Lagarde les pieds pris dans le Tapie…

Posté par gramier le 18 mai 2011

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Un nom revient: Lagarde.

Elle a tout, dit-on. L’expérience, l’autorité, la diplomatie, le parcours nécessaires. Bien que l’idée puisse remonter les tenants d’une représentation plus forte des nouvelles puissances économiques émergées – d’Amérique du Sud, d’Asie, d’Afrique, et autres BRIC – aux directoires des grandes institutions internationales, l’option française Lagarde, pour prendre en charge la direction du FMI à la suite de Dominique Strauss-Kahn, semble recueillir des avis très favorables et faire le consensus. 

Sans nécessairement se voir taxer de chauvinisme outrancier, reconnaissons le, ce serait un orgueil, tout de même ! En tout cas, une belle preuve que la France garde dans le monde une influence et un aura certains. D’aucuns y verront le chant du cygne de la diplomatie française – à la manière du groupe Marly essayant, le mardi 8 février dans une tribune au Monde, de rendre cette empreinte laissée par la France dans les enjeux politiques internationaux, ridicule et décadente, à des fins politiques – mais cette perspective n’en reste pas moins, selon nous, la preuve triomphante du contraire.  Cette perspective est réjouissante en premier lieu, parce que nous savons Mme Lagarde sage et profondément diplomate, ayant construit avec brio une carrière impressionnante fondée sur l’intelligence et à l’acuité, nous l’avons dit, mais, surtout, parce qu’il est plus rassurant de voir, à la tête de l’institution, une européenne empathique mais réaliste face à la crise grecque (de l’issue de laquelle dépend la stabilité de l’euro et l’avenir de l’Europe) plutôt qu’un non européen. 

Pourtant le ciel radieux de cette situation s’est fortement assombri.  Par quoi ? L’affaire Bernard Tapie. 

Affaire fort complexe : quinze années de procédures judiciaires intentées par l’homme d’affaires contre l’Etat suite à la liquidation de Groupe Bernard Tapie entre 1992 et 1993 et la vente litigieuse d’Adidas – Tapie disait avoir été floué par le Crédit Lyonnais sensé être son partenaire. Le 11 juillet 2008, le rendu de la décision du tribunal arbitral, composé par trois juristes de renom, sonnait la fin des hostilités. En effet, il condamnait le Consortium de Réalisation – en charge de la gestion du passif du Crédit Lyonnais – à verser 390 millions d’euros aux époux Tapie, dont 45 pour préjudice moral. 

Deux choses choquèrent après coup. On comprend moins l’une que l’autre. Tout d’abord, le mode de règlement du conflit : un tribunal arbitral. Pas de quoi faire un fromage, je ne suis pas juriste, on pourra toujours trouver des vices de forme dans la décision, mais, soyons honnête, ce feuilleton allait-il encore durer dix ans, vingt ans ? Un règlement « à l’amiable » était, selon nous, et même si le raisonnement semble léger, une honorable décision.

Ce qui se comprend moins vient de ce que la décision des trois juges, favorable à Tapie contrairement aux précédentes décisions de la justice, n’ait pas pousser le ministère des Finances à interjeter appel. Le CDR, organisme appartenant à l’Etablissement Public de Refinancement et de Restructuration, donc à l’Etat, aurait dû, au moins pour la forme, contester cette décision – les 45 millions d’euros pour préjudice moral méritaient bien un approfondissement et une confirmation…

Bref, un petit groupe de députés socialistes se sont emparés de l’affaire et sont bien décidés à ce que la Ministre Lagarde, en charge du dossier, réponde, devant la justice des ministres en exercices, de ses « décisions » engageant les deniers publiques.  Ces Fouquier-Tinville, tenant d’une « morale d’embrayage », à plusieurs vitesses, se sentent sûrement encore inspirés par Robespierre ou Jospin et, ainsi, portés par un désir irrépressible de République irréprochable – emprunt sarkozyste –, de justice triomphante et de dénonciation du copinage – c’est ce qui sous-tendent les poursuites engagées – mais ils s’attaquent, malheureusement, à la mauvaise personne. 

Que Lagarde ait été peu regardante dans toute cette histoire – ses déclarations dans la presse concernant les montants en donnent la preuve –, soit, mais n’avait-elle pas bien d’autres dossiers légèrement plus prenants à même époque ? On lit dans le Nouvel Obs qu’elle n’a fait que suivre, de loin, les suites d’un processus engagé avant son arrivée à Bercy… par Jean-Louis Borloo ! Et dont le suivi fut assuré par Stéphane Richard, actuel patron d’Orange, qui fut précédemment le directeur de cabinet de Borloo. 

Et oui ! Et Borloo, qui n’a jamais fini d’être le plus remarquable centriste de la terre, le plus grand radical (voir articles : ici ou ), en somme le plus impénitent des sauceurs de sa génération, n’était naturellement autre que l’avocat de Tapie, en ces temps lointains ? Sans vouloir faire de faux procès, avouons que le fruit du hasard apparaît légèrement blet…

On entend mieux pourquoi le dispositif a été mis en place alors qu’il était au Ministère des Finances. On comprend mieux pourquoi Lagarde n’a pas fait montre d’empressement au sujet de ce dossier puisqu’il était largement engagé lors de sa prise des commandes. On comprendra aussi aisément que face à la chute de Lehmann, à la faillite de Bear Stern, et à la crise des subprimes, son temps dédié au solde de l’affaire Tapie n’ait pas été gigantesque… ce qui se révèle avoir été une erreur.  Prise au piège Lagarde. Pas assez politique Lagarde. Et tout cela, toute cette affaire ne vient que corroborer ce que nous démontrons depuis le début de ce blog et ce que, de l’extrême droite et l’extrême gauche fustigent à des fins haineuses – contrairement à nous qui en rions: 1.      Que les sauceurs-copains-coquins s’en donnent à cœur-joie dans les dépendances de la République, 2.     Qu’ils festoient et font bombance, roués aux us culinaires et républicains, agiles et habiles comme des chats par temps de disette,  3.      Que nos chevaliers de la légion d’honneur, ayant troqué l’amour de l’odeur du sang chaud sur les champs de bataille pour le fumet de la grand veneur, n’ont pour épée au fourreau, plus qu’un croûton à l’ail, 4.      Que la rapidité de ces « spadassins des cocktails » à le dégainer, ce croûton, n’a d’égales que l’agilité déployée pour s’approcher toujours plus prêt du buffet de Marianne et l’habileté qu’ils démontrent à le tremper sans qu’il ne goutte… 

Le souci dans cette histoire, relent nauséabond des années politicardes et sulfureuses de la gauche mitterrandienne comme de la droite chiraco-sarkozienne, c’est qu’elle ne fera pas qu’une victime, en règle générale la brebis innocence qui cache le troupeau de loups, mais deux : Lagarde et… une assurance de sursis pour la Grèce et l’Europe, rien de trop.
Mais que voulez vous ma bonne dame, la sauce nationale à ses raisons que la sauce internationale ignore… 
C’est lamentable mais c’est ainsi. 

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Hollande c’est l’histoire d’un mec qui…

Posté par gramier le 17 mai 2011

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Mauvaise langue, par Albénitz et Gramier

Hollande c’est l’histoire d’un mec qui aurait du vendre des cadres de photos chez Conforama et qui va devenir président de la République Française, chef des armées, premier chanoine de la basilique de saint Jean de Latran, et garant de la Constitution.

Hollande c’est l’histoire d’un mec qui aurait du faire du porte-à-porte pour vendre des contrats Cofinoga à des ménages surendettés dans le Doubs, et qui va avoir le code de l’arme nucléaire.

Hollande c’est l’absence de vision, de hauteur, de courage, de sens de l’Histoire, de charisme. Il va installer du lineau dans le salon doré de l’élysée, il va rendre obligatoire le port de méphistos dans son cabinet, et il va nommer Manuel Valls Premier Ministre et il se fera le chantre d’une République modeste, qui porte des cravates en acrylique et des chemises violettes. Avec lui, c’est surtout une vague d’ignobles suffragettes portant des permanentes rouges et des tailleurs façon Cresson qui vont envahir les lieux de pouvoir.

Hollande c’est la défaite du destin, c’est la victoire de la Citroën ZX et des agences Laforêt Immobilier. Hollande Président et la France devra concourir dans la catégorie des pays moyens et gentils pour la production de mobilier néo-Louis XV en aggloméré . Hollande c’est l’homme du contrat de gouvernement avec les Verts et avec Jean-Pierre Chevènement, en somme qui rêverait que la promo Tchin-Tchin d’Afflelou fonctionne aussi au Swiss Vision du Centre Commercial de l’Intermarché d’Argenton-sur-Creuse; c’est le futur Président que même le Haut Commissaire aux Solidarités Actives du Kosovo n’aura pas le temps de rencontrer.

Hollande c’est la victoire du « euh » ponctuant toutes les fins de phrases, c’est l’homme qui est à la politique ce que Cyrielle Claire est à l’Histoire du cinéma, c’est le disciple cheap de Stéphane Hessel, philosophe sénescent et gâteux, c’est l’apogée de la génération Mégane Scénic qui décide de faire sa révolution et de rouler en Logan 3 portes.

Associer les noms « Président » et  »Hollande » revient à publier dans une même édition le Journal Officiel et Télé7 Jeux, Hollande c’est le genre de président à découvrir les ultimes soubresauts de la politique internationale dans les Dernières Nouvelles d’Alsace.

Avec Hollande comme premier représentant de la nation, la France  croira qu’elle a une partition énorme dans le concert des nations, alors qu’elle sera à l’ONU ce que le triangle est à un orchestre wagnérien. Au lieu de rapporter des contrats d’EPR de ses visites en Chine, il reviendra les bras chargés de promesses chinoises de respect des droits de l’homme avec en contre partie, pour la France, des engagements d’achat de milliers de tonnes de bas de contention Sigvaris de contrefaçon, de baisenvilles en simili cuir vachette ainsi que des milliers de paires de baskets de la marque Noël dépareillées, pour les clubs de balle-au-prisionnier qu’il aura développés sur tout le territoire dans le cadre de son plan « Jeunesse, Espoir et Sport ».

Hollande c’est la France du tricot de corps Damart et le règne des femmes « belles, belles, belles en Afibel » parfumés par Gloria Vanderbilt; c’est la France de la ballade en VTT dans le mont Pilat; c’est la France Décathlon, la France Parc Astérix, la France qui  »imagine demain » avec des sorties au Futuroscope. Alors, même si tout cela appartient à ce qui fait les charmes de ce pays, avouons que devant Dilma Roussef ou Obama…

En fait Hollande c’est avant tout l’héritier de Lecanuet, quand on y pense. Lecanuet c’était ce mec sans aspérité et sans épaisseur qui a eu quelques voix en 1965 parce que les Français étaient fatigués d’être glorieux et abrutis par le vent de l’Histoire, et qu’ils voulaient profiter tranquillement de la croissance pour s’acheter des micro-ondes Seb, les Vinyls de Salvatore Adamo, un appartement à la Grande Motte voire une DS d’occasion. Ces gens-là ils aimaient Lecanuet, « Colgate » comme on l’appelait, parce qu’il leur susurrait des choses gentilles à l’oreille et qu’avec lui ils pouvaient envisager  des vies calmes et centristes, bien calés dans des canapés en cuir vegan, un verre de mauvais cognac à portée de main en regardant passer les heures sur une belle montre Lip, avec fierté et contentement, les heures d’une vie de futur préretraité à 55 ans, vidée de sens par le consumérisme et aveuglée par le principe voltairien de « petit chez soi », version moderne de « il faut cultiver notre jardin ».

Mon Dieu, s’il vous plaît, préservez nous de François Hollande, préservez nous de la flanisation vanille de notre pays, préservez nous du règne de la petite phrase et de la mesquinerie de bureau, préservez nous de la VRPisation de la fonction Présidentielle, préservez nous du mec qui fera réécrire l’hymne national par Zaz. Un tonneau à bière si vous voulez, la grande zaza ou l’antiquaire, va encore, mais pas, non, pas l’épicier corrèzien qui vous vante une ristourne sur les Knackis ou sur la Flamenküche Sodebo. Dans votre infinie mansuétude, vous nous avez déjà évités son ex compagne, vous pouvez refaire ça avec le compagnon, non? Amen

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Le sauveur est mort, vive le sauceur ?…

Posté par gramier le 16 mai 2011

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Par Chybroc, plume amie…

Maintenant que l’action DSK se révèle être, sans grande surprise il faut l’admettre, un junk bond, une  mauvaise intuition de plus du landerneau politico-médiatique, orphelin d’une longue lignée de timoniers en mousse tels que Pierre Mendès-France, Jean Lecanuet, Jean-Jacques Servan-Schreiber, Raymond Barre, Michel Rocard ou François Bayrou…  La question est désormais sur toutes les lèvres dans les bonnes saucières : à qui profite le crime ?

Car il s’agit bien d’un crime, n’ayons pas peur des mots, ou plutôt pour être exact d’un sacrifice rendu au dieu ithyphallique Priape, dont ce brave Dominique était le grand prêtre incontesté. Hélas pour lui, il n’a jamais vraiment su cacher ses penchants, il en paie aujourd’hui le prix, qu’il soit innocent ou coupable d’ailleurs n’a aucune importance. Le roi est mort, donc vive ? Vive le roi pardi ! Qui sera le prochain souverain du royaume PS, le prétendant au trône présidentiel ? C’est évidemment le seul sujet, tout l’intérêt de cette tempête est de rabattre les cartes, d’offrir un terrain de jeu inespéré à tous les sauceurs sachant saucer.  Et comme on le sait, le PS ne manque vraiment pas de prétendants sur ce genre de problématiques…

A commencer par les candidats déclarés, comme les inénarrables Manuel Valls et Arnaud Montebourg, hémisphères droite et gauche d’un cerveau PS au bord du burn out, sans oublier nos Clinton made in France, Ségolène et François. Alors pour éviter que la primaire tant attendue ne tourne en mauvaise parodie du film la Guerre des Rose, il faut trouver un challenger crédible à François, afin que celui-ci gagne honorablement ses galons de probable général en chef.

Tout le monde a évidemment sa petite idée, et le nom de la Première secrétaire revient avec insistance. Il semble néanmoins qu’elle en avait fait son deuil, et même si les évènements d’hier changent considérablement la donne, il est peu probable qu’elle ait le véritable désir dans découdre. Tel père, telle fille après tout… Alors qui ? Quel larron en foire serait prêt à saisir une telle occasion ? Qui parmi les brillants hauts dirigeants de la gauche ? En ces temps de commémoration mitterrandienne, il n’est pas nécessaire d’aller bien loin, la réponse devrait même sauter aux yeux et il est étrange que le nom du prétendant n’émerge pas plus rapidement. Le grand homme avait encore une fois tout prévu et la parenthèse ouverte au PS avec le « droit d’inventaire » semble s’être refermée hier. Le parti d’Epinay, on le sait, a peu évolué depuis que les lignes se sont figées au congrès de Rennes en 1990. Et les spasmes qui le ramènent artificiellement à la vie depuis cette date s’expliquent en grande partie par cette fracture entre Fafa et Yoyo, les Caïn et Abel du jardin d’Eden socialiste. Et allors ? On ne voit pas le rapport ?

Pourtant, DSK doit son ascension à l’un d’eux, il était même, jusqu’à hier, héritier de la ligne rocardo-jospinienne qui prît le pouvoir en écartant le canal Tonton historique, en premier lieu le trop (ou pas assez) talentueux Laurent FABIUS. La vraie surprise n’est donc pas la chute programmée du directeur général du FMI, mais plutôt sa conséquence : en faisant hara kiki à son destin présidentiel, il met aussi fin à plus de vingt années de domination du Tout Sauf Fabius (TSF), longtemps seul ferment d’unité au sein d’un parti qui a épuisé toutes les combinaisons les plus improbables, y compris une alliance avec les fabiusiens eux-mêmes depuis 2008…  

La recette de la sauce TSF a tourné depuis longtemps, en s’alliant avec Martine et Dominique, le camarade Laurent a réintégré la majorité du parti contre la promesse de soutenir l’un d’eux dans la perspective de 2012. Tirant discrètement les ficelles, caché derrière un tonneau de bière lilloise avariée, qui peut penser que notre antiquaire préféré se contenterait du poste de grand Vizir, dont il fut en son temps le plus jeune titulaire, quand il a enfin l’occasion de devenir calife à la place du calife ?

Ne nous y trompons pas, en véritable sauceur de carrière, digne héritier de ses pères et pairs, Laurent sortira bientôt du bois. Il a la chance inespérée à son âge avancé de réaliser ce pour quoi il était programmé, et vu sa piètre opinion, qu’il ne cherche pas à cacher, de Ségolène et François, on ne voit vraiment pas ce qui pourrait aujourd’hui l’en dissuader. Son réseau est depuis longtemps entré en résistance, certains sont même bien infiltrés à l’image de cette vieille anguille de Claude. La belle écurie ne demande qu’à se remettre au service de son champion. Certes, le bolide n’est pas de la première jeunesse, mais il n’a jamais vraiment cessé de courir et reste diablement efficace (la TVA sociale a gâché le triomphe annoncé des dernières législatives). S’il est peu probable qu’il remporte la course finale, le PS se doterait là d’un candidat sérieux, parfait reflet de son état léthargique, de ses errements et de ses renoncements, l’idéal pour saborder ce qu’il est devenu : un bateau ivre de sondages et de victoires en trompe l’œil, qui n’en demeure pas moins à la dérive, sans capitaine et sans boussole. 

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Les fourberies de l’ouverture ou la victoire de Sarkozy…

Posté par gramier le 16 mai 2011

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« Mais que diable allait-il faire dans cette galère !»

C’est à l’été 2007 que remonte peut-être la faute de carrière de DSK.

C’est à l’été 2007 que Sarkozy se montre le plus grand stratège de la cinquième République devant même François Mitterrand.

C’est à l’été 2007 que tout était scellé.

Alors oui, il est simple de jouer sur l’illusion rétrospective du vrai et dire, après coup, que tout était écrit. Le destin n’est jamais qu’une formidable page blanche qu’il nous incombe de noircir selon nos choix, la plume de notre raison trempée dans l’encre de notre liberté. Si rien n’était naturellement écrit, il aurait peut-être fallu à DSK un peu plus de clairvoyance dans ce superbe cadeau sarkozyste qu’était la présidence du FMI. Ce fut une espèce de Cheval de Troie et encore une fois, ce sont les Grecs qui auront eu le dernier mot.

Les ravages de l’ouverture. Et les Cassandres ne manquèrent pourtant pas de sonner l’alarme et de rappeler que « Gentil n’avait qu’un œil, Sarkozy en a deux », mais elles étaient Cassandre. Sentant ses adversaires dépités après la troisième défaite consécutive aux présidentielles, Sarkozy décide de pratiquer » la prime au talent ». Les plus âgés des Troyens assiégés, tel Kouchner, acceptent de rallier l’ennemi sentant bien qu’ils seront peut-être passés au Père avant même d’avoir vu le jour de gloire de leur camp arrivé et qu’il vaut donc mieux saucer hic et nunc avec l’ennemi qu’en rêve avec ses amis. Lang, l’éternelle anguille, se prend au jeu de l’hameçon sans y mordre et d’autres, cherchant la gloire rapide tombent plus ou moins dans l’escarcelle du héros fraîchement et confortablement élu.

Mais ce qui intéresse le plus le Président, ce n’est pas tant tous ces pantomimes sinon bien le héros de la bande, Ulysse-DSK. Il va donc, pour le faire tomber, flatter son ego démesuré et lui offrir sur un plateau d’argent… sa perte. Le cheval de Troie fut une reconnaissance mondiale avec louanges, et tutti quanti, des qualités d’économiste de DSK et enfin un soutien infaillible de l’homme à la direction du FMI.

Le retour de DSK pour les présidentielles semblait alors complexifiée, mais il l’aurait assuré sans plus grandes douleurs comme cela était prévu, et au-delà des contradictions sans commune mesure : FMI, banque du monde chantre de la rigueur contre programme socialiste chantre de la justice sociale et donc, notamment de la redistribution des richesses par l’impôt. Le piège aurait donc pu  être vaincu et l’arroseur arrosé : la crise, les erreurs de communication de Sarkozy, le mécontentement des Français, et j’en passe. Les innombrables rancœurs contre l’homme du Fouquet’s auraient pesé, de toute manière, plus lourd dans le choix des Français que les asymétries de discours entre socialistes. Quoiqu’il en eût été, le rassemblement aurait eu lieu, les socialistes ne s’imaginant pas encore cinq ans avec seulement la cour des comptes et la commission des finances en guise de jaune d’œuf où faire mouillette.

C’est donc la fatalité qui a permis que ce piège, digne d’un scintillant machiavélisme, se referme. L’accusé est bien trop coupable avant même son jugement pour pouvoir cette fois encore en sortir comme il y est entré. DSK et les femmes… La Porsche, une campagne malsaine. La liaison au FMI… c’était déjà plus complexe, l’ex-Directeur du FMI en avait vu d’autres même s’il eut, comme on dit, « chaud au fesses ». Cette fois-ci, c’est le glas qui sonne. En France, on rit encore de Felix Faure mort pour avoir « trop sacrifié à Vénus », la chose était entendue et plus ou moins acceptée. Ce qu’il craignait, au pire, n’étaient-ce que des chroniques acerbes du plaisantin Guillon… douce chatouille à côté de l’implacable justice américaine.

On ne prête qu’aux riches et aux Etats-Unis, qui dit prêt dit souvent subprime. Malgré toutes les présomptions d’innocence du monde, le rouleau compresseur est en marche, la machine ne peut plus s’arrêter. Et Sarkozy a gagné. Non par corruption, par complot, mais par une incroyable intelligence politique, en ayant su envoyer son ennemi le pire en voyage, un voyage qui, au contraire d’Ulysse aura pris fin entre Charybde et Scylla.

Ce soir, de droite, comme de gauche, les hommes et femmes que nous sommes, peuvent avoir mal et ressentir de la compassion pour cet homme qui s’est brûlé les ailes, sans être un phœnix.

SI… il était resté en France, SI… il avait accepté de se battre comme Hollande se bat, SI… SI… et encore SI, des SI qui ne mettront pas, hélas pour ce trop brillant élément, « Paris en bouteille », ou bien à la manière d’une rêve éphémère, en somme une bouteille à la mer, qui comme l’homme, ne pourra que s’échouer, en vain, sur des côtes désertes, loin, très loin de la France et de ses primaires. Les moires n’ont que rarement fait preuve de mansuétude envers les meilleurs d’entre nous. Les Grecs ont leur revanche. C’est bien dommage, mais c’est ainsi.

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Terra Nova: enfin un peu de débat!

Posté par gramier le 13 mai 2011

Ce que la gauche n’a pas encore compris, c’est que l’on n’était en Europe au XXIème siècle et non plus au XIXème . Entre les deux, certes, il y eu le XXème qui vit la chaleur des passions froidement récupérée par les idéologies et leurs tyrans.

Le monde était alors encore passablement européanisé. C’était l’époque de la nation hermétique, chère à Marine LePen et ses gros sabots dondaines, celle qui voyait les frontières servir le protectionnisme et la planche à billet, les intérêts keynésiano-électoralisto-court-termistes des sauceurs au pouvoir. Désormais, les frontières sont plus que poreuses et les dirigeants des nations n’ont plus accès à l’imprimante de « Pascals ». Le monde n’a plus rien à carrer de l’Europe, si ce n’est de l’Allemagne, et la mère de notre civilisation, la Grèce, est en train de se casser la figure entraînant dans son sillage tous les châteaux en Espagne que promettaient les bulles spéculatives dans les pays sans industrie – Irlande, Portugal, Espagne, etc.  En somme, mondialisation, désindustrialisation, tertiarisation des emplois, mutation économique, spécialisation géographiques avec notamment une délocalisation de la force de production industrielle vers des pays à main d’œuvre exploitée… Bref : le XXIème siècle qui s’ouvre nous donne à contempler une toute autre France que ce qu’elle était il y a seulement trente ans. 

Quoi de plus normal que de proposer de s’adapter à cette réalité ? Rien. Mais, « le bon sens étant la chose la mieux partagée au monde », le bon sens primaire veut que les socialistes soient du côté des pauvres et contre les riches ! C’est ainsi. La gauche ronchie dans cette idéologie stupide et la droite s’en joue: en effet, c’est ce qui lui fait gagner depuis près de 50 ans la majorité des élections nationales en France. 

Il est donc essentiel de saluer l’analyse de Terra Nova impressionnante de justesse et d’intuition retranscrite dans leur rapport suivant : http://www.tnova.fr/essai/gauche-quelle-majorit-lectorale-pour-2012 et présentée, il y a peu, au parti socialiste. Il faut avouer que, malgré la levée de boucliers que cela provoque, on a un débat légèrement plus intéressant ici que celui portant sur le RSA, ou encore sur l’Identité Nationale, etc, c’est peu de le dire! 

Le salut de la gauche passera de toute façon par là, qu’ils le veuillent ou non. Car il est bon de saucer sur le dos des classes populaires en promettant que demain sera mieux qu’hier, mais elles ne sont plus dupes et ne se sentent plus « classe non plus » et ce, depuis belle lurette. Les « classes populaires » sont fractionnées, dispersées, souvent méprisées et éclatées, il faut les prendre en compte mais ce n’est pas comme cela qu’on se fera élire. Et c’est tout de même le but.   

La France est un pays de classe moyenne. Même si le classement Pisa nous montre que le niveau culturel des étudiants Français baisse, notamment par l’augmentation du nombre de jeunes en très grande difficulté scolaire, le pays, malgré tout, garde en son sein une majorité de personnes éduquées et ayant profité, peu ou proue, d’un accès démocratisé à l’enseignement supérieur ou professionnel – pour le meilleur et pour le pire. Alors, recentrer son discours sur ces gens susceptibles de comprendre et de voter pour vous, cela est-il machiavélique comme le dénonce Copé ? Cela est il un abandon des classes populaires ? C’est justement parce que les classes moyennes ont senties les propositions de la gauche bien éloignées de leurs préoccupations qu’elles ont moins voté pour elle, et de ce fait, la gauche a presque toujours perdu, au moins ces derniers temps, au niveau national.

Chercher des réponses programmatiques aux questionnements et inquiétudes de la majorité des électeurs d’un pays, est-ce cela trahir ? Non, c’est être intelligent et la meilleure manière de pouvoir ensuite, s’occuper des plus faibles de notre société. Et c’est peut-être ici aussi que se trouve le chemin d’un retour à un débat politique un peu plus sensé.  Si ce tournant n’est pas pris et que le programme socialiste est porté en l’Etat, c’est-à-dire, plein d’idéologie ringarde et électoraliste, ce sera la fin du PS en 2012, son explosion. Il est temps que le PS s’adapte. DSK pourrait faire le boulot si ses amis ne lui chiaient pas dans les bottes avant même son retour. Etre de droite, de gauche, aujourd’hui c’est une question de vision de la société, une question de vision de l’avenir, une proposition cohérente de projet, ce n’est plus une question de défense du pauvre contre le riche, partagée et revendiquée autant à droite qu’à gauche – a-t-on entendu Sarkozy dire un jour qu’il voulait que les riches soient plus riches ? c’est ce que laisse penser la propagande de gauche, aussi vile que celle de droite : http://www.atlantico.fr/decryptage/gauche-electorat-classe-populaire-presidentielles-2012-france-demain-96799.html, mais elle nous trompe, Sarkozy ne parle que de ceux qui souffrent et même s’il agit autrement, la droite, idéologiquement, ne soutient pas les riches, c’est absurde. 

Les classes populaires sont de tous les partis. Mais ce n’est pas la majorité des Français.  Alors merci Olivier Ferrand et comparses pour cette étude, espérons que les remous de la Porsche se calmeront rapidement et qu’enfin, les sauceurs puissent faire preuve non plus seulement de gourmandise, on connaît leur indéniable talent et force de volonté dans ce sport, mais aussi leur intelligence, leur capacité d’analyse de la société française et leur habileté à trouver des solutions pour demain. 

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Parole de sauceur anonyme…

Posté par gramier le 12 mai 2011

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Par Chybrock, plume amie

Il y eut jadis le baptême de Clovis, le sacre de Charlemagne, l’élection d’Hugues Capet, la bataille de Bouvines, Jeanne d’Arc et Charles VII, Marignan, l’édit de Nantes, Louis XIV, la révolution, Valmy, Napoléon, les Républiques, le Front populaire, la Libération, De Gaulle, Mitterrand, ce qui a façonné et façonne ce vieux pays qu’est la France.

Le jeudi 12 mai 2011 sera à tout jamais marqué du sceau de l’Histoire, dans la droite ligne des évènements qui forgent pour toujours l’unité d’un pays. Et bien que se passe-t-il, à quoi assiste-t-on ? Pourquoi cet exercice d’Histoire immédiate, tel Chateaubriand commentant la prise de la Bastille ? En ce jour béni, la France est peut être sauvée, une rupture est en marche, le début d’une ère de renouveau, d’espoir, d’espérance, peut être même s’agit-il d’un nouveau 18 juin 1940.

Car en effet, ça y est ! IL l’a fait ! Oui, nous pouvons exulter de joie, ce moment tant attendu est arrivé, Français vous êtes sauvés, vous avez été entendus, vos prières, voeux (vaches, cochons) seront exaucées. On ne vous a pas abandonnés, n’ayez crainte, votre destin est en marche, le GRAND HOMME s’est levé. Qui ? Quoi ? Comment ? Le GRAND HOMME, car c’est ainsi qu’Hegel, n’en doutons pas, l’aurait reconnu si sa Phénoménologie de l’Esprit était en cours d’écriture. Le GRAND HOMME c’est celui qui fait l’Histoire, qui réussi à faire de sa vie le destin d’une nation, d’un peuple tout entier. Celui qui saisit ce qu’Aristote appelle le kairos, le moment opportun, l’instant décisif où il se révèle au monde et lui donne cette inflexion qui imprimera sa marque pour les siècles des siècles.

Amen ! Ite missa est ! Mais alors, les chrétiens ont raison ? Fêter la naissance et la mort de ce Jésus-Christ tous les ans depuis deux millénaires, leurs efforts auraient-ils enfin payés ? A force de louanges et de prières, IL se serait enfin décidé à revenir, à soulager le monde de ses misères et de ses malheurs. En ce 12 mai 2011, et après tout pourquoi pas, l’Apocalypse se réalise, le sauveur est parmi nous. Qui est-il ? Comment s’incarne-t-il cette fois-ci ?
Notre curiosité est aiguisée, notre cœur palpite à l’idée de découvrir qui le Très Haut a élu.

Au risque de flirter avec l’hérésie et de décevoir les croyants les plus fervents, il faut rassurer tout de suite le lecteur, ce GRAND HOMME n’est pas le Très Haut lui-même, ni son fils ou un de ses parents. L’évènement majeur de ce jour n’est donc pas lié à l’annonce de candidature de Dominique Strauss-Kahn (saint) patron du FMI à l’élection présidentielle à venir. Et bien, non, il semble que se soit plutôt à droite que cela se joue, car en 2011,  le GRAND HOMME ne peut être que politique, ce n’est plus un roi, un général ou une vierge mystique, cela aurait un air de déjà vu, ce n’est pas encore un PDG, un rappeur ou une chanteuse. Patience, il est trop tôt.

Alors oui, IL a parlé, IL l’a fait, le masque est tombé. Désolé François, pardon Dominique, vous l’aurez compris, il ne s’agit pas de vous. Mais rassurez-vous ce n’est pas non plus votre meilleur ennemi Nicolas Ier. Non ce GRAND HOMME c’est, roulement tambour, tapis rouge
: YVES JEGO. Alors ? Heureux ? Surpris ? C’est vrai qu’on dit dans la Bible que les derniers seront les premiers, mais là tout de même il fallait y penser, Yves Jégo, c’est fort, on n’aurait pas cru, c’est qui ? Que se passe-t-il ?

Et bien Yves Jégo a annoncé aujourd’hui qu’il allait quitter l’UMP.
Quel courage, on voit la détermination d’un homme qui se lève et dit :
« NON ! Je ne serai pas complice, je ne l’accepte pas, MOI, Yves Jégo, j’invite les militants, les responsables, toutes les bonnes volontés qui se trouvent dans le parti ennemi, ou viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi ». Ah ! L’appel d’Yves Jégo du 12 mai 2011, ça laisse songeur, l’Histoire de France tourne une nouvelle page, à n’en pas douter cet évènement majeur est… INSIGNIFIANT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Alors pourquoi, me direz-vous, tant d’emphases, d’effet d’annonce ? Et bien cette question il faut la retourner au journaliste qui croit qu’un fait, comme la démission de l’UMP de M. Jégo mérite une dépêche AFP. Chacun conviendra que les états d’âme de M. Jégo, autrefois porte-flingue du candidat Sarkozy, la France entière s’en désintéresse, alors pourquoi y consacrer du temps et des ressources ?
L’absence de notoriété de Monsieur Jégo n’est pas à démontrer, elle est évidente, ancien ministre, beaucoup l’ignorent, il n’est pas plus connu que l’arrière grand-oncle d’un cousin lointain par alliance.

Alors de grâce, journalistes, plumes, gratte-papiers, pigistes, stagiaires, épargnez-nous ! Faites votre travail, hiérarchisez les faits, relativisez, mettez-les en perspective, triez, concentrez-vous ! Informez-nous, ne nous noyez pas dans l’insignifiance, instruisez-nous intelligemment. La foule le réclame, elle a faim, soif, prête à s’abreuver à n’importe quelle source. Ne profitez pas de cette boulimie frénétique, de cette abondance de faits et de médias pour nous servir une soupe infâme, sans goût et sans utilité aucune.
L’attente est forte, une élection présidentielle passionne, chacun veut participer au débat qui s’ouvre, se forger sa propre opinion. Une dépêche AFP sur Yves Jégo est un bouillon d’information, il est impossible de descendre plus bas, plus au fond de la médiocrité et de la bêtise. Ce Badinguet en mousse cheap qui se croit revenu aux temps d’un radicalisme troisième République bon teint. Epoque bénie où les nullités dans son genre étaient certaines d’arriver au sommet d’un système où la rouerie, l’opportunisme et la combine étaient le seul ascenseur possible en politique.

Cessez cette jachère intellectuelle dans laquelle vous somnolez depuis trop longtemps, Yves Jégo n’a pas plus d’intérêt que tout autre illustre anonyme, lui consacrer une dépêche AFP est totalement hors de proportion. C’est lui accorder une importance qu’il ne mérite pas, éveiller en nous un désintérêt qui va déjà bien au-delà de l’indifférence qui lui est due, comme à moi, comme à vous, comme à tout anonyme, même si celui-ci a siégé au Gouvernement de la France.
Le fait est qu’il n’y a pas particulièrement brillé, qu’on se souvienne de la crise dans les DOM-TOM en 2009, alors qu’il retourne dans la fange d’où on l’a tiré. Sa place y est toute trouvée aux côtés de nous tous, le commun des mortels.

Il l’a eu sa chance, celle-ci ne s’est pas arrêtée, tant pis mais c’est ainsi. Il faut l’accepter ou disparaître. La France se meurt, des Yves Jégo pullulent dans le marigot politique, des élus de carrière, prêts à tout pour retourner leur veste et s’accrocher encore et encore à une micro parcelle de la miette d’un quignon qu’ils auront réussi à subtiliser au nez et à la barbe de leurs électeurs. Yves Jégo n’a aucune fierté, aucun amour propre, aucun honneur, après s’être accroché autant que faire se peut de 2002 à 2007 dans le sillage de la machine Sarkozy, il obtint de haute lutte un maroquin. Viré depuis pour son incompétence notoire et ses erreurs dans la gestion d’une crise, que ce monsieur accepte son rendez-vous manqué avec l’Histoire et nous évite ses atermoiements dignes d’une mauvaise comédie bollywoodienne.

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Un homme, une rose à la main… et le quignon dans l’autre!

Posté par gramier le 11 mai 2011

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Hier, Paris n’était que fête, lumière, débordement de joie, d’allégresse, de fantaisie, vent de liberté, de fraternité, d’égalité. On aurait pu se penser atterri dans un immense Stade Charlety tant l’amour empreignait l’air de ce Printemps populaire et chaleureux. A certains moments, près de Bastille, on pensait voir débarquer des soldats juchés sur des chars et embrassant, des roses entre les dents, des jeunes filles vaporeuses, le tout porté par la liesse populaire : une nouvelle Libération de Paris ? Pour le fun, le Général de Gaulle était-il sorti de sa tombe pour recommencer l’exercice ? Dans quel but ? L’idée semblait absurde. Il devait y avoir une explication beaucoup plus rationnelle à tout cela… 

On se prenait alors le menton dans la main et se prêtait à plonger dans sa mémoire, à rechercher une résonance de l’évocation de cette date dans les tréfonds de notre « ça » de citoyen français… Et d’un coup : Eurêka ! 10 mai 1981 ! Ces neuf syllabes prenaient un tour magique et merveilleux : trente années s’étaient exactement écoulées depuis l’élection, pour la première fois depuis la création de la Vème République, d’un socialiste à la tête de l’Etat Français, comme Président de la République et de tous les Français. Hier était, vous le comprendrez bien, un jour d’exercice du « devoir de mémoire sélective ».  Oui, car la vie avait changé en 1981.

Tout comme il y eut il Rinascimento qui fit passer l’Europe de la nuit du Moyen Age à la lumière des fresques de Raphaël, comme il y a eut l’invention de l’imprimerie, comme il y eut la prise de la Bastille et la fin de la soumission du peuple de France à l’arbitraire divino-régalien, il y eut, un avant et un après l’élection de François Mitterrand. On est sorti de l’obscurantisme giscardien qui verrouillait la société et opprimait les pauvres, pour aller à la lumière des lendemains qui chantent. Une rose à la main… et les épines de cette même rose enfoncés bien profondément dans la pulpe. Mitterrand n’a strictement rien changé à la face de la France. Les quatorze années de règne qui suivirent ne furent en rien différentes pour les Français de ce qu’elles auraient été avec Giscard : la même crise, les mêmes affaires, sauf, peut-être une jolie photo main dans la main avec Helmut Kohl. Non, ce qui restera de Mitterrand c’est d’abord et avant tout Jack ! le reste… tombera vite dans l’oubli. 

Alors, revenons à notre question principale maintenant que nous avons trouvé une partie de la réponse : pourquoi tant d’exultation et de délire extatique à commémorer cette élection ? Nous aurons tous compris qu’hier n’était qu’un tour de chauffe. Dans le camp socialiste, on est tellement assuré que 2012 sera l’année du grand retour aux affaires, qu’il fallait trouver une manière de faire baisser la pression. Ce mode de réaction est semblable à celui de ces jeunes adolescentes soudainement prises d’hystérie alors qu’on vient de leur annoncer qu’elles allaient pouvoir rencontrer Justin Bieber en backstage après son concert à Paris. Ce délire apparent ferait presque parfois nous questionner sur la nécessité ou non d’appeler un exorciste. Eh bien c’est un peu pareil chez les socialistes. Tout comme dans l’autre camp d’ailleurs, changer la vie est bien le cadet de leur souci. Et même s’ils essayent de contenir leur joie, en sortant des bouquins d’appel au vote utile – cf Moscovici et « Défaite Interdite » – en se passant la tête sous l’eau froide… mais ils le savent, en 2012, ils gagneront. Et qui dit gagner la présidentielle, dit gagner les législatives et alors là : SAUCE qui peut ! Le Sénat sera à eux en octobre et donc le Parlement dans son ensemble. Quelle perspective ! Car il faut se rendre comptes : dix années qu’ils l’attendent l’accès à la marmite. Guigou en a des crampes au croûton.

C’est comme dans un gracieux épisode de Chapeau Melon et Bottes de Cuir dans lesquels un méchant terrorise l’Angleterre avec un aimant géant : il l’active et alors tout ce qui est en métal se met à frémir et vous avez un gros plan sur une petite cuiller à côté de la main de John Steed qui s’aperçoit qu’elle tremble avant que, l’aimant ayant atteint toute sa puissance d’attraction, la petite cuiller n’aille heurter violemment et se coller contre le mur manquant de blesser le héros au passage. Pour les quignons, croûtons et mouillettes au PS, c’est pareil. Marylise Lebranchu pense déjà à quelle commission elle présidera à l’Assemblée, Jack se verrait bien au Conseil Constitutionnel, Valls à l’Intérieur, Montebourg à la Justice, Gérard Filoche, Secrétaire d’Etat aux anciens communistes, Ayraud en haut du perchoir, Catherine Trautman au piano et Patrick Menucci à la guimbarde etc. 

Ils rêvent tous de ces milliers de litres de sauce qui vont se répandre sur eux. Ce sera l’orgie absolue. Marie-Noël Lienenmann mènera une farandole en chantant « I’m singing in the sauce ». Cette farandole ira jusqu’au grand chaudron au milieu du haut duquel Anne Sinclair fera pleuvoir un mousson de gribiche. Aubry épongera le sol tant elle n’en peut plus que de se voir exilée à Lille depuis 2002. Martine Billard skippera un bateau mouche qui tirera un gigantesque pain Poilâne en plastique sur lequel seront assis comme des guirlande de saucisses Cahuzac, Cambadélis, Moscovici, Montebourg, Belckacem et Assouline, hurlant leur bonheur, pendant que Neri, Désir, Hamon, Queyranne et Glavani se rueront comme un seul homme, comme une foule de furies aux Galerie Lafayette le jour de l’ouverture des soldes, sur les seaux débordant du liquide tant convoité. Delanoë fera faire une arche pour faire voguer tout ce petit monde sur les torrents de Grand Veneur qui déferleront depuis la rue de Solférino, ramant à l’aide de grandes louches.  

Enfin, quand il n’y aura plus de quignons, plus de mouillettes, plus de croûtons, ils prendront alors les roses laissées de côté comme autant d’espoirs déçus, espoirs de ces Français qui les auront élus comme ils « élysaient » Sarkozy en 2007, et comme lui, n’en ayant cure, dans l’aveuglement de l’hystérie collective, croiront que les tiges sont des manches de fourchette et les fleurs, des bouts de pain : ce sera alors une grande savoyarde de pétales au beaufort fondu. Et des milliers et des milliers de sauceurs socialistes débarqueront de toute la France, l’œil humide et le visage émacié par tant de privations et d’humiliation. Les anciens sortiront même de leur tombe, Edouard Herriot, Jean Jaurès, Paul Faure, Pierre Mendes-France, Pierre Mauroy, Jacques Attali, Edith Cresson, ce sera une déferlante de zombies qui se dirigera vers l’Assemblée, l’Elysée, le Sénat, pour un petit poste, rien qu’une petite présidence de groupe d’amitié, une infime place dans une commission, ce sera la curée car tout sera bon à prendre. Même les transfuges de l’ouverture reviendrons dans une grande amnistie de la sainte Sauce. Quel moment !!! 

Et puis, comme il y eut un 10 mai, il y eu aussi un 11 mai puis de nouveau le 10 mai, 1982 cette fois ci, puis 1983 avec en cadeau la rigueur… lendemains qui déchantent… Pour notre part, de droite, de gauche, de toute manière, ce sera la même démagogie et la même course au saucier, croûton au vent. Mais si seulement, contrairement à Mitterrand, sa Majesté des Mousselines Chaudes, le plus grand sauceur que la France ait connu après Giscard et avant Chirac, quelqu’un pouvait, tout en sauçant, prendre les décisions qui s’imposent et faire preuve d’audace ! 

Hier on humait dans les rues de ce Paris participatif, des odeurs de « Ah ça ira » et son coulis d’oignons et groseilles et le fumet de quelques « Sous les pavez la plage » et ses pécans aux truffes gingembrées. Dix longues, très longues années d’attente et d’opposition… on peut les comprendre. Mais était-il bien raisonnable et cohérent que mettre de cette façon en vente le pain avant même d’avoir acheté le pétrin ? 

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Et demain…

Posté par gramier le 10 mai 2011

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Dès demain soir – comme le Monde, on édite le soir sur ce blog -, la chronique du 10 mai 1981 vu sous l’angle de la sauce… Car on a bien chanté le 10 mai, pour se rendre compte le 11 que rien n’avait changé et que le plus grand sauceur de la terre avait été élu avec tous ses copains-coquins Attali en tête. Demain on déchante et les pétales de rose terminent en gelée accompagnant un délicieux déssert! 

J’ai grand hâte! Pas vous? Aux petits oignons mon 11 Mai, j’en salive déjà!

 A demain…

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La morale du fond de casserole…

Posté par gramier le 10 mai 2011

Quelle joie que d’entendre les hommes politiques s’exprimer, que dis-je s’exprimer, s’empêtrer dans des explications calamiteuses au sujet des excursions panamérennes de DSK. 

Dimanche, l’ami Bayrou, face aux tirs de mortier du Calife Elkabach nous donnait un bel exemple de ce mal-être du sauceur. Monsieur Mamounia demandait, en effet, de manière sibylline, ce que l’élu palois, le moraliste, l’ami de Mitterrand, élu par les dieux pour veiller au destin de la France – pas par les Français, malheureusement pour lui… on devrait pourtant être plus attentif aux messages des dieux parlant au travers de la Pythie Marielle de Sarnez en transe, baignée de lumière orange, qui nous répète depuis des années déjà que l’Elu c’est Bayrou et pas un autre… ce que l’on peut être aveugles parfois, nous, électeurs !!! – ce que l’homme qui roule en Massey Fergusson pensait de l’affaire « Porsche Tranquille » et, au-delà, de ce sentiment que peuvent avoir les Français d’une classe de privilégiés bien éloignés de leur quotidien. Pensez-vous ! Elkabach, presque fourbe, allait même jusqu’à faire allusion aux chevaux de course qui font la passion du disc dur du Modem. 

Embarrassé, l’homme ne se démontait pourtant pas et nous parlait de moralisation, de besoin de rapprocher les fonctions électives de la réalité de ceux dont elles appellent l’administration, de briser la paroi de verre… 

La moralisation de la politique, héhéhé ! Thème que l’on pourrait décliné en des modes infinis tant il est délicieux, sans qu’on s’en lasse. Même la sortie de l’Euro pour relancer l’économie – stupidité absolue, s’il en est – semble moins démago que la moralisation de la vie politique et le projet de faire de la classe des élus, une catégorie de citoyens « normale ». Car l’élu n’est pas normal, sinon il ne serait pas élu. L’élu est, de fait, un sauceur mais il a raison sinon il ne serait pas non plus l’élu. La combativité que donne la sauce est parfois bien plus grande que le souffle des convictions. 

On peut tout à fait croire à la passion du changement social de certains d’entre eux, et notamment ceux dont les fonctions apportent plus de tracas de que sauce au safran – un conseiller municipal en charge de la voirie à Louhans en Saône et Loire est peut-être moins bien loti qu’un Président du Groupe d’amitié France-Dubaï à l’Assemblée –, mais plus on monte dans les étages de responsabilités, plus il est difficile d’être uniquement mu par la volonté bonne de faire changer les choses. 

Pour notre part cela ne nous choque pas. Ce qui nous choque a contrario c’est : 1.      la naïveté délirante des Français quant à la possibilité d’un monde politique en dehors du monde du spectacle – les Français raffolent de ces gaudrioles politiciennes et aiment les batailles de ses hommes et ces femmes pour garder leur poste : on ne peut pas demander à quelqu’un de nous faire rêver, de ne pas dormir, d’apprendre ses textes par cœur, de se lever extrêmement tôt, se coucher tout aussi tard, d’aller nous serrer la main sur les marchés, de répondre à nos angoisses semblables à celles d’hier et égales à celles de demain, en gros, on ne peut demander à quelqu’un d’exercer sa profession, de concourir, car la politique est un métier à part entière, et ensuite venir nous plaindre de devoir payer la note une fois qu’il nous a convaincu, alors qu’il a fait ce qu’on lui avait demandé!!! 2.      la complaisance des journalistes qui osent dénoncer tout cela alors qu’ils en vivent – Edwy a de la sauce plein la moustache, Joffrin, la barbe toute souillée de béarnaise – et qu’eux non plus n’hésitent jamais à se faire inviter par leur indic du milieu – content donc de profiter indirectement des généreuses notes de sauce de
la République. 

Nous comprenons que les fins de mois difficiles n’aident pas à porter un regard serein sur ces privilèges. Mais à l’aube de ces campagnes qui arrivent, le plus grave serait de laisser s’engluer le débat dans ce poncif, de rechercher le candidat le plus irréprochable. Le maître étalon « pureté des intentions » appelle le vote extrême, et quelques années plus tard, la honte d’avoir été si con. Le sauceur bon enfant est loin la folie des passions. Il faut s’habituer à la sauce. Saucer s’apprend, c’est un métier. Mieux vaut parfois un homme politique pensant à sa réélection qu’un homme politique emballé et exalté. Mais l’envie de rester prêt du plat n’empêche pas l’audace, l’immobilisme n’est pas une assurance « majorité au scrutin suivant », loin de là. 

Cette campagne sera sûrement du « je te tiens, tu me tiens, par l’bout d’la miquette, le premier de nous deux qui lâchera fera pas trem-pette », on aime et on attend cela, ensuite, ne tombons pas dans la recherche de lendemains qui chantent, ne tombons pas dans le panneau de ceux qui nous promettent des rêves, regardons le programme économique, fiscal, social… la République irréprochable, on en a déjà goûter… et si ce n’est pas le cas, soyez assurés que ceux qui la professaient ne se sont pas priver de la goûter pour nous ! 

Puis surtout, s’ils devenaient frugaux, ce serait beaucoup moins drôle que des chopper le doigt dans le pot et les babines débordantes de confiture. Non ? 

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La Confédérations des Ventres

Posté par gramier le 9 mai 2011

sauce.jpg 

Confédération des Centres ! Rien qu’en lisant ces trois termes mis bouts à bouts, c’est l’ennui qui nous prend. 

Quelle est la différence entre un Suisse et un Centriste ? Les deux vivent dans une Confédération dans laquelle personne ne parle la même langue que son voisin, le sentiment national n’est fondé que sur l’amour de lucre. La seule différence vient donc du fait que la Suisse maintient le consensus depuis 1291, la Confédération des Centres, elle, l’a perdu avant même sa création. 

On peut lire ce matin que déjà, les principaux responsables commencent à se tirer dans les pattes à se méfier les uns des autres. Il faut dire qu’on a plus affaire à un carquois qu’à une nouvelle formation politique avec la réunion de flèches telles que Morin, Borloo, Charrette et Bockel ! Que du beau monde ! L’élite même d’une classe politique qui survit grâce à la transfusion de sauce depuis bien des années. Et ils mettent la dose ! Après avoir trahi ou suivi le sens du vent, comme tout bon centriste (tout le monde connaît cette blague très IIIème Rép : les Radicaux c’est comme les radis : rouges à l’extérieur, blancs à l’intérieur, mais d’abord, toujours près de l’assiette au beurre): ils se sont tous rompus l’échine à force de se courber devant le Prince, puis, dès lors que celui-ci apparaît affaibli et que sa popularité permet de douter fortement de son maintient à la tête des cuisines républicaines, on le fustige, on le bombarde de ses critiques les plus centristes, on pilonne la majorité qui vous a permis de survivre et on s’empresse de créer à grands renforts d’effets de manches, une Confédération des Ventres gargouillant. 

Tout cela est plus que logique. Le centrisme a toujours eu l’habitude de venir tremper son pain dans le fond de l’assiette de la droite plus dure. On ne peut pas d’ailleurs être un centriste de gauche ni un centriste du centre, en politique, se revendiquer centriste c’est être de droite : un conservateur qui a peur pour son matelas de Pascal avarement amoncelés, frissonnant pour sa chaussette et tremblant pour son livret A. Un centriste peut voter à Gauche si c’est DSK qui se présente ou encore un peu Hollande, parce qu’ils ne font pas peur et de toute manière préserverons ses intérêts, ses napoléons, ses cuillers en argent et ses emprunts russes hérités du grand-père. Car le centriste économise, le centriste agit en « bon père de famille », il ne joue pas l’avenir de son petit univers à la roulette des passions. Il est attentif, organisé, tout est bien ordonné dans sa tête, il s’offusque souvent de l’indécence des idées fortes qui menacent son équilibre. Le centriste, bien qu’en confédération et essayant de retrouver un semblant de vigueur, n’en sera jamais plus qu’un assureur tout risques, qui va à la cueillette aux idées, tout en faisant leçon à la cantonade. Leçon de quoi d’ailleurs ? De traîtrise ? De mauvaise éducation ? De crachage en soupe ? De veulerie ? D’appétit politique démesuré ?

En attendant, ce ne sera pas une leçon d’unité. Car si la Confédération des centres résulte de la négativité, de la rancœur de ceux qui ne peuvent plus saucer et comptent bien se refaire un accès à la corne d’abondance républicaine, c’est d’abord et avant tout un rassemblement de fieffés copains-coquins, des confrères la tambouille qui, on le sait, ont aussi pour point commun la détestation de leurs frères en Centre. A peine lancée, son instigateur, Arthuis, le sénateur moraliste calviniste, refuse de s’associer à l’image de famille car il craint, dit-il, que les intentions de X ne soient en fait que fourberie au service de Y qui est en moins bonne position que Z mais qui est tout de même plus… 

Le centre, qu’il soit à la sauce Commandant François « Massoud Guevara Raël » Bayrou ou à la sauce confédérale des confédérés du quignons, de toute manière, ne sera jamais que l’antithèse de l’engouement politique même, et un rassemblement de responsables ménageurs de chèvre et de choux, ayant table ouverte à de multiples rateliers… croient-ils… 

Il faut éliminer le Centrisme du paysage, c’est une gangrène qui ne sert qu’à engraisser ceux qui en confessent et prophétisent la foi erratique, au grand dam de leur propre foie sûrement plus en crise que la France de Sarkozy. Nous n’avons pas besoin de ces gens. Soit on est de gauche, soit on est de droite, si on sait pas, ben on trouve vite ou on la ferme ! 

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