Je fais la carpe, tu fais le lapin?

Posté par gramier le 6 juin 2011

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« Tout est dans tout, et réciproquement«  Michou

Quelle révolution dans les mœurs que les mariages transgenres qui permettent de chavirer les normes infamantes et liberticides d’une société de l’exclusion de l’altérité, de la fermeture, de la négation de l’homme et de la femme dans leur surmoi vagino-rectal. Quelle infamie, à l’heure de l’IPad et de la cuisine moléculaire, de savoir qu’un état moyenâgeux,  la France, refuse à l’ensemble de ses citoyens les principes mêmes qui fondent son unité nationale : la Liberté et l’Egalité, et par là, se nie lui-même. Les symboles dépassés et castrateurs de cette culture judéo-chrétienne qui écrase, avilit, frustre, nie, aveugle et radicalise – cette culture qui impose, par la force et le meurtre, le primat monopolistique de l’hétérosexualité en tant que modèle, de même que les nazis imposèrent en leur temps, le modèle aryen – sont un appel à la transgression pour que cette devise gravée avec force burins et marteaux au fronton des écoles de notre République, puisse un jour faire sens.

N’est-il pas odieux, inhumain, criminel même, que d’immoler ainsi la multiplicité objective et la complexité inversée des identités génito-sexuelo-sociales en leur perspective mégalo-archéotypique d’une émancipation plurielle ? Et ce, dans l’acception de la diversité comportementale depuis une anti-contrainte primitive jusqu’à la négativité déficiente du moi reflexif démodèlisé ?

Pour l’invention d’une nouvelle forme prototypique et multisexuelle d’orientation ano-sociétale, il s’agit de retourner la transgression pour dévier la norme, et en faire une redéfinition auto-dynamico-constructiviste et démostructurante d’elle-même. Il est plus que pressant de libérer le moi éducatif moulé dans le rigorisme et le sentiment dénégatif imposé par les élites conservatrices luttant contre le progrès, de son carcan intellectuel passéiste.

Heureusement, nous avons en France des résistants tels que Noël Mamère, feus Guillaume Dustan et Michel Foucault, Nathalie Artaud, Patrick Sébastien, Catherine Millet, Gérard Miller, défenseurs de l’universalité pluri-égotique de l’amour, progressistes et véritables pourfendeurs de cette société étriquée. Il y surtout des héros ordinaires, des visages militants de ce combat essentiel. Et la preuve nous est venue ce week-end, de Nancy, ville dans laquelle, la loi inquisitrice s’est vue infliger un revers cuisant, façon attentat d’Anagni. La mairie se voyait contrainte de marier un homme de 59 ans devenu femme et lesbien, mais resté homme pour l’état civil, avec sa partenaire de 32 ans sa cadette femme mais lesbienne. Le premier mariage lesbien transgenre « hétémosexuel » a-t-il quelque chose de choquant ? Au contraire ! Quelle victoire ! Quelle avancée ! Quel progrès ! Formidable ! Cela méritait bien une petite marche des fiertés « lesbiennes, gay, bi et trans », pour fêter l’issue heureuse de cette bataille.

Mais le combat ne fait que commencer ! Comme le rappelait un réputé ministre, le 31 janvier 1991 à la manifestation Gay Pied : « La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages ». Car tout reste à faire. Et combien de Stalingrad encore avant que la morale, mitée de morgue paulinienne, tombe avec le mur des tabous, telle une statue de Lénine après la chute du Mur ? Le droit inaliénable du sexe à disposer de lui-même, à l’interexpérimentalité désorientatrice et décontingentée, pour qu’enfin les parents ne soient plus empruntés en devant expliquer à leurs enfants ce dont on accuse DSK ou Georges Tron ! Pour qu’on en finisse avec le puritanisme et puisse contempler la génitalité aux heures de grandes écoutes, sans litote ni métaphore filée! Pour qu’on puisse aborder clairement la face cachée de la lune et l’autre rive des plaisirs coïto-séminaux sans honte, tous, ensemble, dans une diversité libératrice : une société qui jouit, qui aime, une société tactile et respectueuse, une société assumée de déhiérarchisation des reperds moraux, voilà le vrai combat !

Cette expérience fut prégnante… C’est d’ailleurs après cela que Villepin et Borloo ont pu être tentés par une alliance, elle aussi, contre les normes, pour que la nature reprenne ses droits. Qu’y a-t-il de condamnable dans une envie de saucer à deux, de croiser le croûton, de montrer quelle jouissance il y aura à partager un grand bol de sauce fétichisé ? Rien ! Alors que les tenants de l’honnêteté politique aillent découvrir les plaisirs de la traite avec les traîtres plutôt que de juger arbitrairement, de pugiler allègrement. Ces deux là ont un tickets, ils ont évasé la corolle de leurs sens moral, pour une pratique assumée de l’interpénétration idéologique. Les barrières sont enfin tombées. Ils envisagent une union libre avant un mariage. Il veulent montrer que le modèle homogénético-politique de l’UMP ne correspond plus aux aspirations les plus profondes des électeurs de droite. Après un coming-out en homopolitique anti-majoritaire, ils veulent s’unifier pour dépasser et recréer une identité au-delà des sensibilités partisanes, bonnes pour les sachants imbus et élites politico-médiatico-sondagières, une sorte de républicanisme social et gaulliste picto-sociétal incluant un projet sur un axe hypradémocratique et radical, une généticité du respect et un nouvel abord participo-anticipatif et alternant des fonctions de pouvoir. Pour être plus clair, une modèle fondé sur une désegmentation structurelle atmo-didactique et crypto-discursive en pleine filiation apatho-profitocratique. En gros, ils veulent rappeler qu’ils avaient eux aussi droit d’accès au buffet et que c’est pas un futur ex-président autocrate qui va les en empêcher. Ils ont décidé de faire transgression commune, de renverser le subversif, de rassembler tout ce que la droite compte de sauceurs résistants, de Paillé, à Rama Yade, en passant par Bockel, Jégo, Morin, en somme, ceux qui, en plus de la collaboration, avaient fait de la soumission leur vocation mais qui, après qu’on leur a enlevé la réduction de veau et le quignon, ont fait de la dénonciation de la compromission, sur l’air des lampions, leur mission.

Attention : il s’agit là, de l’émergence protohétérotrophe d’un CNR moderne. C’est énorme ! Borloo tend la main à Villepin, qui tend la main à Bayrou, qui retrouvera donc Morin, qui l’a trahi… Certes, on est encore loin de la finalisation, ce ne sont que les préliminaires d’une redéfinition du rapport incestueux et cathartique entre frères ennemis, mais les victoires, même modestes, s’accumulent : la Confédération des Centres, puis, ce dialogue étrange…

Ah ! La Liberté des sauceurs à disposer de leur propre fond de plat, de leur propre bol, de leur propre quignon. Et si, par le plus grand des hasards, ils venaient à ne pas être au second tour en 2012, lors de l’élection, qu’au moins, ils puissent faire perdre l’UMP pour dévoiler au grand jour combien le modèle hyperprésidentiel sarkozyste est dépassé, combien cette imposture est devenue l’ictère catarrhale d’une démocratie asphyxiée.

Ce qui est fort c’est que « à la manière de et contrairement à » Eric Besson ou Jean-Pierre Soisson, ils veulent croire en la victoire prochaine l’altérité dédouannée et assumée du changement intempestif de crémerie. Ils croient en eux-mêmes. Certes, ils ont de gros besoins mais ils savent les assouvir, au-delà des qu-en-dira-t-on éphémères. Ad libitum salsa…

Dans ces deux événements, rien d’épisodique, « it’s the begining of a new age » chantait l’interprète de « take a walk on the wild side ». Seulement des grandes promesses d’un futur nouveau et heureux. Une expectative radieuse, pleine d’aspirations profondes à enfin pouvoir reconstruire un sens défécondateur de la jouissance, goûter le suc de la permission transgressée, sans chaînes – amateurs de sensations SM mis à part – car nous le savons tous, au-delà des paroles, l’obsession vitale de tout être humain reste: tremper l’biscuit.

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Don Quichoque…

Posté par gramier le 3 juin 2011

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La démondialisation et le concept de Protectionnisme pourraient bien être, les deux faisant la paire, une des thématiques centrales de la campagne présidentielle. Et même si c’est une position tenue par la gauche de la gauche et l’extrême droite, elle a quelque chose de sage, une fois n’est pas coutume.

Nous avons eu vent d’une passe d’arme, à ce sujet, par interviews interposées, entre le tenant du capitalisme façon maîtres de forge mâtiné de réceptions mondaines entre copains-coquins et visiteurs du soir, Alain Minc, et le député robespierriste de Saône-et-Loire, le fringuant rhéteur Arnaud Montebourg.

Le premier rangeait, au détour d’une phrase furieuse, Marine Le Pen et le marchand de sable Montebourg, président du mouvement « Des Idées et des Rêves », dans la même catégorie, celle des « connards », entendez par là, les hérauts d’une critique de la mondialisation imposée par certains et subies par beaucoup. « Connards », élégant, constructif. Il semblerait que la fréquentation trop assidue des boudoirs de l’Elysée ait eu des effets inattendus sur le langage normalement châtié du notre Raspoutine paul-loup-sullizerisé. A moins que ce soit lui, qui, par ses excès de langage, insoupçonnés jusqu’alors, ait inspiré la plus glorieuse sortie de notre Président, le désormais anthologique « Eh ben casse-toi, pauv’con ». Qui de l’œuf ou de la poule…

Passée la circonspection, essayons de comprendre et d’analyser.

Alors, que l’obsession de régulation migratoire des représentants en idéologie low-cost de « Droite Populiste », puisse prêter le flanc aux insultes, on pourrait le comprendre. Les tragédies humaines, l’extrême émotion qu’elles peuvent susciter – on est encore sous le choc de cette barge de migrants partis de Libye ayant chaviré avec plus de deux cent cinquante personnes à son bord – mises à côté du « mais remettons les dans les bateaux » de la délicate députée Chantal Brunel, aurait pu nous y mener. Pourtant les tenants de l’immigration droitdelhommiste à la gauche de la droite, au centre, à la gauche du centre, à la droite de la gauche, au centre de la gauche, ni à la gauche de la gauche, n’y sont pas tombés.

Alors de trois choses l’une : soit les enjeux économiques portent plus au déchaînement des passions, parce qu’il s’agit d’argent… mais on ne va tout de même pas reprocher aux humanistes de ne pas être vulgaires, soit être de droite rend grossier, fort probable mais un peu court, soit que les enjeux de l’enracinement d’une idée de démondialisation dans la société sont tout simplement désastreux pour Monsieur Minc et ses puissantes connivences dont il se fait le zélé copain-avocat-conseil-guru-mégaphone, et les fait… s’emporter.

La problématique posée par les « démondialistes » se conçoit bien et s’énonce clairement : la mondialisation, sous couvert de libre échange, d’élargissement des opportunités et perspectives de croissance et de développement, a contribué à enrichir les tenants des capitaux, grâce à la délocalisation de la production dans les pays à bas coûts, et parallèlement, à la désindustrialisation des pays consommateurs, au chômage, à la contraction de dettes gigantesques et socialement mortifères, à la spéculation, à la crise financière, en somme, à beaucoup de nos maux actuels… La démondialisation et le protectionnisme qu’elle sert, notion nouvelle pour nous, dont nous traitions il y a peu sur ce même journal (ici), prêche le rapprochement de la production et de la consommation au sein d’une grande région telle que l’Europe.

La mondialisation a bien des aspects positifs, elle lie les nations, donne potentiellement accès à beaucoup de choses, elle évite les grandes guerres… Mais les guerres de tranchées et champs de bataille se muent aussi vite en guerres commerciales, dont on ne comptabilise pas les morts – famines, pollution – et en terrorisme meurtrier – né de l’utilisation déviante, par des fanatiques, de ce sentiment, exacerbé chez les plus exploités, d’être des victimes immolées sur l’autel du profit.

Le développement est d’une forte complexité et nous laisserons le lecteur cultiver la question, si cela lui sied, par ses propres moyens.

En écrivant  cet article que d’aucuns trouveront grotesque, à n’en point douter, ne naît pas en nous une foi en la pureté des intentions du procureur Montebourg – bien qu’il reste un des plus brillants éléments de sa génération de députés et, par sa verve et son implication, redore le blason de la fonction qui souvent s’étiole face à la pauvreté des interventions de nombreux jeunes loups de la politique ; Montebourg est une figure balzacienne dont l’ambition, même mue par la sauce, est plaisante et stimulante. L’homme est simplement la voix médiatique d’Emmanuel Todd. Todd pense, préface – co-écrit ? –, Montebourg signe, promeut Votez pour la démondialisation, puis se fait chantre et grave sur son curriculum, peu brillant pour un jeune de son âge, la paternité politique de cette idée – qui pourtant nous semble dédouanée de toute dépendance partisane –, croyant sûrement laisser sa cicatrice dans l’Histoire, à voir. Ensuite, est-ce que l’idée est réalisable ou non, ce n’est pas son problème immédiat, mais bien son argument électoral.

Lieu commun : le sentiment politique s’est profondément désenchanté. Les grandes promesses à bas coût – plus aucun sans-abris, le SMIC à 1500 euros par mois – que l’on savait purement démagogiques, sont mises naturellement au passif du candidat lorsqu’il se présente à nouveau devant les électeurs. Et aujourd’hui, l’électeur ne croit plus à grand-chose, refuse de penser, et vote par révolte puis par défaut, quand il vote. Mais, il y a les objectifs, les stratégies de long terme, les impulsions de longue haleine, qui font aussi la politique. Comment espérer changer le monde si on ne parle plus que de projets de limitation de l’immigration et de pouvoir d’achat par la relance des salaires… dont l’issue dépend d’ailleurs intimement du visage à venir de la mondialisation. Oser traiter ces sujets complexes avec les Français, ça ne sera sûrement pas payant électoralement, mais sur le fond, c’est digne d’un homme politique responsable que d’en faire la publicité et ainsi d’imposer le débat. Le temps de la démondialisation – courant sur une dizaine, vingtaine, trentaine d’années – n’est pas le temps des élections, seulement, nous avons aujourd’hui, plus que jamais, besoin d’idées nouvelles et fortes pour impulser et orienter l’avenir de notre société française, dans l’Europe et dans le monde. Pour autant faudrait-il que les élites invitent, comme il se doit, ceux qui les écoutent et aux dépends desquels elles vivent, à la réflexion, à l’élévation et au dialogue… Messieurs Minc et Ferry compris.

Nous ne votons pas à gauche, mais nous saluons les effets du plaidoyer de Montebourg intelligent pour lui-même et remercions Emmanuel Todd. Là où les intérêts particuliers servent les intérêts communs… belle leçon d’économie politicienne vertueuse !

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La phénoménologie de la sauce…

Posté par gramier le 1 juin 2011

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Sur le moment, il faut avouer qu’entendre telle accusation fracassante était pour le moins inattendu de la part du Philosophe Ferry.

Rappelons le contexte : Canal Plus, Grand Journal, Affaire DSK, la soi-disant omerta politico-journalistique sur la vie privée des puissants, au pays de Madame Claude. Invités : la directrice de Elle, l’ami JFK, gouailleur repenti, et l’ineffable sauceur Philosophe : Luc Ferry le mal nommé.

L’immortel Alain Duhamel – qui devait sans doute déjà tenir une chronique dans la première édition du Figaro en 1826 – remplaçait un Apatie absent. Comme de coutume, l’homme courtaud et replet gesticulait à la manière d’un mauvais comédien de boulevard, le verbe haut, noyant son auditoire sous un flot de paroles aux effets téléphonés et pitoyables, pratiquant un humour potache d’académicien déclinant en maison de retraite. En somme, avec un Ali Badou aux manettes, aussi mou qu’un pectoral de Pierre Ménès, aussi drôle qu’un paquet de lentilles et poussant toujours perversement ses invités aux détails voyeurs et scabreux dont il semble se délecter, on sentait que toute cette histoire allait tourner au vinaigre.

La directrice de Elle, égalant son hebdomadaire en terme de contenu, les photos en moins, s’indignait du machisme ambiant, jouant sa partition de pasionaria effarouchée sur l’air des lampions, offensée telle une amazone de mercerie, aux accents furieux proches de ceux d’une sorcière ayant ingurgité une décoction d’ellébore à l’eau bénite. Son credo se réduisait éhontement  à toujours plus d’atteintes banalisées à la dignité des femmes dans notre pays et à l’horreur absolue de cet irrespect institutionnalisé et, par trop, normalisé. On sentait sourdre de sa défiance à l’haleine torquemadesque, le courant d’air glacial de répression de la blague pocharde et graveleuse d’après la chasse, de fermeture du Lido, de prohibition du service de livraison de bière, directement du frigo au consommateur les jours de match. Permettez nous juste de douter du respect constant de l’image de la femme dans toutes les publicités publiées dans le magazine…

JFK, bien que devant faire profil bas, restait malgré tout auréolé de succès pour avoir remis au goût du jour une des expressions les plus drôles de la langue française : le troussage de la bonne.

Mais ce qui devait marquer l’émission fut, en effet, l’étayage de la théorie de l’omerta soupçonnée entre tenants du pouvoir, par la bouche de l’ancien ministre de l’Education de Raffarin I et II, et ce, par l’exemple de frasques marocaines d’un ancien ministre ayant été sauvé de justesse du scandale par la loi du silence après une supposée partie fine réunissant hommes mûrs et jeunes garçonnets autochtones à peine nubiles ! Coup de tonnerre ! La déclaration est pour le moins fracassante à heure de grande écoute. Mais après avoir relayé cela, le fieffé philosophe, continuait comme de bien entendu, le plus normalement du monde, son argumentation en venant à la conclusion suivante, en substance : « nous savons tous, nous avons tous les multiples preuves mais nous ne dirons rien car cela relève du droit français inaliénable à la vie privée. »

Pourquoi donc étaler ainsi de pseudo-secrets d’Etat aussi nauséabonds pour les laisser entre les neurones de nos cerveaux asservis et abrutis de télévision ? Il dit tout mais ne dit rien. On l’enjoint à citer un nom. Il s’y refuse, invoquant son envie toute relative de se voir assigner au pénal pour calomnie caractérisée et déclaration infamante.

Il nous laisse donc avec notre doute, bien que l’on s’en fiche royalement. Car ce n’est pas bizarrement l’identité de l’éventuel ministre à la sexualité déviante qui nous taraude, mais bien plus la morgue de Ferry qui, depuis qu’il a été ministre, surexpose avec condescendance, son appartenance bâtarde au parisianisme concupiscent et incestueux des dîners et bruissants ragots.

Cet homme, philosophe de cour, brillant, certes, mais mité par l’autosatisfaction, corrompu de gloire éphémère, continue d’exister pour le grand public en chroniqueur mondain. Ses oripeaux d’encyclopédiste, vulgarisateur et éminent connaisseur de la Sagesse, recouvrent un susurreur malveillant, tellement imbu de sa position sociale qu’il en oublie la publicité de sa situation sur les plateaux, pour se comporter comme il le fait avec ses puissants amis en petit comité.

Comment un philosophe peut-il lâcher des choses pareilles ? Comment peut-il venir avilir et souiller l’amour de la Sagesse qu’il est sensé représenter de la sorte ? A-t-on entendu un jour un Finkielkraut commenter l’activité rectale de ses semblables ? Et Badiou ? Et Serres ? Et Deleuze ? Et tant d’autres.

Les philosophes mondains ne datent pas d’hier. Mais elle est prégnante cette image de Ferry, ou même de BHL, ravis d’être mêlés au bruit et à la rumeur, à l’éphémère, au futile, saupoudrant leur aura de penseurs sur des propos de caniveau, vulgaires et bas de plafond.

Diogène de Sinope dans son tonneau ? Le promeneur solitaire ? Ou bien le lettré mondain dont la faim de vérité a été subornée par le narcissisme, et la soif de lumière étanchée par les hologrammes caverneux ? Le philosophe, être humain, trop humain parfois, a le droit à l’erratique errance, si elle n’est qu’accident. Cependant, quand assombrir, ne plus faire sens, dérouter, deviennent son business et sa source régulière de revenus, le philosophe nous trahit, trahit ses pairs et se trahit lui-même.

La vanité a ses raisons pécuniaires que la philosophie ignore… mais rappelons nous, comme le sentenciait le Philosophe Descartes de Membre, la seule maxime qui vaille dans ce petit monde : Je sauce donc je suis

Publié dans Elements de reflexion, Gros temps, Les copains d'abord, Mauvaise langue | Pas de Commentaire »

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