Le printemps hollandais et la notion de désert

Posté par gramier le 14 avril 2011

Comme le printemps est doux en ce début avril… La morale populaire qui n’est pas née de la dernière pluie met pourtant en garde : en avril ne te découvre pas d’un fil. Le PS se découvre peu à peu par ses candidats sérieux et un programme flambant neuf, et lui emboîtant le pas, ce bon vieux Jean-Louis le Gentil – Borloo, ndlr – qui se découvre pas si gentil-gentil et voudrait virer Sarko chez une Chabot virée par Sarko… Il y a aussi Frédéric Lefèvre et Nadine Morano nous permettent de mettre en lumière l’impudence des média qui, comme à l’époque de la « fellation » de Mme Dati, font leurs choux gras d’un lapsus et d’une bourde… et qui plus est d’un lapsus « de Frédéric Lefèvre » et d’une bourde « de Nadine Morano » : le niveau de tout cela atteint des hauteurs armoricaines.
Bref, un mois d’avril qui commence sous les meilleurs auspices. Ca fleure le premier mai. Bientôt le « retour du social », bientôt les slogans indignés mêlant les mots « retraites » et « impôts sur la fortune » sur des banderoles enduites de « bon sens » et de vraie colère justifiée par « Papy Compote », plus connu en dehors de la maison de retraite sous le nom de « Hessel Stéphane, sommité morale ». Ne dit-on pas qu’il faut « battre le pavé pendant qu’il est chaud » ? D’aucuns ne manqueront pas de le faire au nom de la liberté de dénoncer l’oppression d’un Président des riches qui a plus de casseroles au pare-choc que Chirac de faux électeurs, et qui, faute de bons sondages, devrait être démis de ses fonctions pour l’empêcher d’ « abîmer » la France et de contrer Marine Le Pen, l’impudent ! On annonce de partout, la chute en torche de la Sarkozie, le nouveau crépuscule des nouveaux oppresseurs, profiteurs et autres Patrick de Maistre et Florence Woerth, la fermeture définitive de la grande braderie de la barrette rouge. Sont lancés les appels au retour de la dignité perdue, et à la pharmacie de l’alternance l’administrera telle une pilule du lendemain démocratique. Marianne sacre les hérauts de l’irréprochabilité des lauriers Fred Perry qui ornent les polos de Joseph Masset-Scaron – qui porte bien mal le nom du vrai pamphlétaire qu’était le brillant trousseur de la Maintenon –, panthéonise ses nouveaux gavroches tombés sur les barricades du « vivrensemble » sous l’(horte)feu(x) des colonnes infernales de Guéant et autres Copé à la solde de l’horrible imprécateur et asservisseur des peuples : Nicolas Ier star de toutes les Roueries. Les indignés de la République – 45 % de votants des cantonales – se prennent à rêver de la chasse d’eau de l’Histoire, qui aspire les déjections politiciennes telle l’urne leur dernier bulletin de vote… On respire un parfum Air Wick-Printemps des Peuples dont la France au bord de la Révolution passive s’étourdit. La lumière douce et chaleureuse est au bout du tunnel et les hormones présidentielles de beaucoup s’éveillent. Attention pourtant à l’éjaculation précoce.
Prime au premier annoncé ? A voir.
Hollande a le vent en poupe. Se peignant en nouveau GO d’une jeunesse dépitée et blasée par la vacance du pouvoir à la table de ses intérêts, il s’impose comme ayant le monopole du sérieux, du calme, de la respectabilité, en rassembleur, en assureur – dont il a la monture de lunettes et les cravates. Il s’indigne lui aussi, cherche un peu ses mots comme pour toujours réprimer la petite phrase, art dans lequel il a toujours excellé, qui se profile au détour de chacune de ses envolées lyriques sur l’état du pays. Homme d’une rare intelligence, il aura su concocter en deux ans une sorte de mythe – à bas coût certes, mais mythe tout de même – de la traversée du désert, depuis son départ du PS, qu’il laissait plus en ruine que Dresde après Thunderclap, à Martine Aubry-Tibéri. Homme de toutes les convictions, il offre un discours de sérénité à une France qui est entrée en dépression depuis… la fin des Trente Glorieuses. Il a cette volonté qui caractérise les vainqueurs, il s’est réinventé après n’avoir jamais spécialement existé d’ailleurs, il apparaît comme une figure neuve dans un cénacle politique auquel il appartient depuis avant même sa sortie de l’ENA. Et le voilà caracolant seul, plein de cette liberté grave qu’il arbore, celle de n’être lié par aucun pacte, aucun calendrier international. Avantage certain… là encore, à voir. Ancien commandant, il domine les rouages du Panzer PS aujourd’hui avec la dextérité d’un Nikita Khroutechev, assurément plus léger et agile, surtout après son régime sidérant, que sa probable et seule crédible future-concurrente, à laquelle il a laissé les manettes. Alors que la plupart des cadres ne prennent que le temps de faire mine d’ignorer celui qui ne sut faire gagner le parti en 2007 et encore moins en 2002, la base socialiste, quant à elle, et plus largement les Français sociaux démocrates qui iront à la primaire, voient d’un œil docile ce DSK rassurant, proches d’eux et plein de bons sentiments, réaliste et sincère et ont délaissé son ex-compagne dans ses muettes campagnes chimériques et délirantes.
Naturellement, rien n’est fait, tout est encore possible, mais il semble que, même si selon moi c’est une coquette et risible imposture, Hollande, s’étant découvert de plus d’un fil, prenne de distance ses camarades qui rêvaient d’une « primaire de confirmation » tel que ne cesse de le demander à cor de pied et à cri d’orfraie Monsieur de Saint-Denis-Bartolone, l’éternel lieutenant, le premier couteau à beurre. Que craint-il donc d’ailleurs, ce même député aubryo-fabiusien à la sauce strauss-khanienne ? Une victoire du gentil petit président du Conseil général de Corrèze, qui comme Borloo épanoui à la rosée du printemps? Un caillou de petit Poucet venant déranger la course au fond de la botte cinq lieux. On n’en donnait pas deux liards le pot de cette candidature et puis…
Les roses écloront bien vite, et avec elles, les épines… On peut tout de même remarquer que dans la lignée des chefs des chefs d’Etat, le Président Hollande, si la prophétie auto réalisatrice, faite par celui qui aujourd’hui n’est encore que simple candidat à la candidature, se réalisait, … Merci bien ! Le Président Borloo ?… Enfin en même temps, la Présidente Aubry… De la communauté urbaine de Lille, c’est ça ?…
A trop vouloir éclorent tous d’un même élan, on ne risque de retenir de tous ces gens que le terme de bouton… et un bouton, le plus souvent ne devient pas une rose, souvenez vous de ce que sont devenus ceux du printemps de votre vie… sur le miroir de vos vanités. Observés, regardés, trituré, oubliés. C’est dégoûtant certes mais c’est ça aussi le printemps. L’excès de sève peut nuire à la santé politique.
Comparer la traversée de la Corrèze par Hollande le Kalahari qui vit mûrir De Gaulle, Mitterrand, Chirac et Sarkozy serait grotesque à mon humble avis, légèrement partisan, je vous l’accorde.
On pourra croire à juste titre qu’il y a désert et Désert, destin et Destin. Le « d » n’en est pourtant pas jeté et le sort… moins encore, on élit bien Giscard en 1974, alors Hollande en 2012…

Une Réponse à “Le printemps hollandais et la notion de désert”

  1. aaaaaaaaoui dit :

    cool man

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