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Le sauveur est mort, vive le sauceur ?…

Posté par gramier le 16 mai 2011

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Par Chybroc, plume amie…

Maintenant que l’action DSK se révèle être, sans grande surprise il faut l’admettre, un junk bond, une  mauvaise intuition de plus du landerneau politico-médiatique, orphelin d’une longue lignée de timoniers en mousse tels que Pierre Mendès-France, Jean Lecanuet, Jean-Jacques Servan-Schreiber, Raymond Barre, Michel Rocard ou François Bayrou…  La question est désormais sur toutes les lèvres dans les bonnes saucières : à qui profite le crime ?

Car il s’agit bien d’un crime, n’ayons pas peur des mots, ou plutôt pour être exact d’un sacrifice rendu au dieu ithyphallique Priape, dont ce brave Dominique était le grand prêtre incontesté. Hélas pour lui, il n’a jamais vraiment su cacher ses penchants, il en paie aujourd’hui le prix, qu’il soit innocent ou coupable d’ailleurs n’a aucune importance. Le roi est mort, donc vive ? Vive le roi pardi ! Qui sera le prochain souverain du royaume PS, le prétendant au trône présidentiel ? C’est évidemment le seul sujet, tout l’intérêt de cette tempête est de rabattre les cartes, d’offrir un terrain de jeu inespéré à tous les sauceurs sachant saucer.  Et comme on le sait, le PS ne manque vraiment pas de prétendants sur ce genre de problématiques…

A commencer par les candidats déclarés, comme les inénarrables Manuel Valls et Arnaud Montebourg, hémisphères droite et gauche d’un cerveau PS au bord du burn out, sans oublier nos Clinton made in France, Ségolène et François. Alors pour éviter que la primaire tant attendue ne tourne en mauvaise parodie du film la Guerre des Rose, il faut trouver un challenger crédible à François, afin que celui-ci gagne honorablement ses galons de probable général en chef.

Tout le monde a évidemment sa petite idée, et le nom de la Première secrétaire revient avec insistance. Il semble néanmoins qu’elle en avait fait son deuil, et même si les évènements d’hier changent considérablement la donne, il est peu probable qu’elle ait le véritable désir dans découdre. Tel père, telle fille après tout… Alors qui ? Quel larron en foire serait prêt à saisir une telle occasion ? Qui parmi les brillants hauts dirigeants de la gauche ? En ces temps de commémoration mitterrandienne, il n’est pas nécessaire d’aller bien loin, la réponse devrait même sauter aux yeux et il est étrange que le nom du prétendant n’émerge pas plus rapidement. Le grand homme avait encore une fois tout prévu et la parenthèse ouverte au PS avec le « droit d’inventaire » semble s’être refermée hier. Le parti d’Epinay, on le sait, a peu évolué depuis que les lignes se sont figées au congrès de Rennes en 1990. Et les spasmes qui le ramènent artificiellement à la vie depuis cette date s’expliquent en grande partie par cette fracture entre Fafa et Yoyo, les Caïn et Abel du jardin d’Eden socialiste. Et allors ? On ne voit pas le rapport ?

Pourtant, DSK doit son ascension à l’un d’eux, il était même, jusqu’à hier, héritier de la ligne rocardo-jospinienne qui prît le pouvoir en écartant le canal Tonton historique, en premier lieu le trop (ou pas assez) talentueux Laurent FABIUS. La vraie surprise n’est donc pas la chute programmée du directeur général du FMI, mais plutôt sa conséquence : en faisant hara kiki à son destin présidentiel, il met aussi fin à plus de vingt années de domination du Tout Sauf Fabius (TSF), longtemps seul ferment d’unité au sein d’un parti qui a épuisé toutes les combinaisons les plus improbables, y compris une alliance avec les fabiusiens eux-mêmes depuis 2008…  

La recette de la sauce TSF a tourné depuis longtemps, en s’alliant avec Martine et Dominique, le camarade Laurent a réintégré la majorité du parti contre la promesse de soutenir l’un d’eux dans la perspective de 2012. Tirant discrètement les ficelles, caché derrière un tonneau de bière lilloise avariée, qui peut penser que notre antiquaire préféré se contenterait du poste de grand Vizir, dont il fut en son temps le plus jeune titulaire, quand il a enfin l’occasion de devenir calife à la place du calife ?

Ne nous y trompons pas, en véritable sauceur de carrière, digne héritier de ses pères et pairs, Laurent sortira bientôt du bois. Il a la chance inespérée à son âge avancé de réaliser ce pour quoi il était programmé, et vu sa piètre opinion, qu’il ne cherche pas à cacher, de Ségolène et François, on ne voit vraiment pas ce qui pourrait aujourd’hui l’en dissuader. Son réseau est depuis longtemps entré en résistance, certains sont même bien infiltrés à l’image de cette vieille anguille de Claude. La belle écurie ne demande qu’à se remettre au service de son champion. Certes, le bolide n’est pas de la première jeunesse, mais il n’a jamais vraiment cessé de courir et reste diablement efficace (la TVA sociale a gâché le triomphe annoncé des dernières législatives). S’il est peu probable qu’il remporte la course finale, le PS se doterait là d’un candidat sérieux, parfait reflet de son état léthargique, de ses errements et de ses renoncements, l’idéal pour saborder ce qu’il est devenu : un bateau ivre de sondages et de victoires en trompe l’œil, qui n’en demeure pas moins à la dérive, sans capitaine et sans boussole. 

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Les fourberies de l’ouverture ou la victoire de Sarkozy…

Posté par gramier le 16 mai 2011

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« Mais que diable allait-il faire dans cette galère !»

C’est à l’été 2007 que remonte peut-être la faute de carrière de DSK.

C’est à l’été 2007 que Sarkozy se montre le plus grand stratège de la cinquième République devant même François Mitterrand.

C’est à l’été 2007 que tout était scellé.

Alors oui, il est simple de jouer sur l’illusion rétrospective du vrai et dire, après coup, que tout était écrit. Le destin n’est jamais qu’une formidable page blanche qu’il nous incombe de noircir selon nos choix, la plume de notre raison trempée dans l’encre de notre liberté. Si rien n’était naturellement écrit, il aurait peut-être fallu à DSK un peu plus de clairvoyance dans ce superbe cadeau sarkozyste qu’était la présidence du FMI. Ce fut une espèce de Cheval de Troie et encore une fois, ce sont les Grecs qui auront eu le dernier mot.

Les ravages de l’ouverture. Et les Cassandres ne manquèrent pourtant pas de sonner l’alarme et de rappeler que « Gentil n’avait qu’un œil, Sarkozy en a deux », mais elles étaient Cassandre. Sentant ses adversaires dépités après la troisième défaite consécutive aux présidentielles, Sarkozy décide de pratiquer » la prime au talent ». Les plus âgés des Troyens assiégés, tel Kouchner, acceptent de rallier l’ennemi sentant bien qu’ils seront peut-être passés au Père avant même d’avoir vu le jour de gloire de leur camp arrivé et qu’il vaut donc mieux saucer hic et nunc avec l’ennemi qu’en rêve avec ses amis. Lang, l’éternelle anguille, se prend au jeu de l’hameçon sans y mordre et d’autres, cherchant la gloire rapide tombent plus ou moins dans l’escarcelle du héros fraîchement et confortablement élu.

Mais ce qui intéresse le plus le Président, ce n’est pas tant tous ces pantomimes sinon bien le héros de la bande, Ulysse-DSK. Il va donc, pour le faire tomber, flatter son ego démesuré et lui offrir sur un plateau d’argent… sa perte. Le cheval de Troie fut une reconnaissance mondiale avec louanges, et tutti quanti, des qualités d’économiste de DSK et enfin un soutien infaillible de l’homme à la direction du FMI.

Le retour de DSK pour les présidentielles semblait alors complexifiée, mais il l’aurait assuré sans plus grandes douleurs comme cela était prévu, et au-delà des contradictions sans commune mesure : FMI, banque du monde chantre de la rigueur contre programme socialiste chantre de la justice sociale et donc, notamment de la redistribution des richesses par l’impôt. Le piège aurait donc pu  être vaincu et l’arroseur arrosé : la crise, les erreurs de communication de Sarkozy, le mécontentement des Français, et j’en passe. Les innombrables rancœurs contre l’homme du Fouquet’s auraient pesé, de toute manière, plus lourd dans le choix des Français que les asymétries de discours entre socialistes. Quoiqu’il en eût été, le rassemblement aurait eu lieu, les socialistes ne s’imaginant pas encore cinq ans avec seulement la cour des comptes et la commission des finances en guise de jaune d’œuf où faire mouillette.

C’est donc la fatalité qui a permis que ce piège, digne d’un scintillant machiavélisme, se referme. L’accusé est bien trop coupable avant même son jugement pour pouvoir cette fois encore en sortir comme il y est entré. DSK et les femmes… La Porsche, une campagne malsaine. La liaison au FMI… c’était déjà plus complexe, l’ex-Directeur du FMI en avait vu d’autres même s’il eut, comme on dit, « chaud au fesses ». Cette fois-ci, c’est le glas qui sonne. En France, on rit encore de Felix Faure mort pour avoir « trop sacrifié à Vénus », la chose était entendue et plus ou moins acceptée. Ce qu’il craignait, au pire, n’étaient-ce que des chroniques acerbes du plaisantin Guillon… douce chatouille à côté de l’implacable justice américaine.

On ne prête qu’aux riches et aux Etats-Unis, qui dit prêt dit souvent subprime. Malgré toutes les présomptions d’innocence du monde, le rouleau compresseur est en marche, la machine ne peut plus s’arrêter. Et Sarkozy a gagné. Non par corruption, par complot, mais par une incroyable intelligence politique, en ayant su envoyer son ennemi le pire en voyage, un voyage qui, au contraire d’Ulysse aura pris fin entre Charybde et Scylla.

Ce soir, de droite, comme de gauche, les hommes et femmes que nous sommes, peuvent avoir mal et ressentir de la compassion pour cet homme qui s’est brûlé les ailes, sans être un phœnix.

SI… il était resté en France, SI… il avait accepté de se battre comme Hollande se bat, SI… SI… et encore SI, des SI qui ne mettront pas, hélas pour ce trop brillant élément, « Paris en bouteille », ou bien à la manière d’une rêve éphémère, en somme une bouteille à la mer, qui comme l’homme, ne pourra que s’échouer, en vain, sur des côtes désertes, loin, très loin de la France et de ses primaires. Les moires n’ont que rarement fait preuve de mansuétude envers les meilleurs d’entre nous. Les Grecs ont leur revanche. C’est bien dommage, mais c’est ainsi.

Publié dans DSK, Elements de reflexion, Parti Socialiste | 3 Commentaires »

 

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