne ses droits. Qu’y a-t-il de condamnable dans une envie de saucer à deux, de croiser le croûton, de montrer quelle jouissance il y aura à partager un grand bol de sauce fétichisé ? Rien ! Alors que les tenants de l’honnêteté politique aillent découvrir les plaisirs de la traite avec les traîtres plutôt que de juger arbitrairement, de pugiler allègrement. Ces deux là ont un tickets, ils ont évasé la corolle de leurs sens moral, pour une pratique assumée de l’interpénétration idéologique. Les barrières sont enfin tombées. Ils envisagent une union libre avant un mariage. Il veulent montrer que le modèle homogénético-politique de l’UMP ne correspond plus aux aspirations les plus profondes des électeurs de droite. Après un coming-out en homopolitique anti-majoritaire, ils veulent s’unifier pour dépasser et recréer une identité au-delà des sensibilités partisanes, bonnes pour les sachants imbus et élites politico-médiatico-sondagières, une sorte de républicanisme social et gaulliste picto-sociétal incluant un projet sur un axe hypradémocratique et radical, une généticité du respect et un nouvel abord participo-anticipatif et alternant des fonctions de pouvoir. Pour être plus clair, une modèle fondé sur une désegmentation structurelle atmo-didactique et crypto-discursive en pleine filiation apatho-profitocratique. En gros, ils veulent rappeler qu’ils avaient eux aussi droit d’accès au buffet et que c’est pas un futur ex-président autocrate qui va les en empêcher. Ils ont décidé de faire transgression commune, de renverser le subversif, de rassembler tout ce que la droite compte de sauceurs résistants, de Paillé, à Rama Yade, en passant par Bockel, Jégo, Morin, en somme, ceux qui, en plus de la collaboration, avaient fait de la soumission leur vocation mais qui, après qu’on leur a enlevé la réduction de veau et le quignon, ont fait de la dénonciation de la compromission, sur l’air des lampions, leur mission.

Attention : il s’agit là, de l’émergence protohétérotrophe d’un CNR moderne. C’est énorme ! Borloo tend la main à Villepin, qui tend la main à Bayrou, qui retrouvera donc Morin, qui l’a trahi… Certes, on est encore loin de la finalisation, ce ne sont que les préliminaires d’une redéfinition du rapport incestueux et cathartique entre frères ennemis, mais les victoires, même modestes, s’accumulent : la Confédération des Centres, puis, ce dialogue étrange…

Ah ! La Liberté des sauceurs à disposer de leur propre fond de plat, de leur propre bol, de leur propre quignon. Et si, par le plus grand des hasards, ils venaient à ne pas être au second tour en 2012, lors de l’élection, qu’au moins, ils puissent faire perdre l’UMP pour dévoiler au grand jour combien le modèle hyperprésidentiel sarkozyste est dépassé, combien cette imposture est devenue l’ictère catarrhale d’une démocratie asphyxiée.

Ce qui est fort c’est que « à la manière de et contrairement à » Eric Besson ou Jean-Pierre Soisson, ils veulent croire en la victoire prochaine l’altérité dédouannée et assumée du changement intempestif de crémerie. Ils croient en eux-mêmes. Certes, ils ont de gros besoins mais ils savent les assouvir, au-delà des qu-en-dira-t-on éphémères. Ad libitum salsa…

Dans ces deux événements, rien d’épisodique, « it’s the begining of a new age » chantait l’interprète de « take a walk on the wild side ». Seulement des grandes promesses d’un futur nouveau et heureux. Une expectative radieuse, pleine d’aspirations profondes à enfin pouvoir reconstruire un sens défécondateur de la jouissance, goûter le suc de la permission transgressée, sans chaînes – amateurs de sensations SM mis à part – car nous le savons tous, au-delà des paroles, l’obsession vitale de tout être humain reste: tremper l’biscuit.

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Politico-médiatico-gastronomique…

Posté par gramier le 28 mai 2011

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C’est vrai qu’on n’en parle pas assez. Mais dire « on n’en parle pas assez » revient à sous-entendre que les porte-voix ne font pas leur travail. Et comment le feraient ils alors que ce sont eux qui sont les premiers intéressés dans l’histoire qui suit! 

Préambule auspicieux : en avril de cette année, Rachida Dati venait commenter l’actualité politique sur le plateau du Grand-Journal et ce, en tant que grande copine de Michel Denisot, qui avait convié cette dernière à sa table comme on invite une bonne copine à déjeuner. Son intervention portait plus particulièrement sur les saillies drolatiques de Claude Guéant concernant l’immigration. Bref, le plus intéressant n’était pas tant cette première partie que la seconde, lorsque débarqua un autre grand convive de l’émission : FOG, venu présenté son dernier « brûlot » politique : Mes conversations téléphoniques avec Sarkozy ou plutôt « M. le Président » – dont Albénitz faisait la lecture commentée sur ce blog en son temps. Très rapidement, le sujet des relations incestueuses entre journalistes et responsables politiques avait été soulevé. Chacun autour de la table semblait concerné. Le malaise était palpable. FOG ayant Sarkozy au téléphone, Fillon envoyant un texto à Apatie, Eli Badou casé un temps avec Mazarine Pingeot. Les phrases jaillissaient, empruntées, de la bouche de chacun donnant l’impression d’un marché à la criée du lieu commun, cacophonie informe et incompréhensible, close par l’annonce penaude, ironique et « denisote » du Zapping. 

Pourquoi rappeler ceci ? Eh bien tout simplement parce que la tragédie strauss-kahnienne nous a, une fois de plus, démontré qu’il y a bien quelque chose de pourri au Royaume de France. En effet, Denis Jeambar, journaliste à l’hebdomadaire Marianne (voir article indigné), profitait de l’arrestation de DSK, pour sortir de sa réserve. N’étant du coup plus lié par son pacte de silence, il passait aux aveux. Oui, car les journalistes de Marianne, du Nouvel Observateur et de Libération étaient contraints au silence par un pacte, le « Pacte de la Sauce » scellé dans divers grands restaurants ! Et ce, par les clauses non-écrites d’un contrat moral passé avec DSK « pour la bonne cause ». 

La bonne cause : mettre fin aux agissement de l’horrible Nicolas Sarkozy qui n’a jamais fait que museler les média et réprimer la liberté d’expression dans ce pays. Dans les batailles, tous les moyens sont bons, même ceux employés par l’ennemi ! Le contrat moral : organiser le feu contre celui qui opprime les Français par son incompétence et pour cela, organiser le baroud d’honneur au Messie Américain. Les clauses non-écrites : DSK dîne avec vous, vous dit tout mais vous ne dites rien pour respecter le calendrier du FMI et des primaires qu’il va gagner. 

En somme, les journalistes avaient l’information sur les intentions de DSK depuis belle lurette et n’ont rien dit, faisant durer le plaisir telle la coupure de pub avant la proclamation de la décision du jury d’un mauvais jeu concours cherchant la prochaine étoile filante de vanité, destinée à briller, l’espace du quart d’heure de gloire wharolien, dans un firmament à hauteur de pâquerettes. 

Pourquoi nous « indigner » de cela ? DSK n’est-il pas l’époux d’Anne Sinclair ? D’ailleurs, nous ne nous indignons pas dans cet article, car nous méprisons cette indignation qui, par la plume parkinsonienne et sénescente de Stéphane Hessel, s’est répandue telle le choléra en tant de disette sur les esprits affamés de prêt-à-penser, affaiblis par trop de bouillon de culture, bouillon que le filtre de l’opinion télévisuelle a épuré du moindre oligo-élément de raisonnement réflexif, de contradiction et de vérité. 

Et si nous ne nous indignons pas, c’est au contraire une joie malsaine, presque lubrique qui nous prend et nous force à sourire. Se rappeler que ce qui importe, toujours et encore, c’est la sauce, la sauce et ce, éternellement. Se dire que le quatrième pouvoir appartient de plein droit à la cinquième colonne du Quignon, c’est sans conteste ce qui nous fait aimer la politique dans son sens large. Le Figaro, sur vendu, Libération, sur vendu, Le Nouvel Obs, sur vendu, Médiapart, vendu, Atlantico, sur vendu, Le Monde, vendu (et d’ailleurs quand il sort de la piste, les représailles sont directes, voir l’article de Renaud Revel) et la liste est longue ; restent La Croix, la presse people, les journaux locaux… et encore. Les journalistes ont besoin des hommes politiques et vice-vesa, Dassault, B,N & P, Rotschild ont investi et veulent contenter les clients de leur information… bref, nihil novi sub sole, cela reviendrait alors à faire un procès au journal La Croix pour son parti pris dans le débat sur la bioéthique : ce serait insensé.

Permettez nous donc d’être cyniques et de dire à tous ceux qui hurlent avec les loups à chaque fois qu’explose au grand jour une histoire de collusion entre la presse et le pouvoir : « vous hurlez avec ceux qui ne se gênent pas pour faire de même et peut-être pire ». La presse est, comme la politique, premièrement et avant tout là pour faire des ventes et nous divertir. Elle est le cervelet de la société du spectacle, tout comme le jeu démocratique d’ailleurs. 

Que ces journalistes aient tout su des intentions de DSK mais n’aient rien dit, c’est lamentable mais c’est très drôle, très excitant. On voit bien l’illusion totale dans laquelle vivait ce microcosme de bobos millionnaires – vous apprécierez ces expressions-slogans cheap et mélenchono-populistes. Ils croyaient pouvoir mener leur bataille tels des grands stratèges olympiens préparant la mission « Propagande ». Ramzy Khiroun se voyait déjà en nouveau Séguéla… Mais comme à Watterloo, il y a eu trahison, sauf que ce ne fut pas le fait d’un capitaine des carabiniers mais de l’Empereur lui-même. A broyeur médiatique, broyeur médiatique et demi ! 

Tous pourris ? Oui et non… Oui, si l’on fait précéder « tous » de « nous ». Non, parce que tout « sauceur » vit aux dépends de ceux qui l’écoutent. Dans la société de l’argent hypocrite et lycanthropique, il faut survivre. Il faut bien acheter de l’essence en oubliant de se rappeler combien de vies ont été détruites dans le Golfe de Guinée, sacrifiées sur l’autel de notre plein. Il faut bien acheter des jouets aux enfants à Noël et faire s’évanouir dans l’odeur de sapin, l’idée abjecte de ces enfants qui ont eux-mêmes fabriqué ces jouets. Alors qui sommes nous pour leur reprocher de nous servir avec égards l’information qu’on leur demande ? 

Le citoyen peut légitimement se sentir dérouter par ces impressions de mensonge constant, de cachotteries, de mépris des engagements et des promesses de ceux qui gouvernent notre pays et nos esprits. Qui se leurre encore en attendant du résultat des urnes des changements radicaux – même du bulletin Borloo, c’est un comble – ?! Alors, plutôt que de les attendre des autres, pourquoi ne commencerions nous pas à les exiger de nous-mêmes, ces changements ? Refuser la compromission au quotidien, refuser de fermer les yeux, de nier les valeurs qu’on affiche aux premiers effluves de réduction de veau… 

Dénoncer, s’indigner, rien de plus simple. S’appliquer ces règles à soi-même, comme il est de coutume de le dire au Mexique « Todo un rollo » soit une autre paire de manches. 

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Trois petits sondages et puis s’en vont…

Posté par gramier le 24 mai 2011

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La malédiction des bons sondages pour les présidentielles frappera encore.

Et aussi curieux que cela puisse paraître, Sarkozy sera confortablement réélu à la tête de l’Etat Français dans un an. 

Naturellement, les Français ne sont pas des imbéciles et ne tournent pas casaque aussi facilement. Pour l’instant, ils mettent les candidats déclarés au pinacle. C’est le cas de Hollande par exemple qui semble bénéficier de l’éviction de DSK du paysage politique. L’opinion publique se retrouve contrainte à trouver en lui l’homme de la situation pour 2012, par défaut. Faute de grives, ne mange-t-on pas des merles ? 

Eh oui, le raz le bol est encore bien présent dans le cœur des Français. Nous n’allons en énumérer une n-ième fois les multiples causes, mais il est certain que cette défiance à l’égard de la droite, aux commandes depuis 2002 sous l’égide de Sarkozy, est indéniable et très réelle. 

Nicolas Canteloup supposait que le lundi 16 mai, dans les corridors de l’Elysée, résonnait la musique poétique et enjoleuse de « La Fiesta », de Patrick Sébastien, signifiant par là la joie à recevoir ce cadeau à Sarkozy qu’est le sabotage de DSK par lui-même. Ce n’est pas tout à fait comme ça que l’Elysée réagit semble-t-il, mais dans le fond, le résultat sera le même. Un G8 en meneur des grands décideurs de ce monde, un enfant, une belle femme, une situation économique enviée par tous les pays européens sauf l’Allemagne, en situation de proposer au FMI la candidature d’une compatriote, malgré DSK – cet acte venant aussi légitimer la cohérence de l’action de Lagarde à la tête du ministère de l’Economie et des Finances, et donc de Sarkozy, ce coup serait un coup de maître (voir notre article sur Sarkozy et DSK au FMI ici), si
la CJR le permet –, éléments qui donneront au candidat Sarkozy, lors de la campagne, des avantages compétitifs essentiels pour ce qui est de la stature présidentielle. 

En somme, ce que beaucoup de commentateurs ne veulent pas dire, par plaisir pur de créer la surprise, c’est que sans DSK, le PS n’arrivera pas à ne pas se déchirer – Valls a retrouver ses canines de vampire suceur de plancher, Martine hoquette et gagne sans triomphe des cantonales « gâteau », François triomphe modestement avec cette même tête cérémonieuse au sourcil froncé de futur Président « normal », Royal se voit déjà en Présidente du Pouvoir d’Achat, Montebourg ne se sent plus de joie et ouvre un large bec… Marine Le Pen va se dégonfler comme une baudruche qu’elle est. Villepin prendre du sursis. Borloo ne se présentera pas. Bayrou continuera à vendre du rêve, et toujours pas de réalité. En somme, Sarkozy sera au second tour – à moins d’un nouvelle sortie telle que « casse toi pauv’con », mais cela est plus qu’improbable, Sarkozy n’est pas le dilettante qu’est DSK – et il sera bien dur au candidat PS, quel qu’il soit, de concurrencer un président sortant, machine politique rarement égalée, à la stature hautement et de plus en plus présidentielle malgré ses quelques casseroles. 

Aucun président de la cinquième n’a été fait par les sondages et ne le sera jamais. Les sondages fonctionnent comme un thermomètre des humeurs françaises, mais leur interprétation est équivalente à la science météorologique, dont Philippe Bouvard, spirituel, disait qu’elle est « la science qui indique le temps qu’il aurait dû faire ». Les augures sondagiers sont rarement des « open books », ils demandent calme et recul, leur sésame, la substantielle moelle, se trouvent à leur marge et leur frange, le corps de ce texte fumant n’étant souvent qu’un écran malicieux destiné à tromper les jeunes padawans aveuglés par leur exaltation, jouant aux haruspices roués. 

Vous nous direz, de là à faire de François Hollande un jeune et fougueux padawan… c’était une image, cela va sans dire (voir notre article sur Hollande Président). 

Si Sarkozy n’est pas tout proche de gagner, il est bien loin d’avoir perdu. 

Publié dans Aubry, Borloo, DSK, Elements de reflexion, Hollande, Lagarde, Parti Socialiste, Sarkozy | Pas de Commentaire »

Lagarde les pieds pris dans le Tapie…

Posté par gramier le 18 mai 2011

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Un nom revient: Lagarde.

Elle a tout, dit-on. L’expérience, l’autorité, la diplomatie, le parcours nécessaires. Bien que l’idée puisse remonter les tenants d’une représentation plus forte des nouvelles puissances économiques émergées – d’Amérique du Sud, d’Asie, d’Afrique, et autres BRIC – aux directoires des grandes institutions internationales, l’option française Lagarde, pour prendre en charge la direction du FMI à la suite de Dominique Strauss-Kahn, semble recueillir des avis très favorables et faire le consensus. 

Sans nécessairement se voir taxer de chauvinisme outrancier, reconnaissons le, ce serait un orgueil, tout de même ! En tout cas, une belle preuve que la France garde dans le monde une influence et un aura certains. D’aucuns y verront le chant du cygne de la diplomatie française – à la manière du groupe Marly essayant, le mardi 8 février dans une tribune au Monde, de rendre cette empreinte laissée par la France dans les enjeux politiques internationaux, ridicule et décadente, à des fins politiques – mais cette perspective n’en reste pas moins, selon nous, la preuve triomphante du contraire.  Cette perspective est réjouissante en premier lieu, parce que nous savons Mme Lagarde sage et profondément diplomate, ayant construit avec brio une carrière impressionnante fondée sur l’intelligence et à l’acuité, nous l’avons dit, mais, surtout, parce qu’il est plus rassurant de voir, à la tête de l’institution, une européenne empathique mais réaliste face à la crise grecque (de l’issue de laquelle dépend la stabilité de l’euro et l’avenir de l’Europe) plutôt qu’un non européen. 

Pourtant le ciel radieux de cette situation s’est fortement assombri.  Par quoi ? L’affaire Bernard Tapie. 

Affaire fort complexe : quinze années de procédures judiciaires intentées par l’homme d’affaires contre l’Etat suite à la liquidation de Groupe Bernard Tapie entre 1992 et 1993 et la vente litigieuse d’Adidas – Tapie disait avoir été floué par le Crédit Lyonnais sensé être son partenaire. Le 11 juillet 2008, le rendu de la décision du tribunal arbitral, composé par trois juristes de renom, sonnait la fin des hostilités. En effet, il condamnait le Consortium de Réalisation – en charge de la gestion du passif du Crédit Lyonnais – à verser 390 millions d’euros aux époux Tapie, dont 45 pour préjudice moral. 

Deux choses choquèrent après coup. On comprend moins l’une que l’autre. Tout d’abord, le mode de règlement du conflit : un tribunal arbitral. Pas de quoi faire un fromage, je ne suis pas juriste, on pourra toujours trouver des vices de forme dans la décision, mais, soyons honnête, ce feuilleton allait-il encore durer dix ans, vingt ans ? Un règlement « à l’amiable » était, selon nous, et même si le raisonnement semble léger, une honorable décision.

Ce qui se comprend moins vient de ce que la décision des trois juges, favorable à Tapie contrairement aux précédentes décisions de la justice, n’ait pas pousser le ministère des Finances à interjeter appel. Le CDR, organisme appartenant à l’Etablissement Public de Refinancement et de Restructuration, donc à l’Etat, aurait dû, au moins pour la forme, contester cette décision – les 45 millions d’euros pour préjudice moral méritaient bien un approfondissement et une confirmation…

Bref, un petit groupe de députés socialistes se sont emparés de l’affaire et sont bien décidés à ce que la Ministre Lagarde, en charge du dossier, réponde, devant la justice des ministres en exercices, de ses « décisions » engageant les deniers publiques.  Ces Fouquier-Tinville, tenant d’une « morale d’embrayage », à plusieurs vitesses, se sentent sûrement encore inspirés par Robespierre ou Jospin et, ainsi, portés par un désir irrépressible de République irréprochable – emprunt sarkozyste –, de justice triomphante et de dénonciation du copinage – c’est ce qui sous-tendent les poursuites engagées – mais ils s’attaquent, malheureusement, à la mauvaise personne. 

Que Lagarde ait été peu regardante dans toute cette histoire – ses déclarations dans la presse concernant les montants en donnent la preuve –, soit, mais n’avait-elle pas bien d’autres dossiers légèrement plus prenants à même époque ? On lit dans le Nouvel Obs qu’elle n’a fait que suivre, de loin, les suites d’un processus engagé avant son arrivée à Bercy… par Jean-Louis Borloo ! Et dont le suivi fut assuré par Stéphane Richard, actuel patron d’Orange, qui fut précédemment le directeur de cabinet de Borloo. 

Et oui ! Et Borloo, qui n’a jamais fini d’être le plus remarquable centriste de la terre, le plus grand radical (voir articles : ici ou ), en somme le plus impénitent des sauceurs de sa génération, n’était naturellement autre que l’avocat de Tapie, en ces temps lointains ? Sans vouloir faire de faux procès, avouons que le fruit du hasard apparaît légèrement blet…

On entend mieux pourquoi le dispositif a été mis en place alors qu’il était au Ministère des Finances. On comprend mieux pourquoi Lagarde n’a pas fait montre d’empressement au sujet de ce dossier puisqu’il était largement engagé lors de sa prise des commandes. On comprendra aussi aisément que face à la chute de Lehmann, à la faillite de Bear Stern, et à la crise des subprimes, son temps dédié au solde de l’affaire Tapie n’ait pas été gigantesque… ce qui se révèle avoir été une erreur.  Prise au piège Lagarde. Pas assez politique Lagarde. Et tout cela, toute cette affaire ne vient que corroborer ce que nous démontrons depuis le début de ce blog et ce que, de l’extrême droite et l’extrême gauche fustigent à des fins haineuses – contrairement à nous qui en rions: 1.      Que les sauceurs-copains-coquins s’en donnent à cœur-joie dans les dépendances de la République, 2.     Qu’ils festoient et font bombance, roués aux us culinaires et républicains, agiles et habiles comme des chats par temps de disette,  3.      Que nos chevaliers de la légion d’honneur, ayant troqué l’amour de l’odeur du sang chaud sur les champs de bataille pour le fumet de la grand veneur, n’ont pour épée au fourreau, plus qu’un croûton à l’ail, 4.      Que la rapidité de ces « spadassins des cocktails » à le dégainer, ce croûton, n’a d’égales que l’agilité déployée pour s’approcher toujours plus prêt du buffet de Marianne et l’habileté qu’ils démontrent à le tremper sans qu’il ne goutte… 

Le souci dans cette histoire, relent nauséabond des années politicardes et sulfureuses de la gauche mitterrandienne comme de la droite chiraco-sarkozienne, c’est qu’elle ne fera pas qu’une victime, en règle générale la brebis innocence qui cache le troupeau de loups, mais deux : Lagarde et… une assurance de sursis pour la Grèce et l’Europe, rien de trop.
Mais que voulez vous ma bonne dame, la sauce nationale à ses raisons que la sauce internationale ignore… 
C’est lamentable mais c’est ainsi. 

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La Confédérations des Ventres

Posté par gramier le 9 mai 2011

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Confédération des Centres ! Rien qu’en lisant ces trois termes mis bouts à bouts, c’est l’ennui qui nous prend. 

Quelle est la différence entre un Suisse et un Centriste ? Les deux vivent dans une Confédération dans laquelle personne ne parle la même langue que son voisin, le sentiment national n’est fondé que sur l’amour de lucre. La seule différence vient donc du fait que la Suisse maintient le consensus depuis 1291, la Confédération des Centres, elle, l’a perdu avant même sa création. 

On peut lire ce matin que déjà, les principaux responsables commencent à se tirer dans les pattes à se méfier les uns des autres. Il faut dire qu’on a plus affaire à un carquois qu’à une nouvelle formation politique avec la réunion de flèches telles que Morin, Borloo, Charrette et Bockel ! Que du beau monde ! L’élite même d’une classe politique qui survit grâce à la transfusion de sauce depuis bien des années. Et ils mettent la dose ! Après avoir trahi ou suivi le sens du vent, comme tout bon centriste (tout le monde connaît cette blague très IIIème Rép : les Radicaux c’est comme les radis : rouges à l’extérieur, blancs à l’intérieur, mais d’abord, toujours près de l’assiette au beurre): ils se sont tous rompus l’échine à force de se courber devant le Prince, puis, dès lors que celui-ci apparaît affaibli et que sa popularité permet de douter fortement de son maintient à la tête des cuisines républicaines, on le fustige, on le bombarde de ses critiques les plus centristes, on pilonne la majorité qui vous a permis de survivre et on s’empresse de créer à grands renforts d’effets de manches, une Confédération des Ventres gargouillant. 

Tout cela est plus que logique. Le centrisme a toujours eu l’habitude de venir tremper son pain dans le fond de l’assiette de la droite plus dure. On ne peut pas d’ailleurs être un centriste de gauche ni un centriste du centre, en politique, se revendiquer centriste c’est être de droite : un conservateur qui a peur pour son matelas de Pascal avarement amoncelés, frissonnant pour sa chaussette et tremblant pour son livret A. Un centriste peut voter à Gauche si c’est DSK qui se présente ou encore un peu Hollande, parce qu’ils ne font pas peur et de toute manière préserverons ses intérêts, ses napoléons, ses cuillers en argent et ses emprunts russes hérités du grand-père. Car le centriste économise, le centriste agit en « bon père de famille », il ne joue pas l’avenir de son petit univers à la roulette des passions. Il est attentif, organisé, tout est bien ordonné dans sa tête, il s’offusque souvent de l’indécence des idées fortes qui menacent son équilibre. Le centriste, bien qu’en confédération et essayant de retrouver un semblant de vigueur, n’en sera jamais plus qu’un assureur tout risques, qui va à la cueillette aux idées, tout en faisant leçon à la cantonade. Leçon de quoi d’ailleurs ? De traîtrise ? De mauvaise éducation ? De crachage en soupe ? De veulerie ? D’appétit politique démesuré ?

En attendant, ce ne sera pas une leçon d’unité. Car si la Confédération des centres résulte de la négativité, de la rancœur de ceux qui ne peuvent plus saucer et comptent bien se refaire un accès à la corne d’abondance républicaine, c’est d’abord et avant tout un rassemblement de fieffés copains-coquins, des confrères la tambouille qui, on le sait, ont aussi pour point commun la détestation de leurs frères en Centre. A peine lancée, son instigateur, Arthuis, le sénateur moraliste calviniste, refuse de s’associer à l’image de famille car il craint, dit-il, que les intentions de X ne soient en fait que fourberie au service de Y qui est en moins bonne position que Z mais qui est tout de même plus… 

Le centre, qu’il soit à la sauce Commandant François « Massoud Guevara Raël » Bayrou ou à la sauce confédérale des confédérés du quignons, de toute manière, ne sera jamais que l’antithèse de l’engouement politique même, et un rassemblement de responsables ménageurs de chèvre et de choux, ayant table ouverte à de multiples rateliers… croient-ils… 

Il faut éliminer le Centrisme du paysage, c’est une gangrène qui ne sert qu’à engraisser ceux qui en confessent et prophétisent la foi erratique, au grand dam de leur propre foie sûrement plus en crise que la France de Sarkozy. Nous n’avons pas besoin de ces gens. Soit on est de gauche, soit on est de droite, si on sait pas, ben on trouve vite ou on la ferme ! 

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