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Morin, pour quoi Thuram? (1)

Posté par gramier le 6 mai 2011

Désolé mais je suis pris d’une sévère et irrépressible envie d’aligner gratuitement… c’est tout de même mérité.

Avant toute chose, je dois vous faire partager une idée qui se précise et prend forme en mon esprit torturé : la sauce est injustifiable mais elle peut se défendre parfois. En gros, la sauce, ok mais si elle est méritée. Il sera toujours nécessaire de la dénoncer mais dans la société du spectacle, de l’image et des slogans, la dénoncer, fait partie du jeu. Dénoncer pour mieux saucer. Mais cela implique des règles.

Dénoncer est une fonction par elle-même essentielle en ce qu’elle permet – avant de servir la vérité ou la jubilation d’un sénile tel que Papy l’Indignation – de notamment renouveler les stratégies de trempette du quignon. Le procureur médiatique dénonçant les sauceurs, qui peut être, et est d’ailleurs souvent, un sauceur lui-même, selon les règles établies de trahison et de veulerie, dénonce les pratiques que nous fustigeons à longueur de blog et, par-là, crée l’événement, se refait une santé médiatique sous couvert de son attachement, soudain ou profond, à la morale provoque le rire ou bien, dans les cas d’abus répréhensibles par la loi, permet que l’excès de sauce ne perde pas le peu de dignité qu’il lui reste – Mediapart est là pour ça.

Dénoncer la sauce est un exercice au demeurant accessible à tous, si tant est que « tous » aient au préalable, pour fondement éthique à leurs propos, le respect absolu du public à qui il dévoile ses atermoiements . Cette « éthique » de la dénonciation se définirait simplement par « la capacité à parler la langue du pays convenablement, à avoir un poil de décence, d’esprit et un minimum de talent justifiant la publicité de vos propos » sachant que tout cela, je le redis, participe de la grande société du spectacle – je sauce, tu me vois, tu me dénonces dans les média, je dis que j’ai rien fait, entre temps on t’a dénoncé, puis comme tout le monde a oublié de quoi tu m’accusais, ben tu me repasses le quignon que je t’avais filé en sous-main et que tu as trempé pour moi dans le fond du plat vide du gigot ; bilan, on s’en fout, c’était pas facile – c’est un métier – mais l’important c’est qu’on ait fait de l’audience, officiellement on se déteste toujours, mais rappelle-toi que, demain, on se voit au brunch de Véro.

 Je ne sais si vous aurez saisi le sens de cette tortueuse explication, mais permettez moi de ne pas en douter, sinon relisez ou retournez sur Facebook.

Cela étant dit, j’aimerais non pas m’indigner, mais bien m’insurger contre le spectacle lamentable que nous donnait à contempler Canal+ en ce jeudi 5 mai sur le plateau du célèbre Grand Journal.

Je ne parlerai pas de Clovis Cornillac qui me laisse sans mot tant il est Clovis Cornillac, vous m’aurez compris. Tout du moins reconnaissons lui, et ce n’est pas une justification, la qualité de ne pas se prendre au sérieux. On ne peut lui enlever son côté bon enfant. Si les réalisateurs continuent à l’embaucher, c’est sûrement que le public doit l’apprécier, c’est une raison. Je suis un faible, je sais.

En revanche, avant lui, apparaissaient successivement sur le plateau Thuram l’homme politique et Hervé Morin l’ancien ministre de la Défense qui est aussi homme politique et pas auditeur chez KPMG – les apparences sont parfois trompeuses – mais pas n’importe quel homme politique, sinon, le moins brillant et le plus insignifiant de tous les hommes politiques de sa génération.

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Morin, pour quoi Thuram? (2)

Posté par gramier le 6 mai 2011

Thuram d’abord. Monsieur 1998 traite conjointement de deux sujets, je vous le donne dans le mimile, le foot et le racisme. Treize ans après I will survive et la France Black-Blanc-Beur… ça sent l’échec. Que Lilian parle de foot, cela s’entend. De racisme, c’est beaucoup moins clair.

Cela n’a échappé à personne: notre champion s’est illustré, depuis sa retraite des terrains, par son activisme contre l’odieux sentiment par trop répandu encore. Il a créé une association du nom éloquent d’Education contre le Racisme. C’est très bien-pensant mais limpide et c’est assurément un combat essentiel pour notre société et quotidien. Il est bon, pensera-t-on d’abord qu’il puisse mettre sa notoriété de prodige du ballon rond au service de cette noble cause. Elle lui a ouvert grand l’accès aux journaux et télévisions… pour notre plus grand malheur!

Thuram semble parfait dans son rôle de porte parole de la lutte contre le racisme. Le problème c’est que quand il l’ouvre, on se dit qu’il y mal-donne et il paraîtrait peut-être moins invraisemblable d’entendre Brigitte Fontaine s’exprimer sur la Réforme des collectivités territoriales que de l’écouter batailler de la sorte avec les idées, les mots et leur sens. Thuram ne sait pas s’exprimer, Thuram ne comprend pas les questions qu’on lui pose, Thuram répond à côté de tout, Thuram vient s’indigner comme j’achète mon pain (Génération Hessel), de manière tellement faible, fade et sans envergure qu’on en oublierait presque le sujet de son indignation. On est en proie à une sorte d’abattement quand on l’écoute,  maelstrom informe que sont ces phrases, aux conjugaisons ratées, aux termes mal employés, à la syntaxe ignorante et tâtonnante, tout en son discours donne envie de se taper la tête contre le mur le plus proche et de mater un DVD des meilleurs moments de télé de Christine Bravo pour essayer de se rappeler quelle était notre conception, avant son intervention, du ridicule à la télévision. Sa prestation de porte-parole des victimes du racisme est tellement mauvaise que l’histoire abjecte et effrayante des quotas en devient secondaire et ne reste à la fin qu’une certitude : un footballer peut jouer magnifiquement ou signer des autographes, mais surtout, ne jamais penser l’interviewer, même s’il s’agit de football et encore moins de sujets dépassant le seul football, sinon c’est… catastrophique.

Thuram a bien saucé en son temps, qu’il milite, c’est louable, mais qu’il le fasse en silence  surtout si c’est pour fourrer son nez dans les pratiques nauséabondes de la lie de l’humanité : les responsables de la FFF, dont il faisait un temps partie… fonction fort bien rémunérée ! N’est pas Thuram qui veut, loin de là, mais dans le même sens, n’est pas Zola qui veut. Un mauvais joueur n’a pas sa place sur un terrain, un mauvais tribun n’a sa place en politique. La notoriété donne beaucoup de droit, et en premier, celui de se taire… qui est plutôt un devoir pour beaucoup.

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Morin, pour quoi Thuram? (3)

Posté par gramier le 6 mai 2011

Ensuite, voilà t’y pas qu’ils nous ramènent Morin la chique molle, Morin le sauceur, le plus invisible ministre des Armées qu’un gouvernement ait jamais eu et qui connaîtra une postérité dans l’Histoire de ce ministère, après trois années et demi en fonctions, égale voire moindre que Camille Krantz, je vous laisse vous renseigner.

 

Aujourd’hui, le centriste, rêve d’offrir une glorieuse revanche à ses ambitions déçues. Il fait donc un groupe de loosers incapables et déçus avec Borloo, Amara et Yade, dont le but est, après avoir bien fait tous les recoins du saucier, celui-ci s’était tari, de faire perdre le Président Sarkozy aux présidentielles de 2012. L’impudent président a eu l’audace de se rendre compte que les Français n’avaient cure des ventres mous et des bienpensants socio-sauceurs, qu’ils ne lui servaient à rien et n’apportaient au débat que bêtises et idées éculées. Quoi de plus normal que de lâcher du lest quand on perd de l’altitude, et commencer par sacrifier les poids les plus encombrants et les moins efficaces ? Ce qui appellerait l’humilité, chez Morin appelle un livre, insulte à la littérature, au titre affligeant : « Arrêtez de mépriser les Français » suivi d’un obscure sous-titre pseudo explicatif qui ne fait que souligner la pauvreté navrante du titre. Le contenu de ce bouquin que je n’ai pas lu ? Un diatribe anti-sarkozyste avec des idées absolument révolutionnaires, adjectif utilisé ici dans sa définition centriste, telles que : le retour à l’équilibre budgétaire, la « reconnaissance » du mérite des Français et un retour à une véritable méritocratie – non à la suprématie des grandes écoles dans les conseils d’administration, etc. Bref ! En plus il s’exprime avec la verve et la clarté de Véronique Sanson, le sens de l’à-propos de Loana et la tête d’une présentateur de « C’est pas sorcier ». Venir sur un plateau pour dénoncer avec autant de bassesse, la manière de gouverner de celui qui l’a nourri grassement pendant près de quatre ans, – contraint et forcé – parce qu’il avait été un bon traitre à Bayrou – l’autocrate délirant, le Thomas Münzer du Centre – comme bon sauceur qu’il est, lui l’homme du hasard, lui l’homme sorti du néant, né politiquement par défaut, nous présenter ses idées stupides et vides, essayer de continuer à exister par le traîtrise, quand on a aucun autre talent… c’est désespérant, proprement désespérant.
Morin, l’homme au charisme d’un rideau de douche, qui est à la politique ce que Thuram est à la grammaire…

 

Le plateau du Grand Journal, dicté par l’actualité était, ce soir, bien petit, une démonstration de plus, comme si besoin était, de la pauvreté intellectuelle de nos élites, de la banalisation de leur impudence, et du cynisme de rase campagne dont beaucoup de nos médiocres sous-élites font preuve ! Leur stupéfiant amateurisme fait le lit des tribuns qui, nous prenant tout autant pour des imbéciles, savent au moins s’exprimer, de ceux qui ont fait de la  force du verbe, de la maîtrise du signifiant et du signifié, de la harangue…et de la haine, leur fond de commerce: les extrêmes.

 

C’est en ce sens que tout cela est grave.

Publié dans Gros temps, UMP | Pas de Commentaire »

 

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